L’Ukraine en faillite

Vous souvenez-vous de Mikheil Saakachvili ? Il était un citoyen géorgien, plus ou moins américanisé, ayant quitté le cabinet d’avocats dans lequel il travaillait aux Etats-Unis pour revenir dans son pays après la dissolution de l’ex-URSS. Il y occupa des postes ministériels avant d’être élu président de la République. Le nouveau président est pro-occidental et veut faire adhérer son pays à l’Union européenne et à l’Otan. Jusqu’ici rien de bien dramatique ni original.

Les choses se corsent lorsque le garçon en 2008 se met en tête de récupérer l’Ossétie du Sud, une province caucasienne rebelle plutôt pro-Russie et en tout cas anti-Géorgie. Saakachvili envoie l’armée géorgienne tenter de réduire la rébellion largement soutenue par la Russie. Il s’en suit ce qui devait arriver et en dix jours l’armée russe réduit les forces géorgiennes puis reconnaît l’Ossétie du Sud et l’Abkhazie qui de fait sont quasiment annexées par Moscou.

L’absence totale de sens politique de Saakachvili frappe la planète entière. Il espérait peut-être que l’Otan entre en guerre contre la Russie pour défendre deux confettis caucasiens plutôt contre leur gré.

Ça c’est la passé. Retourné aux Etats-Unis après avoir perdu l’élection présidentielle de 2013, l’Ukraine vient de lui attribuer la nationalité ukrainienne pour le nommer gouverneur d’une province de ca pays. On croit rêver devant une telle incompétence politique. Les masques tombent sur la réalité des objectifs du pouvoir actuel à Kiev. Quel besoin y-avait-il d’aller chercher un citoyen géorgien, honni de Moscou, pour l’engager à gérer une province ukrainienne ? Ce n’est sans doute pas son talent mais plutôt la volonté de titiller la Russie, érigée en mode de gouvernement.

L’Ukraine est en faillite financière et politique depuis plusieurs années, très majoritairement à cause de l’incompétence de ses dirigeants qui ont mené ce grand pays à la ruine. Il va falloir payer l’addition qui est déjà présentée à son Peuple et qui le sera bientôt à l’Occident. On ne peut pas dire que la nomination de Saakachvili soit un signe d’amélioration…

Que ce soit la Géorgie, l’Ukraine ou quelques autres candidats à l’adhésion à l’Union européenne, ces pays n’en n’ont pas le niveau de maturité suffisant. Il faut le leur dire clairement. Imagine-t-on ce qui se serait passé si la Géorgie avait fait partie de l’Otan en 2008, ou l’Ukraine en 2012 ? La solidarité militaire de cette alliance aurait dû en principe jouer et l’Occident partir en guerre contre Moscou pour régler des querelles internes propres à ces pays mal gouvernés…

Le désastre continue en Ukraine

Un accord de cessez-le-feu a été signé entre le pouvoir ukrainien et ses rebelles pro-russes de l’est du pays, sous l’égide des dirigeants allemand, français et russe. Il entérine une autonomie des régions de l’est du pays, globalement pro-russes. Cela ne semble pas illégitime et en tout cas proche de ce que l’on peut savoir de la volonté majoritaire de ces populations. Evidemment il aurait été préférable d’aboutir à cette autonomie par la voie des urnes, comme cela est fait progressivement pour la Nouvelle-Calédonie et la France, par exemple. Mais nous sommes en terre slave et la violence a primé. Après plus de 5 000 morts, l’essentiel est maintenant de mettre en place ce divorce à l’amiable sans trop d’à-coups.

Plus malin, ces accords font peser tout le financement des territoires autonomes de l’est ukrainien sur le gouvernement central de Kiev. Pour revenir à notre exemple des colonies françaises du Pacifique, ce n’est pas non plus complètement anormal. La réussite d’une autonomie, voire d’une indépendance, réside en partie dans le financement du processus.

Le problème avec l’Ukraine est que l’Etat est en faillite donc le financement de ces accords va peser sur les contribuables européens pour longtemps encore. D’où sans doute la volonté frénétique du pouvoir en place à Kiev d’adhérer à l’Union européenne. En fait le pays veut être adopté par son banquier.

