Quoi de neuf ?

An Pierlé – 2013/04/02 – Paris le Café de la Danse

An Pierlé  en solo ce soir au Café de la Danse, sans son White Velvet donc mais toujours en duo avec son piano. Elle vient de sortir un disque Strange Days, des compositions intimistes ainsi qu’une belle reprise de Such a Shame, tube des 80’s de Talk Talk.

Assise sur son ballon devant son piano noir, nattes blondes et bottes en cuir, An virevolte, plaisante, prend la pose pour quelques photos de l’ami Robert, chante et nous enchante. Elle sort d’une pneumonie nous dit-elle, alors les aigus sont un peu poussifs sur Strange Days : Please believe in what you do/ Don’t let them change you/ Don’t let them touch your soul/ Because you’re beautiful/ They won’t let you know/… /Strange days/ Why let them lead the way/ Choose again/ Got stuck inside the day/ Just don’t let them think they saved the day/ Don’t let them think instead of you/ Don’t let them change you/ Don’t let them frighten you

Mais l’enthousiasme n’a pas changé, simplicité et légèreté, une voix délicieuse qui se fait forte et pleine, douce et romantique, sur un accompagnement de piano naturel et libéré.

An Pierlé, une artiste épanouie et talentueuse, qui a décidé de faire une petite pose sans son parcours musical. C’est plutôt réussi, une parenthèse frivole qui ne nous fait pas oublier la profondeur de la tournée qui a suivi la sortie du disque An Pierlé & White Velvet, avec un vrai groupe de rock !

Les photos de Roberto Gil

La bourse ou la raison

Avez-vous remarqué l’incident de la semaine dernière sur le marché boursier de Wall Street ? Il est passé assez inaperçu mais s’avère révélateur des errements libéralo-démagogues dans lesquels nous sombrons avec joie et aveuglement. Un hacker-polisson s’est introduit sur le compte Tweeter de l’agence Associated Press et a diffusé un faux message Tweet annonçant deux explosions à la Maison Blanche qui avaient blessé le président des Etats-Unis.

Aussitôt diffusé, panique à Wall Street, en moins de deux minutes tout le monde se met à vendre des titres et l’indice Dow Jones perd 145 points, soit près de 1% de baisse et des milliards de valeur boursière qui s’envolent en fumée. Bien sûr ces 145 points ont été rattrapés avant la fin de la séance mais il a suffi de moins de deux minutes et d’un faux Tweet pour plonger dans le chaos.

Les traders-fraudeurs et leurs robots-hystériques n’ont bien entendu pas pris le temps de réfléchir, ils ne sont pas payés pour ça, mais ils ont déclenchés des rafales de vente dans un mouvement pavlovien, moutonnier et incohérent ; ce fut à qui fourguera le plus vite le plus gros volume d’actions. On ne sait pas trop d’ailleurs qui des traders-fraudeurs ou des robots-hystériques a tiré en premier. Il n’est pas évident qu’un robot-hystérique sache lire les messages Tweet, ou en tout cas les interpréter pour en déduire le sens des transactions, achat ou vente, à lancer. Ce qui est sûr c’est qu’ils ont agi de façon aussi stupide les uns que les autres, ce qui n’est pas une surprise fondamentale. Vérifier et analyser les informations n’est pas du ressort de ces individus ni de ces machines.

Au concours du plus crétin et inepte, on se demande qui gagnerait entre robots-hystériques et traders-fraudeurs ! Mais le plus terrifiant dans ces affaires est de voir le gigantesque pouvoir de nuisance laissé dans les mains de gamins surpayés ou de machines mal réglées.

Cerise sur le gâteau, ce seraient des hackers syriens pro-Assad qui auraient commis de ce faux Tweet, histoire de montrer à leurs ennemis américains qu’il n’y a pas que les B52 comme force de dissuasion, mais que la bêtise des marchés financiers peut également générer de la destruction massive…

Collectif d’historiens , ‘Le livre noir du communisme’.

