Le bal des traîtres et des serpents à sonnettes

Ce qui est également révélateur dans l’affaire Fillon est la célérité avec laquelle le nid de serpents à sonnettes qui constitue le parti Les Républicains s’est mis à crier haro sur le baudet. Il ne s’en est fallu que de quelques jours après les révélations sur les largesses dont fit preuve le candidat à l’égard des siens avec les sous du contribuable pour que les traîtres sortent les couteaux pour expliquer que le candidat n’était plus crédible et qu’il fallait donc le remplacer.

On aurait pu imaginer une situation dans laquelle les rangs du parti se seraient resserrés autour de M. Fillon pour affronter l’adversité ensemble, affirmer que le programme est bon, que leur candidat est irremplaçable même si pas infaillible et qu’il fallait donc passer outre cette misère familiale et poursuivre le combat.

Cette option n’a pas été retenue et à sa place chacun y est allé de son coup bas, de sa proposition malsaine, de son règlement de compte clanique, de son allusion nauséabonde, bref, un troupeau d’hyènes se déchirant devant la charogne boursoufflée d’un buffle. Cela aussi est parlant sur l’état d’esprit du monde politique français.

L’actualité du stupide à la une

L’affaire Fillon est en train de prendre des proportions inattendues. Le candidat de la droite aux élections présidentielles a rémunéré sa femme et ses enfants pendant des années sur de l’argent public pour des emplois sur la réalité desquels la justice est en train d’enquêter. Quelle que soit son appréciation ou un éventuel jugement, les électeurs potentiels de ce candidat s’étonnent qu’après avoir qualifié la France d’Etat en faillite il ait fait preuve d’une telle générosité à l’égard des siens avec les sous du contribuables.

Conscient de la situation ambiguë dans laquelle il se trouve, Fillon développe une défense sur le thème du complot contre lui mené par la gauche voulant empêcher sa candidature. Il parle d’une « opération de calomnie très professionnelle, d’une extrême ampleur, sans précédent sous la Ve République » en précisant que « Nous sommes en face d’un coup d’Etat institutionnel. Cette opération ne vient pas de chez nous, cette affaire vient du pouvoir. »

Tout est bien sûr possible, y compris un coup bas du pouvoir en place ou de ses propres « amis » politiques, mais là n’est sans doute pas la question. Dans l’esprit des citoyens, ce qui choque est de voir ces petits arrangements familiaux avec de l’argent public pour un candidat qui a basé son programme sur la probité et contre la gabegie d’argent public…

La contradiction n’est pas facile à gérer, qu’importe au fond qui a trahi. Alors il se présente comme la victime d’un complot politico-médiatique, on ne sait pas bien s’il comprend le problème. Et pendant ce temps, les serpents à sonnettes qui forment son entourage commencent déjà à cracher leur venin et demandent son remplacement, hypothèse qui paraît difficile à réaliser dans le peu de temps qui reste avant l’élection.

L’affaire prend un tour plutôt insensé, susceptible de remettre en cause la présence d’un candidat conservateur à la présidentielle.

Les larmoiements du stupide

Deuxième discours larmoyant de Fillon-le-stupide, cette fois-ci devant un parterre d’idolâtres chauffés à blanc. Et il a renouvelé dans un hourvari général son amour pour sa femme ainsi qu’une supplication à ce qu’on laisse tranquille Pénélope-chérie.

Cela tombe bien car ce n’est justement pas à Pénélope que l’on demande des explications mais à son mari qui a su déployer hier soir une langue de bois en chêne massif dont sont coutumiers ceux de sa confrérie ! Le problème n’est pas vraiment qu’il aime ou pas sa Pénélope mais la justification de salaires qui ont été versés à celle-ci sur fonds publics (c’est-à-dire venant de nos poches de contribuables) puis privés (c’est-à-dire venant de la poche d’actionnaires).

Lire aussi : Pathétique mais distrayant

Pathétique mais distrayant

La femme du candidat de droite républicaine aux élections présidentielles françaises de mai 2017 est soupçonnée d’emploi fictif. Elle a été rémunérée comme assistante parlementaire de son mari François Fillon pendant plusieurs années puis comme employée (avec salaire très confortable) chez un affairiste soutien traditionnel de la droite. A ce stade on ne sait pas bien le type de services qu’elle aurait rendu contre cette rémunération. Des investigations judiciaires sont en cours.

