Le temps de l’irresponsabilité

On se souvient que des émeutiers on copieusement saccagé villes, magasins, bâtiments public, véhicules variés et mobilier urbain, et ce tous les samedis durant des mois entre 2018 et 2020. La préfecture de Puy-en-Velay avait même été attaquée et incendiée et le président de la République qui s’y était rendu quelques jours plus tard pour soutenir le préfet et son équipe, le 04/12/2018, avait dû être évacué d’urgence devant les menaces des manifestants.

L’une des premières émeutes avait abouti au saccage de l’arc de triomphe lors d’une des premières manifestations avec une série de photos et de vidéos impressionnantes dont notamment celles d’une bande de zozos faisant les clowns sur ta tombe sur soldat inconnu. Pendant ces deux années de troubles insurrectionnels il y eut de nombreux blessés lors de combats de rue entre les forces publiques et les émeutiers, et des dizaines de millions d’euros de dégâts.

Bien entendu, les contribuables et les assurances (donc leurs clients-cotisants) avaient payé rubis sur l’ongle pour réparer ces destructions et soigner les blessés. On apprend aujourd’hui que le tribunal administratif de Paris vient de condamner l’Etat à indemniser la municipalité de Paris à hauteur de 1,4 millions d’euros.

…en raison des dégradations subies à l’occasion des manifestations organisées dans le cadre du mouvement des « gilets jaunes ».

https://presse.paris.fr/pages/20148

On est là au cœur de la déresponsabilisation des citoyens qui tend à être érigée en règle de fonctionnement de nos démocraties repues. Quand des furieux dévastent l’environnement commun c’est la faute de l’Etat et donc de ses contribuables qui doivent payer. D’autres villes ont déjà, ou auront, des indemnisations similaires. La puissance publique est accusée de ne pas savoir maintenir l’ordre et est donc jugée financièrement responsable des dommages endurés par la communauté.

En l’occurrence il s’agit d’un transfert de charges des contribuables locaux vers les contribuables nationaux, ce qui ne change pas grand-chose : les contribuables payent ! C’est ainsi, l’Etat français est considéré comme ayant des poches profondes et disponible pour régler tous les errements de ses citoyens.

Lire aussi : Le coût des émeutes
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Ces émeutes nous ont quand même donné l’occasion d’une franche poilade lorsque l’on vit les opposants de droite au début du mouvement à la fois soutenir les émeutiers et critiquer le « laxisme » du gouvernement. L’inénarrable Laurent Wauquiez a même revêtu le « gilet jaune » emblème des contestataires sur son inséparable parka rouge :

Toutefois, ces imprudents se sont assez rapidement mis en retrait de ce soutien un peu trop vite octroyé, lorsque les émeutiers ont commencé à défoncer les portes de ministères à coup de bulldozers, ou à affirmer leur volonté de « prendre l’Elysée ». Trop tard, les photos et les enregistrements étaient pris et restent disponible pour illustrer l’opportunisme qui est quand même le mode de fonctionnement privilégié de la classe politique française, au détriment de l’intelligence, hélas !

La Corse en feu… de nouveau

Le militant indépendantiste Yvan Colonna a été reconnu comme Le militant indépendantiste Yvan Colonna a été reconnu comme ayant été le tireur qui a assassiné le préfet de Corse Erignac en 1998 (de trois balles tirées dans le dos). Il a été condamné à la prison à perpétuité lors de trois procès successifs. Il avait été dénoncé par d’autres nationalistes corses comme étant celui qui tenait l’arme mortelle, certains d’entre eux étant d’ailleurs revenus sur leur dénonciation. L’intéressé a toujours contesté être l’assassin.

Colonna et ses deux complices purgeaient donc leurs peines dans des prisons françaises avec le statut de « DPS – détenu particulièrement signalé » qui empêchait qu’ils soient transférés dans une prison corse pour effectuer la fin de celles-ci. A plusieurs reprises les avocats des détenus ont demandé la levée de ce statut DPS et leur transfert dans une prison corse pour se rapprocher de leurs familles et faciliter leurs visites. A chaque fois l’administration de la Justice a refusé et les nationalistes locaux ont crié à « la vengeance d’Etat ». Ils n’ont pas tout à fait tort et il y a sans doute un peu de ça tant le crime d’assassinat d’un préfet par un indépendantiste corse avait marqué la République.

Il n’y a pas d’automaticité, ni dans l’inscription ni dans la radiation d’un détenu au répertoire des DPS. Une circulaire de 2007 régit les conditions de décision d’inscription/radiation au fichier DPS prise par l’administration sur avis d’une commission synthétisé par le procureur. En gros, un détenu peut être sorti de la liste si : 

« Les détenus qui ont été inscrits au répertoire des DPS doivent être radiés lorsque les raisons qui avaient motivé leur inscription ont disparu. »

https://rehve.fr/wp-content/uploads/GOVFR_Circulaite-DPS-2007.pdf

A priori, Colonna et ses deux complices ne sont pas rentrés dans cette catégorie puisque l’administration s’est systématiquement opposée à la radiation des trois condamnés corses du fichier DPS. Bien malheureusement pour le premier qui a été agressé ce 2 mars par un détenu djihadiste qui l’a laissé moribond. Il est depuis à l’hôpital toujours dans le coma, entre la vie et la mort. L’agresseur détient une double nationalité franco-camerounaise, a été arrêté par l’armée américaine en Afghanistan en 2012 et remis aux autorités françaises en 2014. Il a alors été condamné à neuf ans de prison. Il a expliqué son geste contre Colonna parce que celui-ci aurait « insulté Dieu ». On n’en sait pas plus sinon que Yvan Colonna était plutôt qualifié de détenu « modèle » ce dernières années et que la présence de ces deux individus laissés seuls sans surveillance dans une salle de sport est inexplicable. Il aurait fallu 8 minutes avant que des gardiens les séparent. Le tout a été filmé par des caméras de surveillance et une enquête pour tentative d’assassinat est en cours.

Depuis cette regrettable agression la Corse est dans la rue pour manifester sa colère à coup d’assaut contre les bâtiments publics qui sont incendiés et saccagés, les forces de l’ordre sévèrement attaquées par les manifestants. Les émeutes sont d’une rare intensité et risquent encore de s’aggraver si jamais Colonna ne s’en sortait pas. Il y a de nombreux blessés et les slogans habituels contre « l’Etat français assassin » (« Statu francese assassinu » en langue locale), les « Français de merde ! » et autres assimilations de la France au groupe Etat islamique.

Dans un communiqué, le président « autonomiste » de la collectivité de Corse appelle, notamment, à :

« Ouvrir un cycle politique nouveau dans les rapports entre l’Etat et la Corse. »

https://rehve.fr/wp-content/uploads/Corse_20220310_Communique-Simeoni.jpg

Il a raison. Si cette agression contre le militant indépendantiste Colonna dans une prison d’Etat française est évidemment regrettable, il faut en tout état de cause ouvrir le cycle politique de la décolonisation de la Corse pour accompagner ce territoire vers sa pleine souveraineté de façon apaisée et volontaire, « quoi qu’il en coûte ». C’est la seule solution pour sauver les vies des préfets et des indépendantistes.