Il va falloir payer pour la faillite de l’Ukraine

La guerre entre les séparatistes est-ukrainiens, soutenus par une Russie impériale, contre les ouest-ukrainiens à qui l’Union européenne laisse espérer une adhésion, un jour, s’aggrave. Des milliers de morts depuis le déclenchement de la rébellion sur la tristement célèbre place Maïdan. La scission entre Est et Ouest de ce pays sulfureux semble désormais consommée, il va falloir l’entériner avec la mise en place d’une fédération ou de quelque chose qui y ressemble. Les soudards pro-russes sont probablement aussi légitimes à réclamer leur autonomie que les forbans pro-occidentaux.

Il faut maintenant faire taire les armes et surtout financer la colossale faillite financière de ce pays qu’il faudra bien aider sous peine d’effondrement mortifère. La Russie elle-même sous sanctions financières va également y laisser quelques plumes économiques et les républicains américains extrémistes ne rêvent que de relancer la guerre froide en livrant des armes offensives à Kiev, armes létales qui ont un risque sur deux de se retourner un jour, qui pourrait être proche, contre des forces de l’OTAN.

Il va falloir que chacun y mette du sien, y compris que l’Occident accepte que le concept russe de zone d’influence s’applique de façon intelligent à ses pays frontaliers : Géorgie, Ukraine, et autres.

Et puis ensuite les contribuables européens passeront à la caisse plus sereinement. Vous avez aimé Athènes ? Vous allez adorer Kiev !

L’Ukraine en faillite

L’Ukraine a voté une loi instaurant son renoncement au statut de « non aligné ». Les spécialistes expliquent qu’il s’agit en fait d’une demande d’adhésion à la coalition militaire occidentale de l’OTAN. Le pouvoir ukrainien sait la faiblesse occidentale et la difficulté de ces organisations multilatérales à dire « non » alors il présente ses candidatures à tout ce qui peut l’éloigner de la Russie.

Il n’y a pas besoin de réfléchir bien longtemps pour se rendre compte que l’Ukraine n’est pas prête à adhérer à quoi que ce soit, ni en termes politiques et démocratiques, encore moins en termes économiques et militaires. Elle n’y a d’ailleurs sans doute pas vraiment intérêt. Serait-elle utile à l’Union européenne ou à l’Otan ? Bien sûr que non, elle y serait un poids très lourd et qui plus est, un casus-belli avec la Russie. Est-ce que les peuples européens souhaitent intégrer l’Ukraine en leur sein ? Il suffirait de leur demander pour savoir mais leur réponse négative ne fait pas beaucoup de doute. Alors pourquoi faire comme si de rien n’était et laisser ce pays emprunter les chemins de l’adhésion à l’Union et à l’Otan ? C’est la faiblesse des diplomaties qui ne savent pas refuser, c’est aussi sans doute ce qu’on appelle le déficit démocratique de l’Europe qui accessoirement fait prospérer les partis extrémistes.

Faut-il aider l’Ukraine à se sortir du bourbier économique et politique dans laquelle la gouvernance de ses élites l’a plongée ? Bien sûr que oui et d’ailleurs le contribuable européen a déjà commencé à payer pour la faillite de ce pays aux abois. Nous allons continuer bien que l’addition sera évidemment très lourde compte tenu de la gabegie qui tient lieu de politique à Kiev depuis la chute du mur de Berlin. Mais il n’est pas nécessaire de faire adhérer pour aider.
Que ce soit l’Union européenne ou l’OTAN, on trouvera forcément des pays voulant accueillir l’Ukraine dans ces organisations, pour de bonnes ou de mauvaises raisons, et qui pousseront les autres à accepter. En France, l’article 88-5 de la constitution soumet à référendum tout traité relatif à l’adhésion d’un pays à l’Union européenne ce qui veut dire que si les électeurs français votent contre l’adhésion de l’Ukraine le moment venu celle-ci ne pourrait pas avoir lieu puisqu’elle relève de l’unanimité des pays membres. Il risque d’y avoir un casse-tête juridique de premier ordre que la créativité des eurocrates aura du mal à résoudre et qui d’ailleurs de produira déjà avec les cas de la Serbie, de l’Albanie, du Kosovo et autres pays balkaniques sur les rangs de l’adhésion à l’Union. Il va être intéressant de suivre les contorsions politiques des dirigeants européens pour expliquer l’intérêt politique qu’il y a à faire adhérer l’Albanie à l’Union européenne…

Il va falloir payer pour la faillite ukrainienne

La France officialise le fait qu’elle ne livrera pas un bateau de guerre construit pour, et vendu à la Russie, compte tenu de l’ingérence de Moscou dans la guerre civile ukrainienne. Si ce contrat est définitivement rompu ce sera un coût supplémentaire pour les contribuables français après le refinancement de la faillite financière de l’Ukraine qui ne fait que commencer.