L’information est diffusée par Le Canard Enchaîné et les journalistes mondains de plateaux télévisés, glosent sur le sujet à n’en plus finir (ce qui leur évitent d’afficher leur ignorance sur les sujets de fond) diffusent largement l’idée que ce serait des « amis » politiques de droite qui auraient trahi. Le nid de serpents à sonnettes qui grouillent au sein du parti Les Républicains rend effectivement cette hypothèse possible.

Le fin mot de l’histoire ne sera sans doute jamais véritablement établi même si la justice se prononcera. Mais le plus pathétique dans cette histoire est l’absence totale de sens des réalités de la classe politique. L’intelligence voudrait qu’à ce niveau de compétences et de responsabilités publiques on comprenne qu’il vaut mieux ne pas passer de contrats ou de transactions avec ses proches. Quand on est pédégé il vaut mieux ne pas employer sa maîtresse dans l’entreprise que l’on dirige, quand on est directeur du Fonds monétaire international il vaut mieux ne pas violer une femme de chambre dans un hôtel, quand on est parlementaire conservateur prônant la baisse des dépenses publiques il vaut mieux demander à sa femme, si elle preste des services dans le milieu politique, de le faire gratuitement plutôt qu’aux frais du contribuable. Même si tout ceci est légal, Mme. Fillon aurait pu faire un peu de bénévolat pour son mari, elle ne s’en serait pas plus mal portée et on peut raisonnablement penser que la famille ne se serait pas retrouvée immédiatement sur la paille.

Hélas, hélas, hélas ! Nous avons les dirigeants que nous méritons, à notre image, ayant perdu le sens de l’intérêt général au profit de leurs intérêts particuliers. Cela ne les rend pas moins compétents, mais juste moins sympathiques. Dans le cas d’espèce, il est probable que les conséquences sur l’électorat de Fillon seront faibles : déjà persuadé du « laxisme de la justice aux ordres des socialo-communistes » il n’en sera que renforcé par les évènements actuels et ne devrait pas modifier son vote.

Fillon ravalant sa stupidité, s’est cru obligé de venir larmoyer à la télévision pour expliquer devant Mme. Michu qu’il aimait sa femme et qu’elle relisait ses discours, tentant ainsi de convaincre qu’elle méritait les salaires reçus dont les niveaux laissent pantoise ladite Madame Michu. Bref, le clou d’un spectacle déplorable déclenché par des crétineries de cour d’école, rendu public par des traîtres politiques bavant la haine recuite et l’ambition psychopathe, mis en scène par des « communicants de crise » déclinant le bréviaire de leurs dogmes abrutissants et vendu sur une télé de caniveau détenue par un bétonneur du CAC40 !

Alors si François Fillon devient président de la République française, nous saurons que ce président est capable d’être stupide. C’est triste, c’est affligeant, c’est idiot, ce n’est pas si grave en soi mais c’est porteur de la décadence qui mène à l’effondrement de l’esprit.

Le programme santé retiré de Fillon

Le Canard Enchaîné prend un malin plaisir à publier sur Internet le programme santé que candidat conservateur Fillon aux élections présidentielles a finalement retiré de son programme devant les réactions négatives. C’est une première reculade de son programme économique radical.

Lire aussi : Comptes et décomptes pour Fillon

Partant du principe que le système de santé français bientôt ne sera plus financé, il voulait en réformer l’organisation, justement pour en assurer la pérennité. Après quelques grands slogans généralistes avec lesquels personne ne peut être vraiment en désaccord…

Il faut au contraire restaurer la confiance entre les différents acteurs, qui sont tous attachés à la qualité et la pérennité de notre système de santé. Il faut préserver la liberté de choix des patients et la liberté d’exercice du personnel médical et non s’engager dans une étatisation rampante de la médecine qui ne répond ni aux souhaits des Français ni à ceux des professionnels de santé. Il faut responsabiliser l’ensemble des parties prenantes, patients comme professionnels de santé… Il faut recréer de la confiance entre tous les professionnels de santé, qu’ils soient libéraux ou hospitaliers. Etc, etc.

