Quoi de neuf ?

La folie des iles de la République

Dans un grand élan de responsabilité, le fiston de l’avocat corse assassiné, lui aussi avocat, explique doctement que c’est la police qui est responsable du meurtre de son père. C’est étrange cette capacité qu’ont les iles de la République à sans arrêt rejeter toute responsabilité sur le continent.

On a quand même l’impression ces dernières semaines qu’il y a tout de même un petit problème de violence et d’omerta au sein du « peuple corse ». Ce n’est sans doute pas la police qui appuie sur la gâchette de tous ces meurtres, mais on ne peut rien exclure. Après-tout on a bien vu un préfet incendier une paillotte… Ces iles rendent fous, c’est un phénomène sociologique qu’il faudrait un jour comprendre.

En attendant si le fiston a les noms des assassins de son père, qu’il ne se gêne pas pour les indiquer à la justice.

Choc de bla-bla-bla

Glissement sémantique, on passe du choc de compétitivité au pacte de compétitivité. En gros, quel que soit le patronyme retenu, le plan consiste à déplacer une masse de charges des entreprises vers les consommateurs et contribuables. On va donc payer ces charges sociales directement à l’Etat au lieu de les payer dans le prix des produits consommés. Le reste n’est que billevesées.

Baby-Copé

L’opposition a recruté un nouveau petit roquet : Geoffroy Didier, le cheveu châtain savamment ondulé rejeté en arrière, le menton volontaire et la joue creuse, la chemise blanche largement ouverte sur blazer bleu ; le garçon a l’arrogance et la futilité d’un vieux politicard, la mauvaise foi d’un professionnel aguerri et le niveau de raisonnement d’un peintre en bâtiment. C’est un baby-Copé promis à un grand avenir.

Et en plus il a la même tête que David Martinon, l’éphémère porte-parole de Sarkozy à l’Elysée et candidat UMP à la députation de Neuilly avant d’être trahi par l’un des rejetons Sarkozy.

La bougeotte des ministres

Avez-vous remarqué comment dès qu’un nouveau ministre français de l’éducation s’installe dans son fauteuil les premiers dossiers auxquels il s’attaque sont le calendrier des congés et l’étalement des heures de classe sur 4, 5 ou 6 jours. C’est comme une espèce de réflexe pavlovien : le nouveau ministre s’assied dans son nouveau fauteuil en cuir et il ouvre un parapheur pour signer l’arrêté qui va chambouler les horaires et les vacances. C’est ainsi, c’est surtout irrésistible, chaque nouveau ministre pense qu’il faut immédiatement bouleverser le calendrier scolaire pour exister.

Qu’est-ce qui intéresse les citoyens

Les journalistes savants et les analystes mondains glosent sans fin sur les « couacs » de nos gouvernants qui se prennent un peu les pieds dans le tapis de la communication déployé par les plateaux télé. Tout ceci n’a guère d’importance, ce qui compte c’est comment ces braves gens vont récupérer les 40 milliards d’euros qui manquent à la République en 2013.

On peut imaginer que le peuple se moque de ces querelles picrocholines qui ne dépassent guère les rédactions de Paris intra-muros. Les sondeurs obsessionnels devraient sonder les citoyens sur leurs centres d’intérêt pour savoir s’ils sont plus intéressés par connaître (i) qui a la plus longue quéquette entre Copé et Fillon ou (ii) quels seront les taux et les assiettes des impôts du budget 2013.

Des pigeons escrocs

Dans la série des pleureuses, nous avons eu ces derniers jours le mouvement dit des Pigeons. Il s’agit d’entrepreneurs qui se sont élevés contre la soumission au barème de l’impôt sur le revenu des plus-values de cessions mobilières, bref, leurs bénéfices réalisés lorsqu’ils revendent leurs entreprises. Nous avons eu droit à l’habituelle litanie des cris d’orfraies sur trop d’impôts tue l’impôt, le comportement anti-entrepreneur des socialistes, etc., etc., largement relayés par les aboyeurs de l’opposition.

