Un ministre à la dérive

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Le ministre de l’Economie démissionne et déclenche une fébrilité de première catégorie dans les médias et le microcosme politico-mondain. L’effet sur la croissance économique et le rééquilibrage de la France est nul, l’apport au débat politique inexistant à ce stade, la pollution médiatique maximum !

Le garçon est sympathique et bien habillé. Il a essayé de moderniser la gauche française. C’est une tâche ardue tant sont prégnantes les vieilles habitudes et les réflexes antédiluviens. Il y a un peu réussi mais semble trop frustré et impatient pour continuer l’expérience dans un gouvernement de gauche. Alors il part à la plage !

On ne sait pas trop quel est son programme ni ses plans pour l’avenir. Il les précisera sans doute à son retour de vacances, on pourra alors mieux se prononcer sur l’utilité de ce garçon pour la République.

JACOB François, ‘La souris, la mouche et l’homme’.

Sortie : 1997, Chez : Editions Odile Jacob.

François Jacob, médecin, prix Nobel de médecine en 1965 (avec Jacques Monod et André Lwoff), combattant multi-décoré de la deuxième guerre mondiale, devise brillamment sur l’apparition de la biologie moléculaire puis du génie génétique dans la deuxième moitié du Xxème siècle. Ayant directement participé aux travaux de recherche dans ces sciences récentes il en parle en connaisseur. Dernier livre écrit quelques années avant sa mort en 2013 il a pris à cette époque quelques distances avec la science formelle et s’autorise de passionnantes variations philosophiques sur la Science et l’Humanité : la biologie et la prévisibilité, le même et l’autre, le bien et le mal, le beau et la vrai sont les titres de chapitres passionnants et vertigineux sur les progrès accomplis, les questions irrésolues, l’utilisation et les objectifs de la Science.

Au-dessus de tout il rappelle la découverte fondamentale de son siècle : tous les êtres vivants sont fait à peu près des mêmes gènes et protéines et tous sont différents. C’est l’ordonnancement de ces particules élémentaires qui fait que nous sommes papillon ou homme. C’est l’incroyable révélation du vivant qui fait que tous ces êtres sont uniques.
L’écriture sereine et extrêmement claire d’un homme qui sa vie durant s’est penché sur le vivant et participé comme un acteur important à l’émergence de ces sciences qui ont révolutionné la connaissance humaine.

Sarkozy : le retour

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Nicolas Sarkozy, chef de Les Républicains, ancien président de la République, s’est déclaré candidat à l’élection primaire conservatrice pour les élections présidentielles françaises de 2017. Il est le treizième à le faire et vient de publier un livre programme « Tout pour la France » qu’il va bien falloir lire car le garçon a ses chances de rempiler à l’Elysée.

Quoi que l’on pense de cette candidature, il faut bien admettre qu’elle dénote l’énergie sans faille d’un homme certes ambitieux et offrant nombre d’aspects de sa personnalité fort peu reluisants, mais à qui on peut reconnaître le mérite de « ne rien lâcher »  et d’être prêt à tous les sacrifices pour revenir à un pouvoir qu’il croit absolu. Probablement ambitionne-t-il autant pour la France que pour lui-même, mais force est de constater une ténacité hors du commun qui va sûrement emporter bien des suffrages.

Le lait et le libéralisme

Les producteurs de lait français sont de nouveau vent debout contre les coopératives qui achètent leurs produits « à un prix inférieur au coût de production » ! C’est une vieille histoire et on n’entend pas beaucoup sur le sujet les parangons de Monsieur le Marché sur ce cas d’école d’un passage d’économie administrée vers l’économie libérale.

Jusqu’à ces dernières années la production de lait état administrée par des quotas quantitatifs qui permettaient de gouverner les prix.  Depuis la suppression des quotas, la production est libre et la sacro-sainte concurrence joue. Tout le monde produit et les prix de vente s’alignent progressivement sur les coûts de production les plus compétitifs. C’est ce que l’on appelle la loi de l’offre et la demande. Les producteurs français n’étant pas les plus compétitifs, ils n’arrivent pas à aligner leurs structures de coûts, vendent à perte et ne sont pas contents. Ils vont disparaître sauf si le contribuable ou le consommateur viennent à leur secours en sortant des sous de leur poche. Les lois du marché sont impitoyables, les plus mauvais tombent ou sont mangés par les meilleurs.