La Guadeloupe continue à tirer sur les forces de l’ordre

Les émeutiers guadeloupéens continuent à tirer avec des armes à feu contre les forces de l’ordre. Un gendarme a été blessé hier d’un coup de fusil dans le genou. En parallèle les blocages de routes, pillages de commerces et dévastation de bâtiments se poursuivent pour manifester le refus de l’île des mesures de contraintes sanitaires.

Le procureur de la République en Guadeloupe a déclaré que ces émeutes étaient « parfaitement planifiées et organisées ». Un fonctionnaire de la police locale est accusé d’avoir participé à l’organisation des émeutes. Il vient d’être placé sous mandat de dépôt.

Les émeutiers des DOM-TOM sont armés et hésitent de moins en moins à s’en servir. C’est une spécificité de ces confettis de l’Empire qui en dit long sur leur rejet de tout ce qui vient de la métropole. Les syndicats s’associent avec enthousiasme à la contestation :

Depuis le 17 juillet 2021, 10 Organisations Syndicales, des Associations et Mouvman Kiltirèl, des structures politiques réunies au sein du Collectif contre le pass-sanitaire, contre l’obligation vaccinale, pour la défense des droits et libertés fondamentales se battent pour informer, expliquer et convaincre l’opinion guadeloupéenne de l’iniquité de la loi du 5 août 2021. Nous avons ainsi fait savoir aux autorités de Guadeloupe et gouvernementales que nous considérons que cette loi est inapplicable en Guadeloupe. Jusqu’à aujourd’hui, ni les élus de Guadeloupe, ni le gouvernement n’ont daigné porter la moindre considération aux revendications du Collectif en lutte, alors qu’ils s’inspirent de notre programme de revendications afin de mettre en œuvre des mesures immédiates, notoirement insuffisantes, afin de calmer la colère de la jeunesse. Et, toujours la même réponse du pouvoir colonial : la répression…

http://ugtg.org/spip.php?article2630

Il faut effectivement libérer la Guadeloupe de l’oppression et entamer un processus de décolonisation au plus vite sur le modèle de celui encours en Nouvelle Calédonie !

La Guadeloupe toujours à la pointe de son combat contre la politique sanitaire de « l’Etat colonial »

La violence perdure en Guadeloupe où les syndicats anti-passe, antivaccin, en réalité, antitout ce qui vient de la métropole, exceptés les transferts financiers, après avoir occupé le Conseil régional fin décembre, continue à manifester, bloquer, brûler et soutenir mordicus les personnels de santé refusant d’appliquer la loi nationale leur imposant de se faire vacciner contre la Covid-19. Dans le même temps, le département est sévèrement touché par la pandémie compte tenu, notamment, du faible taux moyen de vaccination de la population. L’application de cette loi nationale dont ils exigent l’annulation pour la Guadeloupe a d’ailleurs été reportée pour les DOM au 31 décembre contre le 15 septembre dans le reste du pays. Cela veut dire que les contrats de travails des personnels de santé récalcitrants n’ont pas été suspendus, sans salaire, comme en métropole. Mais le 31 décembre étant maintenant passé, la lutte continue !

Appel UGTG à manifester le 08/02/2022

Pour fêter la nouvelle année, les manifestants ont assiégé le centre hospitalier-universitaire de Pointe-à-Pitre ce 4 janvier et séquestré le directeur et son adjoint, qui reçoivent régulièrement des menaces de mort et ont dû être exfiltrés par la police sous les huées, et les coups et jets d’urine des manifestants. Des suites judiciaires sont en cours. Une nouvelle manifestation est programmée ce samedi, en plus des blocages et dégradations permanents. Les contestataires savent qu’ils ont toutes les chances d’obtenir satisfaction tant leur capacité de nuisance est notable et la mollesse de l’Etat est incitatrice.

La solution pour un futur apaisé s’appelle toujours l’indépendance avec pension alimentaire !

Lire aussi : https://rehve.fr/2021/11/la-guadeloupe-en-feu-encore/

Les DOM cassent tout

Toujours à l’affut d’un sujet pour contester la métropole, les départements d’outre-mer français s’enflamment depuis quelques jours contre l’obligation faîte au personnel soignant, aux pompiers et à quelques autres corps de métiers en contact avec le public d’être vaccinés contre la Covid.

Les émeutes et les grèves générales se multiplient en Guadeloupe, en Martinique, en Guyane et même à Tahiti. Aux Antilles, malgré un couvre-feu en vigueur, les nuits sont violentes, bâtiments en flamme, barrages routiers, racket des automobilistes, blocage d’accès aux hôpitaux, abattages d’arbres sur les routes, pillages de magasins, voitures béliers écrasant les gendarmes, tir d’armes à feu contre les forces de l’ordre, etc.

Nous l’avons dit précédemment, ce conflit devrait se résoudre comme les précédents avec le retrait des mesures nationales ne « plaisant » pas aux syndicats des DOM et des enveloppes budgétaires revues en hausse à distribuer pour calmer les esprits. D’ailleurs le gouvernement a annoncé cette nuit le report de l’obligation vaccinale au 31 décembre.

Lire aussi : https://rehve.fr/2021/11/la-guadeloupe-en-feu-encore/

Plus original, le ministre des DOM-TOM actuellement en visite dans ces territoires a annoncé que « le gouvernement est prêt à parler d’autonomie ». Il semble que cette déclaration plutôt novatrice ait été provoquée par des demandes d’élus guadeloupéens pour plus de décision locale. C’est une bonne nouvelle qu’il reste maintenant à mettre en œuvre. Ce sera à l’évidence un processus long, et couteux pour les contribuables, mais nécessaire pour enfin responsabiliser ces confettis de l’Empire qui méritent leur indépendance ou, à tout le moins, une forte autonomie comme celle instituée en Nouvelle-Calédonie, étape incontournable avant le grand saut vers l’indépendance.

Si l’on en juge par les textes syndicaux publiés notamment par l’UGTG on mesure que les négociations ne vont pas être faciles. On ignore actuellement la position de l’UGTG sur les évacuations de malades sur la métropole ou les renforts médicaux envoyés par Paris lors des derniers épisodes épidémiques de la Covid.

C’est le prix à payer pour s’être enferrés si longtemps dans ce non-sens statutaire d’avoir donné la position de département français à des iles exotiques et lointaines. Les négociations vont surtout être couteuses pour les contribuables car il va falloir payer pour aplanir les difficultés. Quand on se souvient que la Guadeloupe avait rejeté par référendum en 2003 à 73% l’idée d’un statut de « collectivité administrée par une assemblée unique » pour remplacer celui de département, la Martinique l’avait refusé à 50,5%, on mesure que la route va être longue avant l’indépendance…

On est néanmoins sur la bonne voie, à court terme on cède aux émeutiers et à plus long terme on pose la question de l’autonomie avec les élus.

