Bazille au musée d’Orsay


Exposition dédiée à Frédéric Bazille, jeune peintre précurseur de l’impressionnisme, ami de Monet avec qui il partagea des ateliers à Paris, contemporain de Renoir et de Sisley, issu de la bourgeoisie montpelliéraine. Engagé volontaire en 1870, il meurt presqu’aussitôt au combat contre les prussiens, à 28 ans. De cette courte carrière il reste une cinquantaine de tableaux dont de magnifiques toiles de scènes en plein air sous le soleil du sud, des scènes de nus masculins plutôt inhabituelles, des natures mortes de la période d’apprentissage et des portraits et des autoportraits.

Le stupide profère des stupidités

La justice qui enquête sur les arrangements salariaux de la famille Fillon déclare qu’elle ne peut pas prononcer un « classement sans suite en l’état ». On en déduit que les preuves d’activités professionnelles prestées par Mme. Fillon et ses enfants en échange d’argent public, et dans le cas de Mme., dans une deuxième étape, contre argent privé, ne sont pas éclatantes.

Après avoir accusé le pouvoir de « coup d’Etat constitutionnel », voilà notre homme qui, par la voix de ses avocats, dénie au parquet national financier la légitimité d’enquêter sur ses actes de parlementaire. La victimisation se porte bien mais sur le fond rien de bien nouveau : Fillon a nourrit les siens comme il le pouvait.

Gimme Danger

Jim Jarmush revisite l’histoire des Stooges. Basé sur une interview d’Iggy Pop, le scénario alterne entre les souvenirs du vieux rocker et les images d’archive pour revenir sur ce groupe proto-punk qui a dynamité le Rock des années 70. Iggy est touchant dans sa façon de revenir sur son passé, bronzé et souriant, il narre de sa voix grave l’histoire incroyable des Stooges. Beaucoup de ses amis sont morts, on sent à la fois de l’émotion et un certain détachement lorsqu’il parle d’eux, peut-être aussi du soulagement d’être encore en vie…

The Stooges furent le groupe de trois disques majeurs qui ont marqué la petite histoire du rock, les singeries nihilistes d’Iggy sur scène n’ont finalement que peu d’importance dans cette réussite musicale. La suite de sa carrière en solo a d’ailleurs confirmé qu’il est un vrai artiste. Jarmush porte un regard admiratif sur l’homme, les passages consacrés à la musique sont un peu frustrants car plutôt hachés.

La défense de Fillon

Le stupide de la campagne présidentielle, François Fillon, essaye de se défendre sans trop de succès suite aux révélations qui ont mis sur la place publique ses petits arrangements familiaux qui lui ont permis de rémunérer sa femme et ses enfants avec de l’argent public pour un travail sur la réalité duquel la justice investigue. Les faits ne sont a priori pas illégaux s’il y a bien eu prestations effectuées en échange de la rémunération perçue, ils sont simplement déplacés et inappropriés pour un candidat qui prêche la réduction et une meilleure utilisation des fonds publics.

Sa tacite de défense a d’abord consisté à accuser la gauche de « coup d’Etat institutionnel » contre sa personne puis, devant le ridicule de l’analyse il est ensuite passé à une attaque en règle de la presse ânonnant et rabâchant sur la violence des attaques « jamais vue de toute la Vème République, mettant en jeu la démocratie ». En fait la presse satyrique et d’investigation sort régulièrement une partie des affaires dans lesquelles grenouillent le microcosme. On se souvient notamment de la déclaration de revenus de Chaban-Delmas vierge de tout impôt dans les années 70 et qui avait participé à l’enterrement rapide du concept de Nouvelle Société que défendait l’impétrant. Là aussi, tout était légal et immoral. L’affaire des diamants de Giscard dit d’Estaing lui avait aussi sans doute valu sa non réélection en 1981, tout était légal et immoral. Plus récemment la démission du ministre-fraudeur Cahuzac a été révélée par la presse et là, tout était illégal et immoral. Et l’on passe sur les emplois fictifs pour Juppé, les voyages exotiques de Chirac payés en liquide, les fraudes des Balkany, etc. etc.