Que prônent les Laurent Wauquiez et autres Guillaume Roquette ? On ne le sait pas bien tant les slogans répétitifs qu’ils assènent de façon pavlovienne : il y a trop d’Etat, il faut libérer la dynamique de l’entreprise et bla-bla-bla sont peu adaptés à un vrai dossier économique comme celui du marché du lait en Europe où tous les intérêts se percutent, ceux des producteurs de la matière première, ceux des industriels, ceux des importateurs, ceux des consommateurs et ceux de l’Etat à qui finalement on demande d’intervenir. Le Marché versus l’Etat, le consommateur versus le producteur, l’intérêt général versus les intérêts particuliers ; ce pourrait être un sujet du concours général d’économie, ce n’est qu’un des dossiers récurrents que la France n’a jamais su définitivement régler.

Le coiffeur et le fouteballeur

Entendu au Café du commerce :

Pourquoi les hommes jeunes, pratiquement dans le monde entier, s’obligent à une coupe de cheveux identique : rasé  au-dessus des oreilles avec une touffe de tiffes sur le haut. C’est un spectacle assez attristant  de voir cette mode qui rappelle étrangement la coiffure réglementaire des SS ?

Les gamins d’aujourd’hui se coiffent comme Hitler car leurs héros fouteballeurs se coiffent comme Hitler.

Question suivante : pourquoi les fouteballeurs se coiffent-ils comme Hitler ? On a pas de réponse précise à ce stade mais on peut affirmer sans se tromper que (i) les fouteballeurs ne savent pas qui est Hitler et (ii) que c’est sans doute un effet de l’absence de neurones dans leur boîtes crâniennes, situation aggravée par la déconnexion des synapses reliant lesdits neurones du fait des chocs générés par la frappe régulière de la tête contre la baballe en cuir, voire contre la tête des adversaires ou des supporters.

La boîte crânienne du fouteballeur a tendance à se gondoler avec le temps à cause du vide qui règne à l’intérieur et des coups donnés. C’est une bonne application de la théorie de l’évolution chère à Darwin : la tête du fouteballeur s’adapte à l’utilisation qui en est faite, donc elle rétrécit. Voilà une preuve de plus de la véracité de la théorie de l’évolution, n’en déplaise aux obscurantismes de tous genres.

Ainsi va la vie.

FLAUBERT Gustave, ‘L’éducation sentimentale’.

Un classique du XIXème siècle qui se relit avec délice. C’est la chronique du temps qui passe dans le Paris pré et post révolution de 1848. Frédéric, le héros, papillone entre les femmes qu’il séduit, ses terres et ses rentes, ses amis et de vagues engagements politiques. Il surnage dans la superficialité qui caractérise la bourgeoisie de cette époque encore mélangée avec une noblesse qui défend son statut. Tout ce petit monde ne travaille pas, fréquente les dîners en ville et les champs de course, prospère sur son inutilité et découvre la révolution avec stupeur sans comprendre ce qui se passe vraiment.

C’est le début de la fin d’une époque de l’Histoire de France que Flaubert narre avec brio, dans un style riche et fluide bien que parfois un peu ampoulé. La lecture ce cet auteur déclenche un ennui élégant dont on ne se lasse pas, même au bout de 500 pages.

Deux forbans en Turquie

Drapeau_TurquieL’agitation politique actuellement constatée en Turquie relève beaucoup d’un clash d’égos entre deux fortes personnalités confondant la religion avec le pouvoir politique, leurs intérêts particuliers avec l’avenir de leur pays. Exilé aux Etats-Unis d’Amérique Fethullah Gülen ferraille avec le président turc Recep Tayyip Erdogan, le pouvoir d’un intellectuel à réseaux contre celui d’un dirigeant politique armé de la puissance d’un Etat, le combat est inégal ! Autrefois alliés ils se sont séparés lorsque l’un a mis à jour la corruption gangrenant l’entourage du second.