La Guadeloupe en feu, encore…

La Guadeloupe, jamais en reste de sujets de révolte contre la « France coloniale », s’appuie cette fois-ci sur l’obligation vaccinale imposée au personnel soignant, pour pouvoir travailler dans les hôpitaux, pour mettre l’archipel à feu et à sang. Le syndicat UGTG (Union Générale des Travailleurs de Guadeloupe) a lancé les hostilités et depuis quelques jours c’est l’arsenal habituel qui est déployé : blocage de routes et d’accès (au centre hospitalier universitaire de Pointe-à-Pitre notamment), barrages divers, émeutes nocturnes, incendies de bâtiments, tirs d’armes à feu contre les forces de l’ordre, etc. afin de s’opposer à « ces soldats de la vaccination forcée, à ces sbires de l’ordre macroniste, à ses Cadres de direction et à ces Médecins défroqués ».

Le préfet local impose un couvre-feu nocturne, le gouvernement parisien envoie des forces de l’ordre, y compris le RAID et le GIGN utilisés d’habitude pour les actions contre le terrorisme, le grand banditisme ou les actes de folie individuelle, la « dignité du peuple guadeloupéen » est mise à rude épreuve et les réactions outrées se multiplient. Si la routine habituelle en ces circonstances s’applique une nouvelle fois, la violence devrait perdurer encore quelques jours puis un accord dérogatoire sera consenti aux émeutiers, quelques enveloppes seront distribuées et le contribuable sera mis à contribution pour financer ces enveloppes et réparer les dégâts provoqués par les émeutes.

Lire aussi : Les DOM-TOM à la pointe du combat contre les vaccins – Hit the road Jack… (rehve.fr)

Plus que les autres confettis de l’empire la Guadeloupe est coutumière de ces flambées de violence et le phénomène ne s’arrêta qu’avec l’indépendance de ce territoire. Hélas, cette échéance, souhaitable pour tous, mais pas forcément souhaitée par l’ensemble des parties, semble s’éloigner alors que la Nouvelle-Calédonie pour laquelle un vrai processus de décolonisation est en route, a l’air de reculer devant l’obstacle du prochain référendum prévu en décembre prochain.

La souveraineté rendue à ces confettis sera l’unique solution pour réussir à rendre à ces territoires le sens de leurs responsabilités et retrouver leur « dignité perdue ». Nous y viendrons un jour tant le statut actuel est inefficace et générateur de frustrations. Le plus tôt serait le mieux.

Lire aussi : Des intellectuels appellent à la poétique dans les DOM-TOM : vaste tâche ! – Hit the road Jack… (rehve.fr)

AU NOM DE LA LOI DE LA REPUBLIQUE !

Ils n’ont que cette expression à la bouche. Au nom de la loi de la république ! C’est donc en vertu de cet adage, qu’ils ont décidé de nous punir. De nous punir d’avoir osé braver le maître, d’avoir osé nous dresser pour dire notre inquiétude, nos incertitudes, nos doutes et DIRE NON, AN PA DAKÒ !

Ce sont les mêmes qui ont indemnisé les esclavagistes en 1849, pérennisant le racisme et la discrimination pour l’éternité, … AU NOM DE LA LOI DE LA REPUBLIQUE !

Ce sont les mêmes qui ont tué au total plus d’une centaine de Guadeloupéens en 1910, en 1925, en 1930, en 1952, en 1967, en 1985, … sans jamais qu’un militaire français ne soit condamné, … AU NOM DE LA LOI DE LA REPUBLIQUE !

Ce sont les mêmes qui ont volontairement empoisonné la Population Guadeloupéenne au chlordécone et qui, aujourd’hui, osent nous parler de « responsabilité partagée dans le cadre d’un aveuglement collectif »,… AU NOM DE LA LOI DE LA REPUBLIQUE !

Ce sont les mêmes qui maintiennent notre Pays et note Peuple dans un sous-développement latent, sous la domination des descendants d’esclavagistes pour mieux nous asservir, pour mieux nous domestiquer, …

AU NOM DE LA LOI DE LA REPUBLIQUE !

Extrait d’une publication de l’UGTG du 26/10/2021

Retournements de veste en série après l’assaut contre le Capitole à Washington

L’invasion du Capitole de Washington par une bande furieux ce 6 janvier aura fait finalement cinq morts. Trois sont décédés à l’extérieur d’attaques cardiaques et autres pathologies ; dans l’enceinte même du bâtiment, un policier est mort de ses blessures le lendemain après avoir été frappé à coups d’extincteurs, une manifestante a été atteinte par un tir de la police. L’un des agresseurs portait un T-shirt siglé « Camp Auschwitz – Works brings freedom » autour d’une tête de mort, un autre était affublé de cornes de bisons et d’une peau de bête, certains couraient avec un drapeau confédéré au vent, une partie de la foule avait élevé une potence et appelait à « pendre » le vice-président qui avait « trahi » son chef en acceptant de valider la victoire de son successeur… Pendant ce temps, les parlementaires, le vice-président et le personnel avaient été évacués dans les parkings pour les mettre à l’abri.

C’est maintenant l’heure des retournements de veste en série. Un certain nombre de conseillers et de ministres du président Trump démissionnent huit jours avant son départ définitif de la Maison-Blanche arguant qu’il avait incité les manifestants, venus le soutenir physiquement, à envahir le Capitole. Ces démissionnaires de la dernière heure ne sont guère crédibles après avoir cautionné quatre années durant les actes de leur président. Tout ce petit monde a sans doute eu rétrospectivement peur que l’assaut du Capitole se soit terminé bien plus mal compte tenu de la passion américaine pour les armes et les tueries de masse réalisées régulièrement dans ce pays par des furieux encore plus furieux que la moyenne. La police a retrouvé quelques explosifs dans les véhicules de manifestants.

On a sans doute évité le pire pour cette fois mais ça n’est peut-être que partie remise. Il est à craindre qu’il n’existe parmi l’extrême droite quelques furieux-furieux capables de commettre un meurtre de masse dans l’enceinte d’une institution comme le Capitole. 15 000 hommes armés de la Garde nationale sont actuellement déployés dans la capitale afin de protéger la cérémonie d’investiture du nouveau président le 20 janvier prochain, et dans le même temps les réseaux dits « sociaux » fréquentés par les furieux fourmillent d’appels à manifestation dans différentes villes le 20 janvier.

