Journalisme pour ne rien dire

Journal d’informations de France Culture, 31 décembre 2015, 18h00.

Nous somme à deux heures du discours de vœux du président de la République, ce discours n’est pas encore connu, probablement pas même encore terminé par son auteur, mais bien sûr il faut que les journalistes anticipent et annoncent ce qu’ils croient pouvoir affirmer comme devant faire partie des vœux présidentiels. Et de commenter bien entendu ce qui n’a pas encore été prononcé mais pourrait l’être.

Les mêmes il y a huit jours annonçaient, sans avoir lu le texte, que le projet de réforme de la constitution que devait approuver le conseil des ministres n’incluait pas la déchéance de nationalité pour les terroristes binationaux, et pourtant, une fois le texte rendu public, elle y figurait bien. Ils avaient simplement parlé sans savoir et pour essayer de faire « ceux qui savaient ».

On est dans le même cas de figure ce soir : quel intérêt existe-t-il à essayer de dévoiler deux heures à l’avance le contenu d’un discours non encore terminé et dont le contenu risque bien comme chaque année d’être plutôt convenu ? Aucun intérêt bien sûr. Ces journalistes sont payés sur la redevance réglée par les contribuables, ce sont donc nos employés. Ce soir ils ont perdu leur temps et gâché du temps d’antenne à nos frais. Ils auraient mieux fait de faire de l’analyse et de la pédagogie sur ce qui existe plutôt que de vouloir lire dans la boule de cristal.

On apprend dans le sujet suivant du même journal de France Culture que le discours de vœux de la chancelière allemande est lui publié à l’avance et déjà disponible. Cerise sur le gâteau : il est également traduit en arabe pour le million d’immigrants moyen-orientaux arrivés dans ce pays en 2015, et en anglais pour les autres non-germanophones !

ALEXIEVITCH Svetlana, ‘La guerre n’a pas un visage de femme’.

Sortie : 2004, Chez : J’ai Lu.

Prix Nobel de littérature 2015 Svetlana Alexievitch écoute et raconte la vie des femmes russes engagées dans la « Grande guerre patriotique » suivant un genre qu’elle a développé pour ses ouvrages ultérieurs, celui de l’écoute des hommes et des femmes ayant participé, fait, l’évènement dont elle fait son livre.

Celui-ci raconte la deuxième guerre mondiale telle qu’elle a été vécue par ces femmes de toutes origines, animées par la volonté de défendre la patrie. Elles furent tankistes, sapeurs, aviateurs, tireurs d’élite, infirmières… Il ne s’agit pas d’héroïnes mais de filles ordinaires qui ont fait leur devoir, et parfois bien plus, sur les fronts russes qui furent parmi les plus sauvagement destructeurs de cette guerre qui battit pourtant bien des records en la matière.

Elles y dévoilent une vision féminine de l’horreur en l’assortissant d’une sensibilité particulière. Capables de se souvenir de fleurs écloses au milieu des morts sur une champ de bataille, soucieuses de savoir comment serait leur visage si elles étaient tuées au combat, narrant le dérèglement de leurs cycles biologiques, mais animées de la même foi en la victoire que les hommes, et souvent en Staline, afin de sauver la patrie attaquée. Des sacrifices parfois incroyables comme cette femme cachée avec son groupe de partisans dans les marécages cernés par les allemands, y  noyant son bébé pour éviter que ses pleurs ne dévoilent leur présence. Ou des gamines de 16 ans mentant sur leur âge pour être envoyées au front !

Mais il s’agit aussi de tenter de rester humain au milieu de toute ces horreurs, d’entretenir « l’envie d’aimer » de garder une capacité d’avoir pitié. Et alors que l’Armée rouge entre en Allemagne avant la victoire finale, elles découvrent avec stupéfaction le niveau de développement de ce pays, infiniment supérieur au standard soviétique, en se demandant « mais pourquoi avaient-ils besoin de faire la guerre s’ils vivaient aussi bien ? »

Elles parlent enfin du traumatisme post-guerre avec émotion, celles qui furent blessées physiquement bien sûr, mais aussi celles qui ne se remirent jamais psychiquement, de même que l’accueil mitigé qu’elles reçurent parfois de la population russe ayant tendance à la traiter de « filles à soldats » d’autant plus que des histoires d’amour existèrent sous les bombes, certaines éphémères d’autres immenses. Celles dont les maris, faits prisonniers pendant la guerre, firent ensuite quelques années de goulag avant de retrouver leurs familles.