Suivent ensuite quelques propositions relativement classiques et de bons sens, puis, l’option qui fâche sur la réforme du système de financement :

Redéfinir les rôles respectifs de l’assurance publique et de l’assurance privée, en focalisant l’assurance maladie notamment sur les affections graves ou de longue durée : le panier de soins « solidaire » ; et l’assurance complémentaire sur le reste : le panier de soins « individuel ». Le contenu de ces paniers de soins sera dynamique et pourra évoluer chaque année. Les moins favorisés ne pouvant accéder à l’assurance privée bénéficieront d’un régime spécial de couverture accrue.

Créer une Agence de contrôle et de régulation de l’assurance santé privée. L’assurance privée est une délégation de service public qui doit être contrôlée. Ainsi, le PLFSS définira le contrat standard d’assurance santé universelle de base obligatoire pour tous. L’agence de contrôle et de régulation définira un contrat type parfaitement lisible pour les assurances privées avec une variable : le prix.

Ce n’est pas révolutionnaire si c’est appliqué avec intelligence, ce n’est pas indécent puisqu’assorti de mesures de sauvegarde pour les moins favorisés, c’est déjà ce qui se pratique de façon plus ou moins opaque avec les déremboursements de nombre de médicaments par la sécurité sociale, mais c’est un changement suffisamment important pour effrayer les réformistes de salon de la droite qui, du coup, poussent leur candidat « radical » à retirer ce point de leur programme.

Le document a été effacé du site web du candidat mais heureusement la mémoire électronique infaillible en a conservé un exemplaire remis à disposition des électeurs par le Canard Enchaîné. Il se termine par cette phrase prémonitoire :

Nous formulons ces propositions afin de lancer le débat et de faire mûrir les points de vue. La qualité et la pérennité de notre système de santé ainsi que sa solidarité en dépendent.

Le débat est clos, pour le moment !

Le programme original : VERS UN SYSTÈME DE SANTÉ FONDÉ SUR LA LIBERTÉ ET LA RESPONSABILITÉ

Guaino et Laval


Henri Guaino le colérique fait toujours dans la nuance et la subtilité. Sa dernière tonitruante sortie l’a fait comparer le programme économique de François Fillon à celui de Pierre Laval, président du conseil sous Pétain durant la deuxième guerre mondiale. Tout le monde a bien entendu oublié ce que fut la politique économique de Laval, mais par contre beaucoup se souviennent que Laval fut le chantre de la collaboration avec les nazis et l’initiateur de la législation française anti-juive. Lui comparer Fillon n’est donc pas neutre et même particulièrement insultant.

En guise d’excuse Guaino s’est fendu d’une tribune dégoulinante de bons sentiments dans Le Monde pour assurer Fillon de toute son amitié. Henri Guaino c’est un peu le sale gosse qui fait de grosses bêtises et demande ensuite pardon. On se souvient de sa sortie après l’attentat islamiste de Nice expliquant qu’il suffisait d’un soldat avec un lance-roquette pour arrêter le camion criminel de la promenade des anglais ! Ses propositions sont parfois techniquement justes mais toujours inapplicables. C’est la définition du populisme en politique.

Henri Guaino est par ailleurs candidat à l’élection présidentielle française en 2017.

Lire aussi : Guaino le colérique et son lance-roquette

Le bal des serpents à sonnettes

Juppé et Sarkozy
Juppé et Sarkozy

A peine connu le nom du vainqueur du premier tour des élections primaires conservatrices à l’élection présidentielle de 2017, ce fut le bal des serpents à sonnettes qui rallièrent François Fillon avant le deuxième tour. Laurent Wauqiez, le cornecul qui s’est bruyamment félicité de l’élection de M. Trump aux Etats-Unis, Eric Ciotti et Christian Estrosi, les âmes damnées du sarkozysme dans le sud, Christian Jacob qui avait déjà trahi son ami Jean-François Coppé pour rallier le panache de Nicolas Sarkozy…, bref, c’est un festival de retournements de veste à grands coups de tweets auto-satisfaits et louangeurs.

Tel Vercingétorix à Alésia, ils viennent tous déposer leurs armes aux pieds de François Fillon qui a écrasé le premier tour et s’apprête à remporter le second. Seuls quelques retardataires ont joué le mauvais cheval : Nathalie Kosciusko-Morizet, Jean-François Coppé ou encore Valérie Pécresse soutiennent Alain Juppé.

