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L’actualité des banques

  1. La Société Générale, condamnée fin 2013 par la commission européenne, avec nombre d’autres banques internationales, à payer une amende de plusieurs centaines de millions de dollars pour avoir manipulé des taux d’intérêt de référence (Euribor, Libor, et autres), admet sa culpabilité mais conteste le mode de calcul de son amende en arguant, comme d’habitude dans ce genre de situation, qu’elle n’était pas au courant des agissements félons de l’un de ses traders-fraudeurs…
  2. Enrico Macias, chanteur pour maisons de retraite, pris dans une affaire de prêt structuré octroyé par une banque islandaise désormais en faillite. Le garçon a souscrit à un contrat compliqué auquel il n’a sans doute rien compris et que ses conseils fiscaux lui ont certainement vanté sans bien plus y comprendre, mis en garantie des biens immobiliers, signé des assurances-vie et reçu quelques millions d’euros. Le beau château de cartes spéculatif s’est écroulé avec la faillite de l’Island. Les liquidateurs de la banque réclament 30 millions d’euros à Enrico qui lui-même attaque en justice pour 50 millions… C’est un remake des prêts structurés offerts par Dexia (en faillite également, les pertes étant actuellement réglées par les contribuables français et belges) aux collectivités françaises. Escroquerie, spéculation et petits arrangements, seuls les plus malins s’en sortent bien en principe, pas les chanteurs vieillissants ni les municipalités de la France profonde. Bref, Enrico a spéculé en Islande et perdu la mise. La prochaine fois il ferait mieux d’investir ses économies au Crédit Mutuel de son village.
  3. Dexia justement est accusé dans un rapport officiel des Nations Unies d’avoir offert des financements pour l’acquisition de biens immobiliers dans les territoires occupés des colonies israéliennes de Cisjordanie en violation du droit international. Super, les contribuables français et belges qui payent déjà les milliards d’euros résultat de la faillite de cette banque vont peut-être voir encore l’addition s’alourdir avec des pénalités dues à de nouveaux errements de Dexia décidemment d’une incroyable créativité en matière d’innovations financières spéculatives, voire frauduleuses ?

Vive l’oligopole

Quelques pointures du CAC 40 sont en train de s’écharper sévèrement pour atteinte à leur situation… d’oligopole dans les télécommunications françaises. SFR, Bouygues Telecom et France Telecom expliquent doctement que l’arrivée de Free est en train de tuer l’économie su secteur, l’écosystème comme disent les journalistes mondains. En fait Free a cassé les prix et forcé les trois opérateurs préexistants à baisser les leurs. Bien entendu cela leur fait moins de sous en poche à la fin de la journée, mais c’est ce qu’on appelle la concurrence dont les vertus sont tellement vantées par l’économie libérale

Une fois de plus on constate que dès qu’on laisse les entreprises entre elles, leur premier souci est de tenter de se partager le marché et surtout ne pas laisser faire la libre concurrence. Le prix des forfaits offerts par ces opérateurs préexistants étaient tous dans les 29,99 EUR/mois et ce petit monde vivait correctement. D’un coup tous les forfaits ont baissé et les gains ont suivi la même voie. La rentabilité a baissé et la valeur des entreprises a fait de même en bourse, et alors ? Première conséquence, SFR est à vendre et risque d’être racheté par… l’un des trois autres, recréant ainsi l’oligopole à trois, avec probablement le risque d’un retour à des pratiques moins concurrentielles. Le capitalisme est un éternel recommencement.

Capacité de nuisance des taxis parisiens

Les taxis parisiens continuent à nuire à la population à grands coups de grèves et d’opérations escargots pour défendre leurs intérêts corporatistes. Nous sommes là dans un vrai archaïsme français dont personne n’arrive à se dépêtrer depuis des décennies, quelle que soit la couleur des gouvernants. Une profession protégée pour des raisons préhistoriques, en échange de licences, dont le nombre est contrôlé pour protéger le marché, vendues par l’administration ou les taxieurs eux-mêmes.