Un livre touchant comme tout ceux d’Alexandra Alexievitch qui réussit à extraire tant d’émotion de ses dialogues avec ses interlocutrices. Il permet aussi de se remémorer combien furent immenses les sacrifices du peuple soviétique durant cette guerre même si elle débuta avec le pacte germano-soviétique… rapidement oublié ! On comprend aussi mieux comment cette guerre a  fondé le peuple soviétique et la Russie d’aujourd’hui alors que les derniers témoins s’éteignent progressivement.
On referme ce livre avec un immense sentiment de respect pour ce peuple qui a sacrifié 20 millions de ses enfants face à la barbarie nazie !

NKM et le stalinisme

A l’issue des résultats des dernières élections régionales, plutôt mitigés pour l’opposition, Nathalie Kosciusko-Morizet (NKM) est débarquée de sa place de numéro 2 du parti Les Républicains. La diva en pantalon taille-basse s’en émeut dans des termes plutôt déplacés, ou à tout le moins faisant preuve de sa méconnaissance de l’Histoire :

Il est d’ailleurs curieux, au moment où on annonce un débat sur la ligne, de penser évincer ceux qui ne sont pas d’accord. Croire que le parti se renforce en s’épurant, c’est une vieille idée stalinienne. Moi je crois que le parti se renforce en débattant.

Parler d’épuration et de stalinisme est hors de propos dans une démocratie et même au sein de Les Républicains. NKM devrait relire Soljenitsyne au lieu de divaguer devant les micros de la presse. Elle dirait moins de bêtises et pourrait ainsi passer plus de temps pour préparer son programme de reconquête. Mais avoir des idées demande plus d’exigence que de lancer des slogans en pâture dans la bauge médiatique.

D’un courant plutôt centriste et partisane d’une alliance avec la gauche si c’est un moyen de barrer la route du pouvoir au Front National, elle s’oppose depuis des années aux tenant de la « droite décomplexée » qui prônent une vraie politique de droite et ne voient pas comment ils pourraient s’allier avec cette gauche qu’ils honnissent si viscéralement.

Bien que la droite ait pu gagner la présidence de deux régions grâce au retrait des listes socialistes, la ligne NKM a été mise en minorité au sein de Les Républicains et la Mistinguett priée d’en évacuer la direction. Elle n’est pas exclue du parti mais simplement démise de sa vice-présidence. Il faut maintenant qu’elle se mette au travail pour convaincre ses pairs et ses électeurs : un peu moins de Tweeter et un peu plus de réflexion, c’est aussi simple que cela.

Pop & Musique

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Self-Portrait, 1986 © The Andy Warhol Foundation for the Visual Arts, Inc. / Adagp, Paris 2015

Exposition Pop & Musique à la fondation Louis Vuitton du bois de Boulogne : une partie son et vidéo au sous-sol où le spectateur évolue au milieu d’installation audio-visuelles censées rendre l’atmosphère d’une époque basée sur l’hystérie stroboscopique et la répétition d’images filmées approximativement ; une partie qualifiée de « popiste » où l’on retrouve du plus classique dans ce que le consumérisme a pu inspirer l’art malin d’artistes comme Andy Warhol, Gilbert & George  ou Richard Prince.

Les spectateurs errent, un peu perdus, dans les vastes espaces déstructurés de cette bâtisse pour le moins étrange. Des poutres métalliques traverses des murs arrondis, des couloirs tournent autour du vide, ce concept manque furieusement d’angularité. Le tout fleure le boboïsme bon ton. On a un peu de mal à s’extasier.

