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Faillites en Corse

Nos amis corses continuent à faire des leurs. L’assemblée de Corse a adopté en ce mois d’avril 2014 par 29 voix contre 18, et 4 abstentions, un rapport sur la protection du patrimoine foncier qui annonce la création du statut de « personne attachée au territoire corse ». Il s’agit en gros de limiter le droit d’acquérir des résidences à des personnes non-attachées au territoire corse ne pouvant pas justifier de « l’occupation effective et continue d’une résidence principale située en Corse, durant une période minimale de cinq années. » Si jamais la Constitution française et le droit européen acceptait une entorse de ce type à la liberté d’établissement, la morale voudrait que l’on prenne immédiatement une mesure réciproque qui limiterait pour les personnes attachées au territoire corse leur droit d’acquérir une résidence hors de Corse si elles ne peuvent pas justifier de « l’occupation effective et continue d’une résidence principale située dans le département où elles veulent acheter, durant une période minimale de cinq années. »

Et pendant ce temps le feuilleton de la SNCM se poursuit. La compagnie maritime exsangue, à moitié en faillite, toujours entre deux grèves, affichant un conflit ouvert entre sa direction et l’actionnaire principal, sous le coup d’une condamnation européenne à rembourser 440 MEUR de subventions reçues du contribuable français et jugée contraire aux règles de libre-concurrence, la SNCM donc est à nouveau au bord du dépôt de bilan. Mais de toutes parts fusent les injonctions à l’Etat « de prendre ses responsabilités », c’est-à-dire de faire payer le contribuable nationale avant le naufrage final, sans s’inquiéter cette fois-ci de savoir si ledit contribuable est une « personne attachée au territoire corse ».

Cette société anciennement publique avait été mal privatisée sous un gouvernement Chirac. Comme personne n’en voulait, l’Etat avait finalement mis au point un montage où il gardait 25% du capital, où un groupement entre Veolia (privée) et la Caisse des dépôts et consignations (publique) prenait 66% et le personnel avait les 9% restant. Comme c’était à craindre cette société est restée ingérable, par le secteur privé comme public, la pétaudière ambiante s’est aggravée et l’on revient toujours faire manche chez le contribuable national. Economiquement il faudrait fermer cette compagnie et favoriser une saine concurrence entre vraies sociétés maritimes privées comme il en existe tant sur la Méditerranée. Mais la Corse est la Corse, et jusqu’ici elle a toujours réussi à faire payer la République pour maintenir ses spécificités. Il est à craindre que cela ne continue encore longtemps…

Création de valeur et bla-bla-bla…

Beau programme, modèle de langue de bois en chêne massif ! Et notre flamboyant pédégé moustachu cherche à poursuivre son application puisqu’il est en train de faire modifier les statuts de son entreprise pour repousser la limite d’âge qui l’empêcherait de rester en poste.

Le garçon n’est d’ailleurs plus en grande forme ! Qu’on en juge par les chiffres publiés sur : Total- Résultats-2013 :

En millions EUR 2013 2012 Variation
Chiffre d’affaires 189 542 200 061 -5,3%
Résultat net 8 661 10 756 -19,5%

 

Les requins se dévorent entre eux

La bataille pour le rachat de l’opérateur téléphonique SFR se poursuit et risque de finir devant les tribunaux. Bouygues, à qui l’affaire a échappé n’est pas content et l’option retenue, le rachat de SFR par Numéricable, va maintenir quatre opérateurs pour se partager le gâteau. La concurrence accrue advenue avec l’arrivée d’un quatrième opérateur sur le marché français a forcé la bande des trois à baisser ses prix, et donc ses profits. Des économistes mondains affirment que quatre opérateurs de peuvent pas survivre en France. Les consommateurs et leurs associations se réjouissent du maintien de quatre opérateurs qui pèsent ainsi sur les prix.

Le débat fait sourire : on ne sait pas vraiment si une situation à quatre n’est pas viable, aucun chiffre n’est avancé. Est-ce qu’elle entrainerait seulement une baisse des profits ou est-ce qu’elle poserait de véritables problèmes de survie pour l’un des quatre ? Il est sûr qu’il est potentiellement plus difficile de s’entendre à quatre qu’à trois, mais si l’on en croit les lois du marché, celui-ci devrait être le juge de paix et, soit faire tomber le ou les opérateurs de trop, soit faire perdurer une saine situation de concurrence ce qui est tout de même l’Alpha et l’Omega du libéralisme si cher à notre vieille Europe !