Sortie : 1997, Chez : Robert Laffont. Après la chute du mur de Berlin en 1989 et l’effondrement du communisme soviétique et est-européen, certaines archives de ces pays sont devenues disponibles et ont pu être étudiées par les historiens. Cet ouvrage de 1 000 pages retrace l’histoire du communisme tel qu’il a été mis en œuvre par la révolution bolchévique à partir de 1917 puis exporté avec quelques adaptations sur tous les autres continents, exceptée l’Australie.

On y redécouvre comment la « dictature du prolétariat » a été bâtie sur la guerre civile puis la grande terreur, comment Lénine, Trotski puis Staline ont systématiquement et idéologiquement monté un incroyable système de répression seul capable d’imposer une dictature dont l’effondrement en un temps record montre à quel point elle était inadaptée.

Les historiens reprennent nombre de discours, d’ordres signés de la main des leaders communistes (y compris français parfois), de citations du monde intellectuel, qui montrent le cheminement durant la plus grande partie du XXème siècle d’une illusion qui s’est transformée en barbarie. Passionnant !

Les aboyeurs et les hyènes

Les aboyeurs pro-Sarkosy ont hurlé à la lune suite à la mise en examen de leur héros pour une sombre affaire de financement électoral qui n’a pas beaucoup d’intérêt. La palme revient à Henri Guaino qui en vieillissant devient de plus en plus irritable et colérique. Donc tout ce petit monde s’est déchaîné contre les trois juges responsables de l’affront fait à leur vedette faisant assaut de toutes les beaufitudes politiques dont est capable une meute d’élus en quête de suffrages populistes. La Morano, poissonnière à l’UMP, toujours toute en subtilité, a dit fort : « C’est simple, il y a eu l’affaire d’Outreau avec un magistrat, un juge d’instruction dépassé… Et là nous avons maintenant l’affaire Sarkozy avec un juge engagé. »

Hier le juge Gentil a reçu une lettre de menace adressée à « Monsieur le juge Gentil, su Syndicat de la magistrature, fondé en mai 1968. Groupuscule de juges rouges révolutionnaires, socialo soviétiques, totalitaires, enragés et engagés politiquement. » S’en suit toute une logorrhée menaçante dans laquelle est associé le journaliste Elkabbach et annoncé que « l’un des vôtres va disparaître… » etc., etc. Deux balles à blanc sont jointes au courrier. C’est peut-être un canular, ou c’est peut-être un courrier inspiré par tout ce déchaînement de beaufitudes politiques constatés ces derniers jours. De la buvette de l’assemblé eu café du commerce il n’y a qu’un pas.

La couleur du président

Hollande preste sur France 2 dans un décor clinquant et tape-à-l’œil, sur fond d’écrans LED gigantesques qui ont surtout pour effet de faire ressortir ses cheveux (mal) teints. La teinture ne va pas du tout, le brun tourne au rougeoyant sous le feu des LED. Comment prendre au sérieux le discours d’un homme qui ne réussit pas même sa couleur ? Et quel besoin a-t-il de se teindre les cheveux ? C’est du temps perdu et du ridicule accumulé

La faillite de Chypre

On en sait un plus sur les négociations menées avec les autorités chypriotes pour le sauvetage du secteur financier en faillite de cette ile. Ce serait les dirigeants chypriotes eux-mêmes qui auraient proposé dans un premier temps de taxer tous les dépôts bancaires pour cofinancer la restructuration, afin d’éviter de trop prélever sur les gros dépôts si l’on avait limité la taxe à ceux-ci.

Les dirigeants européens auraient tenté de d’infléchir leurs partenaires chypriotes pour qu’ils acceptent de ne taxer que les gros déposants, avec le résultat négatif que l’on sait. S’en est suivi le rejet du plan par le peuple et le parlement de Chypre, le refus de la Russie d’aider l’ile et… l’adoption d’une nouvelle mouture du plan prévoyant 10 milliards de prêts européens et du FMI, complétés par quelques milliards rapportés par la taxation des dépôts… de plus de 100 000 euros. Une banque sera liquidée et l’autre restructurée, retour au point de départ donc.

