Le sens des priorités

Un ou deux millions de manifestants dans la rue, une grève générale dans un pays en faillite, un système de retraite au bord du collapsus, et un président agité qui passe une partie de journée à recevoir un fouteballeur surpayé et avachi, Thierry Henry, et à organiser une réunion de ministres consacrée à la restructuration du foute franchouillard. On se demande si ce garçon a pleine conscience des priorités du pays qu’il gouverne pour encore quelques temps ?

On n’a pas su si le fouteux accueilli sous les ors de l’Elysée a porté son T-shirt Carrefour ou s’il a préféré le modèle Crédit-Agricole ?

Charlie aime le fouteballe

« … Que les supporteurs sud-africains qui s’époumonent pendant quatre-vingt-dix minutes dans leur cornet multicolore soient de gros cons ne fait aucun doute. Mais que ces gros cons reçoivent des leçons des gros cons du reste du monde sur comment se comporter comme un gros con avec classe, c’est insupportable. … Maintenant, que la vuvuzela pourrisse le spectacle des dingues du ballon rond, c’est une bonne chose. Le foot est omniprésent, obligatoire pour tous, partout. Impossible d’échapper à cette vérole. Soit. Avec la vuvuzela, les fans de foot pourraient comprendre la douleur de ceux que le ballon rond laisse froids. La vuvuzela, on l’a dans la tête toute l’année. Notre vuvuzela à nous, ce sont les commentaires débiles de sous-journalistes qui squattent les journaux, les télés, les radios. La vuvuzela, c’est la rumeur insupportable des adeptes de la secte foot qui prient et disent la messe en permanence. La vuvuzela ne peut pas rendre plu con qui s’en sert, mais si elle peut faire chier le con qui ne s’en sert pas, alors, vive la vuvuzella ! »

Charb / Charlie Hebco

Les exploits des fouteballeux français à la coupe de monde en Afrique du Sud

23h – Le traître, le traître, le traître !

Incroyable, le traître n’a toujours pas été dénoncé et n’est donc pas encore identifié ni tondu. Pour nous faire patienter au cœur de cette attente insupportable, nous avons eu droit à quelques interviews de joueurs (Ribery notamment) et c’est toujours un grand plaisir d’entendre s’exprimer les porteurs de maillots Carrefour sur leur souffrance et leur stratégie.

On peut même remarquer dans la masse des fouteux grévistes en Afrique du Sud un grand black avec une crête blonde, façon punk et un autre avec des locks également blonds me rappelant le sketch des Guignols dans lequel on voyait les divas se faire retoucher leurs permanentes sous les casques du coiffeur avant de rentrer sur le terrain.

Cette coupe du monde est absolument exaltante pour les allergiques du foute, un moment inoubliable dans les annales de la beaufitude. Et on n’a pas tout vu, il reste un match qui promet d’être extatique. Il va falloir se précipiter mercredi matin sur Le Canard Enchaîné et Charlie Hebdo pour y dévorer les reportages sur ce sujet brûlant.

Allez la France, allez la France, allez !

17h – Allez la France, allez la France, allez !

L’auteur du « … va t’faire enculer… » a été mis dans un avion retour pour Londres, privé de match pour la suite de la Coupe, et ses petits camarades de jeux le soutiennent en faisant la grève de l’entraînement en Afrique du Sud. Ils veulent se consacrer à la recherche du traître qui a fait fuiter le « … va t’faire enculer… » dans la presse.

Allez la France, allez la France, allez !

Oui, oui, oui, il faut tondre le traître et puis le promener dans les rues de Paris une pancarte autour du cou.

Questions : impact d’une grève des joueurs de fouteballe sur l’économie française ? Nul. Sur l’âge légal de départ à la retraite ? Nul. Sur le résultat des épreuves du bac ? Nul. Sur le développement spirituel de la nation ? Positif.

Suggestion : on arrête les frais, on met tout ce petit monde dans un bateau pour Le Havre, c’est plus économique que l’avion et çà leur laissera le temps de régler leurs comptes dans les cales, et on passe au sujet suivant.

Allez la France, allez la France, allez !

11h – Hi, hi…

Le « …va t’faire enculer… » du fouteux français dépité fait le tour de la planète et provoque une hilarité quasi-générale en dehors de l’hexagone. C’est déjà une remarquable performance ! Même Sarko l’agité, célèbre auteur d’un retentissant « …casse toi pauv’con… » asséné à un citoyen rebelle croisé dans les allées du salon des paysans, y ajoute son grain de sel et se croit autorisé à faire la morale à l’occasion d’un forum économique à Saint-Pétersbourg. Ça aussi il fallait le faire.

Libé rappelle le florilège de l’insulte fouteballeuse avec le « sac à merde » proféré par Cantona contre un sélectionneur et le « qu’ils me la sucent et continuent à me sucer » de Maradona contre les journalistes.

Au-delà des défaites footeuses et du vocabulaire d’un président de rencontre, ces évènements semblent confirmer un récurrent problème de mauvaise éducation au niveau mondial, et tout particulièrement en France.

