Les mille et une nuits

C’est l’histoire des turcs sunnites, les enfants de l’ex-Empire ottoman, qui s’allient avec des milices syriennes arabes sunnites, plus ou moins proches du groupe Etat islamique, appliquant un islam radical et souvent meurtrier ; ensemble ils envahissent un territoire appartenant à la Syrie dont le pouvoir alaouite, une branche du chiisme, réprime férocement (entre 300 et 500 mille morts) une rébellion politico-religieuse, plutôt sunnite, qui mine le pays depuis 2013. Pour se faire épauler dans ce combat, la dictature syro-alaouite, soutenue par sa minorité chrétienne, reçoit l’aide des russes orthodoxes et des iraniens chiites qui veulent tous deux avoir un accès à la Méditerranée. Dans ce territoire syrien envahi par les turcs s’étaient rassemblés depuis quelques années des syriens kurdes, majoritairement musulmans sunnites mais du genre plutôt flexible (les femmes combattent et ne sont pas voilées) versus les syriens arabes sunnite (les femmes sont voilées et restent à la maison), mais aussi alliés des turcs kurdes, eux-aussi musulmans. Les kurdes, syriens comme turcs, sont pourchassés de façon obsessionnelle et depuis des décennies par le pouvoir turc non-kurdes.

Comme tout ceci était finalement un peu trop simple, la dictature syro-alaouite n’ayant pas réussi à réduire la rébellion interne, cette dernière a prospéré en Syrie dans de multiples directions politico-religieuses dont celle défendue par des sunnites-salafistes encartés au groupe Etat islamique. Ce groupe on le sait veut abattre l’Occident et convertir la planète à ses convictions religieuses. Dans ce but il commet des massacres terroristes dans les grandes capitales. Les pays occidentaux touchés, majoritairement chrétiens, se sont donc alliés aux syriens kurdes pour lutter sur le terrain contre le groupe Etat islamique basé en Syrie. Comme ces occidentaux ne veulent pas risquer de se retrouver face à face avec l’armée turque avec laquelle ils sont membres d’une alliance commune, l’OTAN, eh bien ils ont lâché les syriens kurdes et sont rentrés chez eux. Du coup les syriens kurdes sunnites flexibles viennent de de réconcilier avec le pouvoir syrien alaouite inflexible pour limiter les ambitions turques sunnite sur le territoire syrien !

Vous n’avez pas tout compris ? C’est normal, reprenez depuis le début mais ne tardez pas trop car toutes ces alliances incompréhensibles sont éphémères et changent tous les matins.

Ce que l’on peut affirmer sans trop de risques de se tromper c’est que si la Turquie maintient son invasion du territoire syrien elle risque de le regretter. Cela ne sera sans doute pas aussi tranquille que l’occupation turque illégale d’une partie de Chypre, pays membre de l’Union européenne depuis 1974. Si aucun pays de l’Union n’a estimé vraiment opportun de faire la guerre à « l’allié » turc pour un bout d’île méditerranéenne, on peut prévoir que dans le contexte moyen-oriental tortueux décrit ci-dessus l’occupation de la Syrie va déclencher du bruit et de la fureur.

La Turquie à l’assaut de la Syrie

Maintes fois annoncée, toujours retenue, l’invasion du nord de la Syrie par l’armée turque a débuté cette semaine, appuyée par des supplétifs locaux, plus ou moins islamistes. Le motif officiel est de sécuriser sa frontière sud où, coté syrien, existent des organisations kurdes considérées par Ankara comme ennemi intime depuis des décennies. Officiellement le gouvernement turc souhaite également réinstaller au nord de la Syrie les 2 à 3 millions de réfugiés syriens accueillis sur son sol.

Le chaos syrien s’aggrave, personne ne sait vraiment comment va évoluer la situation que l’Occident a échoué à régler. Ce pays déchiré est maintenant laissé à la dérive avec de nouveaux alliés que sont la Russie et l’Iran. La Turquie s’installe dans sa partie nord et il n’est pas dit que le gouvernement syrien y soit véritablement opposé puisqu’il s’agit de combattre les kurdes, pas vraiment pro-régime syrien.

Les forces kurdes ont mené la plus grande part des combats au sol contre le groupe Etat islamique, les forces de la coalition internationale restant essentiellement aériennes. Elles détiennent toujours un certain nombre de terroristes de ce groupe dont beaucoup sont des étrangers (on parle de plusieurs centaines de français) que leurs gouvernements respectifs rechignent à récupérer. Le risque est aussi de les voir s’égayer de nouveau dans la nature, à moins que les forces turques ne récupèrent la gestion des camps dans lesquels ils sont détenus ?

