Programmes et sondages

La presse continue à gloser sans fin sur l’évolution des sondages concernant la prochaine élection présidentielle plutôt que d’analyser les idées. Dans certains cas les journalistes ne comprennent pas ces programmes et ne sont donc pas en mesure de les analyser, ils n’ont pas été formés pour. Dans d’autres circonstances les candidats n’ont même pas de programme affiché, alors de quoi discuter ? C’est le cas de l’agité du ciboulot qui n’a toujours rien publié mais se contente de balancer des idées saugrenues au gré des meetings racoleurs organisés par l’UMP. On ne sait pas bien si l’absence de publication d’un programme écrit est le fruit d’une décision stratégique, estimant que cela ne sert à rien, ou s’il n’a tout simplement pas eu le temps de s’occuper de ce point de détail.

Lambchop – 2012/03/29 – Paris la Maroquinerie

Lambchop à la Maroquinerie, un grand moment de pureté hors du temps ; Kurt Wagner et sa bande de Nashville sont venus présenter leur musique folk alternative et surtout leur dernier disque : Mr. M, dédié à la mémoire de Vic Chesnutt, décédé en 2009, dont Kurt était très proche et à qui déjà les Cowboys Junkies ont dédicacé un merveilleux disque de reprises l’an passé.


En blazer bleu-marine, une casquette de base-ball vissée sur le crâne, Kurt cultive un air de beauf de campagne patenté ; un groupe talentueux, Cortney Tidwell qui accompagne aux chœurs après avoir assuré la première partie, tout ce petit monde joue assis, sauf le bassiste, arrangé en demi-cercle face au public. Le volume sonore est modeste, la technique et la musique sont tout en douceur et retenue. La steel-guitar ajoute sa touche traînante et ancestrale. L’inspiration est jazzy-folk, la voix torturée, étirée, comme en pointillé, les musiciens sont appliqués et naturels participant à l’œuvre amicale et intense dirigée par Kurt.

Avec une dizaine de disques désormais, les Lambchop poursuivent un chemin de traverse guidés par la révérence envers la musique, élevée au rang de source de vie. Les textes sont émouvants et ironiques, une sorte de chronique de petits évènements narrés avec poésie et incertitude. Les mots sont expirés, comme en souffrance : Sustain me with your voice, clean the coffee maker/ And I adore you/ I represent you crying and/ We were born to, we were born to rule.

Et pour le rappel, Wagner debout sous sa casquette se lance dans un slam effréné ; son label se dénomme City Slang !

Kurt peint à ses heures perdues et le livret du disque est illustré de sa série Beautilion Militaire 2000 où celui qu’on imagine comme Mr. M déroule son air débonnaire de bourgeois du XIXème siècle :

Lambshop, une atmosphère déchirante, un talent sans égal et une créativité bien à l’abri des attentes.
Label City Slang

Warmup : Cortney Tidwell

Mise en scène des actes terroristes

Bien entendu le terroriste de Toulouse avait filmé ses exploits et aurait fait parvenir le film à la chaîne arabe Al Jazeera qui hésite à les diffuser. La vraie question est de savoir quand ces images vont fuiter sur Internet car cela paraît inévitable, hélas !

Son père, résidant en Algérie et de nationalité algérienne, annonce son intention de porter plainte contre la France pour assassinat à la suite de la mort de son fils lors de son interpellation.

Agitation au Mali

On croyait ce temps révolu : une bande de sous-officiers dépenaillés en tenues léopard prend le pouvoir au Mali en déposant Amadou Toumani Touré (ATT), ancien militaire, plutôt débonnaire et sympathique, qui s’était rendu célèbre en déposant un dictateur de l’époque Moussa Traoré et en rendant le pouvoir aux civils douze mois plus tard, puis, quelques années ensuite en remportant plusieurs fois les élections présidentielles de son pays. Les dépenaillés l’accuse de faiblesse dans sa lutte contre la énième rébellion touaregs qui cette fois sont revenus de Lybie avec tout l’armement généreusement distribué par Kadhafi à ses frères touaregs enrôlés dans ses brigades de mercenaires.