Radicalisation corse

Le serment du président de l’Exécutif, du président de l’Assemblée et des conseillers exécutifs :

Voi, Presidente di l’Esecutivu di Corsica

Presidente di l’Assemblea di Corsica

Cunsiglieri di u guvernu di Corsica

Eletti da a vuluntà di u populu corsu, legittimamente maestru di sè stessu, site chjamati in stu ghjornu di u 17 di dicembre di l’annu 2015 à purtà ghjuramente nantu à a Ghjustificazione di a Rivuluzione di Corsica, di difende sempre è in ogni circunstanza, l’interessi di u nostru populu.

Facciu ghjuramentu di travaglià in u quadru di e mo funzione cù u più grande rispettu di l’interessu generale è à prò di u populu corsu.

Facciu ghjuramentu di travaglià in u quadru di e mo funzione cù onestistà, ghjustizia, probità, equità, è integrità.

Facciu ghjuramentu di travaglià in u quadru di e mo funzione cunsiderendu cù listessu rispettu u fattu magiuritariu è u parè di a minorità, è essendu primurosi di e cunvizzione diverse.

Facciu ghjuramentu di travaglià in u quadru di e mo funzione cù u penseru cuntinuu di a trasparenza, è u rispettu di i fundami democratichi è umanisti.

Facciu ghjuramentu di travaglià d’aduprà e mo funzione in u quadru universale di u diritttu di i populi à amaestrà à modu liberu u so destinu.

Ce serment a été prêté sur le livre La Giustificazione, écrit au XVIIIème siècle formalisant les principales orientations de l’Etat corse indépendant, dirigé par Pasquale Paoli. Tout un programme pour un serment que les élus corses ont mis en place pour l’occasion puisque bien entendu il n’a aucun caractère légal ou obligatoire. Il n’est pas interdit non plus.

Pour ceux qui n’auraient pas tout saisi voici la traduction du discours en langue étrangère :

Je déclare sous serment que j’exercerai mes fonctions dans le respect absolu de l’intérêt général et au service du peuple corse.

Je déclare sous serment que j’exercerai mes fonctions avec honnêteté, justice, probité, équité et intégrité.

Je déclare sous serment que j’exercerai mes fonctions en considérant avec la même attention le fait majoritaire et l’opinion de la minorité, et en respectant la diversité de toutes les convictions.

Je déclare sous serment que j’exercerai mes fonctions dans le constant souci de la transparence, et le respect des droits et principes démocratiques et humanistes.

Je déclare sous serment que j’exercerai mes fonctions dans le cadre universel du droit des peuples à maitriser librement leur destin.

Il faut aider ces élus courageux à tenir leur serment au service du droit universel des peuples à disposer d’eux-mêmes et les accompagner en douceur vers cette indépendance qu’ils appellent de leurs vœux.

ROLLAND Romain, ‘Jean-Christophe 2/3’.

Sortie : 1912, Chez : Le Livre de Poche 779/780

Dans ce deuxième tome, Christophe, musicien-compositeur potentiellement talentueux mais à l’intransigeance toute germanique, doit s’exiler à Paris où il mène une vie de bohème loin de siens, vivant difficilement de son art. Au travers des pérégrinations de son héros, Rolland décrit avec précision la France de l’après-guerre de 1870 alors que l’Europe se réconcilie plus ou moins à l’ombre de la puissante Allemagne unifiée. Les armes se sont tues et les nations s’affrontent sur le plan artistique : la musique française douce et subtile vs. Wagner et Strauss ; et sur celui de la façon de vivre qui identifie les deux amis : Christophe le musicien allemand et Olivier le poète français, le premier est fiévreux et idéaliste quand le second est introverti et désabusé. Mais déjà les premières menaces affleurent de ce qui deviendra la Grande Guerre et son immense carange européen bâti sur la haine et le besoin de vengeance qui ne cesseront d’attiser la violence entre les peuples français et allemands.