Les organisations kurdes crient à la trahison des occidentaux qui laissent la Turquie venir les combattre sur le terrain syrien. Les alliances se font et se défont ! L’Histoire hélas est riche en abandon : les harkis laissés en Algérie lors du retrait de la France, les sud-vietnamiens laissés par les américains en 1973 après les accords de Paris, etc. Lorsqu’une force étrangère s’installe dans un pays, pour une bonne ou une mauvaise raison, elle va bien en partir un jour et ceux qui ont « collaboré » avec elle auront sans doute des comptes à rendre s’ils restent dans ledit pays. C’est ce qui est en train de se passer au nord de la Syrie en cours d’évacuation par les forces occidentales.

On peut toutefois gager que les forces turques vont en partir un jour, peut-être plus tôt qu’elles ne pensent elles-mêmes d’ailleurs. Tous les éléments d’un profond chaos sont en mis en œuvre pour remplacer l’équilibre, certes instable, qui subsistait avec la présence de quelques centaines de soldats occidentaux dans cette région qui empêchait les nombreuses autres forces belligérantes de trop tenter le diable. Aujourd’hui la Turquie envahit un Etat étranger avec en plus l’appui de milices plus ou moins locales, plus ou moins religieusement fanatisées. Tout ceci fleure bon les règlements de comptes à l’horizon et, à tout le moins, la poursuite de cette tragique guerre civile en Syrie avec l’arrivée officielle d’une nouvelle armée qui jusque-là n’agissait qu’en sous-main. Il y aura forcément des retournements de vestes, des attentats contre l’armée turque, voir contre des civils en Turquie même, des réactions et contre-réactions. L’histoire ne fait que commencer.

Devant ces bruits de bottes on frémit en se rappelant que la Turquie est membre de l’alliance occidentale OTAN et dispose sur son territoire d’armes nucléaires américaines. Après avoir envahi Chypre, un pays membre de l’Union européenne, qu’elle occupe toujours, voici maintenant Ankara envahissant la Syrie. En tant que membre de l’OTAN, la Turquie bénéficie de la clause de solidarité qui veut que les pays de l’Alliance soient engagés à se défendre les uns les autres en cas d’attaque de l’extérieure. Cela veut dire que si la Syrie (ou ses alliés) voulant défendre son territoire ripostait contre Ankara, les pays membres pourraient être appelés à la rescousse.

L’Orient est décidemment très compliqué !

La Turquie entre deux rives

La Turquie et son tonitruant président, membre actif de l’organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN), est en train d’exécuter un contrat d’armement avec la Russie, prévoyant notamment la livraison de missiles anti-aériens supposés très sophistiqués qui doivent être opérés avec une assistance russe. Dans le même temps, les entreprises turques devaient participer au pool de fournisseurs du programme d’avion de combat américain F35. Les autres membres de l’Alliance, et plus particulièrement les Etats-Unis s’émeuvent de cette double allégeance et Washington vient de suspendre la participation turque au programme F35 craignant qu’elle ne facilité l’acquisition de données sur cet avion du futur par la Russie.

Au-delà de ces considérations tactiques et techniques bien compréhensible on voit une nouvelle fois les hésitations de la Turquie à se positionner : entre République et Empire, entre Europe et Asie, entre laïcité et religion, entre l’Est et l’Ouest, entre démocratie et dictature. Bref, à la différence de nombre de pays européens, elle n’a pas abdiqué de sa volonté de puissance et fait feu de tout bois pour tenter de revenir à un statut d’influence, empruntant toutes les voies qu’elle pense ouvertes pour ce faire. Cela se fait hélas au détriment de ses convictions et d’une ligne de politique étrangère claire.

Les alliés de la Turquie au sein de l’OTAN peuvent légitimement s’inquiéter de cette attitude girouette. En cas de conflit dur, quel camp choisirait Ankara ? On ne le sait pas vraiment, sans doute pas plus son tonitruant président d’ailleurs, et on frémit à l’idée que tout le matériel militaire de l’Alliance stationné en Turquie puisse être utilisé à mauvais escient. Sans doute des précautions ont été prises pour tenir compte de la fiabilité limitée de cet allié remuant. Entre la Pologne définitivement rebelle à tout rapprochement avec la Russie compte tenu de son histoire récente et la Turquie menant des alliances de circonstance avec Moscou, ennemi historique de l’OTAN, la voie est étroite pour gérer les intérêts contradictoires d’une alliance militaire. Pas sûr qu’elle n’y résiste, ou alors va-t-elle réduire son envergure comme l’Union européenne se séparant du Royaume-Uni, pour se concentrer sur ses vrais amis.

Constantinople et la politique moderne

En campagne électorale municipale le président turc passe la vitesse supérieure dans le beaufitude de son argumentation politique. Le voici maintenant qui s’attaque au statut de la basilique Sainte-Sophie à Istanbul, qui a été successivement une église, puis une mosquée, puis un musée depuis 1934, au fur et à mesure des guerres de conquête des croisés catholiques puis des guerriers musulmans qui ont marqué cette ville, de Byzance à Istanbul, en passant par Constantinople. Dans sa grande sagesse le président Atatürk avait transformé l’ancienne basilique en musée pour marquer l’impossible réconciliation entre les religions, alors que ses troupes voulaient la dynamiter en 1918 après la défaite des puissances de l’Entente lors de la première guerre mondiale et que des troupes occidentales occupaient Istanbul…

Evidement le président actuel dont l’une des stratégies est de réislamiser la Turquie s’empare du dossier et veut retransformer ce musée en mosquée. On se demande s’il n’a vraiment rien de mieux à faire que de perdre son temps à ces billevesées religieuses qui n’intéressent que les extrémistes des deux bords. Il pourrait par exemple consacrer un peu plus de temps au développement économique de son pays ? Ainsi vont politique et religion lorsque par malheur elles sont mélangées.