Une nouvelle fois le contribuable européen va donc payer pour les excès commis par des financiers incompétents. Une nouvelle fois l’Europe va devoir payer, politiquement et financièrement, pour sa faiblesse qui lui a fait accepter en son sein des Etats qui ne pouvaient pas se plier à ses règles et qui ont utilisé son cadre pour y prospérer de façon incompatible avec l’esprit du Traité de Rome. Le développement de l’économie chypriote ces dernières années a eu la nature de profits fictifs. En droit des sociétés, la distribution de profits fictifs conduit le chef d’entreprise en cour d’assises. En droit européen la règle est, hélas, différente.

Django Unchained de Quentin Tarantino

Django Unchained,  le dernier film de Tarantino, violence et cynisme teinté d’humour noir, comme toujours avec ce réalisateur américain. On est tout de même un peu plus mal à l’aise qu’avec ses précédents films car il s’agit cette fois-ci du sujet de l’esclavage traité avec tout l’art de Tarantino qui nous ramène à des heures sombres de nos civilisations.

Mise en examen à droite

Sarko l’agité est mis en examen par un collectif de trois juges d’instruction pour une affaire de financement de campagne électorale. Les aboyeurs de la droite déclenchent des tirs de barrage sur tous les médias, des militants en larmes jurent que leur héros est honnête, bref, un nouveau psychodrame est servi aux citoyens après celui, récent, de la démission du ministre du budget.

Sarkozy est juste mis en examen. Il y aura peut-être un procès, peut-être pas. Il s’en sortira, peut-être innocent, peut-être pas. Il n’y a pas de raison d’en faire une affaire d’Etat. Que la justice passe comme elle passera pour le ministre sortant du budget, comme elle est passée pour les Jupé, Emmanuelli et autres Chirac et Pasqua.

Des filles au programme

Les filles se bousculent à la candidature aux prochaines élections municipales pour la mairie de Paris : Rachida Dati, Nathalie Kosciusko-Morizet, Anne Hidalgo. Si tout ce petit monde ne s’autodétruit pas trop, cela devrait faire une femme à la mairie l’an prochain. Voilà qui va faire rééquilibrer très légèrement la balance de la parité en politique en France, c’est aussi bien finalement.

Mais pour le moment personne n’a vraiment entendu parler de programmes électoraux. Donc, les filles si vous voulez faire encore mieux que les garçons, vous vous mettez au boulot, vous préparez un programme électoral et puis vous venez nous voir pour qu’on en parle. Ce n’est pas la peine de vous agiter avant, les élections sont pour dans plus d’un an donc rien ne presse.

Les forbans de la finance à l’œuvre

Record chez les forbans de la finance : le fonds spéculatif américain SAC Capital a accepté de payer une amende de 616 millions de dollars pour mettre fin aux poursuites pour des délits d’initiés sur les résultats de tests sur des médicaments contre la maladie d’Alzheimer. Son grand patron Steve Cohen n’est pas à l’abri de poursuites à titre personnel.

La banque JP Morgan a perdu plus de 6 milliards de dollars l’an passé suite aux folies d’un trader-fraudeur. Son grand patron Jamie Dimon, a été auditionné 5 heures durant avec son top-management par le Sénat américain qui terminait ainsi une enquête de 9 mois sur cette fraude gigantesque. Le top-management dans un grand élan de courage a confirmé qu’il ne savait rien et avait été trompé par ses employés indélicats : « Ma vision de l’entreprise a été compromise par mes subordonnées » a affirmé l’une des dirigeantes. Les sénateurs américains semblent plutôt croire à une complicité générale du management qui aurait été parfaitement informé des risques pris par ses traders-fraudeurs, mais ces gens sont malins et savent se protéger. Ils arrivent bien entendu à se mettre à l’abri de poursuites judiciaires mais le plus étonnant est que dans la majorité des cas ils arrivent aussi à conserver leurs postes. Le pédégé de cette banque présente une perte de trading de 6 milliards de dollars (SIX MILLIARDS DE DOLLARS, ce n’est pas une paille) à ses actionnaires, qui relève au mieux de son incompétence au pire de sa complicité, il ne propose pas sa démission et ses actionnaires le laissent au pouvoir. En réalité, malgré cette perte, la banque a fait de confortables bénéfices et a servi du coup d’aussi confortables dividendes aux actionnaires qui manifestent leur reconnaissance du ventre.