Tout le monde tombe maintenant à bras raccourcis sur le président Trump après ce qu’il s’est passé au Capitole. En réalité les primo-coupables sont les furieux et ils sont activement recherchés. Certains ont déjà été arrêtés ce qui a été grandement facilité par leur propension à s’autofilmer avec leurs téléphones mobiles, à visages découverts, et à diffuser leurs exploits plus ou moins en direct sur les réseaux dits « sociaux ». Trump est bien sûr leur guide « spirituel » et il n’a cessé d’attiser leur colère. Le journal New York Times a analysé ses 11 500 tweets diffusés durant les trois premières années de sa présidence sur son compte personnel. Cela fait une moyenne de 10 tweets par jour qu’a priori il rédige le matin et le soir lorsqu’il est seul chez lui et donc non influencé par ses conseillers. Ces messages racontent donc la vraie pensée du président et son moyen de gouverner. Il y a des insultes et des fautes de grammaire, des contre-vérités et de la démagogie, mais aussi des décisions politiques (il a viré un certain nombre de ses ministres via ce réseau), bref, tout ce qu’il faut pour motiver la bande de furieux du Capitole dont on va encore entendre parler, même après le départ de leur héros de la présidence.

Les électeurs américains ont élu le président Trump en 2016 et il a gouverné à sa façon durant quatre ans. 74 millions lui ont renouvelé leur confiance en 2020 ce qui ne fut pas assez pour assurer sa réélection. Les Etats-Unis d’Amérique doivent maintenant se dépatouiller de cette situation et des furieux qu’elle a engendrés. Le problème Trump semble presque derrière nous mais il faut désormais gérer ses enfants. Pas sûr que la politique de la main tendue annoncée par le nouveau président ne soit efficace. On ne sait d’ailleurs pas bien quoi lui suggérer pour rétablir ce pays dans les clous d’une cohabitation apaisée entre ses citoyens. A moins que l’ensemble de l’occident ne bascule dans le trumpiste ce qui n’est pas totalement à exclure. Ce serait la fin de la démocratie telle que nous l’entendons aujourd’hui. On a les dirigeants que l’on mérite !

Trop morts de rire les ennemis des Etats-Unis d’Amérique…

Après les émeutes de Washington qui ont vu une bande de furieux envahir le Capitol et fait cinq morts dont un policier à l’intérieur du parlement, tué à coups d’extincteur, les pays autoritaires ennemis de l’Amérique se tiennent les côtes devant l’évènement et n’ont pu s’empêcher de diffuser des messages ironiques sur la démocratie américaine. C’est de bonne guerre compte tenu des leçons de morale que les démocraties occidentales leur assènent régulièrement.

Un porte-parole du ministère chinois des affaires étrangères a souhaité un « retour à l’ordre » tout en notant que lors de l’invasion du parlement de Hong-Kong par des manifestants prodémocratie les réactions de personnalités américaines avaient été fort différentes, mais que fort heureusement il n’y avait pas eu de mort à Hong-Kong.

Un élu russe, Konstantin Kosachev, président de la commission des Affaires étrangères de la chambre haute du Parlement, a proclamé que « la fête de la démocratie est terminée » en plaignant l’Amérique « boîtant des deux pieds ».

Et l’Iran bien sûr a ironisé par la voix de son président sur la « grande nation américaine » dirigée par un populiste qui a provoqué un désastre, en espérant que les prochains dirigeants américains en tiendront compte.

La leçon de tout ceci est que nos démocraties devraient à l’avenir s’abstenir de donner des leçons de gouvernance à la planète entière sur comment elles doivent se tenir. Organisons nos pays comme nous l’entendons et laissons les autres faire de même. Si nos Etats veulent promouvoir la démocratie chez les autres, qu’ils le fassent de façon discrète sans le claironner, exactement de la même façon que la Russie, par exemple, tente de saper les démocraties avec des cyberattaques d’ampleur et autres actions de soft power tout en niant continuellement en être à l’origine, même devant l’évidence. Et même en matière de hard power, on se souvient que lors de l’invasion de la Crimée ukrainienne par la Russie en 2014, les militaires russes ne portaient aucun insigne pouvant les rattacher à Moscou et, une fois avéré qu’ils étaient russes, le président Poutine avait déclaré, sans rire, qu’il ne pouvait pas empêcher ses citoyens d’aller passer leurs « vacances » en Crimée si tel était leur bon plaisir ! Ce n’est qu’une fois l’opération militaire aboutie par les « forces d’autodéfense » que le parlement de Crimée demanda son rattachement à la Russie, demande qui fut acceptée.

Agissons dans le respect de nos règles démocratiques plutôt que de communiquer, voici une tactique qui devrait d’ailleurs s’appliquer dans bien d’autres domaines.

Une fin de parcours en apothéose

Donald Trump

Le président des Etats-Unis d’Amérique Trump est en train de finir son mandat de quatre ans comme il l’avait entamé : en apothéose. Et il est même peut-être prématuré de parler de fin de mandat car il lui reste encore quinze jours avant de remettre les clés du camion à son successeur, soit encore largement assez pour nous surprendre.

Après avoir refusé d’admettre sa défaite à l’élection présidentielle du 3 novembre il a promu une manifestation de ses supporters hier à Washington à qui il a délivré un discours habituel sur cette « élection volée » et appelé ceux-ci à « marcher » sur le Capitole. Il n’y a pas eu besoin de leur répéter longtemps et ce Capitole étant situé à quelques centaines de mètre de la Maison Blanche, à 20h, heure locale, une horde de furieux cassait vitres et portes et entrait dans ce bâtiment. Les forces de sécurité n’ont pu empêcher cette invasion et on a vu circuler des photos redoutables de certains de ces furieux parader dans les bureaux des dirigeants du Parlement, dont celui de Nancy Pelosi, 80 ans, présidente de la Chambre des représentants.

Les parlementaires qui étaient en train de certifier l’élection du nouveau président ont été évacués par la police avant de pouvoir reprendre leurs travaux. Une femme a été tuée par la police à l’intérieur du Capitole et trois autres décès ont été constatés aux alentours, sans avoir plus de précisions sur les causes de ces morts. Les images de l’invasion du Capitole ont à ce point bouleversé les non-trumpistes que les réseaux dits « sociaux » ont suspendu les comptes de Donald Trump, notamment sur Facebook et Twitter. Ces deux réseaux étant le mode de communication favori de ce président tragico-comique, l’oiseau voit ainsi ses ailes un peu rognées pour le moment.

On a les dirigeants que l’on mérite. Trump a été élu, il est venu et il a gouverné à sa façon qui a quand même satisfait plus de 70 millions d’électeurs qui viennent de revoter pour lui. La majorité a choisi son successeur, voyons-le maintenant à l’œuvre mais il va bien devoir compromettre d’une façon ou d’une autre avec les 70 millions de trumpistes qui ne vont pas disparaître d’un coup.