Nous n’avons pas vu à ce jour d’analyse chiffrée montrant que quatre opérateurs ne pourraient pas prester leurs services dans de bonnes conditions et être au rendez-vous des programmes d’investissement substantiels des prochaines années avec la 4G, 5G et technologies à venir. Par contre, on a clairement vu la chute des cours de bourse des opérateurs téléphoniques dont les profits, et donc la valeur boursière, ont baissé suite à cette concurrence forcée. Ça c’est un vrai problème pour les chefs d’entreprises concernés qui préfèrent se séparer de leurs activités de téléphonie plutôt que de les garder avec une rentabilité moindre. C’est la raison pour laquelle Vivendi a mis SFR en vente, et c’est sans doute celle pour laquelle l’avenir de Bouygues Telecom est incertain : non pas parce que ces entreprises ne sont pas viables, mais parce que leurs rentabilités en baisse diluent celles de leurs propriétaires. Ainsi vont les dures lois du capitalisme !

La France au coin

Le nouveau gouvernement s’apprête à rejoindre Bruxelles pour expliquer qu’une nouvelle fois les engagements français en matière de déficit budgétaire ne pourront pas être tenus. Après Chirac qui a balancé les critères de Maastricht à la Seine (avec l’aide, il est vrai, de l’Allemagne qui se trouvait dans la même situation mais pour de bonnes raisons, celles de la réunification), Sarkozy qui a obtenu un délai pour revenir à un taux de déficit budgétaire de 3% du produit intérieur brut en 2006 ou en 2007, Hollande qui en a obtenu un nouveau en 2012, voici Manuel Valls qui part faire la manche auprès de l’Union européenne pour demander un report additionnel. Cela promet des débats animés et des amertumes prononcées.

Au boulot

Un nouveau gouvernement en France, d’anciennes et de nouvelles têtes, le microcosme rive-gauche agité par comprendre qui a gagné qui a perdu, par savoir si le nouveau chef des ministres est communicant, politique ou les eux ! Mais la seule question qui vaille n’est pas posée : sur quelles lignes de dépenses publiques vont porter les réductions annoncées de 50 milliards d’euros des trois prochaines années.

Un trader-fraudeur définitivement condamné


La cour de cassation a confirmé aujourd’hui la condamnation à cinq années de prison, dont deux avec sursis, de Kerviel, le tradeur-fraudeur de la Société Générale, pour d’abus de confiance, manipulations informatiques, faux et usage de faux.

Par contre elle cassé la partie civile du jugement qui faisait porter l’intégralité du dommage de 4,9 milliards d’euros sur le tradeur-fraudeur, au motif que la banque étant également coupable, il fallait partager la responsabilité de ce dommage. Un nouveau procès devra donc avoir lieu au civil dans les mois à venir.

Cette position n’est pas incohérente tant on a du mal à imaginer comment la banque a pu être défaillante au point de laisser son tradeur-fraudeur prendre de tels risques, même cachés par de fausses écritures comptables ?

Kerviel qui a eu la soudaine révélation de la « tyrannie des marchés financiers » après avoir serré la paluche de François 1er à Rome fait pour le moment pénitence en rentrant à pieds à Paris. Il ne va sans doute pas presser le pas tant ce qui l’attend n’est guère réjouissant…

Arrêt du 19 mars 2014
« Affaire Jérôme Kerviel »
Chambre criminelle
Pourvoi n° 12-87.416
Par arrêt du 19 mars 2014, la chambre criminelle de la Cour de cassation, dans sa formation plénière, a rejeté le pourvoi de M. Kerviel concernant les dispositions pénales de l’arrêt de la cour d’appel de Paris du 24 octobre 2012 l’ayant condamné, pour des faits d’abus de confiance, manipulations informatiques, faux et usage, à cinq ans d’emprisonnement, dont deux ans avec sursis.
En revanche, elle a cassé les dispositions civiles de cet arrêt, qui a condamné M. Kerviel à payer à la Société Générale la somme de 4 900 000 000 euros, correspondant à l’entier préjudice de la banque. Il est en effet apparu que la cour d’appel, après avoir relevé l’existence de fautes commises par la Société Générale, ayant concouru au développement de la fraude et à ses conséquences financières, n’a pas tenu compte de ces fautes pour évaluer la réparation du dommage mise à la charge du prévenu .
La chambre criminelle fait ainsi application de la jurisprudence de la chambre mixte du 28 janvier 1972, de la jurisprudence des chambres civiles et de sa propre jurisprudence relative aux infractions volontaires et involontaires contre les personnes, selon lesquelles, lorsque plusieurs fautes ont concouru au dommage, la responsabilité de leurs auteurs se trouve engagée dans une mesure qu’il appartient aux juges du fond de déterminer. Ainsi, quelle que soit la nature des infractions commises, les juridictions pénales qui constatent l’existence d’une faute de la victime ayant concouru au dommage sont amenées à en tirer les conséquences sur l’évaluation du montant de l’indemnité due à cette dernière par le prévenu.