Le FBI est train de diligenter une enquête sur cette affaire JP Morgan. Légitimement les Etats s’inquiètent de constater qu’en 2012, quatre années après la crise de 2008 qui continue de ravager les économies occidentales sur-financiarisées, de telles fraudes soient encore possible, générant leurs cortèges de risques systémiques, c’est-à-dire mettant en jeu la sécurité même des Etats.

Le sauvetage des banques chypriotes

Les chypriotes contestent la taxe sur leurs dépôts bancaires, et les russes qui seraient les plus gros déposants dans la lessiveuse chypriote crient aux mesures « soviétiques » prises par le plan de sauvetage européen.

Le parlement chypriote ayant refusé de voter le plan, les banques sont restées fermées pour éviter la panique bancaire et il va falloir trouver une autre solution pour financer le sauvetage à 15 milliards dont 10 sont prévus sous forme de prêts du contribuable européen et multilatéral (FMI). Les 5 milliards manquant vont probablement être prélevés sous forme d’impôt sur le contribuable chypriote.

La psychologie populaire en matière bancaire a sans doute été sous-estimée dans cette affaire. Le déposant refuse tout net qu’on lui prélève une partie de ses dépôts mais il est indifférent lorsque l’inflation ou les dévaluations (avant l’euro) lui consomment gentiment son épargne, ou lorsque l’Etat lui augmente ses impôts. Bref, il faut sauver le citoyen déposant même au prix du sacrifice du citoyen contribuable.

L’Europe qui ne sait pas dire « non » a laissé entrer Chypre (i) dans l’Union européenne et (ii) dans la zone euro. Ce furent deux erreurs, surtout que durant de longues années la position européenne avait été de poser comme préalable avant toute adhésion la résolution du conflit entre Chypre et la Turquie. Las, les dirigeants communautaires qui ne savent pas dire « non » ont finalement laissé entrer dans l’Union une ile à moitié occupée (ou libérée selon les avis) par l’armée turque tout en menant parallèlement des négociations d’adhésions avec… la Turquie. On a abouti à une espèce de maelstrom kafkaïen comme seule l’Europe sait en créer.

Il n’en fallait pas plus pour que des flibustiers de la finance transforment le secteur bancaire local en lessiveuse monétaire, surdéveloppée et servant des intérêts sans rapport avec les conditions de marché, tout ceci bien à l’abri de la sécurité apportée par l’euro. La faillite de ces banques était inévitable.

Emotion en Suisse

Par référendum la population suisse s’est prononcée contre les « rémunérations abusives » parfois servis à leurs patrons par les entreprises. Au même moment, le pédégé du groupe pharmaceutique helvétique Novartis, âgé de 59 ans, s’apprêtait à quitter son groupe avec un « parachute doré » de 60 millions d’euros après avoir perçu une rémunération cumulée sur 15 ans estimée entre 200 et 400 millions d’euros. Devant la levée de boucliers, dans un grand mouvement de modestie, le pédégé en question a renoncé à ses 60 millions et annoncé qu’il partait s’exiler aux Etats-Unis.

Des sommes aussi astronomiques pour un salarié (certes pédégé, mais juste salarié, ce n’est pas lui qui a créé l’entreprise avec ses propres sous) ont tellement scandalisé les citoyens suisses qu’elles ont probablement fait pencher la balance du référendum très largement en faveur des anti-rémunérations abusives et autres parachutes dorés dans cette Confédération Helvétique qui n’est pourtant pas un repère de bolchéviques… ou comment Novartis joue contre son camp et ses idées par manque de décence. 