Il eut été plus avisé de ne pas vendre d’armes à de faux-amis comme la Russie, qui furent de vrais ennemis 60 années durant. En fait, les vrais amis sont en nombre très limité, l’Europe de l’ouest, les Etats-Unis, l’Australie… et encore considère-t-on l’Allemagne et le Japon comme des pays plus ou moins neutres ou pacifistes de par leurs constitutions. Mais la France vend des armes aux pays du Golfe persique, en Afrique, aux pays de l’Est, une bonne partie n’est d’ailleurs jamais payée par les clients mais financée par les contribuables, et les vrais amis achètent leurs armes aux Etats-Unis.

La survie de l’industrie française de l’armement nécessite sans doute ces compromissions, espérons que ces armes françaises ne se retournent pas un jour contre nous !

La Morano en tout cas, avec la subtilité qu’on lui connaît, sa grand capacité d’analyse politique et sa vision des relations internationales a voté pour la Russie :

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Une faillite à financer

L’Ukraine, en pleine guerre civile et en conflit larvé avec la Russie, s’apprête à initier les démarches pour poser sa candidature à l’entrée dans l’alliance militaire de l’OTAN… C’est le bouquet, mais aussi hélas le résultat d’une politique occidentale qui a laissé croire à ce pays qu’il pouvait virer de bord sans coup férir de l’ex-URSS vers l’Europe et l’OTAN !
L’Europe a déjà accepté de laisser adhérer à l’Union un pays en guerre : Chypre est venue avec une partie de son territoire occupé par la Turquie, par ailleurs candidat à l’adhésion. Bien entendu les diplomates avaient préalablement juré leurs grands Dieux que jamais Chypre ne pourrait adhérer tant qu’une solution politique n’aurait pas été trouvée au conflit avec la Turquie. Bien entendu ces promesses n’ont pas été tenues. Evitons de renouveler une telle trahison !
L’Ukraine aujourd’hui c’est d’abord une faillite financière de premier ordre, résultat de la gestion du pays par une bande de voyous depuis le détachement de l’URSS. Il va bien falloir financer cette faillite une fois les armes remisées. Il est peu probable que la Russie paye beaucoup au-delà de Donetsk… Les diplomates visionnaires qui auront mené l’Europe à ce désastre devront présenter l’addition aux contribuables communautaires.

Les confettis en lambeauxde l’ex-URSS

Le boxon continue en Ukraine, pays en guerre civile qui a signé un accord d’association avec l’Union européenne. Les séparatistes pro-russes abattent des avions de chasse ukrainiens. S’ils sont capables d’abattre des Mig, on peut raisonnablement penser qu’ils ont pu abattre le Boeing de la Malaysian Airlines… D’ailleurs on ne parle plus beaucoup de cette catastrophe aérienne ni de ses potentiels responsables.

La guerre civile en Ukraine montre l’inefficacité des parties en présence. Cette sécession aurait pu se faire en bon ordre puisqu’elle semble inévitable. Les populations minoritaires prorusses auraient pu négocier leur autonomie, voire leur indépendance. Personne ne se serait opposé à la sécession de la Crimée par exemple puisque 100%, ou presque, de la population de Crimée souhaitait le retour à la Russie. Un gouvernement démocratique aurait donc laissé partir cette province. L’impatience slave a préféré le son du canon à celui du référendum.

Le cas des provinces de l’est ukrainien est plus compliqué car la population est plus mélangée entre légalistes et prorusses. Une solution d’autonomie aurait au moins pu être négociée. Ce ne fut pas le cas et l’armée ukrainienne semble en voie de reconquérir les territoires sécessionnistes. Mais il faudra bien y revenir plus tard quand les armes se seront tu.

Dans un cas comme les autres, les réflexes de ces ex-Républiques soviétiques sont naturellement guerriers plus que démocratiques.

La Russie humanitaire

La Russie continue à souffler le froid dans le total boxon asiatique de l’Ukraine : elle met en place un convoi humanitaire de 300 camions pour les enclaves pro-russes du voisin ukrainiens. Sur le fond, pas de problème majeur, sur la forme cette initiative provoque l’ire du gouvernement de l’Ukraine qui organise ses propres convois humanitaires…

On attend le moment où la Russie expliquera qu’elle procède comme l’Europe fait en faveur des chrétiens d’Irak : de l’aide humanitaire pour les minorités !