En moins dramatique, la France a connu un épisode similaire lorsqu’en décembre 2018 une même horde de furieux a dégradé l’Arc de Triomphe au cours d’une manifestation, prenant des selfies assis sur le monument au soldat inconnu. Quelques émeutes plus tard, ils tentent de pénétrer dans le ministère du porte-parolat du gouvernement après avoir défoncé la porte d’entrée avec un véhicule de chantier volé. Certains se dirigent vers l’Elysée en affirmant leur objectif d’y « entrer » de force, ce qu’ils n’ont pas pu faire pour le moment.

Nos vieilles démocraties, de l’Amérique du nord à l’Europe, sont confrontées à l’émergence de ces populations insatisfaites renonçant aux méthodes de revendication habituelles, contestant tout ce qui vient du « système » et élisant des dirigeants à la Trump ou à la Bolsonaro (au Brésil). C’est l’échec de la démocratie telle qu’elle a été conçue par nos parents au lendemain de la IIème guerre mondiale. Nous vivons aujourd’hui un drame de la bêtise, des pays sont gouvernés sur Twitter, les réseaux dits « sociaux » prennent le pouvoir en 140 signes, la publicité abrutit les populations, des journalistes érigent l’absence de réflexion en mode de fonctionnement, des hommes politiques diffusent des images de leur sexe sur Facebook, d’autres sont condamnés en justice pour fraude fiscale ou détournement d’argent public, des joueurs de fouteballe sont décorés de la légion d’honneur, le dogme religieux empiète de plus en plus sur la raison, la vulgarité prend le pouvoir, des théories foutraques inspirent les gouvernants, la « vérité alternative » se glisse dans la politique, chacun menace et injurie son prochain… Dans beaucoup de pays une fantastique énergie est dépensée à flux continus pour critiquer et geindre en permanence plutôt qu’agir. La France, elle, se désagrège sans doute plus rapidement que ses voisins européens.

C’est ainsi et nous devons assumer la responsabilité collective de cette décadence. Personne ne sait où elle nous mènera, nos enfants sont en train de prendre le relais en élisant des dirigeants « populistes ». Peut-être vont-ils instaurer un nouveau mode d’organisation de la société qui balayera toutes les certitudes sur lesquelles les générations précédentes ont bâti le monde occidental ? Les institutions démocratiques actuelles leur en donnent le droit et leur en offre l’opportunité. L’exigence d’intelligence et de démocratie est en train de se dissoudre dans les réseaux dits « sociaux ». L’avenir dira si l’on peut gouverner et survivre sans intelligence !

Lire aussi : Le crépuscule des bobos, l’envol des ploucs ! – Keep on rockin’ in the free world (rehve.fr)

Emeutes et vulgarité

Jean-Marie Bigard, humoriste à la lourdeur incommensurable, soutien des gilets jaunes et du professeur Raoult, se fait insulter lors d’une émeute de ses amis à laquelle il voulait s’associer cette après-midi à Paris en se faisant traiter « d’enculé », « on n’en veut pas », « espèce de nazi, va » ou « Bigard collabo ». Il est exfiltré dans une pizzeria par des gros bras qui l’y mettent à l’abri. Sont-ce ses gardes du corps ? Auquel cas le garçon aurait montré une certaine prudence quant à la qualité de l’accueil qu’il recevrait…

Ceux qui voudraient le soutenir dans ce moment difficile peuvent acheter son T-Shirt 20 euros au lieu de 25, en vente sur sa page Facebook :

On se souvient par ailleurs que Bigard avait rendu visite au pape en 2007 dans une délégation accompagnant le président de la République Sarkozy, visite qu’il avait qualifiée de « kif absolu ». Evidemment, l’accueil a dû être plus serein au Vatican que sur les ronds-points. Récemment le président de la République Macron lui avait téléphoné pour recueillir son avis sur la gestion de la crise sanitaire… On croit rêver !

Le mieux serait que les dirigeants français aillent voir les spectacles de l’humoriste pendant leurs heures de loisirs s’ils sont attirés par la subtilité de son humour, mais qu’ils évitent de le mêler à la politique de la Nation pour laquelle il lui manque encore quelques compétences.

Le casseur condamné

Lors des émeutes hebdomadaires qui ponctuent les samedis depuis novembre 2018, la stèle du Maréchal Juin sise Place d’Italie à Paris avait été consciencieusement détruite au pied de biche ce 16 novembre par un sauvageon en direct sur les réseaux dits sociaux et les chaînes de télévision d’information en continue. Après analyse de ces nombreuses images, la police a pu arrêter le destructeur qui a été présenté devant la Justice. Il vient d’être condamné à 2 ans de prison dont 1 ferme, et au remboursement des frais de 72 000 euros.

Le garçon serait un chômeur de 31 ans qui a déclaré à la radio :

“J’ai craqué, j’ai déconné grave, je ne savais pas que c’était le maréchal Juin, mais quand on se fait gazer, le corps se met en mode survie”

En principe il ne devrait pas être incarcéré mais bénéficier d’une « peine aménagée ». Au moins aura-t-il sans doute appris à l’occasion de son procès qui était le Maréchal Juin !

Ce qui est plutôt comique dans cette histoire est que toutes ces actions illégales sont systématiquement filmées sous tous les angles par les téléphones de badauds et d’émeutiers qui s’empressent ensuite de les mettre en ligne produisant ainsi la matière aux recherches de la police et aboutissant très souvent à l’arrestation des impétrants.

Les émeutiers : le retour !

Riss – Charlie Hebdo 2018

Les émeutiers se rappellent au bon souvenir des citoyens. 30 à 40 000 mille personnes ont défilé dans les rues du pays ce samedi et 3 à 400 énergumènes-sauvageons se sont distingués en dévastant la place d’Italie à Paris, détruisant un monument commémoratif à la mémoire du maréchal Juin (ils ignorent probablement qui est ce militaire), empêchant les pompiers d’éteindre les incendies qu’ils avaient allumés, détruisant toutes les vitrines leur tombant sous les mains, balançant pavés et projectiles divers sur les forces de l’ordre, le tout en direct sous l’œil des caméras de la presse et des téléphones portables de leurs coreligionnaires. Le film sous smartphone est une activité à forte intensité dans ces émeutes.

M. Mélenchon, après avoir qualifié il y a quelques jours les forces de l’ordre de « barbares » accuse aujourd’hui la police républicaine de s’être transformée en « milice gouvernementale ». Mme. Le Pen de son côté parle d’un ministre de l’intérieur « incompétent et complice ». La presse ne parle que des casseurs, convoque ses experts de plateaux télévisés pour mouliner à l’infini sur la stratégie policière, les sondages à chaud montrent que la moitié des français soutiennent ces évènements… bref, un samedi désormais ordinaire dans une République à la dérive !