Le vainqueur final est François Fillon et tous désormais s’affichent derrière lui. C’est le jeu de ces élections primaires qui sont venues se substituer à la décision des partis pour nommer leurs candidats. Devant l’impossibilité de s’entendre au sein des instances des partis politiques sur un nom incontestable à cause des conflits d’ambitieux, sauvages comme des caïmans dans le marigot, la décision a été poussée chez les supporters et militants, chargés de trancher un débat qui n’avait pas pu l’être au niveau supérieur. Cette procédure est présentée comme une avancée démocratique alors qu’elle ne fait que masquer l’indécision des partis. Son principal inconvénient est qu’elle allonge d’une année supplémentaire la durée de la campagne électorale présidentielle en France : sur un mandat de cinq ans, la dernière année est cette de la campagne pour l’élection suivant et l’avant-dernière année est celle de la campagne pour les primaires… Pas sûr que la démocratie n’y ait vraiment beaucoup gagné !

Dernières cartouches

Charlie Hebdo – Juin

En pleine campagne de publicité Alain Juppé pollue les répondeurs téléphoniques de citoyens qui n’en demandent pas tant. Le chroniqueur effaré en rentrant chez lui écoute ce message pathétique et racoleur :

Bonjour c’est euh (SIC) Alain Juppé, la disparition des services publics de nos territoires qui hélas, s’accélère, c’est le déclin assuré et c’est l’abandon des françaises et des français qui habitent ce territoire, or la France c’est la France des territoires. Pour ma part je pense indispensable que l’Etat soit présent au plus près de vous, pour vous protéger, pour vous soigner, pour vous aider. La présence de la République, par ses services publics pour maintenir l’unité de la nation et accompagner l’ensemble des français et des françaises est essentiel et je m’engage à tout faire pour maintenir cette présence. Dimanche 27 novembre, au second tour de la primaire, nous devons nous en souvenir, j’ai besoin de vous et je compte sur vous.

Le niveau du débat politique

Charlie Hebdo - Coco
Charlie Hebdo – Coco

Alain Juppé, 71 ans, maire de Bordeaux et candidat à l’élection primaire conservatrice à l’élection présidentielle a été appelé Ali Juppé par quelques-uns de ses bons amis politiques au prétexte qu’il a négocié en tant que maire avec un religieux musulman de sa ville, proche des Frères musulmans, sur une question de projet de construction de mosquée. Un grand moment du débat politique largement caricaturé et dénaturé par la presse et le Café du commerce, comme à leur habitude.

En réalité Juppé estime qu’on ne peut pas gommer complètement les origines de la diversité française, religieuses et autres, le tout dans une laïcité intelligente bien comprise. Evidemment cela heurte les plus conservateurs de ses amis de droite, qui le font savoir de leur élégante façon.

Impéritie complète des vendeurs de sondage

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Au soir d’une élection primaire pour désigner un candidat conservateur à l’élection présidentielle française de 2017, les vendeurs de sondages d’opinion font une nouvelle fois preuve de leur impéritie totale en ayant ressassé depuis des mois le succès d’un duo de tête alors que c’est finalement un troisième homme qui écrase les deux autres de par son score.

Lire aussi : Les sondages meublent l’absence d’analyse de la presse

Et à peine connue l’ampleur de leur erreur, les voici de nouveau au premier plan pour prévoir le résultat du deuxième tour de dimanche prochain. La presse repart aussitôt dans ses habituelles circonvolutions autour d’anticipations oiseuse e tout repart comme si de rien n’était. Une presse incompétente s’appuie sur des sondeurs prétentieux. Le mieux est sans doute de négliger les uns comme les autres.

Lire aussi : L’incompétence infinie des sondeurs

Nadine Morano s’esclaffe

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De nombreux candidats français de tous bords surfent sur la vague populiste et s’auto-persuadent de plus en plus que pour être élu il faut raconter aux électeurs ce qu’ils veulent entendre. Ils pensent pouvoir cacher leur absence de conviction, voire compétence, par une recrudescence de leurs propos de Café du commerce. Rares sont ceux qui résistent encore à la tentation. On aura les dirigeants que nous méritons.

 

Wauqiez félicite Trump

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Il fallait bien que Laurent Wauqiez se sente solidaire du nouveau président élu américain. Voilà qui est fait, sur Tweeter bien entendu, car on ne sait pas bien à ce stade ce que M. Wauquiez retient ou rejette dans le programme de gouvernement de Donald Trump. Les 150 signes de Tweeter permettent d’éviter de trop s’engager sur le fond et offre un rétropédalage plus facile le cas échéant.