La Turquie attise le feu

Tout en subtilité, le président turc commente dans ses meetings les attentats de Nouvelle-Zélande contre deux mosquées qui ont fait 50 morts et de nombreux blessés, commis par un suprémaciste blanc australien qui a priori ne nie pas les faits mais au contraire les a théorisé sur ses différents comptes dans les médias dits-sociaux. En campagne électorale le président turc harangue les foules en clamant :

Ce n’est pas un acte isolé, c’est quelque chose d’organisé… Ils sont en train de nous tester avec le message qu’ils nous envoient depuis la Nouvelle-Zélande, à 16 500 kilomètres d’ici.

Se référant à la bataille des Dardanelles pendant la première guerre mondiale, perdue par les alliés, y compris l’Australie, contre l’empire ottoman, il ajoute :

Il y a un siècle, vos aïeuls sont repartis à pied ou dans des cercueils. Si votre intention est la même que la leur, nous vous attendons.

Le terroriste australien qui a mené ces attaques a filmé ses exploits qu’il a diffusés en direct sur les réseaux dits-sociaux. Le président turc a rediffusé une partie de ces images lors de meetings électoraux. Il est indéniable que cet attentat en Nouvelle-Zélande était dirigé contre l’Islam comme ceux commis ces dernières années étaient dirigés contre les non-musulmans. Dans un cas comme dans les autres, ils sont surtout le triomphe de la bêtise humaine sur l’intelligence, la victoire de l’obscurantisme religieux contre la raison. Il n’est pas sûr que la récupération de ces attaques meurtrières dans le cadre d’un débat électoral puisse avoir d’autres effets que celui d’attiser les haines des uns contre les autres. Ce n’est pas le rôle qu’une démocratie assigne à ses dirigeants.

Le gouvernement australien s’est ému de ces propos présidentiels et en a demandé le retrait. Comme il est assez peu probable qu’il obtienne satisfaction, il recommande en attendant la prudence à ses concitoyens qui voudraient se rendre en Turquie. C’est bien le moins.

Lire aussi Attentat terroriste en Nouvelle-Zélande

Confirmation en Turquie


Un président turc se fait réélire ce week-end au premier tour et son parti islamisé est confirmé au parlement. Après une modification de la constitution approuvée par référendum lui octroyant les pleins pouvoirs, M. Erdogan , un peu calife, un peu soupe-au-lait, très nationaliste, est reparti pour au moins cinq années à la tête de l’Etat après déjà quinze ans de pouvoir.

Le garçon ne plaît pas beaucoup à l’Occident, il copine avec Russes ou arabes (sunnites) selon ses intérêts, éventuellement avec des groupes terroristes si cela l’arrange, son armée bataille en Iraq et en Syrie, il vocifère contre l’Europe, traite les dirigeants allemands de « nazis », mène une guerre civile sans fin contre les kurdes de Turquie ; mais il plait à ses électeurs qui le renouvellent très régulièrement et, même s’il y a sans doute un peu de fraude électorale (sans doute pas plus que lors d’une élection d’un président de l’UMP en France), il est largement et bien élu. Son peuple est content.

Son action depuis quinze ans a sans doute définitivement réglé le sujet de la candidature de la Turquie à l’Union européenne dont des dirigeants de rencontre avaient imprudemment inclus le principe dans le traité de Rome. Ce pays ne peut ni ne veut adhérer, et c’est bien ainsi car les Etats membres actuels ne veulent pas plus de cette adhésion. Voilà un point sur lequel tout le monde est d’accord d’un côté et de l’autre du Bosphore. Alors bien sûr Ankara, comme une fiancée éconduite, va tout faire pour nuire à l’Union européenne mais ce n’est pas la seule capitale à chercher à perturber, nous pouvons même dire que ce sont les lois du genre.

Mais la Turquie fait partie du traité de l’alliance atlantique (OTA N) et là les choses sérieuses commencent. Cette alliance majoritairement américano-européenne offre l’abri du parapluie nucléaire US à l’Europe frileuse et oblige l’alliance à défendre chacun de ses membres en cas d’attaque, et ce n’est pas rien. Ankara abrite des troupes et des armes nucléaires de l’OTAN sur son sol. On frémit à l’idée de ce que ce pays oriental pourrait en faire si la mauvaise humeur de son président se transformait en attitude belliqueuse ! Les chefs militaires comme les dirigeants politiques de l’après-guerre ont cru que la Turquie était occidentale. Ils se sont trompés. Nous reverrons la situation dans 30 ans.