Romain Rolland chronique cette époque révolue au travers de ses personnages européens et des évènements de l’Histoire. Les temps sont durs dans une France en pleine seconde révolution industrielle et encore loin de l’Etat providence, ce qui n’empêche pas les personnages du roman de se démener dans d’émouvantes situations de tendresse et de solidarité.
Une chronique touchante de la Belle époque qui, on le pressent, va mal se terminer dans le troisième tome…

Programme contre image

Entendu au Café du commerce :

– Je vais voter pour Nathalie Kosciusko-Morizet (NKM) c’est l’avenir de la droite!

– Ah bon, a-t-elle dévoilé un programme politique quelconque ?

– On s’en fout des programmes, ce qui compte c’est l’image !

C’est des problèmes de notre République : la mise en plis de NKM et ses pantalons taille-basse suffisent à lui attirer les suffrages sans que l’on ait à ce stade la moindre idée sur la façon dont elle gouvernerait la France si elle arrivait au pouvoir.

Incompétence, insignifiance et nombrilisme

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Impayable : une partie de notre classe politique et médiatique brille encore par son incompétence, son insignifiance et un nombrilisme qui force l’admiration. Une fausse information diffusée par la ministre de la justice sur une radio algérienne a laissé croire que le principe de déchéance de la nationalité pour fait de terrorisme pour les binationaux, qui existe déjà dans le code civil pour les français ayant acquis la nationalité, ne serait finalement pas inclus dans la constitution. Le texte final qui sera présenté au vote du congrès n’était pas encore connu mais immédiatement les porte-flingues de l’opposition ont envahi les ondes pour tomber à bras raccourcis sur cette nouvelle reculade du pouvoir de la gauche-laxiste, attisés par les journalistes se réjouissant de cette montée de tension politicarde permettant d’animer les conflits sur leurs plateaux désertés à cette veille de Noël.

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Finalement le texte approuvé aujourd’hui par le conseil des ministres intègre cette constitutionnalisation de la déchéance de nationalité pour les binationaux. Il n’est pas sûr qu’elle sera votée mais l’option en a été retenue par le pouvoir en place.

Les portes-flingues précités ont donc commenté un texte qu’il n’avait pas lu puisqu’il n’avait pas été encore finalisé. Ils avaient le choix entre travailler sur le programme de gouvernement pour 2017 puisqu’ils ambitionnent de revenir au pouvoir, ou faire de l’agit-prop et de la désinformation, ils ont évidemment opté pour cette seconde option et déclenché un concours de tweets abêtissant et d’imbécilités médiatiques attisant les réactions geignardes de Mme. MIchu au Café du commerce.

Cette affaire est un désastre en ce qu’elle démontre l’immobilisme de la classe politique : rien ne bouge, rien ne change et le seul débat consiste à enfoncer celui d’en face. A l’issue de cet incident, du programme de l’opposition on ne sait rien de plus, de sa capacité à jouer aux billes dans la cour d’école on reçoit une confirmation forte.

Sur le fond il n’y a rien de bien grave : la déchéance de la nationalité existe déjà dans le code civil depuis des décennies et est appliqué régulièrement pour une dizaine d’individus chaque année :

Article 25 du Code Civil

Créé par Loi 1803-03-08 promulguée le 18 mars 1803

Créé par Loi n°93-933 du 22 juillet 1993 – art. 29 JORF 23 juillet 1993 en vigueur le 1er mars 1994

L’individu qui a acquis la qualité de français peut, par décret pris après avis conforme du Conseil d’Etat, être déchu de la nationalité française :

  1. S’il est condamné pour un acte qualifié de crime ou délit constituant une atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation ;
  2. S’il est condamné pour un acte qualifié de crime ou délit prévu et réprimé par le chapitre II du titre III du livre IV du code pénal ;
  3. S’il est condamné pour s’être soustrait aux obligations résultant pour lui du code du service national ;
  4. S’il s’est livré au profit d’un Etat étranger à des actes incompatibles avec la qualité de français et préjudiciables aux intérêts de la France ;
  5. S’il a été condamné en France ou à l’étranger pour un acte qualifié de crime par la loi française et ayant entraîné une condamnation à une peine d’au moins cinq années d’emprisonnement.