Crash et démocratie

La concomitance de deux catastrophes aériennes impliquant des avions civils illustre si besoin en était les différences de régime entre une vieille démocrate, la France, et une « non-démocratie », l’Ukraine.

L’avion affrété par Air Algérie écrasé au Mali (avec une cinquantaine de français à bord sur les 110 passagers tués) a aussitôt été rejoint par l’armée française présente dans ce pays qui a acheminé des experts sur le site pour l’analyse du crash, et des familles de victimes pour le recueillement.

L’avion de Malaysia Airlines abattu par un missile au-dessus de l’est de l’Ukraine en proie à une guerre civile menée par des forbans sans foi ni loi donne lieu à de sordides discussions sur qui pourra accéder au site, sous la protection de quelles bandes. Des corps et des indices ont été déplacés, des voyous en battle-dress s’affichent dans d’improbables conférences de presse en brandissant des « boites noires » dont ils marchandent la remise aux autorités compétentes. Et pendant ce temps les combats continuent et l’on ne sait toujours pas vraiment quel camp a tiré le missile assassin !

L’adhésion de l’Ukraine à l’UE n’est pas raisonable

Les ukrainiens continuent à se déchirer en une simili guerre civile à l’Est du pays entre ceux qui veulent rallier la Russie et d’autres qui préfèrent faire allégeance à l’Union européenne. Le désastre se poursuit, attisé par l’Europe qui continue d’agiter la carotte de l’adhésion devant une nation en ruine ! Les Etats membres ont déjà dû avaler la couleuvre de l’adhésion de Chypre, ile-nation (et paradis fiscal de renom) coupée en deux par une guerre entre la Grèce, Etat membre, et la Turquie, Etat candidat en négociation, et l’on laisse espérer à l’Ukraine une adhésion lointaine. Ce n’est pas sérieux.

La Russie impériale

Nous l’avions déjà dit dans ces lignes : L’Ukraine, une mine d’emmerdements à [très-très] long terme. Ce diagnostic semble hélas se confirmer. Il y a maintenant des morts, des excès, du populisme de tous bords et les armes qui parlent. La Russie appuie sur les incohérences occidentales, ressort le traumatisme de la création du Kosovo ou de celle du Soudan du Sud, le ministre des affaires étrangères est même remonté jusqu’au rattachement de Mayotte à la France, pour arguer que l’on ne peut pas empêcher les ukrainiens de l’Est de vouloir être indépendants ou russes.

Au niveau du droit la Russie n’est pas tort. Au niveau de la forme elle agit comme à son habitude. Elle n’a pas le temps d’attendre des processus onusiens ou démocratiques qui de toute façon aboutiront au même résultat, alors elle s’installe comme un éléphant dans un magasin de porcelaine… La Crimée est redevenue russe et le restera. L’Est de l’Ukraine devrait finir un jour ou l’autre de la même façon, soit par la guerre, soit par un processus électoral ; soit par une séparation formelle de Kiev, soit par un statut fédéral provisoire.

Et de toute façon le problème de fond ne porte pas vraiment sur ces bagarres territoriales, mais plutôt sur savoir qui va payer pour redresser l’Ukraine de la faillite dans laquelle elle se trouve suite à la gestion désastreuse de ses dirigeants depuis l’éclatement de l’Union soviétique (et même avant d’ailleurs) ? Alors que le pays soit en un ou deux morceaux, voire plus, ne changera pas grand-chose à l’addition qui va être présentée sous peu aux bailleurs de fonds, et qui risque d’être très douloureuse. Comme on ne peut pas dire que les derniers mois aient permis d’identifier un dirigeant visionnaire et rassembleur, nous allons encore entendre parler de l’Ukraine à la rubrique des catastrophes pendant longtemps encore.

Le chaos à l’Est

Et le chaos ukrainien continu : le République autonome de Crimée, officiellement ukrainienne depuis 1954, en fait une ville de garnison crypto-soviétique qui abrite une partie de la flotte de guerre russe via un bail de location (un peu comme le port de Tartous en Syrie, ou celui de Guantanamo à Cuba pour les américains), appelle la grande Russie à son secours face au « pouvoir fascisant et terroriste auteur du coup d’état de Kiev ». N’écoutant que son cœur, Moscou y envoie des troupes, en plus de celles y résidant déjà en permanence. L’Occident crie avec l’Ukraine contre cet oukase, etc. etc. Fabius-et-ses-pochettes-ridicules est prêt à repartir à l’Est !