Les pillages de circonstance accompagnent le coup ainsi que l’habituelle dissolution des institutions et suspension de la constitution. Tout ceci est un peu déprimant.

Les médias sur leur nuage

Avec constance, avec obstination, avec indécence les médias continuent à interroger agressivement les représentants des forces de l’ordre pour savoir s’ils ont correctement réalisé l’opération de neutralisation du cinglé de Toulouse. Et lorsqu’un ou deux de leurs interlocuteurs s’énervent gentiment en leur demandant s’ils réalisent l’environnement dans lesquels se passait cette intervention qui était fort différente et un poil plus violente et létale que celle des plateaux de TF1, les journalistes comme toujours se drapent derrière leur devoir d’informer et s’écrient en vierges effarouchées : « mais les français veulent savoir ! ».

Voyeurisme, attirance morbide et défaite de l’intelligence, voilà qui caractérise une presse française qui en général est largement autant responsable de l’abrutissement des masses que les stades de fouteballe.

A la soupe

Borloo, ex-avocat d’affaires de Tapie, a définitivement rallié l’écuelle sarkozienne pour y partager la bonne soupe qui fleure le fumet du pouvoir sous les ors des palais de la République.

La mode immettable au-dessus de 30 ans

Je suis dans une boutique pour essayer des costumes de printemps. Evidemment on me propose des coupes près-du-corps, en français, pantalon moule-burnes et veste-que-tu-peux-peux-même-pas-lever-les-bras-une-fois-que-tu-l’as-sur-le-dos ! Je demande s’il n’y a pas des formes plus classiques et on me répond : « mais c’est le classique aujourd’hui. »

Fin de l’épisode…

Le cinglé assassin retranché dans son appartement de Toulouse meurt durant l’assaut du RAID. Il s’avère être un jeune homme né à Toulouse, petit délinquant, pas particulièrement défavorisé, mais embrigadé dans l’islamisme avec séjours dans des camps d’entraînement de combattants au Pakistan et en Afghanistan. Pas trop longs les séjours d’ailleurs, quelques semaines chacun, et puis quand il y a attrapé une hépatite il est revenu se faire soigner en France sous le parapluie rassurant de la sécurité sociale hexagonale sans doute plus généreuse que celle de Kandahar.

Son frangin, également prosélyte musulman, en garde à vue après que des explosifs aient été retrouvés dans son automobile, se serait félicité des actes de son cadet lors de son interrogatoire.

Hélas, hélas, cette série de meurtres particulièrement cruels à Toulouse ces derniers jours est le fruit d’un terrorisme islamique. Les représentants des différentes religions et les hommes politiques responsables supplient la population de ne pas faire d’amalgame, mais amalgame il y aura, c’est inévitable. A la limite il aurait été préférable que ces horribles forfaits aient été menés par un crâne rasé nazillon comme lors de l’attentat d’Oklahoma au Etats-Unis en 1995 qui avait fait près de 200 morts avec l’explosion d’un bâtiment fédéral menée par Timothy Mc Veigh qui a ensuite été exécuté après son procès. Au moins ce type de responsabilités est moins générateur de vagues de fond nauséabondes.

Mais l’idéal serait bien sûr que de tels cinglés n’existent point.

Indécence journalistique !

Dans l’avion qui ramène ce matin en Israël quatre corps dont trois enfants, une journaliste de France-Inter demande au père de l’adulte assassiné, également grand-père de deux des enfants tués, quelque chose du genre : « Qu’avez-vous ressenti lorsque vous avez appris… ». Le pauvre homme avec en soute les corps martyrisés de sa famille trouve quand même le courage de répondre. L’interview est diffusée au journal de 13h de cette radio.

Un tel manquement aux règles élémentaires de l’Humanité devrait être puni, au minimum, du retrait définitif de la carte de presse du coupable.