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L’actualité des banques

  • Kerviel, le tradeur-fraudeur de la Société Générale qui attend le jugement de la cour de cassation la semaine prochaine pour savoir si la condamnation pour ses fraudes sera effectivement confirmée. Il y a à la clé 2 ou 3 ans de prison ferme plus 5 milliards d’euros de dommages et intérêts. Kerviel, donc, a serré la paluche de François 1er à Rome et depuis, tel Bernadette Soubirous, a reçu la révélation sur la tyrannie des marchés financiers. Du coup, il rentre à pieds à Paris depuis Rome pour faire pénitence. On peut suivre ses exploits pédestres sur un site web dédié. On croit rêver devant un tel cynisme qui élève le foutage de gueule au rang d’art suprême.
  • Les autorités américaines (en fait l’agence de garantie des dépôts bancaires) ont entamé des poursuites judiciaires à l’encontre d’un certain nombre de banques internationales (dont la Société Générale) impliquées dans la manipulation des taux de référence « LIBOR » de 2007 à 2011. Ces fraudes auraient causé des pertes importantes à certaines petites banques américaines, voire leur faillite. L’affaire de la manipulation du LIBOR est donc relancée.

Le loup de la décadence

Le Loup de Wall Street, le dernier film de Martin Scorsese sur la folie qui a envahit le secteur de la Finance dans les années 80 : un monde de clinquant, de vulgarité, de drogue et de fric coulant à flot, emportant toute raison, toute intelligence. Un monde qui fut tristement annonciateur de la crise financière de 2008 qui a mis le monde occidental à genoux, mais personne n’a pu ou n’a voulu anticiper la catastrophe, préférant continuer à se servir une soupe qui allait tourner très amère !

Le RCF tout en subtilité

 


Nicolas Miguet n’aime pas les socialistes : comme à chaque élection il le fait savoir à coups d’affiches provocantes signées de son mouvement le Rassemblement des contribuables français. Et surtout il n’aime pas les impôts, en tout cas l’utilisation qui en est faite depuis des décennies. Son mouvement semble être indépendant, il est financé par des dons, et se bat surtout pour un redressement des finances publiques. Un peu poujadiste, un zeste populiste, un rien simpliste, il avance des arguments frappés au coin du bon sens qui intéresseront Mme. Michu jusqu’à ce qu’elle comprenne ce que cela représente pour son porte-monnaie. Le RCF cherche à avoir une capacité d’influence, Miguet a réussi à organiser un dîner-débat avec NKM-et-ses-cheveux-fous devant un parterre de retraités, il n’est pas sûr qu’il arrive à faire mieux.

Le pédégé irrempaçable

« Balai-de-chiottes » ou la moustache la plus ridicule du CAC 40, le pédégé de Total, va proposer à ses actionnaires d’accepter de modifier les statuts de la société qu’il préside afin de pouvoir rempiler pour un énième mandat. C’est le syndrome du président à vie d’une République bananière ! La plus grande qualité de ces dirigeants est d’arriver à faire croire à leur environnement qu’ils sont irremplaçables. Et ça marche !

Il n’y a plus de sous

Le report de la mise en service de l’écotaxe sous l’impulsion de contestataires de circonstance qui veulent de la dépense publique mais sans payer les impôts pour les financer, met en suspens nombre de projets de transport en commun dans des collectivités locales. Le produit de cette taxe devait entre autre financer des projets alternatifs au transport à combustion. Eh bien il n’y a plus de sous pour les payer, l’Etat (donc les contribuables) doit compenser une partie du manque à gagner en allant taper dans d’autres caisses, mais il est sûr que lorsque l’on supprime (ou suspend) un impôt il faut supprimer (ou suspendre) la dépense qui va avec. La responsabilisation aurait été de dire cette conséquence au moment de la décision, mais la colère du peuple inquiète les princes.

