Velasquez au Grand-Palais

Velazquez_Grand-PalaisExposition Diego Velasquez au Grand-Palais : le peintre du roi Philippe IV. Il n’y avait pas Instagram au XVIIème siècle alors les toiles de Velasquez nous disent ce qu’étaient les grands de l’époque. Les tableaux sont essentiellement des portraits de la famille royale et de ses courtisans, en tenues civiles ou militaires, généralement sur fond sombre ou neutre, on sent toute l’importance de ces personnages posant pour la postérité et la gloire de la couronne.

Le roi ne fut pas vraiment un grand monarque racontent les historiens mais au moins a-t-il soutenu la culture tout son règne durant, et Velasquez en particulier accueilli à la cour à 20 ans. L’exposition retrace le parcours de l’artiste espagnol.

 

Le Mobilier National

Paris_Mobilier-NationalVisite de la galerie du Mobilier National ouverte au public où l’on explique les différents métiers d’art exercés par des artisans-fonctionnaires qui entretiennent et restaurent le mobilier disséminé dans les palais nationaux, l’Elysée, les ministères ou les ambassades. Ebénisterie, menuiserie en siège, lustrerie-bronzerie, tapisserie d’ameublement, tapisserie décor, restauration de tapis et de tapisserie ; depuis plusieurs siècles des spécialistes de ces métiers œuvrent au maintien de ce patrimoine et des compétences nécessaires.

Les esprits chagrins pourront s’émouvoir que ces nobles tâches restent à la charge du contribuable. Est-ce le cas dans les pays anglo-saxons ? Sont-ce des fonctionnaires qui entretiennent les tapisseries du château de Windsor ou le secteur privé ? Dans un cas comme dans l’autre nos Etats ont intérêt à maintenir leur patrimoine.

Bonnard au Musée d’Orsay

Bonnard_La-femme-au-chatExposition « Pierre Bonnard, peindre l’Arcadie » au Musée d’Orsay. Un peintre toujours éblouissant et un accrochage orienté sur les périodes d’inspiration successives de l’artiste : de ses débuts japonisants, aux sublimes paysages multicolores de Normandie ou du Midi, en passant par de mystérieux autoportraits et les nus troublants de Marthe, sa muse et son épouse. Beaucoup d’intimité dans ces tableaux, des atmosphères familiales, un chat qui traîne toujours dans un coin du tableau, la vie qui passe, et toujours des couleurs surnaturelles que seul l’œil imaginatif d’un peintre peut voir et reproduire.

Miss Tic sur les murs de Paris

Prix Nobel de littérature

Patrick-Modiano
Patrick Modiano

Patrick Modiano a reçu son prix Nobel de littérature au début de ce mois de décembre et prononcé son discours que l’on peut lire ici. Et puisque les lettres sont à l’honneur on peut aussi relire le discours prononcé dans les mêmes circonstances en 2008 par Le Clézio ici.

Ces deux écrivains évoquent avec subtilité la difficulté et la grandeur de leur mission. Ils font une référence commune à la guerre mondiale, le traumatisme légitime de ces générations nées lors de la première moitié du XXème siècle. Ils parlent avec douceur et profondeur du passé et de la mémoire, et, au-dessus de tout, de la nécessité de l’écriture :

Mais c’est sans doute la vocation du romancier, devant cette grande page blanche de l’oubli, de faire ressurgir quelques mots à moitié effacés, comme ces icebergs perdus qui dérivent à la surface de l’océan.

Prix Nobel de Littérature 2008 : discours de Jean-Marie Le Clézio

Prix Nobel de Littérature 2014 : discours de Patrick Modiano

Eau argentée

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Eau Argentée : un chef d’œuvre sur la guerre civile en Syrie, un documentaire dur et dérangeant sur la sauvagerie humaine, mais aussi une incroyable histoire artistique sur fond de dévastation dans ce Moyen-Orient si violent. Ossama Mohammed est un réalisateur syrien réfugié à Paris depuis 2011 qui a décidé de monter des images publiées sur Internet de la rébellion syrienne, le plus souvent tournées avec des téléphones portables. C’est la première partie du scénario.

Au cours de ses pérégrinations sur YouTube en quête des films publiés par rebelles et militaires loyaux au régime, il reçoit un appel de Simav, une jeune femme kurde enfermée à Homs durant le siège tragique de cette ville par l’armée syrienne. Simav en kurde veut dire : eau argentée. Elle a décidé de filmer pour témoigner. Vont s’en suivre des envois d’images et un dialogue poétique et surréaliste par internet interposé entre le réalisateur installé à Paris, se sentant coupable de n’être point au combat, et Simav filmant la guerre civile dans sa ville, au milieu des siens. C’est la deuxième partie du film.