En attendant il faut bien composer avec ce pays clé malgré les sautes d’humeur de son chef. Une diplomatie basée sur les faits et la discrétion reste le mieux que l’on puisse faire pour le moment. Laissons le raïs s’égosiller dans ses meetings électoraux sans réagir, les réalités économiques permettront à l’Europe de maintenir ses intérêts bien mieux que des réactions verbales inutiles.

La Turquie impérieuse

L’hebdomadaire Le Point fait sa une sur la Turquie en affichant en page de couverture une photo de son président sous le gros titre : « Le Dictateur – Jusqu’où ira Erdogan ? ». Des manifestants turcs résidents en France, dont on ne sait pas s’ils ont également la nationalité française, forcent des kiosquiers à retirer l’affiche de la une du Point de leurs kiosques. La rédaction du journal explique être victime d’une campagne de « harcèlement, insultes, injures antisémites ». Les affiches sont remises en place après intervention des autorités françaises.

Cette situation n’est pas véritablement étonnante ni même vraiment inquiétante, mais elle est symptomatique de l’avènement de pratiques propres à ces nouvelles entités appelées parfois « démocratures », alliant démocratie et dictature. Qu’elles soient d’inspiration religieuse comme la Turquie, ou d’obédience plus humaine basée sur la simple volonté de puissance et d’impérialisme comme la Russie, ces nouveaux Etats cherchent à s’imposer au reste du monde non seulement militairement quand ils le peuvent, mais aussi par leurs idées et leurs façons de vivre.

Ainsi nous voyons des soutiens d’un président turc intervenir violemment à l’étranger contre la liberté d’expression propre à ce pays, la Russie perturber des processus électoraux dans des pays occidentaux pour tenter d’y faire élire des candidats de leurs choix, généralement ceux susceptibles d’amener le chaos dans leurs pays une fois élus (Le Pen en France, Trump aux Etats-Unis) et favoriser l’émergence de la puissance de leurs parrains. A l’extrême, des mouvements terroristes actuels inspirés par des courants religieux moyen-orientaux cherchent aussi à modifier profondément les modes de vie en semant le chaos dans leurs pays cibles, occidentaux souvent mais pas toujours.

Le concept « d’agit-prop » (agitation et propagande) n’est pas vraiment nouveau et les occidentaux n’ont pas été les derniers à le développer. La radio américaine Voice of America a pendant des années diffusé sa propagande vers les pays du bloc soviétique pour les convaincre d’abandonner Moscou, la France postcoloniale n’a pas lésiné sur les moyens durant des décennies pour faire prospérer la Françafrique après des indépendances données à ses anciennes colonies. Durant la période coloniale, l’Eglise catholique a aussi puissamment œuvré pour convertir, parfois de force, des populations de va-nu-pieds.

Non, ce qui est nouveau c’est que cette « agit-prop » déroule ses effets perturbateurs désormais au cœur des démocraties occidentales et, qui plus est, menée par les va-nu-pieds d’antan. C’est la réponse du berger à la bergère. Elle caractérise la perte de puissance et d’influence des démocraties occidentales, accentuée en interne par la baisse de moral de leurs populations.

Que l’on se rassure, tout n’est pas perdu pour l’Occident et son mode de vie et de liberté continue à attirer comme un aimant, la vague actuelle des migrants le démontre jusqu’à l’absurde. Même la Turquie met au premier plan de ses préoccupations politiques l’assouplissement dans la délivrance des visas européens à des citoyens turcs. Il y aurait a priori plus de demandes pour entrer en Europe depuis la Turquie que l’inverse. Il faut laisser passer ces caprices de gamins mal élevés, ces comportements passeront sans doute à la Turquie avant que la France ne s’en fatigue. Ce pays a probablement eu plus à souffrir des temps de sa puissance que de ceux de son ouverture à l’Occident. Il aura plus à regretter de sa « démocrature » que de la démocratie. Son peuple s’en rendra bien compte un jour et reviendra à de meilleurs sentiments.

La Turquie sur tous les fronts

La Turquie qui occupe illégalement au regard du droit international depuis des années un pays membre de l’Union européenne, Chypre, s’est lancée dans une nouvelle conquête, cette fois-ci en Syrie, pour prendre le contrôle d’une bande de territoire frontalière « gérée » pour le moment par des bandes armées kurdes considérées comme terroristes par Ankara et d’autres capitales. On connaît l’extrême rejet de la Turquie à l’idée de toute reconnaissance du fait kurde et encore plus à la création d’un Etat kurde, elle est rejointe en ce sens par tous les pays où existe une forte minorité kurde, alors Ankara s’est alliée avec des milices opposées au régime syrien, pour chasser les kurdes de cette bande frontalière. Ses forces armées sont en train de combattre sur le territoire de cette Syrie dévastée par plusieurs années de guerre civile attisée par les intérêts divergents des grandes puissances.

