L’Ukraine en faillite

Vous souvenez-vous de Mikheil Saakachvili ? Il était un citoyen géorgien, plus ou moins américanisé, ayant quitté le cabinet d’avocats dans lequel il travaillait aux Etats-Unis pour revenir dans son pays après la dissolution de l’ex-URSS. Il y occupa des postes ministériels avant d’être élu président de la République. Le nouveau président est pro-occidental et veut faire adhérer son pays à l’Union européenne et à l’Otan. Jusqu’ici rien de bien dramatique ni original.

Les choses se corsent lorsque le garçon en 2008 se met en tête de récupérer l’Ossétie du Sud, une province caucasienne rebelle plutôt pro-Russie et en tout cas anti-Géorgie. Saakachvili envoie l’armée géorgienne tenter de réduire la rébellion largement soutenue par la Russie. Il s’en suit ce qui devait arriver et en dix jours l’armée russe réduit les forces géorgiennes puis reconnaît l’Ossétie du Sud et l’Abkhazie qui de fait sont quasiment annexées par Moscou.

L’absence totale de sens politique de Saakachvili frappe la planète entière. Il espérait peut-être que l’Otan entre en guerre contre la Russie pour défendre deux confettis caucasiens plutôt contre leur gré.

Ça c’est la passé. Retourné aux Etats-Unis après avoir perdu l’élection présidentielle de 2013, l’Ukraine vient de lui attribuer la nationalité ukrainienne pour le nommer gouverneur d’une province de ca pays. On croit rêver devant une telle incompétence politique. Les masques tombent sur la réalité des objectifs du pouvoir actuel à Kiev. Quel besoin y-avait-il d’aller chercher un citoyen géorgien, honni de Moscou, pour l’engager à gérer une province ukrainienne ? Ce n’est sans doute pas son talent mais plutôt la volonté de titiller la Russie, érigée en mode de gouvernement.

L’Ukraine est en faillite financière et politique depuis plusieurs années, très majoritairement à cause de l’incompétence de ses dirigeants qui ont mené ce grand pays à la ruine. Il va falloir payer l’addition qui est déjà présentée à son Peuple et qui le sera bientôt à l’Occident. On ne peut pas dire que la nomination de Saakachvili soit un signe d’amélioration…

Que ce soit la Géorgie, l’Ukraine ou quelques autres candidats à l’adhésion à l’Union européenne, ces pays n’en n’ont pas le niveau de maturité suffisant. Il faut le leur dire clairement. Imagine-t-on ce qui se serait passé si la Géorgie avait fait partie de l’Otan en 2008, ou l’Ukraine en 2012 ? La solidarité militaire de cette alliance aurait dû en principe jouer et l’Occident partir en guerre contre Moscou pour régler des querelles internes propres à ces pays mal gouvernés…

Le désastre continue en Ukraine

Un accord de cessez-le-feu a été signé entre le pouvoir ukrainien et ses rebelles pro-russes de l’est du pays, sous l’égide des dirigeants allemand, français et russe. Il entérine une autonomie des régions de l’est du pays, globalement pro-russes. Cela ne semble pas illégitime et en tout cas proche de ce que l’on peut savoir de la volonté majoritaire de ces populations. Evidemment il aurait été préférable d’aboutir à cette autonomie par la voie des urnes, comme cela est fait progressivement pour la Nouvelle-Calédonie et la France, par exemple. Mais nous sommes en terre slave et la violence a primé. Après plus de 5 000 morts, l’essentiel est maintenant de mettre en place ce divorce à l’amiable sans trop d’à-coups.

Plus malin, ces accords font peser tout le financement des territoires autonomes de l’est ukrainien sur le gouvernement central de Kiev. Pour revenir à notre exemple des colonies françaises du Pacifique, ce n’est pas non plus complètement anormal. La réussite d’une autonomie, voire d’une indépendance, réside en partie dans le financement du processus.

Le problème avec l’Ukraine est que l’Etat est en faillite donc le financement de ces accords va peser sur les contribuables européens pour longtemps encore. D’où sans doute la volonté frénétique du pouvoir en place à Kiev d’adhérer à l’Union européenne. En fait le pays veut être adopté par son banquier.

Il va falloir payer pour la faillite de l’Ukraine

La guerre entre les séparatistes est-ukrainiens, soutenus par une Russie impériale, contre les ouest-ukrainiens à qui l’Union européenne laisse espérer une adhésion, un jour, s’aggrave. Des milliers de morts depuis le déclenchement de la rébellion sur la tristement célèbre place Maïdan. La scission entre Est et Ouest de ce pays sulfureux semble désormais consommée, il va falloir l’entériner avec la mise en place d’une fédération ou de quelque chose qui y ressemble. Les soudards pro-russes sont probablement aussi légitimes à réclamer leur autonomie que les forbans pro-occidentaux.

Il faut maintenant faire taire les armes et surtout financer la colossale faillite financière de ce pays qu’il faudra bien aider sous peine d’effondrement mortifère. La Russie elle-même sous sanctions financières va également y laisser quelques plumes économiques et les républicains américains extrémistes ne rêvent que de relancer la guerre froide en livrant des armes offensives à Kiev, armes létales qui ont un risque sur deux de se retourner un jour, qui pourrait être proche, contre des forces de l’OTAN.

Il va falloir que chacun y mette du sien, y compris que l’Occident accepte que le concept russe de zone d’influence s’applique de façon intelligent à ses pays frontaliers : Géorgie, Ukraine, et autres.

Et puis ensuite les contribuables européens passeront à la caisse plus sereinement. Vous avez aimé Athènes ? Vous allez adorer Kiev !