Si le marché est libéralisé il faudra trouver une solution financière de sortie pour dédommager les détenteurs de licences. L’obstination des parties, l’égoïsme des corporations concernées, l’immobilisme général de la société française maintiennent le blocage. Paris reste une ville mal desservie par les taxis et ceux-ci continuent à perturber la population, le monde politique marche sur des œufs en n’osant pas affronter la colère des acteurs de ce marché protégé d’un autre âge.

Le dispositif de licence a sans doute été mis en place en son temps pour de bonnes raisons, du moins peut-on l’espérer, mais comme toujours en pareil cas des corporatismes et baronnies en sont résulté, rendant quasiment impossible toute évolution.

Droit dans ses bottes !

Denis Gautier-Sauvagnac, ex-responsable patronal de la fédération patronale de la sidérurgie, auteur de la célèbre explication pour justifier la distribution de fonds occultes aux organisations syndicale : « pour fluidifier le dialogue social » est condamné à trois années de prison dont une ferme. Durant son procès il a continué à refuser de dévoiler les noms des responsables syndicaux à qui des années durant sa fédération a versé des sommes en liquide, 15 millions d’euros de sorties de caisse ont été identifiés pour la période 2000-2007. Il s’est tu, a assumé et est condamné, un peu comme Juppé-le-raide-comme-un-passe-lacet qui a payé dans les mêmes conditions pour couvrir le maire de Paris, Chirac, dans l’affaire des emplois fictifs de cette mairie. Cela est noble, qualificatif que l’on ne peut que rarement attribuer dans la vie politique.

L’actualité des banques

  • François Pérol, fonctionnaire français, ex-conseiller économique de Sarkozy, parachuté en 2009 comme pédégé du groupe Banque Populaire Caisses d’Epargne, groupe au bord de la faillite suite aux errements de ses dirigeants, est mis en examen pour prise illégale d’intérêt. La loi française limite en effet les conditions dans lesquelles un fonctionnaire peut aller pantoufler dans une entreprise privée dont il a eu à traiter le dossier dans l’administration. Le Pérol tombe pile dans la cible. Que la justice passe !
  • Le patron de la banque britannique Barclays a annoncé qu’il renonçait à son bonus au titre de l’année 2013 mais par contre annonce l’augmentation des bonus versés à ses cadres et autres traders-fraudeurs de 10% pour atteindre 2,4 milliards de livres. Rappelons que Barclays a racheté en 2008 la division banque d’investissement et de courtage de Lehman Brothers, dont la faillite suite à ses exploits sur les marchés a déclenché la crise financière de 2008 ; un actif certainement de grande valeur. Barclays a par ailleurs été condamnée en 2012 à une lourde amende suite à l’implication de ses traders-fraudeurs dans le scandale de la manipulation des taux LIBOR sur le marché.
  • Le patron de la banque américaine JP Morgan Chase lui n’a pas renoncé à son bonus de 20 millions d’USD en 2014, bien au contraire, puisque celui-ci a quasiment doublé pour compenser sa baisse en 2013. Rappelons également les exploits très variés de cette banque qui a été condamnée à des amendes cumulées d’une douzaine de milliards de dollars pour son implication reconnue dans plusieurs scandales financiers.

Impôt et cotisation

La question de la déductibilité de la Cotisation sociale généralisée (CSG) revient sur la table au parlement. En effet, cette cotisation n’est que partiellement déductible de l’impôt sur le revenu, c’est-à-dire que le contribuable paye de l’impôt sur une rémunération obligatoire qu’il ne reçoit pas puisque prélevée pour cette cotisation. On aurait pu imaginer que les parlementaires s’émeuvent de cette situation et veuillent rétablir la pleine déductibilité ; que nenni, ils veulent au contraire la supprimer arguant que la moitié des ménages ne payant pas l’impôt sur le revenu sont donc défavorisé car ils ne peuvent déduire d’un impôt qu’ils ne payent pas.

C’est un peu la quadrature du cercle car il faudrait abaisser les tranches d’imposition pour que tous les contribuables puissent bénéficier de la déduction de la CSG… ce qui risque de n’être point populaire ! Il reste soit à supprimer la déductibilité pour tout le monde, soit de l’élargir à tous en reversant son produit en cash à ceux qui ne payent pas d’impôt sur les revenus. Le débat sera intéressant.

