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L’actualité des banques

La banque JP Morgan Chase a réglé une amende d’un petit milliard de dollars ces dernières semaines après avoir reconnu son incompétence pour ne pas s’être aperçue qu’un de ses traders-fraudeurs avait pris des engagements tellement gigantesques et inopportuns qu’elle en a essuyé une perte de 6 milliards de dollars.

JP Morgan Chase serait maintenant en train de négocier une nouvelle amende d’une dizaine de milliards de dollars pour sa culpabilité dans l’une des plus grosses escroqueries financières de l’histoire de l’Humanité : la crise dite des subprimes. L’accumulation de ces pertes ou provisions pour pertes futures a fini par mettre la banque en déficit. Elle annonce en effet une perte trimestrielle de 400 millions. Le patron se veut rassurant et déclare :

“While we had strong underlying performance across the businesses, unfortunately, the quarter was marred by large legal expense. We continuously evaluate our legal reserves, but in this highly charged and unpredictable environment, with escalating demands and penalties from multiple government agencies, we thought it was prudent to significantly strengthen them. While we expect our litigation costs should abate and normalize over time, they may continue to be volatile over the next several quarters.”

Le plus stupéfiant dans cette affaire est que ces amendes et pertes qui se chiffrent en milliards de dollars ne mettent la banque en perte que de 400 millions sur un trimestre… Cela en dit long sur la disproportion existant entre les profits réalisés sur ces opérations et les risques légaux pris pour les réaliser !

Rassurons-nous, sur l’année 2013 entière la banque restera largement profitable.

La difficulté des économies

Impayable : alors que Coppé-aux-dents-longues, chef mal élu de l’UMP, édifiait le peuple hier soir à la télévision en expliquant comment la République devait faire des économies, au même moment les conseillers généraux de droite quittaient l’ADF (assemblée des départements de France) pour dénoncer « la mort des départements » ainsi que « l’asphyxie financière des conseils généraux ». L’ADF est un machin financé par des cotisations payées par les départements, donc par les impôts locaux (les contribubales locaux).

Cette bronca des départements de droite est provoquée par la sortie du projet de loi de Finances pour 2014 (PLF – 293 pages) qui intègre à ce stade une baisse de 1,5 milliard d’EUR du financement des contribuables nationaux affecté aux collectivités locales :

« Après une stabilisation en 2013, les concours financiers de l’État seront réduits en valeur de 1,5 Md€ en 2014. Cette baisse sera imputée sur la dotation globale de fonctionnement (DGF) et répartie entre les collectivités au prorata de leurs recettes totales, conformément aux préconisations du Comité des finances locales, soit – 840 M€ pour le bloc communal (56 %), – 476 M€ pour les départements (32 %) et – 184 M€ pour les régions (12 %). »

Cette baisse affichée dans le PLF est assortie de diverses compensations pour en atténuer les effets, notamment la mise en place d’un fonds de soutien à doter de 100 millions d’EUR par an par le contribuable national pour payer les coûts gigantesques dus à l’incompétence des dirigeants de certaines collectivités, très bien partagées entre droite et gauche, qui ont signé des accords de crédits « structurés » avec des banquiers félons leur ayant fourgué des prêt assimilables à de l’escroquerie, notamment assortis d’un taux d’intérêt variable en fonction de l’évolution de la parité de certaines devises étrangères. Il conviendrait sans doute d’ajouter un petit financement pour apprendre à lire aux dirigeants de ces collectivités afin qu’ils lisent puis comprennent ce qu’ils signent !

La baisse de 1,5 milliard d’EUR représente « 0,69% des ressources réelles de fonctionnement des collectivités territoriales en 2012 », elle est qualifiée de soutenable dans le PLF.

Après le vote des sénateurs qui avec une sympathique unanimité droite-gauche se sont autoexclus de l’application de la loi sur le non cumul des mandats, il reste encore du chemin à faire pour que cette masse d’élus reprenne un peu conscience du sens de l’intérêt général. Grandeur et décadence de nos démocraties ayant délaissé la pensée au profit des sondages et du marketing !

Les banques allemandes

Le gouvernement allemand se prépare à légiférer qui permettrait de punir pénalement de peines de prison les banquiers ayant fait prendre des risques excessifs à leurs établissements. Ce n’est pas bête mais difficile à mettre en œuvre pour qualifier ce qui est excessif ou non.