Evidemment ce sont des images d’horreur où rien n’est épargné. On frémit devant les enfants morts, les blessés récupérés au milieu des rues avec des perches pour éviter aux secouristes d’être à leur tour touchés par les snipers, les cris des femmes devant la mort, les scènes de tabassage filmées par les militaires loyalistes, les rues de Homs dévastées par les bombardements, la terreur, etc. etc. C’est la guerre civile, la plus terrible de toutes. Une guerre où toutes les barbaries se retrouvent, y compris celles des extrémistes religieux qui massacrent à leur tour sur YouTube ceux qui ne croient pas au même Dieu qu’eux. C’est indicible !

Bien sûr ces images ont été montées. Au moins celles de la première partie peuvent avoir été manipulées, c’est possible. Mais on sait que tout ce qu’elles montrent s’est passé et se déroule encore. On sait les 200 000 morts ou approchant depuis le début de cette guerre. Le chaos total d’un pays où s’affrontent un régime familial dictatorial, une rébellion « classique » et des extrémistes religieux, le tout largement attisé par le reste du monde qui défend les uns ou les autres. Le résultat est une régression humaine sans nom dont on se demande quand elle touchera le fond.

Homs s’est rendue. Ossama et Simav vont se rencontrer… au Festival de Cannes en mai 2014, pour la première fois. Leur film y est présenté. Elle atterri à Cannes le jour même de sa présentation, fait la connaissance d’Ossama, et dans une grande émotion, devant un parterre de journalistes et de gens de cinéma déclare qu’elle retourne à Homs et réclame la liberté pour la Syrie.

Un très grand film qui rend hommage à un pays sinistré et à ses habitants.

Les Borgia, ça ne vous rappelle rien ?

Borgia_Musee-Maillol_201409Exposition Les Borgia et leur temps au musée Maillol. Famille tentaculaire de papes au XV et XVIème siècles, pouvoirs, crimes, influences et papauté furent leur quotidien, mais aussi l’art de la renaissance que Lucrèce a soutenu. C’est en partie la débauche des Borgia qui a fait éclore la réforme de Martin Luther qui prônait rigueur et retour à la lettre de la Bible. Evidemment les catholiques vont affronter les protestants et faire couler des rivières de sang et de barbarie, chacun défendant son Dieu. Cela ne vous rappelle pas quelque chose ?

Moonwalk One

Moonwalk One, un sympathique documentaire sorti en 1970 sur l’aventure américaine de la conquête de la lune, plein d’images d’archives de la Nasa encore jamais dévoilé. Quelle époque ! Quelle odyssée !

Génocides, ghettos et autres joyeusetés du siècle…

 

Double expositions au Memorial de la Shoah sur les ghettos juifs durant la deuxième guerre mondiale et le génocide rwandais de 1994. A l’heure où l’Europe voit revenir au premier plan des partis extrémistes et nationalistes, ces rappels historiques ne font pas de mal. Mitterrand disait : « le nationalisme c’est la guerre » lors des guerres de Balkans des années 90’s. A méditer !

Une conversation animée avec Noam Chomsky


Michel Gondry, vidéaste-musicien, original et engagé, rendu célèbre notamment par des clips pour Daho, Bjork, The Rolling Stones, et d’autres… rencontre Noam Chomsky, linguiste-philosophe américain tendance anarchiste. Il en résulte un film d’animation d’une heure et demie qui illustre leur conversation complexe sur l’acquisition du langage, la grammaire générative et autre révolution cognitive. On ne comprend pas tout mais on écoute fasciné ce grand penseur à la voix monocorde. A 86 ans il en a vu de toutes les couleurs et même pris des positions politiques parfois jugées anti-américaines. Définitivement rationaliste il répète à plusieurs reprises que cendres nous revendrons aux cendres, que la vie n’a pas de sens, mais il le répète avec une bonhommie désarmante.

Le film est disponible sur www.michelgondry.com.

Exposition Robert Mapplethorpe au Grand Palais

Des photos de corps et de nus, de noirs et de blancs, en noir et blanc, un peu lassant. Pas évident de voir en Mapplethorpe le si grand artiste que signale la documentation de l’exposition, un bon photographe certainement, et surtout l’ami de cœur de Patti Smith dans les années Chelsea Hotel des 70’s new-yorkaises, période sur laquelle Patti a écrit un si émouvant journal : Just Kids. Un temps si fructueux et libéré, qui a semé la mort dans les rangs de ceux qui l’ont vécu mais aussi une formidable créativité dont Mapplethorpe fut l’un des hérauts.

Cinéma : Ida

Un très beau film polonais, intimiste, où une jeune nonne orpheline, à la veille de prononcer ses vœux dans les années 60, part retrouver une tante et plonger dans passé familial et national trouble : antisémitisme, stalinisme, catholicisme ; bref, des idéologies qui se percutent dans la Pologne de l’après-guerre mais qui ne dérouteront pas notre héroïne de son chemin tracé vers le Dieu catholique.