L’étendre aux binationaux et intégrer le tout dans la constitution permettrait simplement de le rendre plus durable car plus difficile à modifier qu’une simple loi. Comme personne n’a vraiment l’intention d’en demander la suppression ou l’affaiblissement, sauf quelques écologistes de circonstance, lui laisser son statut de simple loi ne changerait pas grand-chose.

Un conseil pour les élus et les journalistes : il est préférable de lire un texte avant de le commenter. En principe cette évidence est censée être enseignée dans les écoles de la République et celles de journalisme. Sans doute les Ciotti, Wauqiez et autres Woerth ont séché les cours lorsque ce sujet était au programme… En attendant de rattraper leur retard en ce domaine, ils attaquent la ministre de la justice Christiane Taubira, cela ne peut pas faire de mal.

Tweet_Woerth_20151223_NationalitéCe qu’il faudrait constitutionaliser c’est une interdiction à appliquer aux élus de perdre leur temps à asséner des slogans sur Tweeter. Ces personnes sont rémunérées par les contribuables pour gérer la France et réfléchir à son futur. On attend d’eux qu’ils analysent des faits, préparent des programmes, pensent l’éducation de notre jeunesse, statuent sur les options de puissance de la Nation… pas qu’ils bêtifient en 140 signes. Eric Woerth s’est particulièrement distingué dans cette polémique de bas étage : nous le faisons donc entrer dans la rubrique de Tweets crétins de notre site !

En conclusion et pour ajouter au désopilant de cette affaire, on rappellera que lors de son « discours de Grenoble » en 2010 le président Sarkozy avait proposé d’étendre la déchéance de nationalité aux personnes naturalisées depuis moins de 10 ans et condamnées pour crime sur dépositaires de l’autorité publique. Cette proposition qui ne portait pas sur la constitution mais uniquement sur le code civile avait finalement été abandonnée devant son rejet par les alliés centristes du pouvoir conservateur de l’époque. Il n’est donc pas impossible que la droite, désormais retournée dans l’opposition, qui a rêvé de cette mesure quand elle était au pouvoir, ne soit obligée de la voter sur une proposition d’un pouvoir de gauche… La suite des évènements sur ce sujet risque d’être croquignolesque, à moins que l’intelligence ne prenne le dessus ?

Tics verbaux

On ne dit pas : «  l’armée française a tué x terroristes religieux au Mali » mais plutôt « l’armée française a neutralisé x terroristes religieux au Mali ». Cette faux-jettonerie sémantique laisse subsister l’éventualité, improbable, qu’il puisse rester quelques survivants chez les extrémistes et que les militaires français aient pu faire des prisonniers à traduire en justice. On aime parler de guerre, il est plus difficile de parler des morts qui en résultent.

Emoi renforcé chez les pousseurs de baballe

Platini, 60 ans, ex-fouteballeur recyclé dans l’affairisme, qui a perçu 1,8 MEUR comme solde du salaire d’un « travail effectué » pour la fédération internationale de fouteballe (FIFA) est radié de toute activité fouteballistique pour huit ans par une espèce de conseil de discipline de la FIFA. Il est coupable de « conflit d’intérêt et de gestion déloyale ». Le garçon en est tout contrit car cela l’empêche de présenter sa candidature à la présidence de… la FIFA !

Il a été condamné par ailleurs à une amende 74 000,00 EUR, par contre il n’a pas été contraint à rendre l’argent qu’il a encaissé de façon « déloyale », sans doute du fait d’un emploi fictif.  Le petit monde franchouillard fouteux s’émeut que cet homme « qui a tant apporté au fouteballe français » soit ainsi sanctionné et qu’un représentant de l’hexagone ne puisse pas briguer la tête de la FIFA, institution à tendances mafieuses, basée en suisse, dont une bonne partie de l’équipe dirigeante est mise en examen pour corruption et certains de ses membres récemment extradés aux Etats-Unis par la Confédération Helvétique pour y rendre des comptes. Pas sûr que Platini ait beaucoup à perdre en ne pouvant plus prétendre à la présidence d’une telle institution.

