ATTALI Jacques, ‘Verbatim II 1986-1988’.

Sorti : 1995, Chez Fayart.

Le deuxième tome du verbatim de Jacques Attali lorsqu’il était conseiller proche de François Mitterrand, président de la République de 1981 à 1995 ; le récit couvre les deux années de la première cohabitation de 1986 à 1988. Jacques Chirac est le premier ministre et de plus candidat pour les élections présidentielles de mai 1988.

On y découvre les premiers pas d’une situation institutionnelle encore jamais vue en France, celle d’une majorité parlementaire en opposition avec la couleur politique du président. Le RPR mené par M. Chirac prend le pouvoir dans les ministères avec la subtilité d’un troupeau d’éléphants dans un magasin de porcelaine. Ils seront gentiment dominés et manipulés par un Mitterrand revigoré par cette adversité, et qui l’emportera à l’élection présidentielle de 1988 où il battra très largement son premier ministre.

Attali raconte au jour le jour les petites bassesses et les grandes options qui animent cette période politique novatrice de la République qui finalement ne fut pas aussi négative que l’on pouvait le craindre. 10 ans plus tard, Chirac s’illustrera à son tour, mais avec moins de subtilité, comme président d’une République en cohabitation avec Jospin premier ministre. Mitterrand disait : « l’alternance est l’oxygène de la démocratie, mais un excès d’oxygène peut parfois provoquer un malaise. »

1986-1988 est aussi la période des négociations entre l’Occident et l’Union soviétique sur les euromissiles. Gorbatchev tente de faite bouger une URSS à bout de souffle alors que Reagan lance les Etats-Unis d’Amérique dans la « guerre des étoiles » qui aura finalement raison du soviétisme pour une fin provisoire de l’Histoire d’un siècle qui fut terrible.

Attali est de tous ces combats dont il note les petites et les grandes étapes pour nous les restituer de façon passionnante. On retrouve l’esprit des chroniques de Kissinger lorsqu’il fut à la Maison Blanche puis eu département d’Etat. Il est utile que ces conseillers divulguent les vrais ressorts du pouvoir, ou tout du moins l’idée qu’ils s’en font. C’est un éclairage passionant sur notre époque.

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