Tout ceci est de bonne guerre en ces circonstances et le gouvernement a retiré son projet félon, mais le plus intéressant dans ce psychodrame franchouillard c’est qu’il a reposé sur une escroquerie intellectuelle menée de main de maître par les Pigeons et finalement fort peu relevée ni par le gouvernement ni par les journalistes mondains. Les volatiles râleurs ont tout simplement oublié de mentionner les abattements importants qui en fonction de la durée ramènent leur imposition à des taux raisonnables en période de faillite budgétaire de leur République. En gros, s’ils revendent leur entreprise au bout d’un an ils auraient dû payer 55% d’impôt sur la plus-value, c’est-à-dire qu’ils encaissaient 45% du bénéfice ; mais s’ils revendaient leurs entreprises au bout de cinq ans le taux retombait dans les 30%, ce qui n’est pas confiscatoire.

Il s’agissait donc d’aligner la fiscalité des plus-values mobilières sur celle des plus-values immobilières au niveau des principes : si tu vends rapidement après l’achat (ou la création) c’est qu’il y a une idée spéculative donc tu es taxé ; si tu gardes ton bien un certain temps avant de le revendre tu es moins taxé. Madame Michu lorsqu’elle vend son petit appartement respecte exactement ce principe. Les Pigeons n’y seront donc pas soumis.

Les ministres et la fumette

Le ministre de l’éducation Vincent Peillon affirme un truc du genre : « il faut débattre de la dépénalisation du canabis. » Cela provoque immédiatement un hourvari de politicards de toutes couleurs et le gouvernement contredit son ministre.

Après Cécile Duflot, écolo, qui avait sorti une saillie du même ordre il y a quelques semaines, la droite se régale de la permissivité de la gauche. Bon, que Peillon et Duflot fument des pétards le soir en rentrant chez eux, grand bien leur fasse, mais qu’ils discourent sans relâche sur ce sujet mineur laisse coi.

Ces ministres de la République devraient consacrer 110% de leur temps à la seule tâche qui vaille : récupérer les 40 milliards d’euros qui manquent pour respecter les engagements de déficit public en 2013. Et donc, plutôt que de bosser, ils nous font part de leurs avis sur la fumette. On rêve, c’est du temps perdu, volé, ils ne sont pas payés pour ça !

Le lapin et le président

Entendu ce dimanche dans l’Esprit Public sur France-Culture de la part de Jean-Louis Bourlanges : « Hollande est comme un lapin pris dans les phares d’une voiture », porteur d’immenses espoirs qu’il sait irréalisables.

Des barbaries religieuses

Des talibans flinguent Malala une gamine de 14 ans qui était devenue l’égérie d’un mouvement anti-obscurantisme au Pakistan. Elle est entre la vie et la mort dans un hôpital du Swat. Des barbus amputent à tour de bras au Nord-Mali… avec une désespérante régularité, les religions continuent à proférer leur arriération.

Chris Isaak – 2012/10/12 – Paris le Grand Rex

Chris Isaak toujours vivant et de nouveau sur la route ! Les nostalgiques de Blue Hotel et autres Wicked Game sont au Grand Rex ce soir, et ne furent pas déçus.

Belle gueule, voix de velours, banane bien laquée, guitare romantique, costume west-coast noir avec fleurs imprimées, Chris n’a pas pris une ride ni perdu un pouce de son talent ! Son groupe est à peu près celui d’origine avec un peu d’embonpoint mais toujours ces glissandos déchirant sur les guitares réverbérées ; oh l’intro de Wicked Game : The world was on fire and no one could save me but you./ It’s strange what desire will make foolish people do./ I never dreamed that I’d meet somebody like you./ And I never dreamed that I’d lose somebody like you./ No, I don’t want to fall in love (This world is only gonna break your heart)/ With you…

Et nos cœurs se brisent comme la vague échoue sur la plage de San Francisco. Laissez le charme agir, nous voici transportés en Californie un soir de coucher de soleil sur la côte sauvage de Big Sur, autour d’un grand feu de bois crépitant… Bon, revenons sur terre pour constater que Chris a tout pour plaire mais n’a guère profité de ces dernières années pour renouveler le genre ni l’inspiration. Mais ne soyons pas chiens, c’est un bain de jouvence que nous offre le beau gosse et sa guitare, et un peu d’originalité tout de même lorsque la fin du show est entièrement acoustique et consacrée à des reprises d’Elvis, Johnny Cash…, et un inoubliable Great Balls of Fire de Jerry Lee Lewis pour terminer avec orgue Hammond B3 prenant feu et tout le tra-la-la. Chris charmeur vampirisé en Chris rockabily, il ne nous en fallait guère plus pour être heureux dans le skaï élimé du Grand Rex.