Le gouvernement turc accuse M. Gülen d’avoir fomenté le récent coup d’Etat militaire qui a échoué. C’est possible, le pays est régulièrement agité de coups d’Etat qui doivent bien être pensés par quelqu’un ! La spécificité du débat actuel réside dans le fait que les deux ex-partenaires se rangent chacun derrière la religion islamique comme guide de leur action. A défaut de choisir entre Dieu et le pouvoir politique, ils aboutissent à désorganiser leur pays en attisant les haines recuites, les comportements déraisonnables et le recul de leur pays qu’ils disent pourtant vouloir promouvoir.

Dans un proche et moyen Orient en proie à la guerre, quasiment sans interruption depuis 1948, le monde aurait besoin d’une Turquie apaisée, leader raisonné et moderne d’une région dévastée, capable de montrer l’exemple et de parlementer avec toutes les parties, un pont entre Occident et Orient. Du fait de l’aveuglement de deux forbans, le pays, au contraire, opte pour les règlements de compte, la valse des alliances opportunes et la démagogie généralisée. Triste situation !

On a les dirigeants que l’on mérite

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Le parti républicain des Etats-Unis d’Amérique a élu comme candidat aux élections présidentielles de novembre 2017 un affairiste fort en gueule et plutôt faiblard en capacité d’analyse. Une espèce de fils bâtard de Laurent Wauquiez et Marine Le Pen. Il se rend populaire en déclamant des slogans provocateurs du style : les mexicains qui immigrent aux Etats-Unis sont des voleurs et des violeurs ou, en parlant de son concurrent McCain, soldat durant la guerre du Vietnam où il fut prisonnier et torturé : j’aime les gens qui n’ont pas été capturés, ou en parlant de la tuerie religieuse islamique du Bataclan : j’ai toujours une arme sur moi, j’aurai ouvert le feu, etc. etc. Trump s’était également rendu célèbre avant d’être candidat en mettant en cause la nationalité américaine d’Obama, poussant celui-ci à publier son acte de naissance issu par l’Etat d’Hawaï, bien américain.

Le garçon émeut même certains cadors du parti républicain qui s’effraient à l’idée que ce candidat puisse entrer à la Maison Blanche et appellent à voter pour la candidate du parti démocrate. On se souvient du refus de Mitterrand opposé à Chirac son premier ministre qui lui proposait Léotard comme ministre de la défense : pas question, il pourrait déclencher une guerre nucléaire sans s’en apercevoir ! C’est un peu la même chose avec Trump sauf que comme président il aurait beaucoup plus de pouvoirs qu’un simple ministre de la défense français…

Il est sans doute un peu tard côté républicain pour se rendre compte de la valeur de son candidat. Si celui-ci ne fait pas l’affaire il ne fallait pas l’élire. Depuis 8 années de présidence Obama, le parti républicain a brillé en déclarations simplistes et provocatrices, s’opposant systématiquement à toute mesure du président, prônant un libéralisme si ultra qu’il en ferait passer le programme de la droite française pour le petit livre rouge, etc. Tout ce populisme a germé dans les esprits de l’Amérique profonde qui a élu Trump aux primaires américaines de la droite. C’est ainsi, et il va bien falloir faire avec ! On peut gager que si l’impétrant se retrouvait effectivement président des Etats-Unis il mettrait un peu d’eau dans son vin et que les responsabilités du pouvoir le rendraient plus réfléchi. De plus, il ne serait pas seul, le président doit composer avec un Parlement qui peut, éventuellement,, freiner ses ardeurs. Et puis, si les citoyens ne sont pas contents du résultat de leur vote de novembre 2017, il leur suffira de voter différemment aux élections suivantes en 2021.