Idéalement il faudrait pouvoir attraper ces casseurs, leur donner une fessée cul-nu en place publique et en direct sur YouTube et Facebook, puis les faire travailler gratuitement le temps qu’il faudra pour réparer ce qu’ils ont cassé, mais nos démocraties souffrent par là où elles pêchent : le respect de l’Etat de droit. On ne sait pas pour le moment remettre en service des lois ou tribunaux d’exception. Les émeutiers le savent et s’en donnent à cœur joie, à peu près assurés de leur impunité, ou, au pire, de peines légères.

Tout aussi inquiétantes sont les réactions du personnel politique d’opposition lançant des mots déplacés de « milice » et de « complicité » à l’encontre des forces de sécurité et de leurs responsables. C’est encore plus irresponsable de la part d’élus censés être… responsables et non pas jeter de l’huile sur le brasier. Les déclarations, et les comportements, de Mélenchon sont significatives à cet égard. Dévoré par son ambition, préoccupé de rattraper le terrain politique perdu, il fait feu de tout bois sans foi ni loi et aura à porter une part de responsabilité si la situation de chaos actuelle s’aggrave encore. Pour le moment cela ne semble pas lui rapporter de succès électoral !

Bourses étudiantes et démagogie

A la suite de la tentative de suicide d’un étudiant voulant lutter contre la précarité dont lui et les siens ont à se plaindre, un mouvement estudiantin a été déclenché pour porter ses revendications avec, notamment, l’arrachage de la grille d’entrée du ministère en charge des universités à Paris. Le mode opératoire n’est pas neutre puisqu’il s’est immolé par le feu devant le CROUS de Lyon, institution en charge du versement des bourses. Cela rappelle les suicides de bonzes au Vietnam pour lutter contre la répression antibouddhiste dans les années 70’ ou la mort dans les mêmes conditions d’un jeune tunisien qui fut le déclencheur en 2010 de ce qu’on appelle depuis les « printemps arabes » et dont les résultats finaux furent mitigés, en tous cas pour ce concerne l’instauration de la démocratie. L’étudiant lyonnais est toujours entre la vie et la mort.

Si l’on tente de dépasser la légitime émotion provoquée par un tel drame, on peut essayer de faire preuve d’un peu de raison pour analyser la situation. Il semble que le garçon triplait sa deuxième année de licence (on ne sait pas dans quelle spécialité). Les conditions de maintien des bourses étudiantes sur critères sociaux sont aussi soumises à des critères de validation de trimestres ou d’années. Ces conditions sont détaillées sur le site du ministère de l’enseignement supérieur (Modalités d’attribution des bourses d’enseignement supérieur sur critères sociaux, des aides au mérite et des aides à la mobilité internationale pour l’année 2018-2019) et stipulent que pour bénéficier d’une troisième année de bourse l’étudiant doit avoir validé « … au moins 60 crédits, 2 semestres ou 1 année ». Il semble que l’étudiant lyonnais ne remplissait plus cette condition d’où l’arrêt du paiement de sa bourse. Tripler une seconde année de faculté semble indiquer que l’orientation prise n’était peut-être pas la plus adaptée au profil du demandeur d’où, sans doute, le plafond prévu dans le règlement afin d’inciter l’étudiant à passer à autre chose.

Si l’on veut changer ces règles il suffit d’en débattre quand l’émotion actuelle sera passée ; on peut déplacer la limite de validation, vers le haut ou vers le bas, cela coûtera ou économisera, ou carrément supprimer toute conditionnalité de validation. Nous avons pour ce faire un parlement où des élus sont en train de travailler sur le budget de l’année et classe les priorités par ordre d’importance quand toutes ces priorités devraient être numéro 1 quand on écoute leurs bénéficiaires… Il convient malgré tour de décider des priorités et même des principes généraux : faut-il que l’Etat (donc le contribuable) prenne-t-en charge intégralement ou partiellement tous les étudiants, seulement certains ? Si oui, de quel montant et sur quelles ressources (où et à qui faudra-t-il prendre l’argent nécessaire) ? Faut-il favoriser le travail des étudiants pour qu’ils se constituent un revenu annexe lorsque nécessaire (a priori c’est déjà le cas pour un étudiant sur deux), comment et à quel niveau les familles peuvent/doivent participer à l’aide aux étudiants ? A la fin, et comme toujours c’est une affaire de sous et d’égalité/inégalité. Certains sont plus défavorisés que d’autres même si le système français de redistribution tend à atténuer ces différences.

Nous sommes encore dans une République où il existe des lieux de débat et de décision démocratiques. Ce sont les voies à privilégier plutôt que les manifestations violentes pour porter des revendications diverses et, bien sûr, les actes désespérés comme celui que nous avons à déplorer.

Avant de commettre sa tentative de suicide, l’étudiant aurait publié sur Facebook le message ci-dessous rapporté par le syndicat « Solidaires étudiant-e-s » dont il était membre :

« Aujourd’hui je vais commettre l’irréparable. Si je vise donc le bâtiment du CROUS à Lyon, ce n’est pas par hasard. Je vise un lieu politique, le ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche, et par extension, le gouvernement.
Cette année, faisant une troisième I2, je n’avais pas de bourse, et même quand j’en avais une, 450 euros par mois, est-ce suffisant pour vivre ?
J’ai eu de la chance d’avoir des personnes formidables autour de moi, ma famille et mon syndicat, mais doit-on continuer à survivre comme nous le faisons aujourd’hui ?
Et après les études, combien de temps devons-nous travailler, cotiser pour une retraite décente ? Pourrons-nous cotiser avec un chômage de masse ?
Je reprends donc une revendication de ma fédération de syndicat aujourd’hui, avec le salaire étudiant, et d’une manière plus générale, le salaire à vie, pour qu’on ne perde pas sa vie à la gagner.
Passons à 32 heures de travail par semaine, pour ne pas avoir d’incertitude vis-à-vis du chômage, ce qui conduit des centaines de personnes comme moi chaque année à ma situation, et qui meurent dans le silence le plus complet.
Luttons contre la montée du fascisme, qui ne fait que nous diviser et crée du libéralisme qui crée des inégalités.
J’accuse Macron, Hollande, Sarkozy et l’UE de m’avoir tué en créant des incertitudes sur l’avenir de tou-te-s. J’accuse aussi Le Pen et les éditorialistes d’avoir créé des peurs plus que secondaires.
Mon dernier souhait, c’est aussi que mes camarades continuent de lutter pour en finir définitivement avec tout ça.
Vive le socialisme, vive l’autogestion, vive la sécu.
Et désolé pour l’épreuve que c’est.
Au revoir.»

Convergence ou coagulation

Riss – Charlie Hebdo 2018

Les râleurs continuent de râler, tout le monde réclame des sous, certains en obtiennent (que les autres vont devoir payer), les préavis de grève se multiplient. Rien ne va : les retraites, le pouvoir d’achat, le fonctionnement des hôpitaux, les prix agricoles, les impôts trop hauts, les dépenses trop faibles, les bourses étudiantes insuffisantes, etc.