L’Ukraine en faillite

L’Ukraine a voté une loi instaurant son renoncement au statut de « non aligné ». Les spécialistes expliquent qu’il s’agit en fait d’une demande d’adhésion à la coalition militaire occidentale de l’OTAN. Le pouvoir ukrainien sait la faiblesse occidentale et la difficulté de ces organisations multilatérales à dire « non » alors il présente ses candidatures à tout ce qui peut l’éloigner de la Russie.

Il n’y a pas besoin de réfléchir bien longtemps pour se rendre compte que l’Ukraine n’est pas prête à adhérer à quoi que ce soit, ni en termes politiques et démocratiques, encore moins en termes économiques et militaires. Elle n’y a d’ailleurs sans doute pas vraiment intérêt. Serait-elle utile à l’Union européenne ou à l’Otan ? Bien sûr que non, elle y serait un poids très lourd et qui plus est, un casus-belli avec la Russie. Est-ce que les peuples européens souhaitent intégrer l’Ukraine en leur sein ? Il suffirait de leur demander pour savoir mais leur réponse négative ne fait pas beaucoup de doute. Alors pourquoi faire comme si de rien n’était et laisser ce pays emprunter les chemins de l’adhésion à l’Union et à l’Otan ? C’est la faiblesse des diplomaties qui ne savent pas refuser, c’est aussi sans doute ce qu’on appelle le déficit démocratique de l’Europe qui accessoirement fait prospérer les partis extrémistes.

Faut-il aider l’Ukraine à se sortir du bourbier économique et politique dans laquelle la gouvernance de ses élites l’a plongée ? Bien sûr que oui et d’ailleurs le contribuable européen a déjà commencé à payer pour la faillite de ce pays aux abois. Nous allons continuer bien que l’addition sera évidemment très lourde compte tenu de la gabegie qui tient lieu de politique à Kiev depuis la chute du mur de Berlin. Mais il n’est pas nécessaire de faire adhérer pour aider.
Que ce soit l’Union européenne ou l’OTAN, on trouvera forcément des pays voulant accueillir l’Ukraine dans ces organisations, pour de bonnes ou de mauvaises raisons, et qui pousseront les autres à accepter. En France, l’article 88-5 de la constitution soumet à référendum tout traité relatif à l’adhésion d’un pays à l’Union européenne ce qui veut dire que si les électeurs français votent contre l’adhésion de l’Ukraine le moment venu celle-ci ne pourrait pas avoir lieu puisqu’elle relève de l’unanimité des pays membres. Il risque d’y avoir un casse-tête juridique de premier ordre que la créativité des eurocrates aura du mal à résoudre et qui d’ailleurs de produira déjà avec les cas de la Serbie, de l’Albanie, du Kosovo et autres pays balkaniques sur les rangs de l’adhésion à l’Union. Il va être intéressant de suivre les contorsions politiques des dirigeants européens pour expliquer l’intérêt politique qu’il y a à faire adhérer l’Albanie à l’Union européenne…

Il va falloir payer pour la faillite ukrainienne

La France officialise le fait qu’elle ne livrera pas un bateau de guerre construit pour, et vendu à la Russie, compte tenu de l’ingérence de Moscou dans la guerre civile ukrainienne. Si ce contrat est définitivement rompu ce sera un coût supplémentaire pour les contribuables français après le refinancement de la faillite financière de l’Ukraine qui ne fait que commencer.

Il eut été plus avisé de ne pas vendre d’armes à de faux-amis comme la Russie, qui furent de vrais ennemis 60 années durant. En fait, les vrais amis sont en nombre très limité, l’Europe de l’ouest, les Etats-Unis, l’Australie… et encore considère-t-on l’Allemagne et le Japon comme des pays plus ou moins neutres ou pacifistes de par leurs constitutions. Mais la France vend des armes aux pays du Golfe persique, en Afrique, aux pays de l’Est, une bonne partie n’est d’ailleurs jamais payée par les clients mais financée par les contribuables, et les vrais amis achètent leurs armes aux Etats-Unis.

La survie de l’industrie française de l’armement nécessite sans doute ces compromissions, espérons que ces armes françaises ne se retournent pas un jour contre nous !

La Morano en tout cas, avec la subtilité qu’on lui connaît, sa grand capacité d’analyse politique et sa vision des relations internationales a voté pour la Russie :

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Une faillite à financer

L’Ukraine, en pleine guerre civile et en conflit larvé avec la Russie, s’apprête à initier les démarches pour poser sa candidature à l’entrée dans l’alliance militaire de l’OTAN… C’est le bouquet, mais aussi hélas le résultat d’une politique occidentale qui a laissé croire à ce pays qu’il pouvait virer de bord sans coup férir de l’ex-URSS vers l’Europe et l’OTAN !
L’Europe a déjà accepté de laisser adhérer à l’Union un pays en guerre : Chypre est venue avec une partie de son territoire occupé par la Turquie, par ailleurs candidat à l’adhésion. Bien entendu les diplomates avaient préalablement juré leurs grands Dieux que jamais Chypre ne pourrait adhérer tant qu’une solution politique n’aurait pas été trouvée au conflit avec la Turquie. Bien entendu ces promesses n’ont pas été tenues. Evitons de renouveler une telle trahison !
L’Ukraine aujourd’hui c’est d’abord une faillite financière de premier ordre, résultat de la gestion du pays par une bande de voyous depuis le détachement de l’URSS. Il va bien falloir financer cette faillite une fois les armes remisées. Il est peu probable que la Russie paye beaucoup au-delà de Donetsk… Les diplomates visionnaires qui auront mené l’Europe à ce désastre devront présenter l’addition aux contribuables communautaires.