Le langage fleuri des fouteballeurs français

Ah, ah… « …va te faire enculer, sale fils de pute… » c’est en ces termes fleuris qu’un des fouteballeux de l’équipe de France aurait dialogué avec son chef à la mi-temps. Il est bien élevé le garçon, la défaite enrichi son vocabulaire. Bon, cela dit il faut les comprendre les pousse-ballons, ils ont Roseline Bachelot sur le dos depuis plusieurs jours dans leur hôtel et cela doit quand même leur porter sur les nerfs.

C’est pas nous…

Hé, hé… il semble que les fouteux franchouillards n’aient pas brillé ce soir avec une défaite contre le Mexique. Comme pour Kerviel le trader-fraudeur, il semble également, si l’on en croit la presse, que nos pousseurs de balle surpayés et avachis ne soient responsables de rien dans ce bilan catastrophique qui relèverait uniquement de leur entraîneur ! Il aurait été étonnant que le fouteballe ne soit pas touché lui aussi par le syndrome de déresponsabilisation collective générale qui gangrène notre société.

Trop de fouteballe

Le journal télévisé de France 2 consacre désormais environ 15 minutes sur 30 à la coupe du monde de fouteballe. Afin de rassurer le spectateur qui aurait des doutes sur le sujet abordé, un logo « coupe du monde » apparaît en haut et à gauche de l’écran durant ces 15 minutes. C’est une bonne idée qui permet d’éviter de confondre les images et comptes-rendus de match avec un exposé sur la philosophie hégélienne ou la mécanique quantique.

Les 15 minutes du jour consacrées au fouteballe comportent notamment un reportage sur les vouvouzellas sorte de trompette en plastique dans lesquelles soufflent les supporters et qui répandent un impressionnant bruit de fond style essaim d’abeilles. Un fan français interrogé sur le sujet regrette ces vouvouzellas « …qui nous empêchent de chanter » [sic]. La vie est dure.

La stratégie du fouteballe

On nous rebat les oreilles avec la stratégie 4-3-3 de l’équipe de France de fouteballe qui ne serait pas optimale. Comme les termes stratégie et fouteballe paraissent oximoriens au possible on se précipite sur Wikipédia pour en savoir plus. Bon, en gros, il s’agit de placer 4 crétins puis 3 abrutis devant 3 débiles, pour défendre un filet. Très honnêtement on n’est toujours pas sûrs d’avoir compris la différence avec le 4-5-1 ou le 5-3-2, il s’agit comme toujours de mêler une bande de 11 benêts devant un stade de 80 000 beaufs pour taper dans une baballe.

Pierre Ménès en vrai : encore mieux que sa marionnette

Les Guignols de l’info présentent la marionnette d’un journaliste footeux, Pierre Ménès, dont seuls les spécialistes n’ont jamais entendu parler, comme un homme obèse, vulgaire, braillard, envahissant, beauf et mal élevé. On ne doutait pas qu’un journaliste sportif puisse cumuler certaines de ces qualités, mais quant à les accumuler toutes cela devait relever de l’exploit. Nous sommes donc allés voir l’original un soir sur Canal+ et il faut dire que le modèle dépasse toutes les espérances et, largement sa marionnette. Il vaut vraiment le déplacement. Allez-y 10 minutes le dimanche soir vous ne regretterez pas le spectacle.

L’invasion du foute

Très vives recommandations pour le hors-série de Charlie Hebdo consacré au fouteballe avec le message de promotion suivant :

« Pendant cinq semaines, du 11 juin au 11 juillet, le temps et l’espace vont se figer en Afrique du Sud. La vie va avoir l’apparence d’un stade, la pensée va se faire ballon et le dialogue crampon. Le pire étant toujours possible, la France ne sera peut-être même pas éliminée dès les premiers matchs, et il sera dès lors impossible d’échapper à la messe footballistique permanente. Tous ceux qui tenteront de s’y soustraire seront frappés d’indignité nationale.

C’est pour eux, pour vous, donc, amis lecteurs, que nous avons concocté ce hors-série. Vous qui souhaitez la défaite des Bleus, qui, comme nous, ignorez tout de la passion qui enflamme les commentateurs sportifs et les supporters, suivez-nous dans notre exploration de ce monde absurde qu’est le football.

Ensemble, parcourons la jungle gazonnée des stades, voguons sur les rivières de pognon, repoussons les assauts des tribus de hooligans, partageons les angoisses existentielles des sponsors confrontés aux appétits sexuels des idoles, décryptons les étranges hiéroglyphes qui ornent les banderoles, bref, devenons les Jules Verne du football, les Lévi-Strauss du penalty, les Indiana Jones du Loto sportif. Mais attention où vous mettez les pieds, le sol est miné de seringues usagées. »

on ne saurait mieux dire.

La folie des grandeurs

« La Force de tout un peuple déferle sur la France », des footeux marseillais délirent après la victoire de leur équipe et couvrent Paris (et sans doute d’autres villes) d’autocollants et de peintures au pochoir. On sait le marseillais porté à l’exagération, on en trouve ici la confirmation…

Décadence et prostitution dans le fouteballe

Des joueurs de fouteballe de l’équipe de France entendus dans une enquête de proxénétisme : ils auraient bénéficié des services tarifés d’une mineure. Ribéry, héros national est dans cette affaire. Mon Dieu ! Jusqu’à quel point faudra-t-il boire le calice de la décadence d’une société foute ?