Pendant ce temps la presse glose pour savoir si l’on risque une « coagulation des revendications », une « convergence des luttes », une « fédération des colères » ou une « cristallisation des actions » samedi prochain pour le premier anniversaire du déclenchement des émeutes de novembre 2018. Les experts de plateaux télévisés s’échangent des sondages sur les sentiments de Mme. Michu mais toujours aussi peu d’analyse ni de pédagogie pour expliquer à ladite Mme. Michu que ce qui sera donné d’une main sera évidemment repris de l’autre.

Et comme le président de la République a déjà plus ou moins annoncé l’enterrement de première classe du plafond de déficit des finances publiques fixé à 3% du produit intérieur brut, toutes les corporations se lèchent les babines en se préparant à mordre avec bonheur dans la dépense publique pour arracher la part la plus grosse. On dirait une volée de ménagères guettant l’ouverture des Galeries Lafayette le premier jour des soldes !

Les émeutiers à l’œuvre

Avec toute la subtilité dont ils sont capables, certains des émeutiers qui empoisonnent la vie de la majorité des citoyens tous les samedis depuis novembre 2018, faisant face aux forces de l’ordre leur ont crié « suicidez-vous, suicidez-vous » ! Alors qu’étaient publiées des statistiques sur le taux important de suicide au sein des forces de l’ordre, ces « conseils » s’avèrent d’un extrême mauvais goût et montrent le niveau de perversion de leurs auteurs. Ils marquent surtout leur volonté de briser et de détruire, après les biens ils s’attaquent aux âmes. C’est un vrai mouvement révolutionnaire organisé qui est à l’œuvre. Il est peu probable qu’il arrive à faire vaciller la République mais on comprend l’inquiétude du pouvoir face à cette capacité de nuisance. C’est sans doute la raison pour laquelle il a été décidé de distribuer les 17 milliards annoncés pour tenter de calmer l’incendie.

Six mois d’émeute à Paris

Ce 1er mai a vu se réaliser la convergence des râleurs, le traditionnel défilé syndical a dû partager la rue avec les émeutiers qui l’occupent tous les samedis depuis six mois, y compris leur courant ultraviolent d’extrême gauche. Celui-ci s’est distingué à Paris notamment en attaquant ses habituelles cibles capitalistes ainsi que le commissariat de police du XIIIème arrondissement.

La CGT qui a l’habitude de la tête de ce genre de cortège a dû en rabattre un peu sur ses ambitions et, alors que son secrétaire général, l’ineffable moustachu Philippe Martinez, se préparait à asséner un « point-presse », des échauffourées entre la police et les émeutiers ont forcé le moustachu à reculer quelque peu et repousser son « point-presse ». Aussitôt la CGT s’est répandue contre les attaques « inouïes » des forces de police contre la liberté syndicale. La situation est assez risible et le citoyen se demande légitiment : « à quoi peut donc bien servir un point-presse de la CGT au milieu d’une manifestation du 1er mai ? ». La démocratie se remettra du report du « point-presse » de la CGT !

Moins drôle, un groupe d’émeutiers a envahi l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière en forçant les grilles d’entrée et tentant d’envahir un service de réanimation dont le personnel a réussi à bloquer l’entrée. S’en est suivi une polémique franchouillarde comme celles dans lesquelles notre personnel politique adore se vautrer plutôt que de s’attaquer à la résolution des vrais problèmes du pays, tâche pour laquelle ils sont rémunérés par les fonds prélevés sur les contribuables ! Le soir de cet évènement le ministre de l’intérieur l’a qualifié d’attaque, le lendemain la ministre de la santé a parlé d’intrusion et le monde politicard est immédiatement entré en ébullition appelant à la démission du ministre trop bavard, et bla-bla-bla, et bla-bla-bla. Les « envahisseurs » quant à eux clament leur innocence et le fait qu’ils fuyaient la « l’ultra-violence policière ». Ils ont fondé le collectif « les 34 de la Pitié » pour communiquer sur leur aventure et tout ce petit monde va sans doute porter plainte contre l’Etat… à suivre.

Les râleurs de tous ordres ne sont pas à l’abri d’une contradiction pour nourrir les polémiques sans fin qui leur tiennent lieu de succédané de politique. Quand l’Etat ordonne à ses forces de sécurité de rester statiques pour éviter trop d’affrontements directs : il laisse les casseurs dévaster les villes. Quand l’Etat organise ses forces vers plus de mobilité pour empêcher les casseurs d’agir, il est accusé « d’ultra-violence » ou de « répression inouïe », et bla-bla-bla, et bla-bla-bla. Ce qui est sûr c’est qu’après chaque manifestation la puissance publique engage les sous des contribuables pour nettoyer les rues, reconstruire ce qui a été détruit, et là, tout le monde trouve ceci normal. Personne n’a demandé à la République de laisser les rues en l’état avec des carcasses de voiture brûlées, des façades détruites ou simplement tagués, des boutiques dévastées, etc. Ce serait peut-être une solution pour qu’au moins sur ce sujet la France retrouve une certaine unité : oui le contribuable doit payer tous les weekends pour nettoyer les dégâts des émeutes.

Si une petite partie seulement de toute cette énergie verbeuse était consacrée sur comment financer intelligemment la vingtaine de milliards annuels qui vont être dépensés pour atténuer quelque peu les inégalités sociales qui ont déclenché ces émeutes depuis six mois, la France s’en porterait mieux. Hélas, comme toujours, la préférence est donnée à la polémique plutôt qu’à l’action, au débat futile plutôt qu’à la raison, à la querelle politicienne plutôt qu’à l’intérêt général. Ainsi va la vie publique de notre vieux pays.

Nos enfants vont payer


Nous nous demandions récemment qui allait devoir payer pour que les émeutiers cessent d’imposer leur chaos à la majorité. Le président de la République a donné la réponse hier soir à l’occasion d’une conférence de presse : ce sont nos enfants qui paieront pour maintenir notre niveau de vie d’aujourd’hui. Différentes mesures de baisses des dépenses publiques prises depuis deux ans sont annulées, de nouvelles dépenses sont annoncées et des impôts doivent baisser. C’est le cocktail classique en France depuis des décennies pour les sorties de crises sociales (le dernier budget de la nation voté en équilibre remonte à 1974) qui explique la situation tendue des finances publiques : on augmente les dépenses et on baisse les recettes, le résultat est explosif. C’est comme à la maison : la dette augmente.