L’imbroglio syrien se complexifie : la Turquie membre de l’Otan et donc alliée des pays occidentaux de cette alliance, occupant une partie de la République de Chypre membre de l’Union européenne, plus ou moins réconciliée avec la Russie, avec laquelle il était sévèrement fâché depuis que son armée de l’air avait abattu un avion russe, pour soutenir le régime Assad en Syrie, lui-même soutenu militairement par l’Iran et le Hezbollah libanais, se lie avec des opposants armés audit régime et fait intervenir son armée à l’étranger pour chasser les kurdes qui ont pris le pouvoir sur une partie de la Syrie, les kurdes étant soutenus militairement par l’Otan pour lutter contre le terrorisme religieux en Syrie… Il y a maintenant sur le terrain des soldats slaves, arabes, persans, ottomans, et dans les airs, les mêmes plus les américains et quelques européens… Relisez depuis le début si cela ne vous paraît pas clair !

Ce qui est hélas relativement compréhensible c’est que la Turquie est une alliée de l’Occident quand cela l’arrange. Son implication armée désordonnée dans le conflit syrien risque de lui revenir en boomerang un jour ou l’autre et elle devra sans doute en payer l’addition un jour, sans parler des effets intérieurs négatifs de sa progressive transformation en « démocrature religieuse » source potentielles de tensions internes, ne serait-ce qu’avec sa très significative communauté kurde déjà sérieusement malmenée. On frémit à l’idée que la situation se retourne, que la Turquie soit agressée par l’un de ses multiples ennemis et fasse appel à l‘article 5 du traité de l’Otan qui veut que les pays membres de l’alliance volent au secours d’un des leurs en cas d’agression extérieure. Le cas échéant, cela voudrait dire que les armées européennes et des Etats-Unis seraient engagées pour défendre une Turquie guerroyant indirectement contre certains pays membres et occupant Chypre…

Grandeur et décadence de la diplomatie internationale !

Curieuse géographie

Le journal Le Monde classe ses articles sur la Russie et la Turquie dans sa rubrique « Europe » et non « Asie-Pacifique ». On se demande si les écoles de journalisme en France apprennent bien la géographie à leurs élèves ?

La Turquie… encore et toujours

Le président turc, qui a priori n’a pas d’autres tâches plus urgentes à accomplir, conseille dans les médias aux citoyens allemands d’origine turque de ne pas voter pour les partis qu’il qualifie « d’ennemis de la Turquie », c’est-à-dire, dans son esprit, de tous les partis traditionnels. Comme il y a en Allemagne environ trois millions de citoyens d’origine turque, on peut imaginer que cette nouvelle saillie présidentielle puisse rencontrer quelque écho. Ce ne sera pas le cas si ces citoyens se sentent plus attachés à leur nouvelle patrie plutôt qu’à celle dont ils sont issues. L’analyse des votes des prochaines élections législatives allemandes sera édifiante à cet égard.

C’est d’ailleurs là l’un des défis importants de l’immigration dans les pays occidentaux. La France avec sa communauté d’origine magrébine y est également confrontée : comment intégrer ? La meilleure preuve de bonne acclimatation à une nouvelle communauté nationale dont on a hérité de la nationalité (ou dont les générations précédentes l’ont acquise), n’est-elle pas justement la participation au processus politique de son pays d’adoption en parallèle à l’abandon de celui dont on vient ?

Un second critère intéressant pourrait être de savoir où ces citoyens investissent leurs économies (pour ceux qui le peuvent). On se souvient que l’immigration portugaise en France des années 50 et 60 s’est traduite par un nombre significatif de naturalisations de citoyens qui continuèrent à réinvestir leur épargne dans la construction de maisons… au Portugal. C’est l’exemple d’une intégration partielle que l’octroi de la nationalité française, et donc du droit de vote, n’a pas vraiment approfondie.

Les slogans antiallemands lancés à tout va par les autorités turques ont finit par déclencher un peu d’émotion à Berlin qui est en train de revoir sa coopération économique avec ce pays belliqueux. Les investissements allemands sont relativement importants en Turquie et chacun risque de d’y perdre, Ankara sans doute plus que Berlin.

La religion prend le dessus de l’éducation en Turquie

Les autorités en charge de l’éducation en Turquie annoncent que les programmes scolaires du pays ne mentionneront plus la théorie de l’évolution de Darwin faute « de pertinence » mais incluront désormais l’enseignement du « bon jihad », celui qui exalte l’amour de la patrie. C’est le début de la fin du principe de la laïcité turque encore inscrit dans la constitution pour le moment. C’est en tout cas le crépuscule d’une époque, celle lancée par Atatürk de la modernisation du pays basée sur son virage vers l’Ouest.