Christian Jacob fait la mauvaise tête

Une statistique inattendue marque une baisse significative du chômage sur le mois d’août. Personne ne l’avait anticipé, ni les économistes de plateaux télévisés, ni les journalistes mondains, mais autant s’en réjouir car cela risque de ne pas durer…

Le gouvernement est extrêmement prudent, craignant une erreur de calcul. L’opposition, mal lunée comme d’habitude, s’exprime par la voix du chefaillon UMP à l’Assemblée nationale, Christian Jacob-avec-sa-tête-de-maquignon-mal-dégrossi, et explique que si jamais par le plus grand des hasards ces chiffres étaient vrais ils ne révéleraient que l’augmentation des emplois publics aidés donc non productifs, précaires, provisoires et générateurs de dette de l’Etat. Bref, le garçon cache sa joie…

Tout ceci est évidemment en partie vrai, mais notre maquignon-mal-dégrossi comme à son habitude ne fait pas dans la nuance. Il oublie bien entendu de mettre en balance les dizaines de milliards d’euros d’exonération de charges déversées sur les entreprises privées depuis des décennies, qui sont également générateurs de précarité et d’endettement, mais qui, l’un dans l’autre, ont permis de créer des emplois.

Depuis l’émergence de la situation de stagnation économique en France avec les crises pétrolières des années 70’s la puissance publique, et donc le contribuable, distribue des milliards d’euros en subventions, exonérations de charges, niches fiscales… à l’économie, privée comme publique.

Les emplois aidés comme les entreprises exonérées sont des cautères sur jambes de bois mais que serait l’économie française sans ? Tout ceci relève d’un compromis boiteux entre l’Etat, les entreprises et les citoyens contribuables et consommateurs. Dans un cas comme dans l’autre on transfère sur le citoyen les charges que ne peuvent ou ne veulent pas prendre les entreprises. La solution alternative c’est un grand soir ultra-libéral qui supprimerait toute subvention et exonération en laissant partir à la casse les entreprises non auto-suffisantes. Il n’est pas dit qu’il ne faudra pas en venir là un jour, mais pour l’instant ce n’est pas le mandat que les électeurs ont confié à leurs dirigeants élus.

Impôts versus aïe-phones

Le Monde a publié hier une intéressante étude comparative sur l’impôt sur le revenu (IR) des différentes catégories socio-professionnelles, payé ou à payer, en 2012, 2013 et 2014.

Pour en extraire quelques exemples quantitatifs, on y voit par exemple :

Variation en EUR d’une année sur l’autre Variance 2013/2012 Variance 2014/2013
Ménage marié au salaire médian, marié 0 enfant (20 345 EUR, 40 690 EUR pour 1 couple) +100 +18
Ménage marié au salaire médian, marié 3 enfants (20 345 EUR, 40 690 EUR pour 1 couple) +18 +42
Ménage marié cadre, marié 0 enfant (39 310 EUR, 78 620 EUR pour 1 couple) +410 +83
Ménage marié cadre, marié 3 enfant (39 310 EUR, 78 620 EUR pour 1 couple) +191 +100
Ménage marié cadre dirigeant, marié 0 enfant (93 300 EUR, 116 645 EUR pour 1 couple) +614 +162
Ménage marié cadre dirigeant, marié 3 enfants (93 300 EUR, 116 645 EUR pour 1 couple) +1 958 +2 223

Evidemment ce n’est pas agréable de payer plus d’impôt. Evidemment les augmentations d’IR s’ajoutent à celles d’autres impôts, locaux notamment. Evidemment la catégorie des plus gros salaires est ciblée. Il serait plus agréable de ne pas avoir à payer ces hausses d’impôts elles-mêmes générées par la hausse des dépenses de la République, dont celles dues au sauvetage de la France après la catastrophe financière déclenchée en 2008 par les forbans de la finance.

Pour donner un élément de comparaison avec ces hausses d’impôt, rappelons que le denier modèle d’aïe-phone coûte dans les 650 EUR et il s’en vend plusieurs millions en France chaque année.

