Le renoncement corse

Les encagoulés corses du Front de libération nationale corse (FLNC) publient un communiqué de 14 pages (en grosses lettres) pour annoncer leur renoncement à la lutte armée. Le style du texte est intéressant et fleure bon les tracts de la Gauche Prolétarienne et autres groupuscules contestataires des années 60/70. On y retrouve une dialectique d’un autre âge et des références aux aspirations légitimes de notre peuple, au combat du Général Pasquale Paoli, à la colonisation de peuplement mise en œuvre pour diluer l’identité corse, à l’Etat français jouant cyniquement [de nos divisions], de la reconquête de notre souveraineté, de l’Etat policier français manipulateur, de système déliquescent qui gangrène aujourd’hui la Corse, de construction d’une force politique pour gouverner la Corse et la conduire à l’indépendance, des droits nationaux du peuple corse, etc. etc.

Ce communiqué est relativement réaliste dans le constat qu’il fait de la transformation de la revendication politique indépendantiste en un embrouillamini illisible où se percutent le grand banditisme, le combat politique, les nuitsbleues et leurs plasticages. Sur les chemins de la Gauche Prolétarienne de Benny Lévy qui s’est dissoute en 1973 lorsque la violence de ses militants commençait à devenir incontrôlable.

Le FLNC rend un hommage à Michel Rocard, exception notable à ces politiques turpides… il démontrait en cela, qu’il pouvait exister des hommes politiques français honnêtes et courageux. Décidément ce Rocard eut une vision intelligente de nos confettis de l’Empire. Louons Rocard et accompagnons tranquillement la Nouvelle-Calédonie et la Corse vers leur indépendance si chèrement désirée. Cela donnera sans doute aussi de bonnes idées aux Antilles et à la Guyane.

Mais le FLNC appelle à l’arrêt de la violence et demande à ses militants de rejoindre les partis politique prônant l’indépendance et le texte se termine : « Nous avons pris nos responsabilités, la Corse a pris ses responsabilités, les représentants de la France auront-ils le même courage, celui qui appartient à ceux qui font l’Histoire ? »

Et pendant ce temps la SNCM, société semi-publique de transport maritime entre le continent et la Corse est une nouvelle fois en grève. La compagnie ne survit depuis des années que sous perfusion de l’argent du contribuable national et aurait dû déposer son bilan depuis des lustres. Elle aurait besoin de nouveaux bateaux pour repartir sur un bon pied et se tourne vers l’Etat pour les financer… Vieille histoire qui se termine généralement par un déboursement des contribuables en faveur de la compagnie maritime, mais il semble que cette fois-ci les caisses de l’Etat soient aussi vides que celles de la SNCM. Histoire à suivre sous peu.

Lire le communiqué : Communiqué du FLNC – juin 2014

Salaire, prix et profit

L’Etat français continue de peser sur la fixation de prix de vente des entreprises qu’il contrôle. C’est le cas dans les transports urbains où le prix du ticket ne couvre plus qu’une part minoritaire et sans cesse décroissante des coûts de transport, le reste étant pris en charge par la collectivité (entreprises et contribuables) qui ne recouvre pas intégralement la communauté des utilisateurs.

C’est le cas aussi d’Electricité de France (EDF) entreprise publique pour laquelle l’Etat conteste la formule de fixation des prix qu’il a lui-même approuvée. Pour des raisons électoralistes il refuse les augmentations de prix résultant de l’application de cette formule… et le conseil d’Etat condamné l’Etat à rattraper les retards d’augmentation de prix de l’entreprise du fait de ces blocages politiques. Là-dessus Ségolène Royale arrive comme ministre de l’énergie, re-bloque à nouveau tout le processus et l’entreprise n’est toujours pas autorisée à augmenter ses prix ni à rattraper les retards d’actualisation de ceux-ci.

Là encore, la collectivité paye lorsque ces entreprises ne se suffisent plus à elles-mêmes.

Bye-bye Alstom

C’est finalement le groupe américain General Electric qui avalera le français Alstom. Ce n’est pas une bonne nouvelle et malgré les engagements de façade cela se passera comme pour toutes les opérations de ce type : le plus puissant avale le plus faible. Espérons qu’une part raisonnable d’activité restera localisée en France dans les années à venir !

De toute façon, de l’aveu de tout le monde, Alstom ne pouvait pas survivre seul, hélas !