L’actualité des banques

  1. La Société Générale, condamnée fin 2013 par la commission européenne, avec nombre d’autres banques internationales, à payer une amende de plusieurs centaines de millions de dollars pour avoir manipulé des taux d’intérêt de référence (Euribor, Libor, et autres), admet sa culpabilité mais conteste le mode de calcul de son amende en arguant, comme d’habitude dans ce genre de situation, qu’elle n’était pas au courant des agissements félons de l’un de ses traders-fraudeurs…
  2. Enrico Macias, chanteur pour maisons de retraite, pris dans une affaire de prêt structuré octroyé par une banque islandaise désormais en faillite. Le garçon a souscrit à un contrat compliqué auquel il n’a sans doute rien compris et que ses conseils fiscaux lui ont certainement vanté sans bien plus y comprendre, mis en garantie des biens immobiliers, signé des assurances-vie et reçu quelques millions d’euros. Le beau château de cartes spéculatif s’est écroulé avec la faillite de l’Island. Les liquidateurs de la banque réclament 30 millions d’euros à Enrico qui lui-même attaque en justice pour 50 millions… C’est un remake des prêts structurés offerts par Dexia (en faillite également, les pertes étant actuellement réglées par les contribuables français et belges) aux collectivités françaises. Escroquerie, spéculation et petits arrangements, seuls les plus malins s’en sortent bien en principe, pas les chanteurs vieillissants ni les municipalités de la France profonde. Bref, Enrico a spéculé en Islande et perdu la mise. La prochaine fois il ferait mieux d’investir ses économies au Crédit Mutuel de son village.
  3. Dexia justement est accusé dans un rapport officiel des Nations Unies d’avoir offert des financements pour l’acquisition de biens immobiliers dans les territoires occupés des colonies israéliennes de Cisjordanie en violation du droit international. Super, les contribuables français et belges qui payent déjà les milliards d’euros résultat de la faillite de cette banque vont peut-être voir encore l’addition s’alourdir avec des pénalités dues à de nouveaux errements de Dexia décidemment d’une incroyable créativité en matière d’innovations financières spéculatives, voire frauduleuses ?

Vive l’oligopole

Quelques pointures du CAC 40 sont en train de s’écharper sévèrement pour atteinte à leur situation… d’oligopole dans les télécommunications françaises. SFR, Bouygues Telecom et France Telecom expliquent doctement que l’arrivée de Free est en train de tuer l’économie su secteur, l’écosystème comme disent les journalistes mondains. En fait Free a cassé les prix et forcé les trois opérateurs préexistants à baisser les leurs. Bien entendu cela leur fait moins de sous en poche à la fin de la journée, mais c’est ce qu’on appelle la concurrence dont les vertus sont tellement vantées par l’économie libérale

Une fois de plus on constate que dès qu’on laisse les entreprises entre elles, leur premier souci est de tenter de se partager le marché et surtout ne pas laisser faire la libre concurrence. Le prix des forfaits offerts par ces opérateurs préexistants étaient tous dans les 29,99 EUR/mois et ce petit monde vivait correctement. D’un coup tous les forfaits ont baissé et les gains ont suivi la même voie. La rentabilité a baissé et la valeur des entreprises a fait de même en bourse, et alors ? Première conséquence, SFR est à vendre et risque d’être racheté par… l’un des trois autres, recréant ainsi l’oligopole à trois, avec probablement le risque d’un retour à des pratiques moins concurrentielles. Le capitalisme est un éternel recommencement.

Capacité de nuisance des taxis parisiens

Les taxis parisiens continuent à nuire à la population à grands coups de grèves et d’opérations escargots pour défendre leurs intérêts corporatistes. Nous sommes là dans un vrai archaïsme français dont personne n’arrive à se dépêtrer depuis des décennies, quelle que soit la couleur des gouvernants. Une profession protégée pour des raisons préhistoriques, en échange de licences, dont le nombre est contrôlé pour protéger le marché, vendues par l’administration ou les taxieurs eux-mêmes.

Si le marché est libéralisé il faudra trouver une solution financière de sortie pour dédommager les détenteurs de licences. L’obstination des parties, l’égoïsme des corporations concernées, l’immobilisme général de la société française maintiennent le blocage. Paris reste une ville mal desservie par les taxis et ceux-ci continuent à perturber la population, le monde politique marche sur des œufs en n’osant pas affronter la colère des acteurs de ce marché protégé d’un autre âge.