Trump aux Etats-Unis, c’est un peu le triomphe de la bêtise sur la réflexion mais qu’on le veuille ou non, le monde occidental se droitise fortement et a tendance à élire des candidats dont le discours, véhiculé par des messages Twitter de 140 signes, est  centré très essentiellement sur l’immigration et l’étranger présentés comme mère de tous nos soucis. On retrouve des situations similaires en France, en Europe de l’Est et même au Royaume-Uni qui a décidé sa sortie de l’Union européenne. Il va falloir vivre ces expériences politiques d’un genre nouveau.

Il n’est pas sûr que ces pouvoirs déjà élus (Pologne, Hongrie…) ou à venir (France…) mettent en péril la démocratie. Les électeurs de ces pays veulent tenter l’expérience des Trump, des Wauqiez et autres, ou vivent déjà les pouvoirs de Orban et consorts ; eh bien comme il n’y a guère de solutions démocratiques pour s’opposer à ces mouvements puissants, ils verront bien ce que cela donnera et pourront toujours changer d’avis aux prochaines élections.

Maillot de bain islamique

Un nouveau sujet religieux vient à l’ordre du jour qui anime la chronique médiatico-politique, celui du maillot de bain islamique qui permet aux femmes voilées et pudiques d’aller à la plage sans montrer leur corps. En fait, elles se baignent habillées. Du coup, les communautés s’invectivent en tous sens et ce qui devrait être un non-sujet tourne au ridicule et à la violence, pour le moment verbale. Chacune appelle au respect de sa culture et à la laïcité, et bla-bla-bla, et bla-bla-bla.

Tout ceci est très très fatiguant, et surtout un peu démoralisant. Nous pensions dans notre Occident cartésien être débarrassés de la religion et de ses effets régressifs et déraisonnés, mais nous étions dans l’erreur. Nous croyions le fait religieux définitivement sorti de la Cité, il ne faisait que sommeiller dans l’âme des dévots.

Les excès islamiques provoquent des réactions catholiques et tout ce petit monde bataille sur des concepts d’un autre âge pour une question de maillot de bain… Tout ceci serait même hilarant si par ailleurs des terroristes islamistes n’utilisaient à leur tour ces mêmes concepts pour massacrer leurs prochains dans les conditions que l’on sait !

LACOUTURE Jean, ‘Le témoignage est un combat – Une biographie de Germaine Tillion’

Sortie : 2000, Chez : Seuil.

La vie de Germaine Tillion (1907-2008) narrée par le biographe Jean Lacouture, où l’on suit le parcours original puis héroïque de cette grande dame du XXème siècle. Ethnologue dans le massif des Aurès en Algérie dans les années 30, résistante à Paris en 1940 à l’origine du réseau « du Musée de l’Homme », arrêtée sur trahison puis déportée à Ravensbrück, elle en revient, à la différence de sa mère assassinée dans ce même camp, pour, durant les dix années suivantes, analyser le phénomène concentrationnaire avec ses yeux d’ethnologue.

Elle revient ensuite en Algérie en mission officielle en 1954 sous le gouvernorat de Soustelle (autre ethnologue) pour développer des centres de sociaux et d’éducation dans la colonie déjà en proie à l’insurrection. Elle s’y heurtera aux ultras de l’Algérie française, y compris les militaires français, et défendra toujours avec la même conviction l’Humain contre les systèmes, concentrationnaires ou coloniaux ! Elle poursuivra ensuite ses travaux d’ethnologie avec moins de péril mais tout autant de conviction.

Cette femme qui a connu le pire fut animée sa vie durant d’un courage jamais démenti, d’une insatiable curiosité et d’un si admirable souci de l’Homme(et en l’occurrence de la femme méditerranéenne) ! Lacouture qui l’a interrogée à de très nombreuses et régulières reprises nous raconte toute la passion qui anima cette femme. Un modèle de très grande valeur !