Jeux de guerre

Les Etats-Unis ont capturé en Lybie le principal suspect dans l’assassinat en 2012 du consul américain de Benghazi et de trois autres agents américains. Le suspect rendra des comptes devant la justice des Etats-Unis vers laquelle il est en cours d’acheminement.

La capture dans un pays A de citoyens ce pays A par des forces d’un pays B n’est pas vraiment légale au regard du droit international. Pas plus que le tir de missile sur des citoyens d’un pays C à partir d’un drone d’un pays B. Mais la guerre contre le terrorisme étant ce qu’elle est, de telles actions se déroulent !

Il y a quelques années, les services secrets français avaient également enlevé le terroriste Carlos au Soudan mais avec l’accord tacite (et sans doute onéreux…) des autorités locales. Le garçon purge depuis une peine à perpétuité dans les prisons françaises, s’est bien sûr converti à l’islam et a épousé son avocate. Accessoirement il soutient les campagnes antisionistes de Dieudonné, tout pour plaire !

Imbroglio financier à l’UMP

La nouvelle direction de l’UMP prend ses marques et annonce le lancement d’un audit financier pour essayer de savoir s’il reste de l’argent dans la caisse ou si le parti est aussi endetté que la République. Copé-le-faux-facturier avait mis les comptes du parti sous séquestre lorsque l’affaire Bygmalion commença d’être évoquée au premier trimestre. Gageons que la levée des scellés risque d’être une aventure passionnante.

En parlant d’audit, il conviendrait sans doute aussi de renforcer les capacités d’analyse du conseil constitutionnel qui a refusé de valider les comptes de la campagne Sarkozy pour un dépassement de quelques centaines de milliers d’euros alors qu’une quinzaine de millions auraient été dépensés au-delà du plafond et refourgués à l’UMP pour paiement.

Jacob, le patron du groupe UMP de l’assemblée nationale avec sa tête de maquignon mal dégrossi vient d’admettre qu’il avait prêté 3 millions d’euros à l’UMP en 2012 pour l’aider à passer quelques fins de mois difficiles. On n’est jamais si bien servi que par soi-même. Et comme il ne voulait pas créer de polémique, il a omis d’en parler aux députés UMP. A priori un tel prêt ne serait pas formellement interdit par les règles du parlement qu’il convient donc de modifier en urgence pour éviter que l’argent public versé aux groupes parlementaires n’aille irriguer des partis en faillite. Si les groupes parlementaires reçoivent trop de fonds public par rapport à leurs besoins, il suffit de diminuer leurs dotations.

Escroquerie en bandes organisées

Les autorités financières britanniques sont en train d’essayer d’être plus malignes que la bande de traders-fraudeurs surpayés qui a transformé le marché des changes londonien en tripot clandestin où s’affrontent des forbans du taux de change. Ce marché était jusqu’ici de gré-à-gré c’est-à-dire qu’il était censé n’être gouverné que pas la sacro-sainte loi de l’offre et de la demande, fonctionnant H24-7j/7, avec un fixing journalier qui déterminait le cours du jour servant ainsi de référence à des millions de transactions de change.

Bien entendu, nos traders-fraudeurs surpayés, apôtres du marché, ont laissé parler leur instinct et manipulé le fixing sur lequel, même des variations microscopiques peuvent déclencher des résultats colossaux compte tenu des volumes en jeux. Le régulateur qui a déjà phosphoré sur la manipulation par les traders-fraudeurs des taux d’intérêt, va grosso-modo étendre au marché des changes ce qu’il a mis en place pour les taux d’intérêt.

Lourde tâche : comment contrôler les tendances délictueuses d’une bande de traders-fraudeurs surpayés ?

La dévoration des bourses

Désopilant : Euronext, la société qui gère les bourses de Paris, Bruxelles, Amsterdam et Lisbonne… va s’introduire en bourse ! Cette société avait fusionné avec la bourse de New York en 2007, puis s’était faite violemment racheter par une autre bourse américaine qui l’a dépecée et refourgue maintenant ses restes sur le marché. Les requins se dévorent entre eux laissant flotter des ondes sanguinolentes dans l’eau trouble du marigot où ils combattent.

On ne peut s’empêcher de se gondoler de rire de voir une société de bourse se faire racheter puis revendre par appartements, prise à ses propres règles, victime expiatoire de Monsieur le Marché qu’elle déifiait.