Ce qui réunit ces différentes affaires est le sentiment d’impunité et de victimisation de leurs auteurs. Certains ont présentés quelques vagues excuses mais tous s’estiment victimes d’attaques injustes contre leurs personnes. Leurs égos surdimensionnés les empêchent de se remettre en cause. Fillon-le-stupide n’est pas pire que les autres, il est juste stupide ! Il sera probablement élu président malgré tout compte tenu de la pauvreté de l’offre politique alternative et ne sera pas forcément un mauvais président. Mais les citoyens sauront de quoi il fut capable pour nourrir sa petite famille.

En attendant ses meetings sont régulièrement perturbés par une dizaine de militants syndicaux ou altermondialistes tapant sur des casseroles. Ce n’est pas bien méchant.

Gaston au-delà de Lagaffe


Belle exposition consacrée à Gaston Lagaffe à la bibliothèque publique d’information de Beaubourg, ou plutôt consacrée à Franquin son créateur, à travers le personnage de Gaston. Franquin fut l’un des grands dessinateurs de la bande dessinée humoristique du XXème siècle et son Gaston Lagaffe en a fait rire plus d’un à gorge déployée devant le burlesque des gags de ce garçon de bureau inventif et flemmard, souvent accompagné de son chat et de sa mouette rieuse.

Les planches exposées font le lien avec la pensée de son auteur, un peu révoltée, antimilitariste, plutôt rebelle et tout en subtilité. La rédaction de Spirou qui publiait les aventures de Gaston était en fait gentiment catholique et réactionnaire et cherchait à limiter l’enthousiasme délirant de ses dessinateurs pour ne pas trop choquer les lecteurs et surtout les abonnés… Alors Franquin et ses congénères de la rédaction s’ingénient à faire passer leurs messages dans l’humour et l’optimisme de Gaston Lagaffe. Il récrée d’ailleurs l’atmosphère de la rédaction où s’agite une bande de joyeux drilles sous l’ombre tutélaire et un peu inquiétante du patron M. Dupuis que l’on ne voit jamais mais qui existe réellement.

 

Complotisme et beaufitude

Une rumeur se diffuse sur les réseaux dits sociaux et dans les dîners en ville :

Les médias « bien-pensants » cachent le fait que Mme. Hidalgo, maire de Paris, a été condamnée par la cour d’appel à rembourser 14 millions d’euros pour avoir financé sur fonds des contribuables parisiens l’Association des cultures de l’Islam.

Cette rumeur est répandue par le site d’extrême droite medias-presse-info.

Sur la forme, suite à une plainte d’un citoyen-contribuable la cour d’appel a annulé un bail signé par la mairie de Paris en 2013 avec l’Institut des cultures d’islam en se référant à la loi de 1905. Personne n’a été condamné à rembourser 14 millions d’euros, ni M. Delanoé qui était maire à l’époque, ni la mairie de Paris, ni encore moins Mme. Hidalgo qui n’était pas maire en 2013.

L’arrêt de la cour d’appel ci-dessous précise que la mairie doit rembourser les frais de justice de 1 500 EUR, et non 14 000 000 EUR :

Se basant sur cet arrêt, le conseil municipal présidé depuis par Mme. Hidalgo a même renoncé à la construction d’un deuxième bâtiment comme l’explique très bien Le Figaro en février 2016 dans son article : Institut des cultures d’Islam: démission du président. Sur le fond, certains élus (dont à l’époque M. Delanoé) et/ou sociologues et/ou spécialistes en religion pensent que l’une des solutions au terrorisme religieux islamique serait de mieux contrôler cette religion sur le territoire national puisque, quoique l’on souhaite ou qu’on espère, la France est le premier pays musulman d’Europe et cela ne va pas s’arrêter demain. Comment mieux gérer cette religion dans le cadre de la République ? Pour le moment on y arrive pas correctement, c’est le moins que l’on puisse dire. Certains ont des idées novatrices comme de signer un bail avec un institut d’islam pour monter une coopération culturelle avec la ville de Paris. Sans vraiment savoir s’il s’agit ou non d’une bonne idée, il ne faut peut-être pas s’interdire d’y penser du moment que c’est mené par des gens intelligents et de bonne compagnie, et il doit en exister même dans une mairie de gauche, voire dans des associations culturelles islamiques.