Sarkozy : le retour

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Nicolas Sarkozy, chef de Les Républicains, ancien président de la République, s’est déclaré candidat à l’élection primaire conservatrice pour les élections présidentielles françaises de 2017. Il est le treizième à le faire et vient de publier un livre programme « Tout pour la France » qu’il va bien falloir lire car le garçon a ses chances de rempiler à l’Elysée.

Quoi que l’on pense de cette candidature, il faut bien admettre qu’elle dénote l’énergie sans faille d’un homme certes ambitieux et offrant nombre d’aspects de sa personnalité fort peu reluisants, mais à qui on peut reconnaître le mérite de « ne rien lâcher »  et d’être prêt à tous les sacrifices pour revenir à un pouvoir qu’il croit absolu. Probablement ambitionne-t-il autant pour la France que pour lui-même, mais force est de constater une ténacité hors du commun qui va sûrement emporter bien des suffrages.

Une catastrophe constitutionnelle

On ne redira jamais assez les effets extrêmement négatifs sur la vie citoyenne de la République de la réforme constitutionnelle inique menée sous la présidence Chirac en 2000 et approuvée par congrès d’élus inconséquents : le passage de la durée du mandat présidentiel de sept à cinq ans.

Chirac fut un dirigeant sympatoche et peu efficace (le roi-fainéant disait son ministre Sarkozy) qui ne restera pas dans les annales, sinon pour avoir déclenché la plus grande poilade de Vème République en dissolvant l’assemblée nationale et en réussissant l’exploit de perdre les élections législatives qui s’en suivirent. Ce ne fut finalement pas si grave et le premier ministre Jospin put ainsi gouverner la France cinq années durant où il appliqua un peu de son rigorisme protestant qui finalement fit plutôt du bien.

Non, la vraie catastrophe fut le passage au quinquennat dont la France supportera les conséquences pour encore de longues années, à moins qu’un dirigeant clairvoyant et courageux prenne un jour l’initiative de rétablir ce septennat. Ce ne fut qu’un des innombrables retournements de veste chiraquien, mais ce fut certainement le plus nuisible. Il avait été manipulé à l’époque par Giscard dit d’Estaing qui avait lancé l’initiative de cette réforme, sans doute juste pour nuire à son ennemi de toujours. Plutôt que de se battre contre le quinquennat comme il l’avait fait depuis des décennies, le président céda et organisa un référendum histoire d’en tirer un piteux bénéfice. Approuvé par 73% des électeurs, Chirac empoche la gloriole de cet éphémère succès électoral et transforme la République en plateau télé où l’élection présidentielle devient l’émission préférée de télé-réalité qui ne s’arrête jamais, sauf peut-être durant les 12 mois qui suivent immédiatement l’élection. Ce fut une mauvaise action !

On sent avec encore plus de force aujourd’hui l’ampleur de ce désastre. Les petites combines de partis en préparation de primaires et les débats médiatiques oiseux occupent la place depuis déjà six mois alors que nous n’en sommes qu’à douze de l’élection elle-même. L’unique préoccupation de journalistes paresseux en quête de sensationnalisme à peu de frais est de questionner tous les candidats supposés sur leur volonté d’être… candidat. Plutôt que de lire les programmes politiques des impétrants pour les expliquer aux citoyens, ces journalistes de circonstance préfèrent jouer Mme. Soleil et harceler les élus qui se précipitent sur leurs plateaux avec des questions de caniveau obsessionnelles.

Les candidats putatifs eux sortent les couteaux maintenant dix-huit mois avant l’échéance pour commencer à s’écharper, d’autant que les partis traditionnels incapables de désigner leurs candidats organisent désormais des élections primaires ce qui avance encore le point de départ.

Le quinquennat : une réforme institutionnelle déplorable menée par des élus irresponsables qui ont confondu l’agitation avec la réflexion, la démagogie avec la politique, qui ont privilégié l’hystérie à l’intelligence pour masquer la défaite de leur pensée ! Une triste histoire.

