WIESEL Elie, ‘Open Heart’.

Sortie : 2012, Chez : Schocken (version anglaise)

Elie Wiesel, survivant d’Auschwitz, prix Nobel de la Paix, mémoire éternelle de la Shoa, défenseur infatigable de la réconciliation des Hommes, auteur prolifique de récits et de fictions, à 82 ans, affronte une opération à cœur ouvert. Il raconte ici ces quelques jours avant et après cette chirurgie lourde. A cette occasion, et dans la crainte de la mort qui se rapproche, remontent à la surface moult souvenirs de l’Holocauste, de sa famille, de ses prières, des savants du Talmud qu’il a fréquenté sa vie durant.

Dans une style très simple et clair (le livre est en version anglaise traduite de l’hébreu) il en ressort toujours cette profonde humanité et la foi juive indestructibles de ce personnage hors du commun. Il a traversé les heures les plus sombres de l’ère humaine mais reste un défenseur maladif de la raison et de l’amour pour sauver l’Humanité toujours au bord du gouffre de l’absurdité et de sa violence conséquente.

Un livre revigorant !

PAHLAVI Mohammad Reza, ‘Réponse à l’Histoire’.

Sortie : 1979, Chez : Le Livre de Poche n°5466.

C’est l’histoire d’un échec qui se termine en tragédie géopolitique :  l’ex Chah d’Iran, Mohammad Reza Pahlavi raconte sa version de son action à la tête de ce pays oriental dont il dut s’exiler en 1979 sous la pression populaire et religieuse. Pour lui il y a deux responsables : le communisme allié à la religion (« le Rouge et le Noir ») et la presse occidentale qui n’a cessé de critiquer son régime.

Ecrit quelques mois après son départ de Téhéran et peu de temps avant son décès, il raconte les grandes lignes de son règne qui a duré de 1941 à 1979 et sa volonté de faire sortir ce pays du moyen-âge. Il y a temporairement réussi mais n’a pas su éviter la prise de pouvoir par l’opposition qu’il voit surtout communiste alors que l’Histoire a montré qu’elle fut majoritairement religieuse. Et c’est d’ailleurs probablement la raison pour laquelle elle dure encore alors que les dictatures communistes se sont globalement effondrées.

Sa tâche n’était pas facile, il y eut des réalisations incontestables, des erreurs politiques manifestes, puis tout s’est effondré avec la prise du pouvoir par les religieux qui ont alors mené des mois de terreur pour régler leurs comptes. Aujourd’hui ils sont toujours là et se sont réimposés comme interlocuteurs puissants sur la scène internationale. C’est là l’échec majeur de Chah d’Iran : il n’a pas su éviter ce désastre.

Le livre aurait été plus intéressant si Reza Pahlavi avait analysé plus avant les raisons qui ont fait que son peuple préféra l’archéologie religieuse à la modernité capitaliste. Certes il y eut des manipulations de tous ordres mais on ne peut pas dire que le retour d’un pouvoir religieux ne fut pas plébiscitée par le peuple. La vraie question restée sans réponse serait de savoir si le développement économique, social et culturel peut être imposé à marche forcée. A défaut de réponse évidente, nous avons en tout cas une conclusion : la méthode utilisée par le Chah d’Iran ne fut pas la bonne.