Le dispositif de licence a sans doute été mis en place en son temps pour de bonnes raisons, du moins peut-on l’espérer, mais comme toujours en pareil cas des corporatismes et baronnies en sont résulté, rendant quasiment impossible toute évolution.

Droit dans ses bottes !

Denis Gautier-Sauvagnac, ex-responsable patronal de la fédération patronale de la sidérurgie, auteur de la célèbre explication pour justifier la distribution de fonds occultes aux organisations syndicale : « pour fluidifier le dialogue social » est condamné à trois années de prison dont une ferme. Durant son procès il a continué à refuser de dévoiler les noms des responsables syndicaux à qui des années durant sa fédération a versé des sommes en liquide, 15 millions d’euros de sorties de caisse ont été identifiés pour la période 2000-2007. Il s’est tu, a assumé et est condamné, un peu comme Juppé-le-raide-comme-un-passe-lacet qui a payé dans les mêmes conditions pour couvrir le maire de Paris, Chirac, dans l’affaire des emplois fictifs de cette mairie. Cela est noble, qualificatif que l’on ne peut que rarement attribuer dans la vie politique.

L’actualité des banques

  • François Pérol, fonctionnaire français, ex-conseiller économique de Sarkozy, parachuté en 2009 comme pédégé du groupe Banque Populaire Caisses d’Epargne, groupe au bord de la faillite suite aux errements de ses dirigeants, est mis en examen pour prise illégale d’intérêt. La loi française limite en effet les conditions dans lesquelles un fonctionnaire peut aller pantoufler dans une entreprise privée dont il a eu à traiter le dossier dans l’administration. Le Pérol tombe pile dans la cible. Que la justice passe !
  • Le patron de la banque britannique Barclays a annoncé qu’il renonçait à son bonus au titre de l’année 2013 mais par contre annonce l’augmentation des bonus versés à ses cadres et autres traders-fraudeurs de 10% pour atteindre 2,4 milliards de livres. Rappelons que Barclays a racheté en 2008 la division banque d’investissement et de courtage de Lehman Brothers, dont la faillite suite à ses exploits sur les marchés a déclenché la crise financière de 2008 ; un actif certainement de grande valeur. Barclays a par ailleurs été condamnée en 2012 à une lourde amende suite à l’implication de ses traders-fraudeurs dans le scandale de la manipulation des taux LIBOR sur le marché.
  • Le patron de la banque américaine JP Morgan Chase lui n’a pas renoncé à son bonus de 20 millions d’USD en 2014, bien au contraire, puisque celui-ci a quasiment doublé pour compenser sa baisse en 2013. Rappelons également les exploits très variés de cette banque qui a été condamnée à des amendes cumulées d’une douzaine de milliards de dollars pour son implication reconnue dans plusieurs scandales financiers.

Impôt et cotisation

La question de la déductibilité de la Cotisation sociale généralisée (CSG) revient sur la table au parlement. En effet, cette cotisation n’est que partiellement déductible de l’impôt sur le revenu, c’est-à-dire que le contribuable paye de l’impôt sur une rémunération obligatoire qu’il ne reçoit pas puisque prélevée pour cette cotisation. On aurait pu imaginer que les parlementaires s’émeuvent de cette situation et veuillent rétablir la pleine déductibilité ; que nenni, ils veulent au contraire la supprimer arguant que la moitié des ménages ne payant pas l’impôt sur le revenu sont donc défavorisé car ils ne peuvent déduire d’un impôt qu’ils ne payent pas.

C’est un peu la quadrature du cercle car il faudrait abaisser les tranches d’imposition pour que tous les contribuables puissent bénéficier de la déduction de la CSG… ce qui risque de n’être point populaire ! Il reste soit à supprimer la déductibilité pour tout le monde, soit de l’élargir à tous en reversant son produit en cash à ceux qui ne payent pas d’impôt sur les revenus. Le débat sera intéressant.

Léger revidrement capitaliste

Un certain nombre d’Etats libéraux occidentaux réfléchissent à remettre en œuvre un salaire minimum. La dérégulation des codes du travail a été mise en œuvre depuis les années 80’s « Tchatcher / Reegan ». Cette nouvelle jungle rétablie sur les marchés du travail a permis des croissances soutenues et un enrichissement des pays concernés au prix d’une précarisation de l’emploi. Les petits jobs ont permis d’enrayer le chômage au prix également d’un accroissement des inégalités dans le monde capitaliste.