Ce type d’information complotiste devient le terreau d’une désinformation désormais largement diffusée et acceptée sans discussion. Cela procède de de l’abrutissement et la beaufisation qui rongent notre société où l’on abandonne l’intelligence au profit du prêt-à-penser, où l’on favorise le slogan au détriment de la raison, où le fouteballe et les journaux de TF1 ont éteint les neurones d’une bonne partie de la population, même celle ayant suivi l’enseignement de la République et vivant dans d’excellentes conditions sociales. Le résultat de cet effondrement de l’intelligence est la décadence de notre pays et la qualité des dirigeants de rencontre qui se présentent à nos suffrages : on a les dirigeants que l’on mérite !

TOLSTOÏ Léon, ‘Les Cosaques’.

Paru : 1863, Chez : Livre de Poche – Classique #1399

Un officier russe en campagne dans le Caucase, Olenine,  est logé dans un village cosaque et tombe amoureux de la fille de sa logeuse. L’armée russe épaulée par les cosaques est en lutte contre les rebelles tchéchènes (déjà). Toute une soldatesque, jeune, éprise de grandeur et de liberté, combat autant pour briller et séduire les femmes que pour défendre le Tsar qui est bien loin.

Olenine du haut de son statut d’officier russe découvre avec envie ce monde des fiers cosaques. Tiraillé entre son sens du devoir et son amour pour cette cosaque il erre, indécis, au milieu des ces sentiments qui le hantent et le mèneront à l’échec.
Encore jeune, Tolstoï a lui-même suivi son frère militaire au combat dans le Caucase. « Les Cosaques » raconte cette aventure pleine de sentiments violents.

 

Un médecin généraliste à la retraite

Le médecin généraliste référent du chroniqueur lui apprend qu’il part à la retraite à la fin de l’année at qu’a priori son cabinet situé dans le XIVème arrondissement ne sera pas repris. Les jeunes médecins ne souhaiteraient plus s’embarquer en profession libérale et dans la gestion d’un cabinet. Ils préfèreraient travailler comme salariés dans des maisons de santé avec des horaires plus ou moins fixes et moins de contraintes de paperasserie.

Ce ne semble pas être une désertification médicale en marche à Paris, mais plutôt une évolution dans la façon de se faire soigner. Moins de relations personnelles avec le médecin de famille d’antan et une médecine qui sera plus industrialisée, c’est ainsi. Cela ne veut pas dire que nous serons moins bien soignés mais la médecine est également en cours de restructuration, comme le reste de la société.

Fillon se bat sur la forme mais laisse planer le doute sur le fond

Le candidat stupide de la droite et du centre a publié une lettre mièvre dans laquelle il tente maladroitement de justifier la générosité dont il a fait preuve à l’égard de sa femme et ses enfants avec l’argent public. Son argument premier est que tout est légal, ce qui n’est d’ailleurs pas définitivement acquis puisque la justice investigue le sujet. Mais il reconnait que cette petite affaire familiale puisse « susciter la défiance » et présente des excuses :

En trente-deux ans de vie politique, je n’ai jamais été mis en cause dans une affaire. J’ai toujours agi dans la stricte légalité et dans la plus parfaite honnêteté. Mais j’ai commis une erreur : en travaillant avec mes proches, j’ai privilégié une collaboration de confiance qui, aujourd’hui, suscite la défiance. Le temps, l’époque, ont changé. J’ai décidé de mon propre chef d’interrompre cette collaboration en 2013. J’aurais sans doute dû le faire avant. Je vous dois donc des excuses.

Il eut été plus efficace de faire cette petite contrition il y a quinze jours et de ne pas l’enrober de tout un charabia complotiste comme si la terre entière, et surtout la presse, voulait abattre le candidat. Les électeurs vont arbitrer au final en votant ou pas pour le stupide, quelle que soit la décision de la justice.

Dans un autre genre c’est un peu une nouvelle affaire Strauss-Kahn : quelques mois avant un scrutin présidentiel, le candidat favori se met lui-même dans une situation inextricable qui choque une partie de ses électeurs potentiels. Le plus dans la situation d’aujourd’hui est la contradiction improbable dans laquelle s’est fourré M. Fillon, pourfendeur de la dépense publique et des fonctionnaires, mais entretenant sa petite famille avec les sous du contribuable. Même si potentiellement légale, il ne va sans doute pas être facile de se sortir de cette contradiction.