Léger revidrement capitaliste

Un certain nombre d’Etats libéraux occidentaux réfléchissent à remettre en œuvre un salaire minimum. La dérégulation des codes du travail a été mise en œuvre depuis les années 80’s « Tchatcher / Reegan ». Cette nouvelle jungle rétablie sur les marchés du travail a permis des croissances soutenues et un enrichissement des pays concernés au prix d’une précarisation de l’emploi. Les petits jobs ont permis d’enrayer le chômage au prix également d’un accroissement des inégalités dans le monde capitaliste.

Au même moment les pays émergents devenaient les usines du monde et produisaient les produits à faible valeur ajoutée à des conditions salariales défiant toute concurrence, proche du travail gratuit. Aujourd’hui la plus grosse usine au monde est celle de la société taiwanaise Foxcon localisée en Chine qui emploie 800 000 travailleurs sur le même site pour fabriquer, entre autre, les Aïe-phones et autres bimbeloteries rivées aux doigts de la génération « Y ».

Ce système arrive aujourd’hui à certaines limites et les pays libéraux confrontés à la crise et aux revendications de leurs électeurs commencent à rétablir des salaires minima qui permettent aux classes défavorisées de se remettre sur le marché de la consommation. L’Allemagne vient de décider ce salaire minimum, avec bien des limites, mais décidé quand même, et le président américain vient de déclarer : « Donnez une augmentation à l’Amérique ! ». Venant de leaders qui ne sont pas a priori des bolchéviques convaincus, cette amorce de mouvement de retour vers (un peu) d’économie de la demande de la part des tenants de son alter-égo de l’offre ne repose bien entendu pas sur un sentiment de générosité soudaine, mais plutôt sur la nécessité de remettre un peu de bois dans la chaudière sociale.

Lorsque la classe des gogos juste maintenue en état de survie, sans plus être en état de consommer mais juste de contester, devient majoritaire, le pouvoir économique peut avoir intérêt à inverser le mouvement. C’est ce qui est en train de se passer.

A quoi sert le forum de Davos ?

Le World economic forum (WEF) vous connaissez ? C’est le machin mondain où se pressent chaque année le gratin des pédégés mondiaux, quelques politicards en mal de reconnaissance et la presse globale qui adore ce genre de rassemblements pipole. Le tout se déroule géographiquement dans une station de ski de luxe en Suisse à Davos, tout est donc réuni pour que le forum vole la vedette aux oscars d’Hollywood.

Le forum pond une abondante littérature qui passe aux oubliettes d’une année sur l’autre et que sans doute pas grands monde ne lit, toutes ces sommités n’ayant que fort peu de temps pour dévorer ces milliers de pages, généralement assorties de joyeux graphiques colorés, incompréhensibles et inexplicables du genre :

 ou encore :

Néanmoins, cette année, au milieu de cette logorrhée verbeuse émerge une analyse frappée au coin du bon sens concernant l’inégalité croissante des revenus qui aurait un effet dépressif sur les classes moyennes, particulièrement dans les pays émergents :

Closely associated in terms of societal risk, income disparity is also among the most worrying of issues. It raises concerns about the Great Recession and the squeezing effect it had on the middle classes in developed economies, while globalization has brought about a polarization of incomes in emerging and developing economies. This is true despite the obvious progress in countries such as Brazil and lower levels of poverty in several developing countries in Asia and in Africa.

Un groupe de travail doit sans doute plancher sur cet intéressant constat. Venant des participants aux WEF qui cumulent sans doute les plus gros salaires et fortunes jamais accumulés de toute l’histoire du capitalisme, leurs conclusions et recommandations risquent d’être intéressantes…

Le contribuable paye pour Peugeot

Les contribuables français vont mettre au pot pour augmenter le capital de Peugeot, entreprise familiale de construction automobile. Lesdits contribuables avaient déjà mis la main à la poche en octroyant une garantie de 7 milliards d’euros à la banque interne de Peugeot. Cette banque octroie des crédits aux acheteurs de véhicules Peugeot, ce qui est censé faciliter la décision d’achat.