Le créationnisme qui va à l’encontre du darwinisme est inscrit dans l’ancien testament et le jihad l’est dans le Coran. Ils sont donc privilégiés par le pouvoir religieux démocratiquement élu : la foi plutôt que la raison. C’est une vieille histoire. Rien n’est éternel et gageons que ce pays reviendra un jour sur les chemins abandonnés aujourd’hui. Il aura simplement pris du retard.

Le président turc aux Etats-Unis

Le président turc Erdogan a rendu visite aux Etats-Unis ce 16 mai à un moment où la Turquie s’éloigne de l’Occident tout en restant membre de l’organisation de défense atlantique (Otan) et alors que Washington a annoncé vouloir accentuer ses livraisons d’armes aux milices kurdes qui combattent en Syrie le groupe terroriste Etat islamique, mais sont aussi des opposants à Ankara.

Ces deux présidents populistes et grande gueule vont devoir compromettre sur des sujets sensibles, chacun tenant l’autre par la barbichette. Les forces de l’Otan disposent et utilisent des bases militaires en Turquie pour différentes opérations armées au proche et moyen orient. Les forces turques interviennent directement en Syrie plus ou moins sous l’aile russe et en soutien au régime syrien auquel s’oppose l’Occident. Pas facile de trouver un terrain d’entente dans ces conditions mais on peut gager que ces deux présidents roublards vont bien trouver un accord a minima en catimini, quitte à dire le contraire devant les journalistes.

La vraie question qui risque de se poser à plus ou moins court terme est le maintien de la Turquie dans une alliance militaire dont elle s’oppose frontalement à tous les membres, en des termes qui manquent souvent d’élégance. A force de mener sa diplomatie avec la subtilité d’un éléphant dans un magasin de porcelaine le président turc s’est mis tous ses voisins à dos. La charte de l’Otan stipule qu’en cas d’attaque contre un pays membre les autres doivent réagir. Il n’est pas vraiment réjouissant de penser que si l’Irak ou la Syrie attaquaient militairement un jour la Turquie, lassées des jérémiades et agressions diverses d’Ankara à leur encontre, eh bien les troupes occidentales de l’Otan seraient censées défendre la Turquie. Il va falloir y penser sérieusement si ce pays continue à dériver loin des intérêts occidentaux.

Au cours de cette visite turque aux Etats-Unis, des manifestations se sont déroulées devant l’ambassade turque où l’on vit les gardes du corps présidentiels turcs sortir pour tabasser les opposants kurdes, parfois de nationalité américaine, devant une police locale dépassée par les évènements. Il faut dire qu’il est plutôt inhabituel de voir des services de sécurité étrangers faire le coup de poing contre des manifestants à l’occasion d’un voyage présidentiel. Ainsi va la Turquie !

La Turquie s’éloigne

Alors que la Turquie est en train d’organiser un référendum pour transformer son régime en lui donnant un caractère très présidentiel, des ministres de ce pays cherchent à venir animer des meetings en Europe auprès des diasporas turques particulièrement nombreuses en Allemagne et aux Pays-Bas. Certaines de ces réunions ont été annulées par les pays d’accueil, déclenchant de vives réactions en Turquie.

L’Allemagne a été accusée de « pratiques nazies » et les Pays-Bas qualifiés de « fascistes [influencés par] les vestiges du nazisme ». La France qui a laissé un ministre turc venir animer un meeting référendaire à Metz, a pour l’instant été épargnée par les foudres turcs.

Pendant ce temps l’armée turque continue son combat sur le sol syrien contre les milices kurdes qu’elle craint plus que les milices islamistes et le pays accueille plus d’un million de réfugiés syriens.

Il faudra un jour se rapprocher de la Turquie et cela se fera. En attendant, le mieux est sans doute de laisser passer l’orage et poursuivre discrètement les accords qui peuvent l’être, dont ceux de l’OTAN dont la Turquie est membre. Le président Erdogan n’est sans doute pas éternel, gageons que son successeur reviendra à des sentiments moins éruptifs. Le problème est que la transformation constitutionnelle en cours va installer Erdogan au pouvoir absolu pour de longues années mais qui sait ce qui peut se passer en politique, surtout par les temps qui courent où la prévision est un art de plus en plus incertain.

Attentat religieux islamique en Turquie

Le groupe Etat Islamique a revendiqué l’attentat qui s’est déroulé la nuit du réveillon dans une boîte de nuit d’Istanbul. Le mode d’action ressemble à celui mis en œuvre à Paris lors du concert du Bataclan : un fou de Dieu s’introduit dans un lieu festif et tire au hasard sur la foule. Il y a 39 morts et de nombreux blessés. La revendication fait expressément mention de la Turquie « protectrice de la croix » et des fêtes païennes qui se déroulent dans ce pays.