Soyons réalistes, après l’Ossétie du sud et l’Abkhazie récupérées par les russes sur la Géorgie après la guerre ridicule de 2008, la Crimée risque de suivre la même voie. Qui ira contester aux russes un territoire où ils sont déjà installés depuis des décennies et où la population est très majoritairement en leur faveur. Cela fera par ailleurs une portion de territoire en moins à refinancer. Si l’Ukraine ne se tire de son maelstrom en cours qu’avec la perte de la Crimée, ce sera un moindre mal… A moins que Fabius-et-ses-pochettes-ridicules ne soit prêt à affronter l’armée russe pour faire prévaloir le droit international ?

On attend le moment où Poutine expliquera doctement que la Russie s’est portée au secours de la Crimée comme la France a répondu à l’appel du Mali ou de la Centrafrique pour lutter contre le terrorisme…

L’ours russe se réveille

Ils sont malins les russes, l’air de rien et sans rien avouer, ils envoient leur armée reprendre possession de la Crimée avec des militaires sans signe distinctif attestant de leur nationalité. En fait ils ont déjà quelques milliers de soldats sur leur base maritime de Sébastopol, au sud de la presqu’ile de Crimée, qui n’avaient que 100 km à parcourir pour se retrouver au cœur de la capitale de cette petite République autonome. Aussitôt dit, aussitôt fait !

L’Occident s’étrangle de fureur, Fabius-et-ses-pochettes-ridicules monte au front, et l’ours russe reste couché sur sa proie.

L’Ukraine fait la manche

Ca y est : le nouveau ministre des finances ukrainiens évalue ses besoins à court terme pour 35 milliard d’USD et fait la manche, plutôt à l’ouest car l’est semble légèrement contrit par l’évolution des choses, tout au moins le président russe car les retraités russes doivent plutôt se réjouir de savoir que leur caisse de retraite n’achètera plus de bons du trésor ukrainien, car c’était via des caisses de retraite que la Russie s’apprêtait à financer l’Ukraine.

Ce qui est désormais certain est qu’il va falloir payer et l’addition s’annonce lourde. Le plus insupportable dans ce genre de situation est de savoir qu’une clique de forbans ont pillé ce pays plutôt que de le gouverner, et qu’ils s’en sortent sans rendre gorge. Mais c’est ainsi, nous allons payer pour cette nouvelle faillite d’une Etat.

Pauvre Ukraine

Pauvre Ukraine et pauvre de nous !

L’Union européenne ne trouve rien de mieux que d’envoyer Fabius-et-ses-pochettes-ridicules en mission de bons offices à Kiev. Pauvre Ukraine ! Heureusement il est encadré par les ministres des affaires étrangères polonais et allemands, ennemis historiques irréductibles, mais qui savent où sont les intérêts de leurs nations respectives.

Heureusement, Fabius a mieux à faire à Pékin et quitte cette troïka au bout de quelques heures, la laissant signer hier soir un accord avec le président ukrainien Ianoukovytch, lui aussi repris de justice, qui commence à sentir la situation basculer en sa défaveur.

Aussitôt signé cet accord est immédiatement jeté à la poubelle et le Parlement où les partis règlent plus souvent leurs affaires à coups de poing plutôt qu’avec des bulletins de vote, vote la destitution de Ianoukovytch. Les oligarques se débandent, fuient vers la Russie, le gouvernement lâche prise, la police politique rentre dans ses casernes, le peuple croit avoir gagné et Fabius-et-ses-pochettes-ridicules approuve le processus depuis le Quai d’Orsay, d’un air pénétré et convaincu de sa propre importance.

Répression en Ukraine

Avec la subtilité d’un troupeau d’éléphants dans un magasin de porcelaine, les gouvernants ukrainiens, moitié gangsters – moitié affairistes, font tirer sur leurs opposants, il y aurait une centaine de morts. L’Ukraine, un pays ruiné et ambigu, de tous temps envahi par ses voisins, martyrisé par Staline comme tant d’autres, accueillant l’armée allemande en 1941 en libératrice du joug soviétique, ré-envahie par l’armée rouge en 1944, laissant plusieurs millions de morts durant cette guerre mondiale s’étant battus contre les deux côtés, l’Ukraine retrouvant une simili-indépendance après l’effondrement de l’Union soviétique, mise à sac par des oligarques sans foi ni loi pillant le pays tel un essaim de sauterelles sur un champs de sorgho, l’Ukraine en totale faillite financière et politique est à genoux et fait tirer sur ses citoyens contestataires aux objectifs pas toujours très clairs. Pour garder la tête hors de l’eau, le pays se vend au plus offrant ; entre l’Europe qui propose de grandes idées et la démocratie, et la Russie qui offre des sous et le souvenir d’une histoire commune slave le cœur des ukrainiens balance.