Un constructeur public chinois va également mettre au pot pour cette augmentation de capital de 3 nouveaux milliards d’euros. La famille Peugeot va progressivement devoir passer la main puisqu’elle n’a plus les moyens, ou pas la volonté, de réinjecter des sous dans son entreprise. Ainsi vont les dures lois du capitalisme…

Bon, tout ceci est bel et bien et nous verrons si cela fait vendre de nouveaux des autos Peugeot. Quant à moi j’ai loué une 308 cet été et je ne vois pas bien ce que l’on reproche à ce véhicule qui m’est apparu moderne et efficace. Sans doute n’est-il pas assez clinquant pour une époque où la marque compte plus que l’objet.

La gauche et l’économie

En pleine forme notre président à la double vie (privée) : il fait un tabac à sa conférence de presse sous les ors de l’Elysée en annonçant qu’il va réduire les charges des entreprises en les exonérant des cotisations familiales. Nouveauté : cette mesure serait financée non pas par un transfert sur le contribuable mais par une baisse des dépenses publiques. On se souvient en effet que le crédit d’impôts pour la compétitivité et l’emploi (Cice) annoncé en 2012, en gros une baisse des impôts des entreprises, doit être financé par le consommateur via un relèvement de la TVA intervenu depuis le 1er janvier de cette année. C’est un mode de financement similaire à celui de la TVA dite « anti-délocalisation » dans sa version sarkoziste et que la majorité précédente n’avait pas eu le temps de mettre en œuvre.

En l’espèce, la politique familiale devrait désormais peser sur le contribuable à qui l’on demandera moins dans d’autres domaines. Le choix des lignes budgétaires sur lesquelles il va falloir rogner sérieusement risque d’être sportif et annonce des sommets de démagogie et de mauvaise foi, à moins que, pour la première fois depuis 1945 une sorte d’union nationale se fasse, au moins sur ce sujet ? Ce serait juste : le choix des domaines où il faudra réduire le train de vie de la République, ce dont tous les citoyens souffriront d’une façon ou d’une autre, mériterait un accord d’une grande majorité du peuple et de ses représentants.

Les « bullshit jobs »de David Graeber

David Graeber est un économiste américain iconoclaste, plutôt du genre libertaire. Il a produit un article hilarant en 2013 « Bullshit-jobs_David-Graeber » qui narre l’émergence de ces boulots parasites qui peuplent les marchés du travail occidentaux. Sa théorie est que le progrès technique a entraîné une baisse massive des emplois productifs (l’industrie pour faire simple) et plutôt que de baisser les heures travaillées par personne, nos sociétés ont choisi de créer moult emploi qui ne serve pas à grand-chose (juristes d’entreprises, consultants en ressources humaines, en communication, relations publiques, etc. Ce sont les « Bullshit jobs », les emplois foireux, un système à la soviétique que le marché ne devrait en principe pas tolérer, à moins qu’il ne soit pas aussi parfait qu’on ne le dit.

L’amélioration de la productivité aidant, le gâteau du travail à se partager diminue ou au mieux reste stable, mais plutôt que de donner plus de temps libre, Graeber pense que les dirigeants aux commandes du système n’aiment pas que le populo dispose de trop de temps libre et de bonheur, générateur de contestation voire de révolution. Donc on crée ces emplois improductifs et bureaucratiques, qui n’épanouissent pas les travailleurs concernés, ne créent que fort peu de richesse donc n’agrandissent pas le cake de la richesse à se partager, d’où nombre d’emplois précaires ou très peu payés.

En fait c’est la théorie des 35 heures des socialistes français des années 90’ : on partage mieux le marché du travail en travaillant moins par personne mais en créant plus d’emplois. Evidemment, il faut aussi mieux partager le gâteau des revenus qui lui est stable… c’est sans doute là que le bas blesse. Si la taille du cake est plus ou moins constante et que le nombre de convives augmente régulièrement, même un enfant peut comprendre la situation : soit la part moyenne par mangeur diminue, soit elle augmente pour certain et d’autres n’ont rien à manger. C’est assez simple. La vraie question est de savoir si le gâteau peut continuer à grossir en Occident !

TVA multiple en France

Suite au harcèlement de différents lobbies (le secteur immobilier, celui du cinéma notamment) qui ne voulaient pas se voir augmenter leur taux de TVA, le gouvernement a finalement renoncé à diminuer le taux « réduit » de 5,5 à 5% pour financer ce resquilleurs. De ce fait nous avons donc 3 nouveaux taux de TVA depuis hier : 20%, 10% et 5,5%. Cette réforme est destinée à financer en partie le crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi dont bénéficieront les entreprises. A défaut de savoir faire baisser les charges de entreprises, nous les transférons des entreprises vers les consommateurs, c’est déjà ça !