Setlist : (Instrumental I)/ American Boy/ Pretty Girls Don’t Cry/ Blue Hotel/ We’ve Got Tomorrow/ I Want Your Love/ San Francisco Days/ I’m Not Waiting/ Somebody’s Crying/ Wicked Game/ Best I Ever Had/ Dancin’/ Notice the Ring/ Baby Did a Bad Bad Thing/ Doin’ the Best I Can (Elvis Presley cover)/ Ring of Fire (Johnny Cash cover)/ Dixie Fried (Carl Perkins cover)/ Can’t Help Falling in Love (Elvis Presley cover)/ It’s Now or Never (Elvis Presley cover)/ She’s Not You (Elvis Presley cover)/ That Lucky Old Sun (Ray Charles cover)/ Live It Up/ Miss Pearl (Jimmy Wages cover)/ Great Balls of Fire (Jerry Lee Lewis cover)
Encore : (Instrumental II)/ Oh, Pretty Woman (Roy Orbison cover)/ Big Wide Wonderful World/ Worked It Out Wrong
Warmup : Auren

Radiohead – 2012/10/11 – Paris Bercy

Après les festivals de l’été les Radiohead sont à Paris pour deux Bercy et nous offrir une vraie féérie en sons, lumières et sommets musicaux. Le cadre de cette cathédrale parisienne leur permet d’y redéployer le light show d’origine de la tournée dont nous n’avions bénéficié que d’une version allégée pour les arènes de Nîmes.

Modestes et déterminés, ils allongent ce premier show parisien avec toutes les certitudes du groupe progressiste qui plane bien au-dessus de la planète rock depuis plus d’une décennie. Ils sont à Bercy comme chez eux, face au public français qui leur voue une passion méritée et une adoration croissante, quelques soient les chemins parfois tortueux où ils l’emmènent.

Musicalement le concert est similaire à celui de Nîmes en juillet, avec une set list un peu renouvelée mais dans laquelle on retrouve tout ce qu’il faut pour un fan de la première heure. L’espace de Bercy et le gigantisme du light show donne une allure scintillante à ce spectacle. Petits personnages aux pieds de fontaines de couleurs, on les croit tantôt nageant dans les lueurs bleuissantes d’un aquarium, tantôt sur les charbons ardents d’un fleuve de laves rougeoyantes. Les douze écrans mobiles se positionnent différemment pour chaque morceau, composant un puzzle magique sur les pièces duquel défilent de façon aléatoire et saccadée les images du groupe à l’œuvre, et quelle Œuvre !

Les Radiohead déploient toute leur science du rock moderne avec une sensibilité qui n’a d’égal que leur professionnalisme. Les guitares se superposent aux machines pour mener le dialogue de l’électronique sur lequel plane la voix éthérée et irréel de Thom. La double-batterie marque le beat, les rythmes se bousculent, les sons se brisent, Thom danse à sa façon de pantin désarticulé et mène Bercy à sa baguette, chantant les yeux fermés, balançant la tête devant le micro tel un lion derrière ses barreaux. Le show est un concentré de pure énergie dont l’inventivité laisse, comme toujours, pantois d’admiration. Paranoid Android termine le premier set et assène l’uppercut presque final à un public épuisé de bonheur :

Rain down, rain down/ Come on rain down on me/ That’s it, sir/ You’re leaving/ The crackle of pigskin/ The dust and the screaming/ The yuppies networking/ The panic, the vomit/ The panic, the vomit/ God loves his children, God loves his children, yeah!