Le loup de la décadence

Le Loup de Wall Street, le dernier film de Martin Scorsese sur la folie qui a envahit le secteur de la Finance dans les années 80 : un monde de clinquant, de vulgarité, de drogue et de fric coulant à flot, emportant toute raison, toute intelligence. Un monde qui fut tristement annonciateur de la crise financière de 2008 qui a mis le monde occidental à genoux, mais personne n’a pu ou n’a voulu anticiper la catastrophe, préférant continuer à se servir une soupe qui allait tourner très amère !

Serge Poliakoff – Le rêve des formes

Exposition « Serge Poliakoff – Le rêve des formes » au musée d’art moderne de Paris, un régal de couleurs et de formes par cet artiste abstrait. Citoyen russe, arrivé en famille en France au début du XXème siècle pour fuir la révolution bolchévique, il vit de ses prestations de guitariste dans les bars russo-tsiganes qui accueillent cette population de russes « blancs », avant de se lancer dans la peinture. Il réalisera des œuvres mystérieuses et colorées qui vous plongent dans des abimes de méditation. Yves Saint-Laurent dessinera une collection de robes inspirées de Poliakoff.

Cavanna est mort

Cavanna

Merde… !!! Encore un triste départ, encore un combattant qui nous quitte. Cavanna nous a fait marrer durant des décennies avec son anarchisme trash qui finalement véhiculait beaucoup de bon sens et de tendresse. Depuis ces dernières années il chroniquait dans Charlie Hebdo l’évolution démoniaque de sa maladie de Parkinson, sans oublier quelques commentaires grinçants sur cette vieillesse-naufrage. Il avait créé Hara-Kiri avec le Professeur Choron et contribué à lancer parmi les dessinateurs satyriques parmi les plus percutants. Ils ont secoué la société ronronnante. Il a écrit aussi de nombreux livres, qu’il nous reste à lire maintenant.

Adieu l’artiste !

Stewart par Polansky

Un documentaire sur le champion de Formule 1 Jackie Stewart produit par Roman Polanski et tourné à l’occasion du Grand Prix de Monaco 1971 ; l’époque des seigneurs de la course automobile ! On partage les 3 jours du grand prix avec Jackie et sa femme Helen. On croise sur la piste Ronnie Peterson, Graham Hill, Pedro Rodriguez, Jo Siffert, Jean-Pierre Beltoise, Emerson Fittipaldi, François Cevert, Ken Tyrrell ; mais aussi Nina Rindt, la femme de Jochen décédé l’année précédente… car on se tuait beaucoup sur les pistes à l’époque, hélas.

Le film se termine 40 ans plus tard sur un dialogue entre Polanski et Stewart, amis depuis toujours. Dialogue touchant où le champion nous révèle sa dyslexie découverte très tard et de son quasi analphabétisme lorsqu’il démarra la course automobile, un état savamment caché par celui qui fut l’un des premiers à professionnaliser son statut de champion automobile.

Du pain béni pour ceux qui ont aimé les circuits de cette époque.

« Le dernier des injustes » de Claude Lanzmann

Le dernier des injustes, où Claude Lanzmann utilise des matériels qu’il avait accumulés lors du tournage de Shoah. Un film de presque quatre heures centré sur une interview de Benjamin Murmelstein réalisée en 1975. Il administra avant la guerre le bureau d’émigration des juifs de Vienne, dont il était également le rabbin, puis il fut doyen des juifs du camp de concentration « modèle » de Theresienstadt jusqu’à la libération. A ce titre il travailla avec Eichmann dans des conditions qu’il explique. Petit personnage trapu et vif, il explique, justifie, démonte, son action de l’époque qui fut très controversée après la guerre, sans passer sous silence que s’il pensait d’abord à la communauté juive du camp, il pensait aussi à son sort, sans masquer le fait que sa position de doyen impliquait également des enjeux de pouvoirs et que les juifs des camps étaient « des martyrs mais pas tous des saints ».

Au passage il démonte la théorie d’Hannah Arendt sur la banalité du mal qui considérait Eichmann comme un simple bureaucrate du système nazi. Il qualifie ce raisonnement de « risible » et qualifie Eichmann de « démon corrompu ».

Lanzmann fait pencher la balance en sa faveur, et à tout le moins pousse les spectateurs à la réflexion devant l’incroyable complexité de ces situations où le système nazi cherchait à s’appuyer sur la communauté juive pour l’administration des ghettos, poussant ainsi la perversité à son apogée en impliquant les victimes dans l’administration de la solution finale.

Les catacombes de Paris


Visite des Catacombes de Paris : les ossements de 6 millions de parisiens entassés dans d’anciennes carrières qui mitent les sous-sols de la ville. C’est impressionnant et un peu morbide. C’est en tout cas un must sur tous les guides touristiques vu le nombre d’étrangers prêts à faire la queue des heures pour y accéder.