NKM et le stalinisme

A l’issue des résultats des dernières élections régionales, plutôt mitigés pour l’opposition, Nathalie Kosciusko-Morizet (NKM) est débarquée de sa place de numéro 2 du parti Les Républicains. La diva en pantalon taille-basse s’en émeut dans des termes plutôt déplacés, ou à tout le moins faisant preuve de sa méconnaissance de l’Histoire :

Il est d’ailleurs curieux, au moment où on annonce un débat sur la ligne, de penser évincer ceux qui ne sont pas d’accord. Croire que le parti se renforce en s’épurant, c’est une vieille idée stalinienne. Moi je crois que le parti se renforce en débattant.

Parler d’épuration et de stalinisme est hors de propos dans une démocratie et même au sein de Les Républicains. NKM devrait relire Soljenitsyne au lieu de divaguer devant les micros de la presse. Elle dirait moins de bêtises et pourrait ainsi passer plus de temps pour préparer son programme de reconquête. Mais avoir des idées demande plus d’exigence que de lancer des slogans en pâture dans la bauge médiatique.

D’un courant plutôt centriste et partisane d’une alliance avec la gauche si c’est un moyen de barrer la route du pouvoir au Front National, elle s’oppose depuis des années aux tenant de la « droite décomplexée » qui prônent une vraie politique de droite et ne voient pas comment ils pourraient s’allier avec cette gauche qu’ils honnissent si viscéralement.

Bien que la droite ait pu gagner la présidence de deux régions grâce au retrait des listes socialistes, la ligne NKM a été mise en minorité au sein de Les Républicains et la Mistinguett priée d’en évacuer la direction. Elle n’est pas exclue du parti mais simplement démise de sa vice-présidence. Il faut maintenant qu’elle se mette au travail pour convaincre ses pairs et ses électeurs : un peu moins de Tweeter et un peu plus de réflexion, c’est aussi simple que cela.

Au moins une bonne nouvelle ce soir

Virginie Calmels, adjointe au maire de Bordeaux, qui se présentait comme tête de liste de Les Républicains aux élections régionales pour la présidence de la région Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes ne sera pas présidente de cette région puisque sa liste n’est pas majoritaire. C’est une bonne nouvelle car une personne qui a dirigé la société de production d’émissions télévisuelles parmi les plus abêtissantes de la planète n’aurait pas pu se transformer d’un coup de baguette magique en une personnalité publique sensible à l’intérêt général. Regardez un replay de Secret Story, Star Academy ou de La Ferme Célébrités et vous comprendrez cette évidence.

Lire aussi > Virginie Calmels : de la télé-réalité à la politique

Virginie Calmels : de la télé-réalité à la politique

Virginie Calmels, adjointe au maire de Bordeaux, est tête de liste de Les Républicains aux élections régionales pour la présidence de la région Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes. Avant de se lancer en politique Mme. Calmels a exercé des fonctions de direction dix ans durant, jusqu’en 2013, de la société Endemol, entreprise de production télévisuelle qui a commis parmi les émissions les plus stupides et malsaines que les spectateurs aient eu à endurer sur la planète télévision comme : Secret Story, Star Academy, La Ferme Célébrités, etc.

Ces spectacles télévisuels participent à la décérébration des populations et sont une des explications possibles de la déroute en cours de la pensée. De la télé-poubelle au conseil régional, on peut craindre que la cible ne soit la même : attraper le gogo ! Il n’est pas sûr que les méthodes commerciales de la télévision soient applicables à la gestion politique. Ce passé douteux suffira en tout cas au chroniqueur pour ne jamais déposer dans une urne un bulletin au nom de Virginie Calmels.

Guaino le (très) colérique

CH_20130501_GuainoHenri Guaino devient de plus en plus colérique et inconstant. Il pique des crises sur les plateaux télévisés qu’il quitte en direct, il invective avec fébrilité la justice aux micros des journalistes et de l’assemblée nationale, etc. Il devrait se surveiller car il est guetté par la crise d’apoplexie. Accessoirement il a déjà été condamné en appel par cette justice qu’il honnit tant, pour outrage à magistrat.