On dirait qu’ils veulent donner raison a posteriori à Lénine qui professait : « les capitalistes nous vendront la corde pour les pendre ! » Bon, évidemment il n’y a plus de bolchevicks sur terre à qui vendre quoi que ce soit, mais le capitalisme et sa démesure est capable de se pendre tout seul !

A quoi peu bien servir un Jacques Toubon ?

Jacques Toubon, 73 ans, politicard chiraquien vieillissant, dont le moins que l’on puisse dire est qu’il n’a pas vraiment marqué la République par sa vision et son action durant sa carrière, Jacques Toubon donc, vivait une retraite paisible animée par quelques conseils d’administration où il siège, lorsque le pouvoir socialiste l’a proposé comme Défenseur des Droits, un poste de la République un peu fourre-tout visant en gros à aider le citoyen face à la bureaucratie. Le garçon s’était rendu mondialement célèbre lorsque, ministre de la justice, il avait affrété un hélicoptère dans l’Himalaya pour tenter d’y récupérer un procureur en vacances afin d’éviter la mise en examen de Mme. Tibéri, femme du maire de Paris, spécialiste en votes de faux électeurs et rapports fictifs et rémunérateurs.

On se demande bien pourquoi aller chercher Jacques Toubon,73 ans, pour ce poste ? Il est peu probable qu’il y soit efficace, l’honneur voudrait qu’il refuse cette proposition pour le laisser à la nouvelle génération. Hélas, une telle issue est peu probable et Jacques Toubon va cumuler un nouveau poste.

A quoi peut donc bien servir un Jacques Toubon de 73 ans au pouvoir socialiste, comme à n’importe quel pouvoir d’ailleurs ?

La carotte fiscale

Le gouvernement français continue à faire des cadeaux à ses électeurs pour essayer de remonter la pente de sa popularité perdue. Le voici maintenant qui annonce dans son projet de loi de finance rectificative (PLFR) qu’il compte proposer au vote du parlement une réduction d’impôt sur le revenu qui toucherait, si elle était votée : 3,7 millions de contribuables, dont 1,9 sortiront du champ d’application de cet impôt ou éviteront d’y entrer. Il semble qu’en ces périodes de disette il conviendrait d’augmenter l’assiette fiscale plutôt que de la diminuer, mais la politique a ses propres modes de fonctionnent et d’analyse.

C’est en tout cas une différence de tactique majeure entre droite et gauche : la droite baisse les impôts quand elle arrive au pouvoir et les augmente avant de la quitter, la gauche fait exactement l’inverse. L’une comme l’autre échouent à expliquer à leurs électeurs qu’il faut réduire les dépenses publiques !

 

Escroqueries fiscales en bandes organisées

L’implication d’un certain nombre de grandes banques internationales (HSBC, UBS, notamment…) dans des dossiers assez gigantesques de blanchiment de fraude fiscale semble avoir des effets favorables. Sujettes à des condamnations en justice à des amendes considérables, voire à des interdictions d’exercice, elles ont dans bien des cas plaidé coupables pour limiter les pénalités, et admis avoir monté des circuits complexes pour capter les dépôts de riches déposants voulant échapper à leurs fiscs nationaux. C’est une étape importante dans l’assainissement des écuries d’Augias du monde financier. Certes il reste beaucoup à faire mais la culpabilité admise par ces banques d’avoir contrevenu aux lois d’un certain nombre d’Etats leur a fait prendre des mesures pour revenir dans le droit chemin. Un nombre significatif de déposants dans les paradis fiscaux ont été poussés par les banques à prouver la légalité de leurs dépôts. Ceux ne pouvant le faire ont été sommés de fermer leurs comptes. Et on a vu ainsi nombre de fraudeurs français revenir vers l’administration fiscale pour régulariser leur situation. La fraude sera toujours possible mais simplement plus difficile… au moins pour un temps.

BNP Paribas va être condamnée par l’Etat nord-américain à régler une amende d’une dizaine de milliards de dollars pour avoir financé en USD des transactions sur des matières premières iraniennes et soudanaises, depuis sa filiale suisse et alors que ces pays étaient sous embargo américain. Ces transactions n’étaient pas interdites par la Confédération Helvétique mais comme elles ont été financées en dollars par la BNP, celle-ci tombe sous le coup de la loi américaine.