La Turquie a retourné ses alliances. Alors qu’elle soutenait les opposants au régime syrien, la voici maintenant alliée avec la Russie (chrétienne) qui, elle, soutient à bouts de canons le clan au pouvoir à Damas. Pas facile à gérer pour un Etat en cours de réislamisation et toujours en guerre par ailleurs avec sa minorité kurde soutenue elle par l’Occident dans la guerre contre le groupe Etat Islamique. Plus personne ne comprend plus grand-chose dans cet Orient où s’affrontent des arables, des perses, des turcs, des slaves, des occidentaux, des musulmans chiites, des musulmans sunnites, des chrétiens orthodoxes, catholiques ou protestants, avec des alliances qui se font et se défont dans la même journée.

Des négociations politiques sont en cours pour tenter de mettre fin à la guerre syrienne sous l’égide de la Russie et avec la Turquie. Espérons qu’elles aboutiront à quelque chose. En attendant, la guerre de religion absurde se poursuit, le sang continue à couler au nom de Dieu et les groupe terroristes religieux nagent comme des poissons dans cette eau trouble et nauséabonde. La Turquie n’en a sans doute pas fini avec les attentats, pas plus que les pays occidentaux d’ailleurs.

Attentat religieux en Turquie

L’ambassadeur de Russie en Turquie est assassiné par un de ses gardes du corps turc en direct devant les télévisions réunies pour l’inauguration d’une exposition artistique. Le meurtre a lieu alors que l’ambassadeur y prononçait un discours. Avant d’être abattu le tireur a le temps de crier :

N’oubliez pas Alep. Tant que les habitants n’y seront pas en sécurité vous n’y serez pas non plus.

La Turquie cherche à rétablir la peine de mort

Drapeau_TurquieSuite à la tentative avortée de coup d’Etat en Turquie qui a fait près de 300 morts et de nombreux blessés, le pouvoir cherche à rétablir la peine de mort « sous la pression du peuple ». Comme il s’agirait principalement de châtier les présumés coupables de ce coup, ce rétablissement devrait être avec effet rétroactif. Comme l’affirme le président de la République avec une démagogie à faire pâlir d’envie Laurent Wauquiez:

« Ce qui compte n’est pas ce que dit l’Occident mais ce que dit mon peuple »,

Cette peine capitale avait été abolie en 2004 pour pouvoir lancer les négociations d’adhésion à l’Union européenne. Son rétablissement entraînera leur arrêt complet, sans doute pour longtemps. Comme plus grand monde ne croît cette adhésion possible ni souhaitable des deux côtés du Bosphore, la conséquence de cette décision, si elle était prise, ne ferait qu’entériner une situation de faits.

En attendant, la République turque continue aussi son chemin vers un abandon de sa laïcité et de son orientation vers l’Occident. Le pays est par ailleurs en cours de réislamisation (tendance sunnite). La question suivante qui va se poser sous peu est le maintien ou non de ce pays dans l’alliance atlantique (OTAN). Le Canard Enchaîné a cru pouvoir affirmer que les Etats-Unis avaient discrètement déplacé en dehors du pays les missiles nucléaires qui y étaient entreposés ; mesure sans doute prudente en attendant d’y voir plus clair sur le côté vers lequel penchera la balance dans les mois à venir !

La Turquie éructe…

Drapeau_TurquieAlors que nombre d’Etats occidentaux se demandent comment sortir du piège moyen-oriental, la Turquie lutte pour y entrer. Déjà engagée militairement en Syrie pour y défendre une stratégie pas toujours très claire, si ce n’est son aspect antikurde, Ankara qui dispose d’une base militaire dans le nord de l’Irak fait des pieds et des mains pour participer à la bataille pour le reprise de la ville de Mossoul tenue par les terroristes religieux sunnites du groupe Etat islamique. Le gouvernement irakien du moment étant chiite, la Turquie sunnite voudrait s’assurer que les intérêts religieux sunnites seront maintenus après une éventuelle victoire chiite.

Alors que le premier ministre irakien critiquait la présence militaire turque dans son pays, le président turc lui a répondu dans son style très personnel et tout en subtilité lui enjoignant de rester à sa place :

« Tu n’es pas mon interlocuteur, tu n’es pas à mon niveau. Peu nous importe que tu cries depuis l’Irak, nous continuerons à faire ce que nous pensons devoir faire…  L’armée de la République turque n’a pas de leçon à recevoir de vous. »

Pas sûr que la réconciliation du Moyen-Orient soit pour demain !

Deux forbans en Turquie

Drapeau_TurquieL’agitation politique actuellement constatée en Turquie relève beaucoup d’un clash d’égos entre deux fortes personnalités confondant la religion avec le pouvoir politique, leurs intérêts particuliers avec l’avenir de leur pays. Exilé aux Etats-Unis d’Amérique Fethullah Gülen ferraille avec le président turc Recep Tayyip Erdogan, le pouvoir d’un intellectuel à réseaux contre celui d’un dirigeant politique armé de la puissance d’un Etat, le combat est inégal ! Autrefois alliés ils se sont séparés lorsque l’un a mis à jour la corruption gangrenant l’entourage du second.