Les citoyens payent l’impôt

Un certain nombre de ménages vont désormais être éligibles à l’impôt sur les revenus (IR) 2012 et donc payer de l’IR en 2013. Les tranches du barème de l’IR qui n’avaient pas été réévaluées de l’inflation en 2011 par un gouvernement de droite n’ont pas plus été réévaluées de l’inflation en 2012 par un gouvernement de gauche.

De ce fait certains ménages qui ont vu leurs revenus augmenter se retrouvent taxables, même si ces revenus n’ont augmenté que du niveau de l’inflation. Il faut quand même noter que ces nouveaux taxés ont bien vu leurs revenus avant impôt augmenter, c’est déjà une bonne nouvelle. Evidemment, ceux dont l’augmentation de revenus est modeste peuvent se la voir confisquer et plus par l’arrivée de l’impôt. Dans certains cas le revenu net en 2012 peut effectivement devenir inférieur à celui de l’année précédente. Dans d’autres cas, même primo-taxés, les ménages en question verront leurs revenus nets augmenter, même après l’impôt. Ce n’est jamais agréable de devoir payer un impôt qu’on ne payait pas auparavant, comme toute nouvelle dépense imposée, elle et douloureuse.

Le problème de fond réside bien sûr dans le système fiscal français que personne n’arrive à réformer et dans lequel la moitié des ménages ne paye pas d’IR. La fusion de cet impôt et de la CSG était envisagée par le candidat Hollande, elle aurait accru la base taxable, ce qui est juste, et limité ces effets de seuil. Cette réforme est a priori repoussée aux calendes grecques, hélas. Il est vrai que ce type de méga-réforme ne peut se mener qu’en période où l’économie se porte bien, ce que la France n’a jamais réussi à faire, soumise comme elle est à la puissance néfaste des lobbies et à la perte complète de sens de l’intérêt général. Grandeur et décadence de la démocratie participative !

Démesure

Stephen Elop est un bon garçon canadien qui est pédégé de Nokia, une boîte de téléphone mobile finlandaise qui vient d’être rachetée par Microsoft pour 5,4 milliards d’euros. Ce bon garçon qui va maintenant être employé de Microsoft va toucher plus de quatre ans de salaire pour prix de sa fidélité, une prime de motivation car il semble en manquer, et différentes babioles, le tout se montant à près de 19 millions d’euros, si bien entendu les actionnaires de Nokia confirme la cession.

Ce bon garçon va pouvoir se consoler de ses deux dernières années à la tête de Nokia durant lesquelles ses actions éclairées n’ont pas empêché la boîte de voir sa valeur boursière diminuer d’un tiers, ni d’accumuler 5 milliards d’euros de pertes. Dans ces conditions, certains se demandent si payer 19 millions d’euros pour une telle vedette est un bon investissement ?

Défaillance des banques commerciales

La banque centrale américaine vient d’annoncer aux marchés financiers que finalement elle continuera à suppléer les défaillances des banques commerciales en déversant des tombereaux de liquidités dans les circuits de l’économie, pour suivant ainsi l’élaboration des bulles financières de demain qui ne manqueront pas d’éclater sur la tête de nos enfants.

Les trader-fraudeurs balancent

JP Morgan Chase, banque américaine conquérante, accepte de payer une amende de 920 millions d’USD pour incompétence, ou plus exactement pour avoir failli dans la surveillance des opérations menées par ses traders qui ont tenté de dissimuler des pertes massives.

Un des trader-fraudeurs de cet établissement avait accumulé des positions spéculatives sur des instruments financiers dérivés allant jusqu’à plus de 150 milliards d’USD. Le marché s’étant retourné, ces positions ont dû être liquidées, générant 6 milliards d’USD de perte pour la banque.

Toujours en avance d’une trahison, le trader-fraudeur responsable a accepté de coopérer avec la justice américaine contre son impunité. Ses collaborateurs ont donc été arrêtés (ils n’ont pas couché contre leur impunité) et son employeur condamné à payer les 920 millions, en plus de sa perte de 6 milliards.