Trois rappels prolongent l’expérience d’une heure supplémentaire jusqu’à Idiotheque qui pousse les spectateurs vers la sortie.

Setlist : Lotus Flower/ Airbag/ Bloom/ Kid A/ Myxomatosis/ Bodysnatchers/ The Gloaming/ Separator/ Meeting in the Aisle/ Nude/ Pyramid Song/ Reckoner/ There There/ The National Anthem/ Feral/ Paranoid Android
Encore : Give Up the Ghost/ Supercollider/ Lucky/ Morning Mr. Magpie/ Street Spirit (Fade Out)
Encore 2 : Staircase/Everything in Its Right Place (w/ Björk’s « Unravel » intro)
Encore 3 : Idiotheque
Warm up : Caribou

 

Richard Hawley – 2012/10/10 – Paris la Cigale

Richard Hawley à la Cigale ce soir pour la sortie de son nouveau disque Standing At The Sky’s Edge. Grimmé façon Teddy-boy, jeans et cuir, mèche rebelle et gominée, mais toujours une voix de velours qui emporte tout sur son passage.

Quatre musiciens (bass, guitare, clavier & batterie) l’entourent, un pupitre devant lui, l’homme est serein et une réverbération dantesque nous donne l’impression d’assister à un office dans une cathédrale.

Le dernier disque est plutôt rock-énergique dans ses rythmes, mais passablement sombre dans ses textes qui racontent nos temps hallucinés. Le show démarre sur Standing at the Sky’s Edge, l’histoire morbide d’un Joseph qui tue sa femme et ses enfants, d’une Mary qui vend son corps pour se payer des chaussures avant de finir en prison…

They were standing at the sky’s edge/ And out there, there’s dangerous thinking/ They were standing at the river’s edge/ And watched their lives, slowly sinking away, away, away.

On se croirait dans Berlin de Lou Reed.

Le reste du disque est à l’avenant, il n’y est question que de solitude, d’amour mal embringués et d’âmes dévastées. Mais ces histoires sordides sont déclinées avec une voix formatée pour envoûter, et elle n’y manque pas. Sur scène les chansons sont étendues à l’infini et parsemées de solos de guitare réverbérés, de glissandos dégoulinants évoquant de la musique hawaïenne, mais aussi de sévères attaques sur les cordes, à réveiller les morts.

The Ocean termine le concert, une merveille de douceur tragique qui nous emporte. Richard Hawley extirpe sa musique du fond de son cœur et triture ses guitares pour nous dévoiler ses tourments. Guitariste hors pair, charmeur déprimant, poète maudit, un grand musicien qui rencontre un succès d’estime et fait vibrer d’émotion les salles où il se produit.

Setlist : Standing at the Sky’s Edge/ Don’t Stare at the Sun/ Hotel Room/ Tonight the Streets Are Ours/ Seek It/ Soldier On/ Leave Your Body Behind You/ Before/ Open Up Your Door/ Remorse Code/ Time Will Bring You Winter/ Down in the Woods/
Encore : Lady Solitude/ The Ocean

Il est temps d’arrêter M. Devedjian !

Patrick Devedjian, 68 ans, voit son élection de député invalidée par le conseil constitutionnel pour quelque obscur motif de suppléant qui n’aurait pas démissionné quand il fallait. Le garçon a acquis quelques galons de reconnaissance quand il s’est opposé au népotisme de la famille Sarkozy qui voulait placer le fiston à la tête de l’établissement gérant le site immobilier de la défense. Il reste malgré tout un requin nageant dans les eaux trouble de la politique depuis des décennies. Il a croqué bien des poissons, petits et moyens. A 68 ans il ferait mieux de se retirer et de laisser la place aux jeunes, il a fait son temps.

Le défilé des pleureuses

Les économistes mondains et les journalistes savants continuent à rivaliser en beaufitudes pour émouvoir Madame Michu. En gros nous avons deux clans principaux et quelques sous-courants :

  • Les anti-rigueurs qui brament qu’il faut poursuivre les dépenses publiques et que l’austérité va tuer la croissance
  • Les anti-dépenses publiques qui brayent qu’il faut équilibrer les budgets publiques et que la dette va tuer la croissance

Au milieu de tout ceci, Madame Michu a du mal à y retrouver ses petits, on la comprend. La vraie vie est bien sûr plus complexe et les dirigeants actuels se la collettent durement. Ils essayent de faire le job c’est-à-dire récupérer les 40 milliards qui manquent pour respecter les engagements pris par la République en matière de déficit publiques.