Les bonnes résolutions sur la réduction des déficits et du niveau de dette sont jetées aux oubliettes, il est fort peu probable que les engagements électoraux du président vis-à-vis de ses électeurs comme de nos partenaires financiers de la zone euro puissent être tenus. Et comme il va bien falloir payer, et bien la République va emprunter des sous et nos enfants les rembourseront…

La première série d’annonces en décembre pesaient déjà une dizaine de milliards d’euros en année pleine, celles dévoilées hier ajoutent une autre dizaine, on en est donc maintenant à 20 milliards d’euros à distribuer pour arrêter les émeutes et acheter le calme social. Il n’est d’ailleurs pas sûr que l’objectif soit atteint tant les revendications des émeutiers sont irrationnelles. Une revue des « niches fiscales » dont bénéficient les entreprises devraient être lancées mais en excluant les deux principales que sont le crédit impôt recherche (CIR) et le crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE). Il y a sans doute assez peu de chance qu’une révision à la baisse des niches résiduelles permette de financer 20 milliards. Les méthodes habituelles devraient donner les résultats attendus : la dette publique va augmenter.

Les discours lénifiants sur les effets bénéfiques de cette injection de fonds publics sur la croissance sont évidemment servis, Keynes expliqué à Mme. Michu, mais on connaît maintenant les limites de cette tactique qui consiste à dépenser d’abord puis réformer ensuite, et la seconde étape passe toujours aux oubliettes bien entendu. C’est le drame financier de la France, qui continue !

Combien va-t-il falloir payer ?

L’agitation sociale dans la République depuis le mois de novembre 17’, fortement renforcée par des émeutes hebdomadaires du samedi d’une minorité de citoyens sur l’ensemble du territoire, n’en finit pas malgré l’annonce en décembre dernier de dépenses supplémentaires pour une dizaine de milliards d’euros en année pleine qui n’a pas calmé la contestation.

Un débat national a été organisé, sorte de psychothérapie de groupe pour tenter de canaliser les mécontentements et d’en tirer la substantifique moëlle en formalisant la volonté du citoyen. Il est prévu que le président de la République fasse sou peu des annonces susceptibles de renvoyer en douceur les émeutiers dans leurs pénates. Cela ne va pas être facile !

A défaut de savoir ce qui se trame dans la pensée présidentielle, les ministres annoncent des « mesures fortes », des « décisions puissantes », des « changements majeurs »… En fait, il va falloir payer et il n’y a plus de sous dans la caisse, c’est un classique français, d’autant plus grave cette fois-ci qu’a priori l’addition risque d’être très lourde, proportionnelle à la hauteur des exigences des émeutiers pour cesser leur révolte. Petit point de pédagogie : il ne serait pas inutile au passage de signifier aux citoyens le montant des dégradations de biens publics et privés subis un peu partout en France depuis six mois en précisant comment seront financées ces dépenses imprévues.

Comment payer ? Les solutions sont maintenant bien au point. Si l’on raisonne à niveau de dépenses publiques constantes, soit l’on augmente des impôts des uns pour baisser ceux des autres, soit, ce qui revient au même, on augmente les prestations sociales dont bénéficient les uns en baissant celle des autres ; si par contre on accepte que la République dépense plus qu’aujourd’hui, il suffit de désigner les bénéficiaires et ceux qui devront payer. Après il faudra déterminer combien transférer ou combien augmenter. Finalement c’est simple la politique !

La seule solution qui vaille est celle qui verrait la France reprendre le contrôle de son budget, comme le ferait n’importe quel ménage dans la difficulté, ce qu’elle n’a jamais réussi à faire depuis 45 ans (dernier budget voté en équilibre : 1974). Il s’agirait de procéder à une véritable baisse des dépenses publiques, non pas une baisse de la hausse, non plus une baisse du déficit, mais une diminution de ce que paye l’Etat de façon à équilibrer ses dépenses avec ses recettes. Bien entendu dépenser moins signifie que moins d’argent aboutira dans les poches des citoyens et il s’agit alors de répartir la pénurie de façon acceptable pour ceux-ci. Ce n’est pas facile, spécialement avec un peuple indiscipliné, mais il ne faut pas désespérer. C’est toute la noblesse du métier de gouvernant que de remettre sans cesse l’ouvrage sur le métier.

Leur nombrilisme les fait passer par la case tribunal

Certains des émeutiers qui ont pillé des magasins parisiens n’ont pas pu s’empêcher de publier des photos leurs butins sur les réseaux dits-sociaux. Il semble que la police regarde également ces réseaux, ils ont été arrêtés à leur domicile et traduits en justice. D’autres se vantaient bruyamment dans le train retour qui les ramenait chez eux le samedi soir après leurs pillages, ils ont été dénoncés par une passagère : la police les attendait sur le quai à leur arrivée. Les fruits de leurs rapines suffisaient à les identifier plutôt facilement.

Ce besoin irrépressible de tout publier de sa vie nuit parfois à la capacité de raisonnement des utilisateurs de ces Facebook et autres Twitter. Il faut se féliciter que, pour une fois, ces réseaux permettent d’appliquer la Loi.

L’armée est mobilisée

Critiqué de toutes parts, par les opposants de tous bord, les émeutiers et les non-émeutiers, les consultants de plateaux télévisés et Mme. Michu, risée des pays étrangers, le gouvernement français se sent obligé de faire quelque chose « de plus » pour essayer de mettre fin aux émeutes qui agitent le pays depuis plusieurs semaines, sur bases de revendications sociales plus ou moins révolutionnaires, et de simples besoins de détruire. Alors il a été décidé de déployer l’armée dès samedi prochain pour garder les bâtiments officiels et permettre ainsi aux forces de l’ordre classiques de se consacrer aux combats contre les émeutiers. Accessoirement quelques lampistes, dont le préfet de Paris, en charge de la sécurité nationale sont mutés ailleurs.

Les râleurs professionnels et les critiques de salon ne se gênent pas pour, le matin, agonir le laxisme de l’exécutif, et, le soir, attaquer l’engagement de l’armée sur des opérations de maintien de l’ordre. Les débats de café du commerce sont sans fin et pendant que l’on s’entredéchire bien confortablement installés devant un verre de blanc-sec, on oublie un peu qui sont les vrais coupables, ceux qui commettent cette violence, voire on les exonère sur le thème : « on peut les comprendre face à la violence sociale ».

Si se pose la question d’appuyer ou non sur la gâchette, la décision n’est pas facile à prendre ; grandeur et servitude du pouvoir absolu. On a vu un samedi un motard sortir son pistolet et la pointer sur des émeutiers qui commençaient à lyncher son groupe de trois policiers, il n’a pas tiré et cette arme a semblé faire reculer les factieux. Ce ne sera peut-être pas toujours le cas, une étincelle peut déclencher des tirs mortels, il n’est pas exclu que la frange extrémiste des émeutiers ne soit armée. L’implication de l’armée est une étape supplémentaire de répression, dangereuse, peut-être nécessaire. Elle peut donner de bons résultats, comme de moins bons… L’avenir à court terme le dira.

La morale de tout ceci est qu’il va falloir payer pour se sortir de cette insurrection, la répression n’y suffira pas, il faudra aussi des sous. C’est la méthode unique de résolution des conflits en France depuis des siècles. Il faut s’y préparer.