Déconnexion et découplage

Quelques nouvelles affaires animent l’actualité ces derniers temps, à mi-chemin entre la corruption illégale et l’absence de moralité non punissable par la justice.

  • Guéant, ancien secrétaire général de la présidence de la République, ancien ministre, ancien préfet, etc. a perçu durant plusieurs années de « primes de cabinet » en liquide, même à une époque où celles-ci étaient en principe prohibées. Ces sommes n’ont pas été soumises à l’impôt. Au ministère de l’intérieur il les aurait prélevées sur les enveloppes destinées à rémunérer les indicateurs de police… Les enquêteurs ont retrouvé chez lui des factures d’électroménager assez importantes payées avec ce cash financé par les contribuables nationaux.
  • Platini, candidat à la présidence de la fédération internationale de fouteballe (FIFA) et actuel chef de la fédération européenne (UEFA) a perçu 1,8 million d’euros comme solde d’un « travail effectué » pour la FIFA qui a donc été facturé plusieurs millions d’euros. Ces sommes ont été soumises à l’impôt en Suisse.

Ces deux cas assez récents illustrent le copinage financier dans lequel se complait une certaine partie de l’élite française. Le problème n’est pas tant les sommes en jeu qui ont enrichi les impétrants pour un « travail » dont la réalité reste à déterminer, mais leur déconnexion complète avec l’air du temps. Après les nombreux scandales financiers qui ont émaillé nos Républiques successives, du canal de Panama à Stavisky en passant par les emprunts russes, les plus optimistes ont pu croire qu’en ce début de XXIème siècle un Guéant, au poste qu’il occupait, réaliserait que percevoir de l’argent public (c’est-à-dire venant de la poche des contribuables) en liquide non déclaré en plus de son salaire et de ses indemnités, qui doivent sans doute lui permettre un niveau de vie décent, est quelque chose qui ne se fait pas. Ou qu’un Platini qui encaisse des millions d’euros de la fédération d’à côté alors qu’il doit déjà percevoir des revenus élevés s’interroge sur la transparence de cet arrangement. La rapacité de cette élite laisse pantois.

Du découplage des citoyens entre recettes et dépenses, qui réclament plus de dépenses publiques et moins d’impôts, à la déconnexion d’une certaine élite avec les réalités, qui se sert dans la caisse, on a les ingrédients de notre société moderne où l’individualisme est porté à son paroxysme et l’intérêt particulier placé au-dessus de tout et surtout de l’intérêt général.

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