Et ils se coltinent en sus l’habituel défilé des pleureuses :

  • Les buralistes qui râlent parce que les taxes sur les cigarettes augmentent,
  • Les brasseurs et vendeurs de bière qui pestent car les taxes sur la mousse augmentent,
  • Les retraités qui vont payer plus de cotisations,
  • Les riches qui vont inclure les œuvres d’art dans l’assiette de l’impôt sur la fortune,
  • Les jeunes créateurs d’entreprises qui voient s’alourdir l’impôt sur les plus-values,
  • Etc. etc.

Et toutes ces corporations nous expliquent la larme à l’œil que si elles sont touchées par les hausses d’impôt c’est la fin du monde et une catastrophe pour l’emploi, et que par contre il faut augmenter les impôts du voisin qui lui roule sur l’or. Bref, la France dans toute sa splendeur.

Tout le monde va payer, c’est à peu près la seule chose qui soit sûre puisqu’il semble se confirmer que la France vit au-dessus de ses moyens depuis des décennies et que l’heure de vérité est arrivée !

On n’aimerait pas être à la place des gouvernants, ni d’ailleurs les économistes mondains et les journalistes savants (qui bénéficient eux même d’une niche fiscale que personne n’a réussi à abattre jusqu’ici).

Un premier ministre attaqué de toutes parts

Les mondains des plateaux de télévision et les sondeurs obsessionnels ressassent sans arrêt la soi-disant baisse de popularité d’Ayrault. Ils nous développent leurs édifiantes analyses de Café du Commerce sur le thème : « faut-il remplacer le premier ministre ? »

De quoi se mêlent-ils ces bouffeurs de courbes ? Ayrault est tristoune, ben oui et alors ? Ayrault passe plus de temps à bosser qu’à défiler devant les caméras, ben oui et alors ? Est-ce que pour faire le job à Matignon il faut avoir le profil d’un animateur de la Nouvelle Star, ben non, heureusement !

Il a manifestement échappé aux mondains du microcosme parisien qu’il ne manque que 30 à 40 milliards d’euros pour, non pas équilibrer les finances publiques, mais juste afficher un déficit respectant les engagements pris pour 2013. Ce petit souci prend un peu de temps aux dirigeants pour être réglé, ça laisse donc moins de temps pour les dîners en ville.

Que les sondeurs sondent leur utilité, cela les changera. 

Nelson Mandela, ‘Un long chemin vers la liberté’.

Sortie : 1994, Chez : Le Livre de Poche 14063. L’autobiographie par Nelson Mandela de ses années de combat, de sa naissance jusqu’à son élection comme président de la nouvelle Afrique du Sud, en passant bien sûr par 30 années de prison. Un destin incomparable pour celui qui grâce à sa foi et sa persévérance en une nation « multiraciale » a su mener son pays sans trop de violence vers l’abolition de l’apartheid.

Leonard Cohen – 2012/09/29-30 – Paris l’Olympia

Gentleman Leonard est de retour à Paris pour le Old Ideas Tour : A lazy bastard/ leaving in a suit, comme il se qualifie lui-même dans Going Home, un délicieux poète qui n’en finit pas de nous enchanter dans une tournée sans fin.

Il était passé en France en 2008 et 2009, et le voici qui repasse en 2012 après la sortie de Old Ideas en début d’année. Peu de changements sur scène sinon un violoniste moldave qui remplace le souffleur d’instruments à vent, apportant une tonalité encore un peu plus déchirante aux arrangements. Le reste de l’équipe est le même, avec Sharon Robinson et les sublimes Webb sisters aux chœurs apportant voix cristallines et sensibilité féminine à une musique déjà hautement chargée en tendresse. Le groupe est attentif, tout entier dédié à la prestation de son Maestro qui le leur rend bien d’ailleurs avec force saluts dé-chapeautés et humbles génuflexions.