Ces évènements montrent que les Etats peuvent encore quelque chose dans l’économie mondialisée. Certes la grosse voix fait sans doute plus peur aux forbans quand elle vient de Washington que de Paris, mais même de Paris, la mise en examen (ou la simple menace de) par la justice française des dirigeants d’UBS et d’HSBC en Suisse, et de ces banques, pour blanchiment de fraude fiscale a suffi à leur faire modérer cette activité de blanchiment de fraude fiscale et nombre de particuliers fraudeurs sont revenus au bercail comme par enchantement ! Il existe certainement encore nombre de possibilités de frauder à travers la planète mais elles sont plus complexes et géographiquement plus éloignées.

Le faux-facturier de l’UMP

Sur le site de Bygmalion, le faux-facturier le l’UMP (http://www.bygmalion.fr/) on trouve la réclame suivante :

Une agence, 5 métiers

Notre savoir-faire : construire, gérer, protéger et valoriser l’image des personnes et des marques.

  1. Conseil

Un encadrement exclusivement apporté par des consultants seniors pour vous faire bénéficier de toute l’expertise de Bygmalion en conseil stratégique.

  1. Création digitale et print

Sur le print comme sur le Web, nous vous accompagnons pour gérer votre image, accroître votre notoriété et vous présenter sous votre meilleur jour.

  1. Evénementiel

À travers la filiale Event & Cie, nous disposons d’une équipe capable de faire de vos événements un succès, en délivrant votre message à vos publics cibles dans les meilleures conditions.

  1. Formation

Disposant d’une expérience et de références solides dans les secteurs publics et privés, Doxeo propose un large éventail des formations pour répondre «sur mesure» à la diversité des thématiques et des attentes spécifiques.

5 métiers annoncés, 4 affichés, ça commence bien… Gageons que l’UMP saura apprécier les compétences de Bygmalion en matière de conseil stratégique et de gestion d’image…

Bygmalion c’est l’archétype de la société nuisible au reste de l’humanité. Ca vend de la communication c’est-à-dire du vent, de la régression intellectuelle, du poison politique, de l’abrutissement du gogo ; et en plus ça surfacture et faux-facture et ça bidouille avec les forbans de la politique !

Donnez-nous une seule raison pour ne pas mettre Bygmalion en justice, et si possible en faillite !

The Rolling Stones – 2014/06/13 – Paris le Stade de France

2014 on Fire

Les Rolling Stones sont de retour à Paris ce soir pour un concert propre et de bon goût au Stade de France. Les places sont parties vite, le marché secondaire est resté actif, donc abordable pour les retardataires dont votre chroniqueur-serviteur. Joyeuse ambiance multi-générationnelle, comme d’habitude. On se presse avec vers sa place avec son verre de bière siglé Rolling Stones on Fire, et éventuellement quelques autres produits dérivés généreusement commercialisés par ce groupe de légende.

Une première partie britannique, The Struts, qui nous fait gentiment attendre les héros. Selfies, sandwichs, Kronenbourg et papote animent une assistance pas très attentive à ce warm-up sympathique.

C’est sur Jumpin’ que les Stones entrent en scène : Mick, bras écartés, chemise mauve-veste verte, Keith chemise turquoise-blouson noir à broderies blanches-bandana rasta-écharpe bleue, Ron en rouge et orange, Charlie en T-shirt bleu ; et c’est parti pour une nouvelle soirée avec ces rockeurs décidément infatigables.

A l’issue de cette ouverture, Mick nous gratifie d’un « Ca va les filles… », déclenchant le hourvari féminin que l’on imagine, avant de reprendre en fanfare You Got Me Rocking et It’s Only R’n’R. Puis la nuit tombe doucement et l’on reprend ses esprits avec la mélancolique ballade Wild Horses :

I know I’ve dreamed you a sin and a lie/ I have my freedom but I don’t have much time/ Faith has been broken tears must be cried/ Let’s do some living after we die/ Wild horses couldn’t drag me away/ Wild, wild horses we’ll ride them some day… Wild, wild horses reprennent ensemble Keith, Mick et Lisa (toujours de la partie).

Après les deux morceaux de Keith, belle surprise, Mick Taylor déboule sur Midnight Rambler qu’il agrémente d’un long solo de guitare, bluesy à souhait, rappelant aux jeunes l’immense guitariste qu’il est toujours après un passage de quelques années dans le groupe.