Fillon nourrit les siens

L’édition du Canard Enchaîné d’hier révèle que le stupide de l’élection présidentielle a versé des indemnités de licenciement confortables à son épouse dont la réalité du travail comme assistance parlementaire est sous investigation judiciaire. Rien ne sera épargné à Pénélope et François Fillon dont les petits arrangements en famille sont détaillés à la France entière pour le plus grand bonheur des caricaturistes qui s’en donnent à cœur joie devant le ridicule de la situation et la stupidité des impétrants. Les militants apprécient modérément et se font houspiller lors des tractages (qu’ils font bénévolement).

Des interviews diverses et variées expliquent que Mme. Fillon travaillait effectivement, d’autres qu’on ne l’a jamais vue faire quoique que soit pour la carrière politique de son mari. On en est à se demander si elle était même au courant qu’elle était sous contrat avec son mari et si toute cette carambouille ne cacherait pas un simple détournement de fonds.

La campagne électorale de Fillon est au point mort depuis deux semaines, encalminée par des révélations dignes de Clochemerle sur des pratiques détestables qui décrédibilisent tout le programme d’un candidat : faite ce que je dis mais pas ce que je fais…

Le bal des traîtres et des serpents à sonnettes

Ce qui est également révélateur dans l’affaire Fillon est la célérité avec laquelle le nid de serpents à sonnettes qui constitue le parti Les Républicains s’est mis à crier haro sur le baudet. Il ne s’en est fallu que de quelques jours après les révélations sur les largesses dont fit preuve le candidat à l’égard des siens avec les sous du contribuable pour que les traîtres sortent les couteaux pour expliquer que le candidat n’était plus crédible et qu’il fallait donc le remplacer.

On aurait pu imaginer une situation dans laquelle les rangs du parti se seraient resserrés autour de M. Fillon pour affronter l’adversité ensemble, affirmer que le programme est bon, que leur candidat est irremplaçable même si pas infaillible et qu’il fallait donc passer outre cette misère familiale et poursuivre le combat.

Cette option n’a pas été retenue et à sa place chacun y est allé de son coup bas, de sa proposition malsaine, de son règlement de compte clanique, de son allusion nauséabonde, bref, un troupeau d’hyènes se déchirant devant la charogne boursoufflée d’un buffle. Cela aussi est parlant sur l’état d’esprit du monde politique français.

L’actualité du stupide à la une

L’affaire Fillon est en train de prendre des proportions inattendues. Le candidat de la droite aux élections présidentielles a rémunéré sa femme et ses enfants pendant des années sur de l’argent public pour des emplois sur la réalité desquels la justice est en train d’enquêter. Quelle que soit son appréciation ou un éventuel jugement, les électeurs potentiels de ce candidat s’étonnent qu’après avoir qualifié la France d’Etat en faillite il ait fait preuve d’une telle générosité à l’égard des siens avec les sous du contribuables.

Conscient de la situation ambiguë dans laquelle il se trouve, Fillon développe une défense sur le thème du complot contre lui mené par la gauche voulant empêcher sa candidature. Il parle d’une « opération de calomnie très professionnelle, d’une extrême ampleur, sans précédent sous la Ve République » en précisant que « Nous sommes en face d’un coup d’Etat institutionnel. Cette opération ne vient pas de chez nous, cette affaire vient du pouvoir. »

Tout est bien sûr possible, y compris un coup bas du pouvoir en place ou de ses propres « amis » politiques, mais là n’est sans doute pas la question. Dans l’esprit des citoyens, ce qui choque est de voir ces petits arrangements familiaux avec de l’argent public pour un candidat qui a basé son programme sur la probité et contre la gabegie d’argent public…

La contradiction n’est pas facile à gérer, qu’importe au fond qui a trahi. Alors il se présente comme la victime d’un complot politico-médiatique, on ne sait pas bien s’il comprend le problème. Et pendant ce temps, les serpents à sonnettes qui forment son entourage commencent déjà à cracher leur venin et demandent son remplacement, hypothèse qui paraît difficile à réaliser dans le peu de temps qui reste avant l’élection.

L’affaire prend un tour plutôt insensé, susceptible de remettre en cause la présence d’un candidat conservateur à la présidentielle.