Costume gris de clergyman et borsalino de même teinte, il confesse nos années d’illusions et nous prépare au pire. Les dernières compositions sont habilement mélangées à la set-list de toute une vie de subtilité musicale et poétique. Le public reste en vénération du début à la fin… trois heures trente plus tard. L’homme approche maintenant les 80 ans, sa voix s’est faite encore plus sépulcrale, ses mots plus dépouillés et sereins.

Le show mène sa route devant un Olympia subjugué par tant de grâce. Le poète semble hors du temps, flottant dans la galaxie comme dans son costume sombre, dégageant une nostalgique sérénité qui se faufile dans nos âmes : Tell me again : When I ‘ve seen through the horror/ Tell me again/ Tell me over and over/ Tell me you want me then/ Amen.

Les classiques déclenchent l’enthousiasme surtout quand Leonard les appuie de son phrasé de guitare si doux: Suzanne, The Partisan. Nombreux sont les cœurs qui se serrent sur Alexandra Leaving (merveilleusement interprété par Sharon), sur Hallelujah, So Long Marianne… les yeux qui se plissent de bonheur sur First We Take Manhattan, I’m Your Man… les larmes furtives qu’on écrase sur Anthem, Bird on the Wire…

Les setlists des deux soirées seront quasiment identiques, la dernière sera clôturée dans la joie de toute l’équipe technique montée sur scène pour le troisième rappel après le toujours bouleversant If It Be Your Will interprété par les Webb sisters.

C’en est fini pour cette nouvelle étape, Gentleman Leonard quitte la scène en sautillant sur les tapis persans qui la nappent, troubadour d’une génération qui va vers sa fin, Amen. Mais heureusement quelques jeunes gens sont là ce soir qui feront perdurer cette tradition, celle de l’élégance et de la beauté :

Like a bird on the wire,/ Like a drunk in a midnight choir/ I have tried in my way to be free./ Like a worm on a hook,/ Like a knight from some old fashioned book/ I have saved all my ribbons for thee./ If I, if I have been unkind,/ I hope that you can just let it go by./ If I, if I have been untrue/ I hope you know it was never to you.

 

Set list 29 septembre : First set

Dance Me to the End of Love/ The Future/ Bird on the Wire/ Everybody Knows/ Who by Fire/ Darkness/ Sisters of Mercy/ Hey, That’s No Way to Say Goodbye/ Amen/ Come Healing/ In My Secret Life/ Going Home/ Waiting for the Miracle/ Anthem

Second Set

Tower of Song/ Suzanne/Night Comes On/ Heart with No Companion/ The Gypsy’s Wife/ The Partisan/ Democracy/ Coming Back to You (performed by the Webb sisters)/ Alexandra Leaving (performed by Sharon Robinson)/ I’m Your Man/ Hallelujah/ Take This Waltz

Encore

So Long, Marianne/ First We Take Manhattan

Encore 2: Famous Blue Raincoat/ Different Sides/Closing Time

Encore 3: I Tried to Leave You

Set list 30 septembre : First set

Dance Me to the End of Love/ The Future/ Bird on the Wire/ Everybody Knows/ Who by Fire/ Darkness/ Sisters of Mercy/ Hey, That’s No Way to Say Goodbye/ Amen/ Come Healing/ In My Secret Life/ Going Home/ Waiting for the Miracle/ Anthem

Second Set

Tower of Song/ Suzanne/Night Comes On/ Heart with No Companion/ The Gypsy’s Wife/ The Partisan/ Democracy/ Coming Back to You (performed by the Webb sisters)/ Alexandra Leaving (performed by Sharon Robinson)/ I’m Your Man/ Hallelujah/ Take This Waltz

Encore

So Long, Marianne/ First We Take Manhattan

Encore 2: Famous Blue Raincoat/ If It Be Your Will (performed by the Webb sisters)/ Closing Time

Encore 3: I Tried to Leave You/ Save the Last Dance for Me (The Drifters cover)