Et voilà qu’il remet le couvert le 28 octobre à l’assemblée nationale en éructant contre les juges. Sur les images de télévision on le voit ne maîtrisant plus les tremblements agitant ses mains, il a fallu couper son micro pour laisser le gouvernement lui répondre :

« Dans la magistrature comme partout ailleurs il y a des gens qui honorent leur fonction, il y a aussi des pervers, des psychopathes, des militants aveuglés par leur idéologie, des gens auxquels l’ivresse de leur toute puissance fait perdre tout discernement ! »

Si la justice mécontente les députés il leur suffit d’en changer le fonctionnement. Ils ont le pouvoir de le faire en votant à la majorité. Plutôt que de s’invectiver devant les caméras et ressasser leurs vieilles badernes sur la justice dépendante ou indépendante, laxiste ou pas, qu’ils se mettent au travail sur un sujet où il y a évidemment des améliorations à mettre en œuvre. Par contre il n’est pas facile d’identifier au recrutement les magistrats pervers, psychopathes ou simplement laxistes et de gauche. Même la Loi aura du mal à les empêcher d’accéder à la magistrature s’ils en ont les compétences, il faut simplement s’assurer qu’il existe suffisamment de garde-fous pour empêcher leurs tendances révolutionnaires ou conservatrices de s’exprimer trop librement. Messieurs les députés, c’est votre boulot !

En attendant Guaino a été condamné à une amende 2000,00 EUR par la cour d’appel et il ne s’est pas encore pourvu en cassation. A ce jour il doit 2 000,00 EUR aux contribuables français.

Un Bournazel qui promet déjà !

Un lecteur attire notre attention sur un certain Pierre-Yves Bournazel qui se met en avant sur la grève des éboueurs parisiens. Le garçon a une petite quarantaine d’années, diplômé de Sciences Politiques Toulouse, conseiller de Paris et conseiller régional de l’Ile de France sous les couleurs de Les Républicains. Il fut candidat aux primaires conservatrices pour la candidature à la mairie de Paris où il termina troisième. Propret et bien mis avec ses costumes près-du-corps et ses cravates ficelles, il fréquente à l’occasion les plateaux télévisés.

Mais surtout M. Bournazel a un compte Tweeter qu’il utilise de façon obsessionnelle comme nombre de ses collègues élus pour qui un format en 140 signes est le vecteur idéal de leurs pensées à courte vue. Il affiche 14 700 abonnés à ce jour qui ont pu lire trois tweets décisifs dans la journée du 8 octobre :

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Reprenons Ces trois messages :

  1. Y-a-t-il un pilote dans l’avion ? (33 signes)
  2. Paris en sale état! Urgence d’agir Mme Hidalgo (46 signes)
  3. Quelle image pour Paris! (24 signes)

Il s’agit de slogans qui ne disent rien, expliquent encore moins et ne proposent aucune solution. Ils n’utilisent même pas les 140 signes autorisés mais affichent trois photos similaires de poubelles entassées qui sont censées faire souffler le vent de la révolte contre la maire Hidalgo « qui n’agit pas ». Ils ne disent rien des raisons la situation ni pourquoi la grève a lieu dans certains arrondissement et pas dans d’autres. Ils sont muets sur les négociations en cours entre la mairie de Paris et les syndicats des grévistes. Ils sont l’archétype de la communication politique d’aujourd’hui : infantilisante et contre-productive.

Rien que dans la journée du 8 octobre M. Bournazel a tweeté ou retweeté une vingtaine de messages du même ordre. Il n’a pas eu le temps ce même 8 octobre d’annoncer que la grève de quatre jours des éboueurs s’était terminée le soir même suite aux négociations menées entre les parties.

Ce Bournazel n’a pas quarante ans mais il promet déjà ! Comme tout ceci est affligeant.

Morano rivalise avec Sarkozy

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On se souvient de la citation de Sarkozy sur l’immigration en juin dernier devant un parterre de militants à L’Isle-Adam :

« Dans une maison, il y a une canalisation qui explose, elle se déverse dans la cuisine… Le réparateur arrive et dit, j’ai une solution: on va garder la moitié pour la cuisine, mettre un quart dans le salon, l’autre quart dans la chambre des parents et si ça ne suffit pas il reste la chambre des enfants. »

La Morano y est allé de son couplet sur les étrangers il y a quelques jours :

« Nous sommes un pays judéo-chrétien. Le général de Gaulle le disait, de race blanche, qui accueille des personnes étrangères… J’ai envie que la France reste la France et je n’ai pas envie que la France devienne musulmane. »

Le premier a décidé de faire déchoir la seconde de son investiture de tête de liste pour la région Est aux élections régionales de décembre 2015. Elle s’en remettra, l’opposition également.