Encore une surprise pour le rappel qui s’ouvre non pas su Satisfaction mais sur You Can’t Always Get What You Want par un chœur de jeunes filles (qui se dandinent en rythme avec Lisa) repris par le Stade de France sentant sa fin arriver.

Et puis Keith lance Satisfaction, rejoint par Mick Taylor et chanté par Mick Jagger vêtue d’une longue queue de pie mauve, avant le classique feu d’artifice final.

C’était un nouveau concert des Rolling Stones.

Moins de gigantisme, pas de B-stage, peu de course hystérique à travers la scène immense, une set-list classique et bien emballée, le modèle pour grand stade plein de fans de tous âges, les Stones sont devenus presqu’aussi sages que nous, même s’ils restent bien plus jeunes.

Setlist : Jumpin’ Jack Flash/ You Got Me Rocking/ It’s Only Rock ‘n’ Roll (But I Like It)/ Tumbling Dice/ Wild Horses/ Doom and Gloom/ Bitch/ (by request) Out of Control/ Honky Tonk Women/ You Got the Silver (Keith Richards on lead vocals)/ Can’t Be Seen (Keith Richards on lead vocals)/ Midnight Rambler (with Mick Taylor)/ Miss You/ Gimme Shelter / Start Me Up/ Sympathy for the Devil/ Brown Sugar

Encore : You Can’t Always Get What You Want (with Choir Ensemble Vocal Allegri)/ (I Can’t Get No) Satisfaction (with Mick Taylor)

La dette dela SNCF

Avec les intermittents qui bloquent les festivals culturels estivaux, voici la SNCF en grève qui s’oppose à un problème de réforme du système ferroviaire et de son surendettement. Après avoir séparé la gestion des infrastructures de celle de l’exploitation du réseau il y a vingt ans, on détricote partiellement cette séparation en créant un organisme chapeau. Faire et défaire, c’est toujours agir.

Les contestataires avancent aussi « le problème de la dette » qui n’est pas réglé par cette loi. Régler voulant dire annuler pour ces beaux esprits. Le système ferroviaire affiche une dette de 44 milliards d’euros que dans l’esprit des grévistes et de leurs soutiens, on doit balancer au gouvernement, c’est à dire faire payer les contribuables et en exonérer l’économie ferroviaire.

Ce serait évidemment bien mieux pour la SNCF : hop ! faire disparaître d’un coup 44 milliards. Le contribuable paiera… Comme pour les indemnités chômage des intermittents du spectacle… Dépensons, dépensons, et faisons payer les voisins.

Graham Parker & the Rumours – 2014/06/12 – Paris la Cigale

Graham Parker a adoré se produire solo au New Morning en septembre dernier alors il revient à Paris, et avec The Rumour cette fois-ci. C’est le groupe avec lequel il a vécu ses meilleurs moments musicaux. Séparés à la fin des années 80’, certains membres du groupe continuèrent à collaborer de ci de là sur les albums solos de Graham, mais le chœur n’y était plus vraiment. Ces albums connurent un relatif succès, surtout auprès des fans de la première heure qui n’ont jamais oublié le sommet que fut et reste dans leur discothèque Squeezing out Sparks.

Alors lorsque parvint aux oreilles des fans la rumeur de la reformation de Graham Parker & The Rumour, pour un disque et peut-être une tournée, la folie s’empara de ces quinquas-sexas dont certains n’avaient jamais vu la Rumeur sur scène ! La tournée fut d’abord limitée au Royaume-Uni, noblesse oblige, puis élargie à la Cigale ce soir. Ouf !

Et voici notre petite bande de joyeux papys à peine rouillés qui débarquent et entament le show sur Fool’s Gold devant un public… assis dans des fauteuils, la Cigale est effectivement en configuration seniors. Graham porte un pull et veste beige clair, comme sa guitare acoustique, ses guitaristes Brinsley Schwarz et Martin Belmont sont en chemises hawaïennes.

La setlist contient du neuf et du vieux, mais que du bon. White Honey, Howlin’ Wind : Swing time is here children, for large and small/ Let’s dance before the fever is upon us all/ Yeah it’s a strange religion, without any god/ The preacher walks with innocence spares the rod/ And I know a howlin’ wind runs through here blowin’ every day/ Yeah a howlin’ wind runs through here takes my breath away…

Et puis Lady Doctor, Stick to Me…  un vrai bonheur pour tout le monde et y compris pour les musiciens qui s’activent : des guitares agiles, un orgue envoutant et balancé, des rythmes animés et cette voix rocailleuse si particulière de Graham posant le tout.