Au même moment les pays émergents devenaient les usines du monde et produisaient les produits à faible valeur ajoutée à des conditions salariales défiant toute concurrence, proche du travail gratuit. Aujourd’hui la plus grosse usine au monde est celle de la société taiwanaise Foxcon localisée en Chine qui emploie 800 000 travailleurs sur le même site pour fabriquer, entre autre, les Aïe-phones et autres bimbeloteries rivées aux doigts de la génération « Y ».

Ce système arrive aujourd’hui à certaines limites et les pays libéraux confrontés à la crise et aux revendications de leurs électeurs commencent à rétablir des salaires minima qui permettent aux classes défavorisées de se remettre sur le marché de la consommation. L’Allemagne vient de décider ce salaire minimum, avec bien des limites, mais décidé quand même, et le président américain vient de déclarer : « Donnez une augmentation à l’Amérique ! ». Venant de leaders qui ne sont pas a priori des bolchéviques convaincus, cette amorce de mouvement de retour vers (un peu) d’économie de la demande de la part des tenants de son alter-égo de l’offre ne repose bien entendu pas sur un sentiment de générosité soudaine, mais plutôt sur la nécessité de remettre un peu de bois dans la chaudière sociale.

Lorsque la classe des gogos juste maintenue en état de survie, sans plus être en état de consommer mais juste de contester, devient majoritaire, le pouvoir économique peut avoir intérêt à inverser le mouvement. C’est ce qui est en train de se passer.

A quoi sert le forum de Davos ?

Le World economic forum (WEF) vous connaissez ? C’est le machin mondain où se pressent chaque année le gratin des pédégés mondiaux, quelques politicards en mal de reconnaissance et la presse globale qui adore ce genre de rassemblements pipole. Le tout se déroule géographiquement dans une station de ski de luxe en Suisse à Davos, tout est donc réuni pour que le forum vole la vedette aux oscars d’Hollywood.

Le forum pond une abondante littérature qui passe aux oubliettes d’une année sur l’autre et que sans doute pas grands monde ne lit, toutes ces sommités n’ayant que fort peu de temps pour dévorer ces milliers de pages, généralement assorties de joyeux graphiques colorés, incompréhensibles et inexplicables du genre :

 ou encore :

Néanmoins, cette année, au milieu de cette logorrhée verbeuse émerge une analyse frappée au coin du bon sens concernant l’inégalité croissante des revenus qui aurait un effet dépressif sur les classes moyennes, particulièrement dans les pays émergents :

Closely associated in terms of societal risk, income disparity is also among the most worrying of issues. It raises concerns about the Great Recession and the squeezing effect it had on the middle classes in developed economies, while globalization has brought about a polarization of incomes in emerging and developing economies. This is true despite the obvious progress in countries such as Brazil and lower levels of poverty in several developing countries in Asia and in Africa.

Un groupe de travail doit sans doute plancher sur cet intéressant constat. Venant des participants aux WEF qui cumulent sans doute les plus gros salaires et fortunes jamais accumulés de toute l’histoire du capitalisme, leurs conclusions et recommandations risquent d’être intéressantes…

Le contribuable paye pour Peugeot

Les contribuables français vont mettre au pot pour augmenter le capital de Peugeot, entreprise familiale de construction automobile. Lesdits contribuables avaient déjà mis la main à la poche en octroyant une garantie de 7 milliards d’euros à la banque interne de Peugeot. Cette banque octroie des crédits aux acheteurs de véhicules Peugeot, ce qui est censé faciliter la décision d’achat.

Un constructeur public chinois va également mettre au pot pour cette augmentation de capital de 3 nouveaux milliards d’euros. La famille Peugeot va progressivement devoir passer la main puisqu’elle n’a plus les moyens, ou pas la volonté, de réinjecter des sous dans son entreprise. Ainsi vont les dures lois du capitalisme…

Bon, tout ceci est bel et bien et nous verrons si cela fait vendre de nouveaux des autos Peugeot. Quant à moi j’ai loué une 308 cet été et je ne vois pas bien ce que l’on reproche à ce véhicule qui m’est apparu moderne et efficace. Sans doute n’est-il pas assez clinquant pour une époque où la marque compte plus que l’objet.