La presse face au tragique

Un cinglé psychopathe hors catégorie assassine des gamins dans une école de Toulouse avec une incroyable et froide cruauté après avoir tué deux jours avant trois militaires à Montauban et un autre militaire également à Toulouse encore un peu avant. On suppose que c’est le même assassin. Toutes les polices françaises sont sur les dents pour arrêter le suspect avant qu’il ne recommence.

La presse adore et invite immédiatement les criminologues médiatiques, les psychiatres de plateaux télévisés, les policiers à la retraite pour gloser sur la différence entre le tir à bout touchant versus à bout portant, essayer d’anticiper le profil de l’assassin, deviner ce que le procureur cache et surtout, titiller les politiques pour savoir ce qu’ils pensent de ce qu’à dit ou pas dit le voisin sur le sujet, tout en se défendant bien entendu de vouloir créer ou attiser la polémique. Un classique du genre, c’est aussi l’interview de Madame Michu voisine de l’école où se sont déroulés les meurtres, elle-même mère de famille, pour l’interroger sur ce qu’elle ressent ! Bref, la presse se vautre dans la fange avec le bonheur d’un troupeau de truies dans leur auge à purin. La mesure et le tact ne figurent malheureusement pas dans la chartre d’éthique des journalistes. Il faudrait faire un référendum sur le sujet peut-être…

Que trament les Rolling Stones ?

Les affiches des Rolling Stones dans tout Paris. Quelque chose se trame pour le 50ème anniversaire de la création du groupe. On a parlé d’un concert inaugural pour le lancement des jeux olympiques de Londres cet été. Maintenant on apprend que la santé chancelante de Keith suite à sa légendaire chute de cocotier dans le pacifique empêcherait une nouvelle tournée… Bref, on ne sait pas bien.

Un pilier du terrorisme international arrêté en Mauritanie

Abdallah al-Senoussi, ex-responsable des services barbouzards libyens a été arrêté en Mauritanie. Il a traîné dans toutes les mauvaises affaires de terrorismes de son pays sous la férule de son beau-frère, feu-Kadhafi, y compris l’attentat contre de DC 10 d’UTA en son temps. On espère qu’il va maintenant rendre des comptes même s’il faut pour cela apprendre quelques coupables complicités occidentales avec son régime lorsque ce dernier a voulu se racheter une virginité.

Il ne faudrait pas oublier non plus le Moussa Koussa, ex-ministre des affaires étrangères et barbouzardes, qui s’est réfugié au Royaume-Uni dès le début de la rébellion libyenne et a dû gentiment balancer pour ne pas être inquiété. Mais ces deux-là et les fistons Kadhafi survivants ont fait beaucoup de mal leur vie durant. Il serait légitime qu’ils en payent les conséquences devant une justice internationale sereine.

L’ingénue de Goldman Sachs

Greg Smith, un ancien cadre de Goldman Sachs se répand dans la presse pour expliquer que son ancien employeur privilégierait d’abord ses intérêts avant ceux de ses clients. Mon Dieu, comment est-ce possible alors que le monde entier croyait que cette institution de charité œuvrait pour le bien public sous la férule d’un dirigeant concourant pour le prix Nobel de la paix, juste derrière Mère Térésa ?

Décidément on ne peut plus croire en rien dans ce bas monde, quelle tristesse !

Il faut du rêve…

Les Objecteurs de croissance tractent et collent dans les rues de Paris à l’heure où le prix de super commence à dépasser les 2 euros dans certaines stations-services. A voir les réactions des consommateurs de produits pétroliers, les objecteurs ont encore du boulot.

La Grande Sophie – 2012/03/13 – Paris le Café de la Danse

La Grande Sophie au Café de la Danse ce soir pour un concert intimiste et amical. Habillée joliment dans une robe noire étincelante et échancrée, son guitariste dans un élégant costume marron, chapeau mou et guitare brillante, son bassiste alterne entre cordes et machines, un pianiste et un batteur complètent ce quintet d’humeur plutôt rock. La scène est décorée sobrement, au fonds des tentures façon papier japonais et sur le devant de simples ampoules électriques sous le micro.