Messier le très culotté

Fin 2012, Jean-Marie Messier, ex-haut fonctionnaire recyclé dans le privé, devenu ex-pédégé surpayé à égo surdimensionné, ayant conduit son entreprise Vivendi au bord du gouffre au début de la décennie 2000, a animé une conférence à Paris fin 2012 dont le thème était « La dynamique du marché des fusions-acquisitions en France » !

Repris de justice pour ses exploits de manager, le garçon commet depuis quelques années des livres donnant des leçons de gestion aux Etats et aux entreprises. Il dirige en parallèle une petite boutique de conseils et donne maintenant des conférences. S’il y a une qualité que l’on ne peut pas dénier à Messier c’est bien celle d’afficher le plus fantastique culot du capitalisme moderne !

Chypre est en faillite

Membre de l’Union européenne dont les banques sont plus réputées pour le blanchiment d’argent sale que pour le financement de l’économie réelle, Chypre fait la manche. Dans les mesures diverses et variée imposées pour redresser ce pays-confetti l’une d’elle est novatrice et mal vécue : les dépôts bancaires vont être taxés à 6,75% jusqu’à 100 000 euros, 9,9% au-delà, en échange les déposants taxés recevront des titres de banques auxquelles ils ont prêté leurs sous. Ce n’est pas idiot comme mesure. Jusqu’ici on avait fait payer les contribuables, les prêteurs institutionnels public et privés à qui on a tordu le bras sur leurs créances grecques, mais jamais encore les clients des banques. La mesure est sans doute bien adaptée au cas de Chypre. Elle devrait rapporter 5 milliards d’euros et financer ainsi un tiers du plan de sauvetage financier de l’ile-nation, le reste sera pris en charge par les institutions multilatérales comme d’habitude, c’est-à-dire indirectement par les contribuables européens en majeure partie.

BRMC – 2013/03/16 – Paris le Trianon

Les Black sont de retour, toujours fringants, légèrement embourgeoisés dans ce Trianon bon chic bon genre, théâtre dédié au Rock & Roll depuis peu. La veille 15 mars ils ont commis « a fantastic night » comme nous le dira Rob, laissant les spectateurs de la soirée dépités de n’être là que… le 16. Mais le concert fut malgré tout largement à la hauteur des attentes.

Les héros sont (un peu) fatigués et on leur pardonne. Leur dernier album Specter At The Feast n’est pas encore disponible dans les bacs. Ils en joueront presque l’intégralité sur scène ce soir et il semble de bonne facture : Rock & Blues harassant, rythmes pesants, voix éraillées, trio toujours soudé par cette énergie vitale du blues que transcendent des générations de guitaristes depuis les champs de coton du Sud des Etats-Unis au XIXème siècle, de Robert Jonhson à B.B. King en passant par Keith Richard.

Ce soir les trois Black perpétuent cette tradition, électrique ou acoustique ; ils jouent sans compter, sur des guitares éraflées, mixant vibrato, larsen et rythmes syncopés ; les deux garçons se passent les vocaux sur la batterie de Lea et enchaînent les solos sur des sons gras. Formés sur la route, inspirés par le Blues, virtuoses du Rock, showmen en noir, accrochés à leurs instruments comme à une bouée de sauvetage on se plonge toujours avec bonheur dans leur univers sombre et intense.

Le retour sur les classiques déclenche hourvari et hystérie : Whatever Happened to My Rock ‘n’ Roll, Spread Your Love… sont reprises par une salle en délire ; désormais des classiques du Rock ! On retrouve bientôt les Black sur la grande scène de Rock-en-Seine le samedi 24 août.