N’y tenant plus au milieu du show, les quinquas-sexas se rassemblent au premier rang au pied de la scène pour se trémousser au souvenir de leurs belles années.

Parker introduit le rappel seul avec You can’t be too strong, une émouvante chanson sur l’avortement, puis Passion is not ordinary word, Don’task me question et Soul shoes.

Evidemment tout ceci fait peu faire un peu daté mais c’est l’honneur de Graham Parker de continuer à jouer pour notre plus grande joie. C’est la musique d’une époque, celle du post-punk, celle du commencement de la désindustrialisation et du chômage de masse dans nos contrées de la vieille Europe, celle de la désillusion occidentale que Parker et sa bande ont ponctué de virgules musicales. Ces concerts des 70-80’ étaient parfois violents, il pouvait y avoir de la castagne, les temps étaient hargneux. L’un de leur disque live s’appelle d’ailleurs : The Parkerilla, tout un symbole !

Le plus incompréhensible est que ce groupe et son leader n’aient jamais vraiment dépassé le succès d’estime auprès d’un public spécialisé. Un peu à la façon de Springsteen ils ont chanté la vie des vrais gens avec leur poésie urbaine et un feeling musical touchant.

Graham Parker & The Rumour : nous y étions ce soir !

Le contribuable paye

Les « intermittents du spectacle » reprennent leur mouvement récurrent de grèves destinées à bloquer l’organisation des festivals culturels qui pullulent en été. Leur régime privilégié de chômage est de nouveau rogné suite à un accord entre patronat et syndicats, mais a priori pas avec le syndicat des intermittents…

Ce régime privilégié leur donne droit de toucher les indemnités de l’assurance chômage avec moins d’heures travaillées que le reste des salariés. Ce régime prend en compte le caractère particulier des emplois artistiques qui sont rarement à plein temps. Seules les indemnités chômage additionnées à leur temps partiel leur permettraient de survivre et de continuer à faire vivre le système culturel français.

En fait il s’agit d’un problème de compétitivité et de coût du travail plus que de chômage. Il faudrait payer ces gens plus cher pour ne pas avoir à leur verser le chômage pendant ces périodes d’inactivité consubstantielles de cette profession. Cela reviendrait donc à faire porter ces coûts aux opérateurs culturels, et donc, in fine, aux consommateurs puisque que tels sont les coûts réels.

A défaut, et comme la France aime tellement le faire, les coûts ont été transférés sur la collectivité des salariés et des employeurs qui subventionnent les intermittents avec leurs cotisations et qui, bien entendu, essayent chaque année de baisser un peu le niveau de ces subventions.

C’est ainsi et quoi que l’on fasse, que l’on balance les coûts sur les consommateurs, les contribuables ou d’autres… les coûts sont là et quelqu’un doit les payer !

Des élus fraudeurs

Isabelle Balkany, adjointe au maire de Levallois, c’est-à-dire son mari, sous le coup d’une mise en examen pour fraude fiscale, avoue que la luxueuse villa dont le couple profite à Saint-Martin est bien sa propriété et que le montage légal mis en place était destiné à opacifier cette propriété pour ne pas payer l’Impôt sur la fortune.

La villa est estimée à trois millions d’euros c’est-à-dire que sa propriétaire aurait dû payer quelques milliers d’euros d’impôt sur la fortune si elle avait été déclarée normalement, c’est-à-dire une somme qui n’est pas considérable au regard de ce que l’on sait du train de vie du couple.

Comme Cahuzac et ses comptes offshores, Copé qui fraude les élections (internes et présidentielles), les Balkany semblent animer de l’unique volonté de leur intérêt personnel et pour économiser quelques euros d’impôt ils abandonnent toute morale. Le pire est que leurs électeurs sans doute ne leur en voudront pas.

L’UMP en faillite

Rigolo : après la démission de Copé de la présidence de l’UMP pour cause de financement par fausses factures de la campagne présidentielle de 2012 de Sarkozy, il est question que trois anciens premiers ministres assurent une espèce d’intérim du parti jusqu’à un congrès qui élirait un nouveau président. Ce triumvirat composé de Juppé, Raffarin et Fillon, déclenche déjà les foudres des pro-Sarkozy qui craignent que l’un des trois préempte ainsi la candidature aux prochaines présidentielles de 2017 au détriment de leur héraut.