Comme souvent en ce genre de circonstance on reste assez stupéfié du sentiment d’impunité qui anime ces personnages publics, qu’ils soient politiques ou sportifs, en tout cas médiatiques. Platini, comme Guéant, a piqué dans la caisse et cet acte est confirmé par la justice. Une attitude noble de leur part serait d’en prendre acte, de rester discrets et de passer à autre chose. L’un comme l’autre sont âgés, respectivement 60 et 70 ans, et devraient aussi comprendre qu’il est temps de passer la main aux plus jeunes, outre la nécessité de se faire oublier. Ni l’un ni l’autre ne laisseront de trace dans l’Histoire et personne ne s’en plaindra !

Changer la politique et blablabla…

Avec héroïsme un certain nombre des combattants des dernières élections régionales démissionnent de leurs précédents mandats lorsqu’ils ont été élus pour un nouveau, ou réintègrent les anciens lorsqu’ils ont été battus.

Parmi les exploits de cette fin d’élection on note le président de l’assemblée nationale, Claude Bartolone, 64 ans, qui a fait campagne en tête de liste (tout en restant président de l’assemblée), a été élu mais sa liste n’ayant pas la majorité il n’aurait été que conseiller régional et pas président du conseil général. Du coup, le garçon démissionne de son poste de conseiller régional acquis depuis trois jours pour reprendre sa position plus gratifiante de président de l’assemblée nationale.

Jean-Yves Le Drian, 68 ans, ministre de la défense, qui a été élu et dont la liste est arrivée en tête de la région Bretagne. Il va cumuler les deux fonctions : président de région et ministre. Tout le monde se gausse pour répéter en boucle qu’il s’agit d’un ministre exceptionnel dont la République n’aurait pas pu se passer et que le cumul est donc acceptable. On ne sait pas bien si ce ministre est aussi exceptionnel que l’on veut bien le dire, disons qu’il est un peu moins envahissant et plus discret que la moyenne, bien que titulaire d’un compte tweeter. Et même s’il était vraiment exceptionnel il lui suffisait de ne pas se présenter aux élections régionales pour ne pas cumuler ! Il a préféré, à 68 ans, l’option du cumul.

Xavier Bertrand, 50 ans, a été élu et sa liste est en tête dans le Nord, il sera donc président de la région. Du coup il a démissionné de ses mandats de député et de maire pour lesquelles il avait obtenu les suffrages pour une durée de 5 ans comme député, et de 6 ans pour son mandat de maire. Rendons-lui grâce qu’il n’a pas voulu trop cumuler mais il aurait été plus honnête qu’il aille au bout des mandats précédents avant de se représenter à un nouveau au milieu du gué. Dans ces conditions il trahit forcément un engagement, le nouveau ou l’ancien.

Tout ceci manque de sérieux et de sens des responsabilités ! Peut-être faudrait-il interdire à un élu de se présenter à un nouveau mandat tant qu’il n’a pas achevé celui pour lequel il a été élu (et payé par le contribuable) précédemment.

Décorations inutiles

Jean-Pierre Elkabbach, journaliste, et Ramzi Khiroun, communiquant du CAC 40, ont reçu la légion d’honneur des mains du président de la République le 20 novembre dernier devant un parterre de mondains. Quel peut bien l’intérêt de la République de décorer ces deux personnes ? La première est un homme de presse de 78 ans qui s’écoute parler depuis des décennies sur les antennes publiques comme privées, la seconde un affairiste payé pour vendre de l’image quand il n’y a guère de fond.

Ils ont sans doute connu ce qui s’appelle de la réussite dans leurs métiers respectifs. Ces décorations flattent les égos déjà surdimensionnés de ces personnages qui se croient influents au-delà des salons qu’ils fréquentent. Elles sont inopportunes. Accessoirement elles sont couteuses et ont mobilisé sous les ors de l’Elysée toute une clique de ministres, patrons et journalistes pendant leurs heures de travail pour pignocher des petits fours au frais des contribuables tout en s’auto-congratulant.