Set-list : Fire Walker/ Let the Day Begin (The Call cover)/ Rival/ Hate the Taste/ Beat the Devil’s Tattoo/ Whatever Happened to My Rock ‘n’ Roll (Punk Song)/ Ain’t No Easy Way/ Berlin/Rifles/ Returning/Conscience Killer/ Windows/ Visions of Johanna (Bob Dylan cover, Rob alone on acoustic)/Lullaby/ Shade of Blue/ Funny Games/Stop/ Awake/ Red Eyes and Tears/ Six Barrel Shotgun/ Spread Your Love

Encore: Sell It/ Lose Yourself

La retraite de Louis Schweitzer

Louis Schweitzer, 70 ans, apparatchik socialisant fait de la résistance. Bureaucrate énarque, il a fréquenté les cabinets ministériels des gouvernements Mitterrand avant d’être parachuté pédégé de Renault puis chef de la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité (HALDE), un machin démocratique franchouillard. Ses pantouflages dans le privé lui ont permis d’accumuler des rémunérations exorbitantes et injustifiées, même s’il n’a pas démérité en tant que patron privé. Aujourd’hui il a 70 ans, il reste administrateur d’un nombre significatif de mastodontes du CAC 40 et continue d’encaisser les jetons de présence conséquents. Accessoirement il est vice-président de Veolia et devrait quitter ce poste, atteint par la limite d’âge. Que nenni, il vient de faire modifier les statuts pour pouvoir conserver ce maroquin jusqu’à 75 ans.

Ce n’est pas raisonnable ! Le garçon est sympathique mais il a fait son temps, il a fait son job et sa retraite est largement assurée financièrement parlant. Il doit maintenant passer la main et s’occuper de ses petits-enfants, voire faire un peu d’humanitaire en complément pour le sortir des couches de la marmaille. On trouvera largement assez de candidats aussi compétents, plus jeunes et moins chers pour le remplacer dans les conseils d’administration qu’il fréquente. Hélas, la République des copinages en a décidé autrement !

Fumée blanche

La Vatican change de taulier, un argentin remplace un allemand. Le nouveau a plutôt une bonne tête : bon vivant, un peu replet, des lunettes rondes, calvitie et 76 ans. Il a la tête d’un garçon qui va faire le job pour lequel il est payé, il parle déjà des pauvres et la nécessaire simplicité qu’il veut insuffler dans la gestion du Vatican. Il va vendre de l’espoir surnaturel à des citoyens du monde qui ont abandonné leurs espoirs matériels.

La presse française qui adore les évènements mondains sur lesquels on peut gloser sans fin pour ne rien dire, déploie des trésors d’ingéniosité pour occuper les plateaux. Et de démonter chaque détail insignifiant de cette nomination : « il a choisi son pseudo de pape : François, c’est exceptionnel », oui, et alors, ça change quoi par rapport à Benoît ou Paul ? « Il est argentin, c’est une véritable surprise complètement inattendue » ah, bon, cela fait juste plusieurs décennies que l’on annonce pour probable un pape originaire d’un autre continent que l’Europe. « C’est la première fois qu’un pape est jésuite, c’est historique », très bien, c’est quoi un jésuite par rapport à un non-jésuite ? C’est comme un courant du PS ou c’est autre chose ? Jésuite ou pas, il croit en la vie éternelle et en l’immaculée conception, non ? Et il va diffuser le message de la bible. Etc., etc.

Bon, maintenant François, au boulot, ne t’inquiète pas des rumeurs médiatiques et des intrigues de palais, prend ta mitre et ta crosse et en route pour le prêchi-prêcha dans le vaste monde. Au passage si tu peux essayer d’intervenir pour calmer le jeu au Proche-Orient, ce serait bienvenu, car nos frères juifs et musulmans n’arrêtent pas de se casser la gueule entre eux pour une vague histoire d’esplanade et de ville sainte. S’il me souvient bien le petit Jésus est de là-bas aussi, tu as donc peut-être encore un peu de légitimité à dire ton mot sur ce conflit de famille ? Ce serait bien si les choses se calmaient un peu dans cette région qui met le monde à feu et à sang.