Bonne année

Hollande a prononcé ses vœux au peuple français et tout le monde lui tombe dessus, il reste serein. Il annonce la réduction de dépenses de l’Etat et des collectivités territoriales et là, cela va être le feuilleton de la rentrée ! Comme d’habitude tout le monde est d’accord pour réduire les dépenses mais à condition de commencer chez le voisin.

L’UMP lors de son séminaire de décembre dernier devant les caméras et les micros a annoncé :

Revenir à un taux de dépenses publiques de 50% du PIB en 5 ans
(Rappel : France : 56,4% en 2012 / Moyenne Eurozone : 49,8% / Allemagne : 45,1%).
•Soit 130 milliards d’euros d’économies (50% pour l’Etat, 50% pour la sécurité sociale et les collectivités locales)
•Baisser de 65 milliards les impôts
•Affecter 65 milliards au remboursement de la dette

Mazette, 130 milliards cela fait des sous et il va falloir maintenant trouver des idées pour aller les réaliser ces économies. Gageons que l’UMP et les journalistes économiques mondains déborderont de ces bonnes idées qu’ils n’ont pas eu le temps de présenter dans leur document de décembre, hélas.

C’est un grand principe de la politique française : quand on est dans l’opposition, on annonce des économies et quand on est au pouvoir, on dépense. Simplement l’exercice a ses limites que nous avons atteintes, et il va falloir s’y mettre sérieusement. Hollande peut rester dans l’Histoire s’il parvient à inverser la courbe du déficit public.

En tout cas, régalons-nous à l’avance des débats qui auront lieu sur le sujet et permettront de distinguer les véritables hommes d’Etat des branquignoles.

90% d’emplois en France

L’INSEE publie les statistiques montrant la rigidité des salaires en France qui continuent à augmenter, en moyenne, même quand le pays est en stagnation. Evidemment cela vaut pour ceux qui ont des salaires mais on pourrait imaginer qu’avec 10 à 12% de chômage dans le pays une pression à la baisse s’exerce sur les salaires. Ce n’est pas globalement le cas, la moyenne des salaires progresse plus vite que l’inflation pour les 88 à 90% de la population active qui a un emploi.

Le conseil constitutionnel balise

Rigolo : le conseil constitutionnel rejette un certain nombre d’articles de la loi de finances pour 2014 dont… le plafonnement de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) pour cause d’inclusion dans le calcul du plafond des revenus latents de contrats d’assurance vie. Rappelons que le concept de bouclier fiscal a été introduit par de gouvernement socialiste de Rocard en 1988.
Aujourd’hui le conseil constitutionnel écrit :

…Considérant, par suite, qu’en prévoyant, à l’article 13, d’intégrer dans les revenus pris en compte pour le calcul du plafonnement de l’impôt de solidarité sur la fortune et des impôts sur le revenu certains revenus des bons ou contrats de capitalisation et des placements de même nature, notamment des contrats d’assurance-vie, alors que ces sommes ne correspondent pas à des bénéfices ou revenus que le contribuable a réalisés ou dont il a disposé au cours de la même année, le législateur a méconnu l’autorité qui s’attache, en vertu de l’article 62 de la Constitution, à la décision du Conseil constitutionnel du 29 décembre 2012 ; qu’il suit de là que l’article 13 doit être déclaré contraire à la Constitution…
Décision n° 2013-685 DC du 29 décembre 2013

C’est un peu technique mais ce qu’il faut en retenir est qu’un gouvernement socialiste voulant plafonner l’ISF (c’est-à-dire rétablir le bouclier fiscal amélioré par le gouvernement Fillon en 2007, puis défait par le gouvernement Fillon en 2012), introduit dans la loi de finances le concept de plafonnement de l’ISF que le conseil constitutionnel (plutôt de droite bien qu’en principe « au-dessus des partis ») annule. On retient que l’agitation fiscale idéologique permanente qui amène notre parlement à changer tous les deux ans ces dispositifs concernant les plus fortunés est inopportune, la stabilité en la matière devrait être le premier objectif à atteindre.