Gageons que ce trio va devoir nettoyer les écuries d’Augias et prendre la mesure de la faillite financière et morale de ce parti de droite. Lors des premières révélations de la presse sur les pratiques financières de l’UMP et ses accointances avec la société de communication Bygmalion, Coppé dans une intervention télévisée grandiloquente avait expliqué qu’il mettait les comptes de l’UMP sous scellés et contrôle d’huissier et qu’il ne les rendra publics que lorsque le parlement aura voté une loi imposant la transparence à tous les partis, s’engageant à déposer lui-même un projet de loi en ce sens.

Bien entendu le projet de loi n’a jamais été déposé, pas plus que les comptes ne sont sortis de leurs scellés. Une fois Copé dehors, le triumvirat va certainement se faire un malin plaisir d’aller analyser ces comptes mystérieux… Voyons ce qu’il en ressortira ce qui permettra, peut-être, de comprendre un peu mieux cette stratégie ridicule de Copé pour les cacher.

Arcade Fire – 2014/06/03 – Paris le Zénith

Arcade Fire nous offre ce soir un concert gigantesque au Zénith après la sortie de son double CD Reflektor, qui assoit définitivement ce groupe dans la catégorie des très grands. La scène est uniformément blanche, le groupe renforcé par une section cuivre et un duo de percussionnistes, il y a des instruments partout sur plusieurs étages. Costumes bigarrés et musiciens joyeux, mélodies et paroles brillantes, profusion d’imagination et de créativité, rythmes endiablés, c’est la magie du Rock ‘n’ Roll dévalant du nouveau monde !

Win vêtu d’un pantalon bleu marine parsemé de yeux de Bouddha, tel la stupa d’un temple népalais, et une veste cuivrée, Regine en robe à paillettes et gants roses laissant pendre  aux poignets de longs rubans de même couleur. Le reste du groupe est chamarré, courant déjà en tous sens sur Reflektor joué pour lancer un concert déjà volcanique. Rythmique saccadée, électronique en renfort, une voix portée aux nues, Regine dansant comme une diablesse, Win moulinant sa guitare debout sur les enceintes, le reste de la bande tressautant comme branché sur le courant alternatif ; laissez-vous porter par la vague Arcade Fire !

Un immense écran en fond de scène diffuse des images parfois aussi folles que cette musique. Des mobiles descendent du plafond puis y remontent, suivis par des jeux de miroirs. La scène est un immense capharnaüm au service d’une musique jubilatoire.

Reflektor, la chanson, est suivie de Flashbulb Eyes, deux morceaux du dernier disque, puis retour à Funeral avec un diabolique enchaînement de Neighborhood #3 (Power Out) et Rebellion (Lies)… Le public est déjà debout depuis l’entrée des artistes, y restera jusqu’à leur départ, et reprend sans fin les Lies-Lies–Ouh-ouh-ouh… de Rebellion. Quelle énergie, quel enthousiasme, quelle richesse musicale, et ce dès les premières minutes d’un concert d’anthologie.

Le rythme se calme un peu avec The Suburbs joué au piano par Win, Regine à la batterie et les violons lancinants de cette ballade triste sur des ados de la banlieue, à Toronto ou ailleurs : You always seemed so sure/ That one day we’d be fighting/ In a suburban war/ Your part of town against mine/ I saw you standing on the opposite shore/ But by the time the first bombs fell/ We were already bored/ We were already, already bored/ Sometimes I can’t believe it/ I’m movin’ past the feeling…

Et le concert se poursuit dans une débauche d’électricité et ce désarmant naturel avec lequel joue cette bande de potes-musiciens, soudés par leur art et une joie de vivre, qui transforme les notes en or liquide, et un public parisien en une foule extatique et déchaînée. Ils sont

comme ça nos canadiens, ils abattent l’ouvrage comme les arbres dans les forêts du grand Nord, comme les iceberg dans la baie du Saint-Laurent, rien ne résiste à leur extraordinaire enthousiasme, la musique fusionne les multiples instruments avec les voix, les rythmes agitent les corps et donnent le cap ; mais jusqu’où iront-ils ?