Le pays est tout sauf prêt à adhérer à l’Union européenne, il lui faudra encore des décennies pour se débarrasser de son système de corruption et reprendre l’acquis communautaire minimum avant une éventuelle adhésion. Il faudra aussi passer par une mise sous perfusion financière durable de cette économie dévastée par l’incompétence et la prévarication de sa classe politique. Mais soyons clair, en Ukraine comme dans le reste du monde, un système de corruption ne peut fonctionner que si les grands sont très corrompus, les moyens sont moyennement corrompus et les petits petitement corrompus. Il va falloir désintoxiquer tout un pays. Vous avez aimé la Grèce ? Vous allez adorer l’Ukraine !

Faut-il d’ailleurs que l’Ukraine s’associe ou adhère à l’Union européenne ? Ce n’est même pas sûr ; ce qu’il faut c’est que le pays soit sauvé de la banqueroute et, dans la mesure du possible, que les oligarques et autres dirigeants corrompus rendent gorge, mais ça c’est une autre histoire. L’Ukraine est un immense Tchernobyl, radioactif pour encore des siècles, mais que l’on peut difficilement laisser dériver. Cela aurait été aussi bien de laisser la Russie s’occuper du problème mais ce n’est pas l’option qui semble l’emporter à Kiev.

Ce qui est également sûr c’est que le contribuable international va payer, et payer durablement, pour redresser les errements d’un pays mal gouverné, catastrophiquement dirigé et intégralement pillé. C’est une responsabilité ukraino-ukrainiene dont le reste du monde va devoir gérer les conséquences pour encore de longues années.

Pauvre Ukraine, malmenée par un gouvernement de forbans, elle n’a d’autres alternatives qu’entre un chef de l’opposition ancien boxeur, Vitali Klitschko, et une revenante, Ioulia Timochenko, affairiste post-chute du mur de Berlin, qualifiée de « Princesse du gaz » pour ses investissements variés dans le secteur de l’énergie et d’autres, avant de se refaire une virginité lors de la « Révolution orange » de 2004 puis quelques années de prison où elle croupit depuis 2011 pour malversations financières, peine prononcée par un tribunal aux ordres du pouvoir ; une espèce de Bernard Tapie en nattes blondes.

Pauvre Ukraine et pauvre de nous !

L’Ukraine en faillite

La moitié de l’Ukraine se monte contre l’autre moitié pour savoir qui de l’Est ou de l’Ouest lui donnera le plus de sous pour la sortir de l’ornière financière et politique dans laquelle elle s’enfonce. Les oligarques qui maîtrisent l’économie, ou du moins ce qu’il en reste, sont plutôt pro-russes histoire de maintenir leur mainmise sur les leviers du pays, les jeunes sont du côté de l’Europe avec l’espoir qu’un rapprochement leur permettrait de moderniser leur pays. Ces derniers conspuent le pouvoir en place qui a refusé de signer un accord d’association avec l’Union européenne.

A tous points de vue, historique, culturel, économique, sociologique, l’Ukraine est bien plus poche de la Russie que de l’Europe, est-ce bien raisonnable de vouloir forcer le destin en la rapprochant de l’Union qui a déjà tant de difficultés à gérer à 28 membres, dont la récente Croatie entrée au 1er juillet 2013 ? La réponse est dans la question !

Est-ce que cheminer sur des routes parallèles empêchera les deux ensembles de l’Est et de l’Ouest de collaborer ensemble ? Certes non !

L’Ukraine renonce à son association avec l’Europe


L’Ukraine annonce qu’elle ne signera pas de traité d’association avec l’Union européenne, préférant se rapprocher de la Russie et de sa zone de libre-échange. Est-ce un problème pour l’Ukraine ? Non. Est-ce un problème pour l’Europe ? Pas vraiment. Passons-donc au sujet suivant !

Les Femen, elles, ont déjà quitté Kiev pour s’installer à Paris. Elles ont choisi leur camp.