Les gouvernements qu’ils soient de gauche ou de droite se rendent compte que s’ils appliquent la fiscalité de droit commun aux plus riches, les prélèvements qui seront opérés sur ces quelques milliers de contribuables risquent d’être qualifiés de « confiscatoires » et de ce fait déclarés inconstitutionnels. Alors ils usent tous de la même recette : on affiche une fiscalité rassurante pour Mme. Michu et derrière on introduit un dispositif qui atténue l’addition pour les plus fortunés, bouclier, plafonnement, ou autre. Il serait plus lisible de mettre en place une fiscalité standard ne nécessitant pas de régime d’exception et de l’expliquer calmement aux électeurs. En attendant le plafonnement de l’ISF pour le budget 2014 est retoqué et il va falloir bricoler quelque chose dans l’urgence pour que cet ISF ne soit pas jugé confiscatoire.

Intéressant également le conseil constitutionnel a de nouveau censuré l’exonération de droits de mutation accordés depuis des siècles aux transactions immobilières réalisées en Corse :

L’article 12, introduit par amendement parlementaire, prolongeait et accroissait le caractère dérogatoire du dispositif d’exonération partielle de l’assiette des droits de mutation à titre gratuit (DMTG) de la part immobilière des successions comportant des biens et droits immobiliers situés en Corse. Le Conseil constitutionnel avait censuré une disposition analogue dans sa décision n° 2012-662 DC du 29 décembre 2012 relative à la loi de finances pour 2013. L’article 12 méconnaissait l’égalité devant la loi et devant les charges publiques.

Ce qui est intéressant c’est de voir la permanence avec laquelle le parlement essaye de refourguer chaque année un dispositif inconstitutionnel accordant des avantages fiscaux à certains départements au détriment d’autres. Cela en dit long sur la capacité de nuisance de la Corse sur le reste de la République, et la crainte que cette ile provoque sur l’Etat.

Courbes et contortions de l’économie française

C’est la fin de l’année et les chaines de télévision d’information en continu nous servent les incontournables replay qui leur permettent de meubler leur manque d’analyse et d’inspiration. Evidemment les engagements du président Hollande d’inverser la courbe du chômage sont repassées jusqu’à la nausée et chacun de lui tomber dessus : la droite, la gauche, les syndicats, le patronat, la presse et ma concierge mettent en valeur le fait que cet engagement n’a pas été formellement respecté et ont l’air de s’en réjouir.

Il faut dire que le gouvernement s’emmêle dans des contorsions sémantiques pour expliquer que la courbe n’est pas vraiment inversée mais qu’on est en voie de le faire. Pas bien sûr que ces explications oiseuses portent auprès des électeurs. En tout cas les journaux satiriques adorent.

Un certain nombre d’économistes admettent, parfois du bout des lèvres, que la situation est un peu meilleure en décembre qu’en janvier et que les accords conclus entre les partenaires sociaux (crédit d’impôt pour la compétitivité des entreprises, formation professionnelle, flexi-sécurité) pourraient avoir des effets positifs sur l’économie à terme, mais la presse préfère attiser la beaufitude de Mme. Michu en lui demandant si elle est pour ou contre la hausse des impôts…

La presse pourrait aussi bien se pencher sur l’opportunité de renoncer à la niche fiscale dont bénéficient encore les journalistes, ou les subventions que les contribuables versent chaque année pour soutenir les journaux… pour montrer le cap à suivre pour la réduction de la dépense publique qu’ils appellent de leurs vœux avec une touchante unanimité sur les plateaux télévisés.

Les grands voleurs tombent

Rafik Khalifa, ex-Tycoon algérien faillis et repris de justice, a été extradé vers l’Algérie par les autorités du Royaume-Uni où il s’était réfugié après ses multiples banqueroutes, sans doute frauduleuses, en Algérie, dont une banque et une compagnie aérienne, mais aussi en France.

Après Khodorovsky, encore un qui a beaucoup volé. La justice algérienne risque de n’être guère plus objective et indulgente que la russe, mais elle va passer, avec sans doute son cortège de déballages sur l’économie souterraine algérienne qui risquent d’être intéressants.