Le gouvernement turc accuse M. Gülen d’avoir fomenté le récent coup d’Etat militaire qui a échoué. C’est possible, le pays est régulièrement agité de coups d’Etat qui doivent bien être pensés par quelqu’un ! La spécificité du débat actuel réside dans le fait que les deux ex-partenaires se rangent chacun derrière la religion islamique comme guide de leur action. A défaut de choisir entre Dieu et le pouvoir politique, ils aboutissent à désorganiser leur pays en attisant les haines recuites, les comportements déraisonnables et le recul de leur pays qu’ils disent pourtant vouloir promouvoir.

Dans un proche et moyen Orient en proie à la guerre, quasiment sans interruption depuis 1948, le monde aurait besoin d’une Turquie apaisée, leader raisonné et moderne d’une région dévastée, capable de montrer l’exemple et de parlementer avec toutes les parties, un pont entre Occident et Orient. Du fait de l’aveuglement de deux forbans, le pays, au contraire, opte pour les règlements de compte, la valse des alliances opportunes et la démagogie généralisée. Triste situation !

Cynisme et excès

Drapeau_TurquieAvec habileté et une bonne dose de cynisme politique, le président turc, par ailleurs leader du parti religieux au pouvoir, assimile dans une interview au journal Le Monde la récente tentative ratée de coup d’Etat militaire que son pays vient d’affronter à du « terrorisme » et les pays occidentaux qui l’ont soutenu du bout des lèvres d’avoir « pris le parti des putschistes et des terroristes. »

Il semble établi que nombre de chancelleries occidentales n’auraient pas pleuré bien longtemps si le pouvoir religieux d’Ankara avait été déposé, même si élu de façon démocratique. Ce coup d’Etat raté par l’armée n’a pas grand-chose à voir avec le terrorisme islamique mondialisé qu’affrontent nombre de pays, y compris la Turquie d’ailleurs. Il ne s’agit que du nouvel épisode du conflit entre les galonnés et le pouvoir civil dans ce pays, vieux comme la moustache d’Ataturk. A la différence des précédents, ce coup d’Etat a échoué du fait de la division des militaires qui depuis en payent le prix, comme de nombreux civils.

Cette assimilation entre coup d’Etat militaire et terrorisme, surtout par les temps qui courent, permet au président turc de passer pour le grand innocent malmené par l’Occident qui soutient le « terrorisme ». La Turquie tient par ailleurs entre ses mains un levier pour limiter les flux de migrants vers l’Europe et ne manque pas de s’en servir. Tout ceci relève de la politique, pas toujours très brillante, mais illustrant la vraie vie des relations entre les continents.

Le président turc est élu par une nette majorité de ses électeurs, les galonnés de son armée sont une des forces vives de l’alliance atlantique (OTAN), ce pays asiatique joue un rôle clé (et parfois trouble) dans les multiples conflits qui agitent le proche et moyen Orient, il est candidat à l’adhésion à l’Union européenne même si son entrée est de plus en plus improbable, ses citoyens constituent une forte communauté immigrée en Europe, particulièrement en Allemagne, il accueille des millions de réfugiés moyen-orientaux et contrôle plus ou moins le robinet du flux de ceux-ci vers l’Europe…

Grandeur et décadence de la realpolitik, il faut bien s’entendre avec la Turquie en dépit des différences. Gageons que l’intelligence vaincra et que cette agitation médiatique du microcosme s’apaisera au profit des intérêts nationaux bien compris.

Des purges massives en Turquie

Drapeau_TurquieSuite au coup d’Etat militaire qui a échoué en Turquie le parti religieux au pouvoir règle ses comptes et procède à des purges massives, non seulement au sein de l’armée mais aussi chez les fonctionnaires, les journalistes, dans des entreprises et diverses autres corporations. L’ampleur et l’immédiateté des arrestations, 18 000 en quelques jours selon les estimations les plus fiables, laisse imaginer que des listes étaient prêtes bien avant les évènements. Il est également procédé à des licenciements en masse (63 000 fonctionnaires), des confiscations de passeports (50 000) et des fermetures de médias. On ne sait pas bien comment la justice va pouvoir traiter ces dizaines de milliers de suspects arrêtés et emprisonnés (y-avait-il suffisamment de places disponibles dans les prisons pour de telles foules d’arrivants ?). Le pouvoir parle de rétablir la peine de mort que le peuple réclame à grands renforts de meeting pro-pouvoir monstres à Istanbul et Ankara.

A l’émotion de certains pays occidentaux, le président a déclaré depuis son palais présidentiel :

« Certains nous donnent des conseils. Ils se disent inquiets. Mêlez-vous de vos affaires ! »

On aurait facilement tendance à suivre cet oukase si les intérêts occidentaux n’étaient si importants en Turquie. Il faudra, hélas, continuer à s’intéresser à l’avenir de ce pays et essayer de trouver un moyen pour qu’il ne soit pas trop durablement déstabilisé. Car il est à craindre que la tendance actuelle vers un régime religieux autoritaire n’amène à terme plus de problèmes qu’il n’en résoudra !