Une avancée multilatérale

Le dernier G20 à Saint-Pétersbourg en Russie a affiché une relative unité pour lutter contre la fraude fiscale internationale. C’est bien et démontre qu’avec un peu de volonté politique on arrive tout de même à faire bouger quelques lignes. C’est d’ailleurs surtout face aux pressions de l’administration américaine sur les paradis fiscaux, y compris européens comme la Suisse, le Luxembourg et quelques iles britanniques, que les choses ont bougé et surtout que les institutions financières receleuses de fraude fiscale ont accepté de commencer à demander des informations sur la régularité des fonds qu’elles gèrent depuis des décennies. Les banques ayant bâti leurs fonds de commerce sur le blanchiment d’argent échappant aux fiscs nationaux ont été menacées de ne plus pouvoir commercer aux Etats-Unis.

Les Etats occidentaux ont réalisé l’ampleur des bases fiscales leur échappant du fait de la fraude, et leurs opinions publiques également. Il va désormais être plus compliqué pour les fraudeurs de délocaliser leur épargne, pas impossible mais plus compliqué car il faudra aller vers des pays plus exotiques que la Suisse.

D’ailleurs l’UBS vient d’adresser une requête à ses clients français non-résidents leur demandant de justifier la conformité de leurs avoirs à l’UBS avec les règles fiscales de leurs pays d’origine, et ceci sous forme d’actes officiels (via notaire ou expert-comptable). Si non-justification, les comptes seront fermés.

Rappelons que l’UBS-France et certains de ses dirigeants ou ex-dirigeants sont mis en examen en France pour complicité de démarchage illicite.

Pour une fois qu’un forum multilatéral fait avancer un sujet fiscal, il faut s’en féliciter.

Budget de la République et lobbies privés

Les taux de TVA doivent augmenter au 1er janvier prochain et déjà les lobbies en tous genres s’agitent en tous sens pour essayer de ne pas ne pas se voir appliquer la Loi. On se souvient de l’intervention corporatiste de Raffarin en 2011 qui s’était opposé au rétablissement pour l’entrée des parcs d’attraction du taux de TVA normal au lieu du taux intermédiaire. Il avait obtenu gain de cause et les contribuables payant le taux normal ont donc continué à subventionner les clients desdits parcs.

En 2013, rien de neuf sous le soleil, le budget de la République est toujours en déficit et il faut trouver des ressources nouvelles. Cette fois-ci, le taux intermédiaire de TVA doit passer de 7 à 10% et il s’applique, notamment, sur les tickets d’entrée dans les musées, les zoos et au cinéma. Une augmentation du taux de TVA de 3% sur une place de cinéma actuellement de 10 EUR TTC ferait passer celle-ci à 10,28 EUR. A priori les lobbies concernés ont réussi à obtenir que ces activités relèvent désormais du taux super-réduit de 5%, le prix de la place devrait baisser à 9,81 EUR.

Rassurons-nous également, la Corse garde son taux de TVA spécifique et celui-ci augmentera de 8 à 10%. Gageons que le peuple corse qui s’y connait en lobbying doit déjà déployer les derniers efforts pour essayer de se défiler également de cette nouvelle TVA.

On est mal parti pour l’équilibre budgétaire…

Les investisseurs de Panurge

Les grands pays émergents que sont l’Inde, le Brésil, la Russie, notamment, voient leur croissance s’essouffler et la valeur de leur monnaies s’effondrer. Les soi-disant analystes financiers et autres chroniqueurs économiques mondains ont immédiatement rendu responsable la banque centrale américaine qui n’a fait qu’annoncer très prudemment qu’elle allait sans doute commencer à envisager de peut-être très légèrement refermer le robinet des liquidités prêtées aux banques à un taux proche de 0 pour suppléer aux défaillances de ces établissements qui ne savent plus faire leur travail de financement de l’économie.

Une partie de ces liquidités étant inemployable aux Etats-Unis comme en Europe, pas assez d’emplois pour trop de ressources, lesdites banques avaient recyclé ces fonds dans des investissements dans les pays émergents susceptibles d’offrir, d’après les prévisionnistes de plateaux télévisés, une croissance durable et forte. Devant les annonces américaines, et avec leur habituel panurgisme, les investisseurs retirent leurs billes des pays émergents pour les rapatrier à la maison et du coup, les balances des paiements de ces pays se déséquilibrent et les monnaies trinquent.
En réalité, les modèles économiques de ces pays commençaient déjà à déraper et suivre les chemins périlleux des pays occidentaux : dépenses improductives, Etat providence et redistribution, le tout financé par de la dette. C’est un cheminement sans doute inévitable pour tout pays qui se développe. En tout cas, il n’y a jamais eu de contre-exemple dans l’Histoire économique.