Les pilleurs de la Russie

Khodorovsky est libéré par le président russe après 10 ans de camp d’internement en Sibérie pour fraude fiscale. Le garçon a l’air sympathique et on le présente comme un Mandela slave, presqu’une Jeanne d’Arc ! Bon, il ne faut tout de même rien exagérer. Comme tous les oligarques qui ont dépecé l’ex-Union soviétique lors des privatisations de son économie, il a beaucoup volé, mais vraiment beaucoup-beaucoup volé, plus que les autres, ayant réussi à devenir la première fortune russe, riche de plusieurs milliards de dollars sur sa seule tête, si sympathique qu’elle n’apparaisse.

Et après s’être enrichi il a pêché, en contradiction avec le contrat tacite passé avec le pouvoir politique russe « enrichissez-vous mais ne vous mêlez pas de politique », il concurrence l’Imperator Poutine, ex-colonel du KGB. C’est un peu le même genre de pacte qui existe en Chine populaire d’ailleurs. Il a donc été embastillé et ses actifs pétroliers saisis par une compagnie publique. C’est un peu le retour au peuple des biens volés, si l’on pense bien sûr qu’une compagnie publique russe représente les intérêts du peuple…

Le voici libre maintenant, nouvelle vie pour nouvelles affaires. Considérons qu’il a payé les vols commis.

La fiscalité française

Le débat sur le grand soir de la fiscalité rentre « dans le dur ». Dès qu’un sujet de réflexion est avancé il déclenche aussitôt un lâcher de cabots hurlant à la mort que l’on veut les ratiboiser. Si l’on part du principe qu’une réforme fiscale nécessitera de changer la situation actuelle, il va bien falloir trouver un ou quelques domaines fiscaux où faire bouger les lignes…

On a vu le fiasco de l’écotaxe votée à l’unanimité en 2009 par la droite et la gauche et suspendue en 2013 jusqu’à des jours meilleurs, les pistes de travail sur la fusion de l’impôt sur le revenu ou du prélèvement à la source sont systématiquement et immédiatement démolies par la mafia des lobbies. La dernière idée porte sur la remise en cause ou le plafonnement du quotient conjugal qui présenterait des avantages et des inconvénients, des gagnants et des perdants. Comme toujours, les gagnants se la joue discrète et les perdants mordent les mollets du pouvoir.

L’intelligentsia politico-mondaine s’oppose par définition à toute remise en cause des avantages acquis tout en se déclarant favorable à une vraie réforme fiscale. Ces positions sont légèrement antinomiques mais la contradiction et le retournement de veste n’effraient point sur les plateaux de télévision. Par contre cela rend difficile la conception même de la réforme. En réalité le seul sujet sur lequel tout le monde est d’accord est la baisse de l’imposition sur la catégorie à laquelle il appartient et que la baisse conséquente de la dépense publique porte sur la catégorie du voisin…

Peut-être faudrait-il avancer quand même sur le sujet et mettre une ébauche de réforme sur la table, laisser s’exprimer les partis politiques et poser le principe que seule une majorité qualifiée des 2/3 du Parlement permettrait l’adoption d’un projet. On verrait ainsi les positions des uns et des autres, qui défend qui, les intérêts particuliers et le sens général ; et admettre qu’à défaut de consensus national on ne changera rien. Peut-être une telle méthode pousserait les élus à un peu plus de sens de leurs responsabilités, un échec étant porté à leur débit et, plus globalement à celui du peuple gaulois.

Corporatisme franchouillard

Un des multiples symboles du corporatisme franchouillard sclérosant, le monopole des buralistes sur la vente de cigarettes s’émeut de la vente libre des e-cigarettes qui se développe très fortement alors que celle des cigarettes classiques baisse régulièrement sous les coups de boutoir de la politique de santé publique consistant à augmenter les prix de ce produit cancérigène.

Alors que ce monopole d’Etat délégué aux débits de tabac n’a plus grand sens aujourd’hui, les buralistes, directement intéressés à leurs avantages particuliers se battent pour l’étendre aux cigarettes électroniques… Et un tribunal de Toulouse vient de leur donner raison. Il faudrait peut-être changer la loi en ce domaine.