Ces décorations sont détestables.

Pour une Corse indépendante

Après la défaite de Virginie Calmels, les résultats des élections régionales du week-end dernier révèlent une seconde bonne nouvelle, c’est la victoire des indépendantistes corses pour leur collectivité territoriale. Il faut maintenant souhaiter que cette région s’achemine paisiblement vers son indépendance, ou son rattachement à une autre Etat, mais en tout cas son détachement institutionnel de la République française.

Cette indépendance de l’Ile de Beauté est souhaitée par ses habitants puisqu’ils ont voté pour, et souhaitable pour la France. Elle sera profitable pour tous et n’empêchera pas de conserver des relations diplomatiques cordiales entre les Etats, ni aux français qui le souhaitent de passer leurs vacances sur les magnifiques plages de cette ile méditerranéenne.

Oui l’indépendance de la Corse doit être l’objectif à terme de la nouvelle majorité de la collectivité territoriale. Plus rien ne s’y oppose désormais. Les obstacles juridiques et techniques doivent pouvoir être résolus progressivement par une véritable volonté politique.

Au moins une bonne nouvelle ce soir

Virginie Calmels, adjointe au maire de Bordeaux, qui se présentait comme tête de liste de Les Républicains aux élections régionales pour la présidence de la région Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes ne sera pas présidente de cette région puisque sa liste n’est pas majoritaire. C’est une bonne nouvelle car une personne qui a dirigé la société de production d’émissions télévisuelles parmi les plus abêtissantes de la planète n’aurait pas pu se transformer d’un coup de baguette magique en une personnalité publique sensible à l’intérêt général. Regardez un replay de Secret Story, Star Academy ou de La Ferme Célébrités et vous comprendrez cette évidence.

Lire aussi > Virginie Calmels : de la télé-réalité à la politique

Petits arrangements entre amis

Il s’en sera finalement fallu de peu pour que quelques régions françaises ne soient dirigées par des membres du Front National (FN). Quelques arrangements entre les autres partis (ce qu’on appelle le front républicain) ajoutés à un sursaut civique des électeurs dont près de 60% d’entre eux se sont rendus aux urnes, ont laissé les stars du FN à la porte des présidences. Malgré tout des bataillons de conseillers régionaux FN rentrent pour six ans dans les palais de la République, et ce n’est sans doute pas fini. Les électeurs les ont voulus, ils les ont.

Ce soir sur les plateaux télévisés, les autres partis se gaussent de grands mots « nous avons entendu le message des français, il faut changer la politique, il faut agir vite, prendre des mesures qu’attendent les français… ». Bref, comme personne ne sait vraiment que faire pour améliorer le taux d’emploi et diminuer les déficits des finances publiques on lance quelques slogans qui ne peuvent pas faire de mal.

Platini s’accroche à sa carotte

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Platini, 60 ans, a perçu une rémunération de 1,8 millions d’euros comme solde d’un « travail effectué » pour la FIFA (fédération internationale de fouteballe) qui a donc été facturé plusieurs millions d’euros. Ces sommes ont été soumises à l’impôt en Suisse. Des comités Théodule ont estimé que le garçon était soupçonnable de corruption d’autant plus ces millions avaient été versés sous l’autorité du président de la FIFA (M. Blatter, 79 ans), lui-même convaincu de corruption. Ces deux personnages douteux ont été suspendus pour 90 jours par l’un de ces comités ce qui empêche Platini de briguer le remplacement de Blatter.

Platini n’a pas pu expliquer la prestation qu’il a commise pour ces millions d’euros mais il clame son innocence et continue à vouloir poser sa candidature. Il n’envisage pas semble-t-il de rendre l’argent de son emploi potentiellement fictif. Sa suspension vient d’être confirmée par un énième comité-bidule et il n’est pas sûr du coup que sa candidature à la FIFA soit recevable.