Alors, la fuite sans doute provisoire des investisseurs de Panurge n’est probablement pas l’élément déclencheur de l’ajustement monétaire en cours chez les émergents.

Fibustiers versus incompétents

Inextricable : les collectivités locales incompétentes qui se sont fait fourguer des emprunts « toxiques » par les flibustiers de Dexia se tournent vers les tribunaux pour faire baisse les taux d’intérêt usuraires qu’elles ont pourtant acceptés. Ainsi faisant, Dexia étant en liquidation et ses dettes reprises par la République, le tribunal fait ainsi passer la charge de ces intérêts du contribuable local au contribuable national.

Les grands forbans !

Emouvant : le quotidien Les Echos de ce jour fait pleurer dans les chaumières en narrant ce que sont devenus certains des grands banquiers félons co-responsables du cataclysme financier des années 2008-2010. Pour la majorité ils consomment tranquillement leurs indemnités de départ et autres retraites chapeaux, mais la plupart d’entre eux exercent également une action humanitaire par un biais ou par un autre. On dirait qu’ils ressentent un soudain besoin de rachat face à la société… Résilience ou communication, difficile de faire le tri !

Rebondissement

Rebondissement imprévu et positif de la croissance française qui affiche +0,5% au deuxième trimestre. On note tout d’abord l’habituelle incapacité des analystes et autre prévisionnistes à anticiper quoi que ce soit en matière économique puisque tout le monde est surpris et que personne ne s’y attendait. On sait la prétention de cette caste d’économistes mondains qui abreuvent les plateaux télé et les dîners en ville de leurs prévisions qui ne se réalisent pas, mais cette nouvelle révélation de leur défaillance permet une nouvelle fois de relativiser leur discours.

Ceci étant dit ce +0,5% est une bonne surprise, a priori il ne s’agit pas d’une erreur de calcul alors réjouissons-nous !

Ce qui était par contre parfaitement prévisible étaient les réactions démagogiques de la politicaille française sur ce sujet : la gauche s’attribue tout le mérite de cette croissance (fort modeste) et en déduit qu’elle est sur la bonne voie, la droite voit ceci comme un feu de paille et continue à critiquer à tout va. En fait, et très probablement, il s’agit d’un heureux hasard dont il n’y a guère de conclusions à tirer. Alors prenons cet évènement pour ce qu’il est : un bon moment à prendre au passage. Rien de plus, rien de moins.

Bobos et pouvoir d’achat

Dans un dîner en ville boboïsant les convives s’esbaudissent sur les objectifs budgétaires personnels du chroniqueur en matière alimentaire : comme le critère de Maastricht voulant que le déficit budgétaire d’un Etat membre ne dépasse pas 3% de son produit intérieur brut, il plafonne à 3 EUR/kg ses achats de fruits et légumes en limitant ceux-ci exclusivement à l’origine française afin d’aider notre économie en mauvaise forme.

Bien entendu cette rigueur déclenche quolibets et plaisanteries, on se demande comment on peut arriver à survivre ! On ne sait pas bien où les gens font leurs courses mais un petit relevé de prix cette après-midi dans la supérette Simply Market du coin de la rue donne les résultats suivants(origine française affichée) :

Prunes rouges 1,74 EUR/kg Pêches jaunes 1,99/kg
Abricots 2,39 EUR/kg Poires Guyot 2,55 EUR/kg
Melon 1,50 EUR/pièce Concombre 1,50 EUR/2 pièces
Tomates grappe 2,45 EUR/kg Tomates rondes 2,15 EUR/kg
Courgettes 1,74 EUR/kg Haricots verts 2,55 EUR/kg
Brocoli 1,45 EUR/pièce Poireaux 1,75 EUR/kg
Chou-Fleur 1,55 EUR/pièce Carottes 1,00 EUR/kg

Et au marché municipal de l’autre coté de la rue le mercredi et le dimanche, les prix sont du même ordre, voire inférieurs. On arrive encore à se nourrir à Paris dans des gammes de prix de 2 à 3 EUR le kilo. Voilà une bonne nouvelle.