Sophie vient de sortir un disque La Place du Fantôme qu’elle nous présente, sans oublier quelques retours sur sa discographie plus ancienne dont une belle version de son hit Du courage, réarrangée de façon très simple et dépouillée, voix et basse, tout simplement.Les nouvelles chansons sont charmantes et introspectives, sur la vie qui passe et les amours qui trépassent. Sophie est à la guitare, aux percussions, au micro, esquisse des pas de danse sous les stroboscopes, la chevelure en bataille, l’œil rieur. Sophie remercie la terre entière pour son bonheur d’être sur scène, nous raconte sa vie, notamment lorsqu’elle était serveuse… au Café de la Danse, il y a des années. Mais Sophie nous rock and folk avec tendresse et énergie, et en français. Sa voix est belle et douce, mais sait aussi être rebelle lorsque priment les rythmes du rock emmenés par son groupe complice.

En dernier rappel elle vient reprendre Petite princesse, quasiment a capella, chanté au milieu des spectateurs qui la laisse partir, avec regret, pour une nouvelle tournée française.

La Grande Sophie a beau avoir une tête de mort gravée sur la bandoulière de sa guitare elle nous fait sombrer dans un océan de tendresse ; une artiste lumineuse.

Setlist : Ma radio | Tu fais ton âge | Nulle part | Quand le mois d’avril | Ma romance | Un jour heureuse | En fait | Suzanne | L’amour ça pardonne pas | Du courage | Sucrer les fraises | Ne m’oublie pas | Écris-moi – Bye bye, etc. | Dans ton royaume | Mon docteur | Quelqu’un d’autre || Disparu | Peut-être jamais | On savait || Petite princesse
Warmup : Lisa Portelli

Faute de goût

Dans sa ville natale de Rouen, François Hollande a confié lire tous les matins L’Equipe et regarder les lundis les résultats du club du FCR, le club de football de Rouen. Bon, on essaiera d’oublier ce petit dérapage populo.

C’est la faute à Bruxelles

Il va être temps que cette campagne présidentielle s’arrête car la montagne de promesses intenables, d’inepties politiques et d’aberration économiques est en train de tangenter l’infini, laissant le mont Everest bien bas.

Les dernières en date concernent fiscalité et Europe. La République va aller chasser les fraudeurs dans leurs exils dorés, voire même les déchoir de leur nationalité française s’ils ne consentent à payer le trésor public. Et puis ensuite sus à Bruxelles ! Tous ces bureaucrates bruxellois vont voir de quel bois on se chauffe à Paris, qu’on se le dise. Sarko ou Hollande vont débarquer dans la capitale belge pour s’attaquer aux bureaucrates qui sucent le sang de la France et leur délivrer les incantations de campagne : rétablissement des frontières, relance économique pour la croissance, retour au protectionnisme en Europe. Bref, défaire toutes les mesures pour lesquelles les représentants de la France ont voté en ordre serré depuis le traité de Rome en 1958. Non mais !

Comme à chaque campagne électorale, c’est beaucoup plus simple d’expliquer que le mal c’est les autres et non nos propres incompétences et incohérences. Les dirigeants des 26 autres pays européens doivent se tenir les côtes d’entendre les candidats annoncer leurs exigences de renégociation et les attendre de pied ferme pour le mois de mai. Il s’agira juste d’emporter l’agrément de 26 autres négociateurs.

Visites de courtoisie

La presse glose sur le fait qu’un certain nombre de dirigeants européens ne prennent pas le temps de recevoir Hollande en campagne qui se promène dans quelques capitales. Est-ce grave ? Sans doute pas. Que se passe-t-il dans ces réunions entre dirigeants d’un pays et candidats d’un autre ? Certainement rien. On s’y congratule, on prend le thé, on rend hommage à l’indéfectible amitié entre nos peuples et on pond un communiqué que les rédactions décortiquent pour essayer d’y trouver le moindre indice d’ersatz de quelque chose de concret, lourde tâche s’il en est.

Hollande verra tout ce beau monde le moment venu s’il est élu, en attendant il a mieux à faire et les électeurs ne verront rien à redire à ce non-évènement.