Platini et Blatter, une bande de pieds nickelés qui se servent dans la caisse depuis des années, naviguent entre Suisse et exonérations fiscales, mondanités et millions d’euros, tout ça au « profit » d’un sport peu reluisant au regard de sa déplorable influence sur l’intelligence de l’Humanité. Une opération mains-propres s’imposent. Il n’y a pas besoin ni d’un ancien  fouteballeur français ni d’un affairiste suisse âgé pour gérer cette FIFA. Il y a un candidat jordanien qui frappe à la porte, votons pour lui et n’en parlons plus.

Par contre il serait salvateur que les Etats cessent d’octroyer des exonérations fiscales indécentes à ces fédérations lorsqu’elles organisent des compétitions de pousseurs de balle dans un pays. Ces exonérations sont politiquement immorales, économiquement non justifiées et financièrement inopportunes puisque les caisses de nos Etats sont vides. Plutôt que de soutenir un ancien jouer de 60 ans corrompu la France serait bien inspirée de fédérer les Etats membres pour cesser d’exonérer d’impôts ces fédérations milliardaires installées en Suisse.

Hambourg renonce aux Jeux-Olympiques de 2022

Après Boston c’est maintenant Hambourg qui retire sa candidature aux jeux olympiques d’été de 2022. La ville allemande a organisé un référendum et la sage population de cette ville a estimé qu’il fallait mieux consacrer ses sous à des choses plus utiles que des compétitions de sport. Le maire de Boston avait renoncé quand le comité olympique international avait demandé à sa ville une garantie qu’elle prendrait en charge tout dépassement de dépenses sur le budget.

La ville de Paris reste candidate pour ces jeux et sa maire s’évertue à essayer d’éviter un référendum dont elle craint un éventuel résultat négatif. La France dont on connait la mauvaise gestion de ses finances publiques continue à se singulariser face à Boston et Hambourg, hélas !

La démesure financière de ces jeux du cirque, olympiques ou fouteballistiques, n’est plus à démontrer. Les budgets sont systématiquement dépassés et les impacts favorables tout aussi systématiquement surestimés. Mais la comédie continue. Ces villes rebelles seraient bien inspirées d’engager un combat pour les jeux modestes. Paris serait bien sûr contre, toujours à l’affut de plus de dépenses publiques.

Bercy change de nom

Entendu au Café du commerce :

Le POPB s’appelle désormais Accor Hotel  Arena ! Demain va-t-on vendre aussi l’Arc de triomphe ?

Cette émotion fait suite à la location du nom de cette arène à un marchand, en l’occurrence la chaîne hôtelière Accor. C’est une pratique désormais assez courante de confier à Monsieur le Marché le co-financement de ce type de lieux ou d’évènements mondains que s’empressent de louer des marques. Par exemple on ne dit plus le concours de saut d’obstacles de Paris, mais le Saut Hermès ; on ne dit plus le trophée de champions de golf mais le Trophée Lancôme, et il y a bien d’autres exemples de ce type.

Alors à la question technique sur la vente de l’Arc de Triomphe la réponse est évidemment positive : oui le propriétaire (l’Etat ou la municipalité) de ce monument peut en vendre le nom à une marque. Politiquement c’est peu probable à court terme mais qui sait si un jour l’état des finances publiques ne poussera pas à regarder de plus près cette éventualité.

On se souvient que l’Hôtel de la Marine sur la place de la Concorde devait être transformé en galeries marchandes après le départ du ministère du même nom vers le complexe militaire récemment inauguré dans le XVème arrondissement de Paris. Cette éventualité a également provoqué quelques levées de bouclier bien que le bâtiment ne devait pas être vendu mais simplement loué à bail ce qui revenait à en transférer les coûts d’entretien sur le secteur privé. Finalement le projet a été abandonné et l’Hôtel de la Marine continuera à être entretenu par les contribuables et non pas par le secteur privé (les consommateurs).

Contradiction française permanente jamais résolue : ce sont souvent les mêmes qui se plaignent de payer des impôts qui veulent malgré tout continuer à payer l’entretien d’actifs non utilisés de l’Etat. Il peut parfois être acrobatique d’être libéral pour la baisse des impôts et étatiste pour le maintien des bijoux de famille dans le patrimoine national !