Une B-stage est dévoilée pour le rappel sur laquelle se trémoussent deux danseurs grimmés en Daft Punk pendant que le groupe joue Get Lucky des… Daft Punk. Le final sur un divin et inoubliable Wake Up, des canons explosent, couvrant le Zénith de confettis pendant que sur scène défilent des danseurs la tête couverte d’énormes masque en carton-pâte les grimant en personnages de contes de fée. Un final éblouissant pour un concert d’anthologie.

Setlist : 1. Reflektor/ 2. Flashbulb Eyes/ 3. Neighborhood #3 (Power Out)/ 4. Rebellion (Lies)/ 5. Joan of Arc/ 6. Rococo/ 7. Month of May/ 8. The Suburbs/ 9. The Suburbs (Continued)/ 10. Ready to Start/ 11. Neighborhood #1 (Tunnels)/ 12. Ocean of Noise/ 13. My Body Is a Cage (alternate shortened version)/ 14. We Exist/ 15. No Cars Go/ 16. Haïti/ 17. Afterlife/ 18. It’s Never Over (Oh Orpheus) (Régine on B-stage)/19. Sprawl II (Mountains Beyond Mountains) (‘Damian Taylor Remix’ intro)

Encore: Get Lucky (Daft Punk song) (Paft Dunk on B-stage)/ 20. Normal Person/ 21. Controversy (Prince cover)/ 22. Here Comes the Night Time/ 23. Wake Up

Et le chroniqueur passa le début du show à l’infirmerie près de l’entrée des artistes du Zénith pour y accompagner un camarade blessé, l’occasion de faire papote avec un personnel de santé dévoué et sympathique, et d’assister depuis le conteneur infirmerie au lancement de Reflektor, un véritablement tremblement de terre faisant vibrer tout l’environnement. Impressionnant et peut-être un peu trop fort tout de même…

Le camarade claudiquant a été bien soigné !

Prince – 2014/06/01 – Paris le Zénith

Prince and the 3RD-Eyes-Girl pour deux concerts presqu’improvisés au Zénith, le premier à 18h, le second à 21h : un must ! Le chroniqueur chanceux ira aux deux et en ressortira un peu submergé par le funk.

Il faut dire que ces shows valent le déplacement et que le héros de la soirée est vraiment et définitivement un génie de la guitare. Accompagné de ses redoutables amazones Prince entre en scène vêtu d’un ensemble chasuble-pantalon couleurs pastels, coiffé afro à la Angela Davis, une guitare multicolore flamboyante. Derrière lui une batteuse blonde (Ida Nielsen), une guitariste punky (Donna Grantis), côté gauche du crâne intégralement rasé et longue natte côté droit, talons compensés et cuir noir, une Mad-Max de la 6 cordes, et enfin une bassiste les cheveux plaqués par un anneau frontal style squaw (Hannah Welton-Ford).

Le groupe démarre Let’s Go Crazy et le Zénith s’enflamme. Prince  fait le spectacle, tressaute, appelle son public et se déchaîne sur ses cordes avec une incroyable dextérité et un naturel à faire se jeter dans la Seine tous les apprentis guitaristes. Le son est puissant et l’atmosphère électrique. Il repose parfois sa guitare et c’est pour s’en donner encore plus à cœur joie, dansant comme monté sur ressorts. Une voix qu’il emmène presqu’aussi haut que sa guitare, s’autorisant des cris stridents pour relancer le public.

Pour les non spécialistes tout ceci frise le chaos mais un chaos jouissif. Le funk est ainsi, un affolement général des sens porté à son paroxysme. Il y a de l’improvisation c’est sûr, et l’on voit les girls attentives aux singeries du Maître pour ne pas rater une reprise ou un final. Elégamment il leur laisse tour à tour le devant de la scène. Mais il y a surtout une ligne directrice déroulée par l’homme de l’art qui n’est jamais meilleur que lorsqu’il cumule guitare et micro laissant pantois ses admirateurs qui se demandent comment ce petit paquet de nerfs peut générer une telle énergie.

Cela tourne parfois un peu à la démonstration de cirque mais il faut laisser parler le musicien. Purple Rain vient bien sûr clôturer le premier show. Il sera repris au piano lors du second concert à la fin du premier rappel, lui-même suivi encore suivi de trois nouveaux rappels ! Il fallait bien sûr être présent pour les deux shows.

Prince and the 3RD-Eyes-Girl: une expérience à ne pas manquer même si le funk ne vous motive que modérément.