Le droit de propriété en Corse

Un élu corse, Paul Giacobbi, président du conseil exécutif territorial, député PRG (parti radical de gauche), renouvelle sa proposition  de « limiter l’accès à la propriété foncière en Corse pour les non-résidents ». Le délai pourrait, selon lui, être fixé « à cinq ans de résidence ou se fonder sur l’attachement familial à la Corse afin de ne pas pénaliser les Corses de l’extérieur ».

Le garçon est coutumier du fait mais développe une bonne idée à laquelle il convient de réfléchir sérieusement. Bien entendu elle devra s’accompagner d’une mesure miroir visant à « limiter l’accès à la propriété foncière sur le continent pour les Corses ». Le délai pour qualifier de Corse pourrait être fixé selon nous« à cinq ans de résidence en Corse ou se fonder sur l’attachement familial à la Corse afin de pénaliser les Corses de l’extérieur ».

De telles dispositions seraient pour le moment contraires à la Constitution mais celle-ci pourrait être modifiée pour inclure un droit de propriété spécifique au Peuple Corse qui prévoirait un accès préférentiel à la propriété foncière en Corse et un accès limité à la propriété foncière dans le reste de la République. Ce serait ainsi une première étape vers une indépendance bien comprise de cette ile, dans le calme et le bon ordre, et dans l’intérêt des parties. Les modifications de la Constitution relèvent du Congrès qui doit réunir une majorité des 3/5ème ou par voie référendaire nécessitant plus de 50% des suffrages en faveur de cette modification.

Le trader-fraudeur de Goldman Sachs

Fabrice Tourre, l’ex-trader-fraudeur de Goldman Sachs est reconnu coupable de fraude par la justice américaine devant il comparait. C’est bien le moins, on voit mal comment aurait pu être qualifié autrement le fonds Abacus qu’il a constitué en tranches de crédit sub-prime, vendu à des gogos avec le lobe gauche de son cerveau, pendant qu’il spéculait contre avec le lobe droit du même cerveau en association avec ses petits copains fraudeurs.

On attend de connaître sa condamnation. Il n’est pas nécessaire qu’elle soit lourde en terme d’années de prison ni d’amende financière, le garçon est un fraudeur, certes, mais il paye aussi pour les autres. Il faut par contre l’interdire à vie de toute responsabilité financière et d’accès aux marchés financiers, un peu comme les joueurs frénétiques que la justice peut interdire de casino. –

Le yo-yo fiscal

Certains responsables de la majorité actuelle s’émeuvent du niveau intolérable des impôts pesant sur les classes moyennes. On se demande s’ils le font exprès ou s’ils prennent vraiment des vessies pour des lanternes. En tout cas, ils considèrent les électeurs comme des gogos.

La politique du yo-yo fiscal semble être la tactique favorite de nos gouvernants avec une petite variante selon la couleur : la droite commence par les baisser puis les augmente, alors que la gauche les accroit puis les diminue. Et aucune des deux tendances n’arrive durablement à maîtriser les dépenses publiques face à la puissance des lobbys divers et varier qui arrive coûte que coûte à forcer l’Etat à dépenser plus qu’il ne gagne. On peut remonter ainsi jusqu’à Louis XVI, car l’une des causes de la révolution française fut aussi la faillite financière de la monarchie qui, déjà, grâce aux astuces de Necker, roi de la dette publique, vivait au-dessus de ses moyens.

On a les dirigeants que l’on mérite !

Requiem pour France-Télécom

Le pédégé de France-Télécom, mis en examen pourescroquerie en bande organisée dans l’affaire Tapie-l’affairiste-repris-de-justice-aux-cheveux-teints, adresse une lettre à tous ses actionnaires pour les informer du changement de nom de leur compagnie : Orange. C’est tout une page de l’Histoire industrielle française qui se tourne, des générations de contribuables français ont financé ce groupe de télécommunications qui fut public durant très longtemps, et qui le reste à hauteur de 27% pour le moment.

Ce changement marketing s’accompagne bien entendu du charabia communicant habituel :

« Orange est en mesure de porter le nouveau souffle et le sens collectif dont le Groupe a besoin, il est porteur de modernité, de dynamisme, d’innovation, de confiance, d’orientation vers l’avenir et vers le client. Ce changement constitue enfin pour nous une opportunité de reprendre la parole et de réaffirmer notre rôle et notre mission. »

et blablabla.