Les encagoulés à l’assaut

Des heurts violents sont rapportés en Corse entre des natifs appartenant au soi-disant Peuple corse et des populations issues de l’immigration. L’étincelle qui a déclenché ces nouvelles bagarres aurait été la photo prise par un touriste d’une femme voilée se baignant en maillot de bain islamique. On connaît la grande affection que portent les corses à tout étranger, ceux venant du continent et encore plus pour ceux venant d’Afrique du Nord. Ils mettent sans doute d’ailleurs les uns comme les autres dans le même sac des étrangers qui ne devraient pas fouler la terre corse.

Il y a peu après l’attentat terroriste religieux islamique de Nice (85 morts et de nombreux blessés), les encagoulés du FLNC ont produit une vidéo où ils s’affichent comme à leur habitude avec armes et tenues kakis en expliquant aux terroristes islamistes qu’ils répondraient à toute attaque de leur territoire :

Votre philosophie moyenâgeuse ne nous effraie pas… Sachez que toute attaque contre notre peuple connaîtrait de notre part une réponse déterminée sans aucun état d’âme.

On sait qu’effectivement les états d’âme n’embarrassent pas trop le mouvement indépendantiste qui entend faire la police sur son territoire en attendant son indépendance. L’avenir dira s’il effraie ou pas les terroristes islamiques.

So long Marianne…

Leonard_Cohen_Songs-from-a-roomMarianne Ihlen, l’égérie norvégienne de Leonard Cohen, celle qui figure au dos de l’album Song from a Room en 1969 où elle trône face à la machine à écrire de Leonard dans leur petite case grecque d’Hydra, celle qui reçut cette inoubliable chanson So Long, Marianne comme cadeau de rupture, Marianne vient de mourir d’un cancer à l’âge de 81 ans. Leonard Cohen lui a adressé un ultime signe d’affection :

“Marianne it’s come to this time when we are really so old and our bodies are falling apart and I think I will follow you very soon. Know that I am so close behind you that if you stretch out your hand, I think you can reach mine. And you know that I’ve always loved you for your beauty and your wisdom, but I don’t need to say anything more about that because you know all about that. But now, I just want to wish you a very good journey. Goodbye old friend. Endless love, see you down the road.”

 « Marianne, le temps où nous sommes si vieux et où nos corps s’effondrent est venu, et je pense que je vais te suivre très bientôt. Sache que je suis si près derrière toi que si tu tends la main, je pense que tu pourras atteindre la mienne. Tu sais que je t’ai toujours aimée pour ta beauté et ta sagesse, je n’ai pas besoin d’en dire plus à ce sujet car tu sais déjà tout cela. Maintenant, je veux seulement te souhaiter un très bon voyage. Adieu, ma vieille amie. Mon amour éternel, nous nous reverrons. »

Leur ami commun Jan Mollestad a répondu ainsi à M. Cohen :

« Dear Leonard

Marianne slept slowly out of this life yesterday evening. Totally at ease, surrounded by close friends.

Your letter came when she still could talk and laugh in full consciousness. When we read it aloud, she smiled as only Marianne can. She lifted her hand, when you said you were right behind, close enough to reach her.

It gave her deep peace of mind that you knew her condition. And your blessing for the journey gave her extra strength. Jan and her friends who saw what this message meant for her, will all thank you in deep gratitude for replying so fast and with such love and compassion.

In her last hour I held her hand and hummed Bird on a Wire, while she was breathing so lightly. And when we left her room, after her soul had flown out of the window for new adventures, we kissed her head and whispered your everlasting words

So long, Marianne »

La vie continue malgré tout et Leonard Cohen publie actuellement un nouveau disque You Want It Darker. Quel artiste !

Que faire avec le droit de la nationalité ?

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Nicolas Sarkozy, chef de Les Républicains, prépare sa campagne électorale pour les élections primaires conservatrices à l’élection présidentielle de 2017. Dans une interview au journal Le Monde il ressort le vieux sujet du droit du sol versus droit du sang. C’est une discussion récurrente lancée régulièrement quand, comme aujourd’hui, on veut laisser croire que tous ses malheurs viennent de l’étranger et des immigrés.  Le chef de Les Républicains déclare :

« Je suis contre sa suppression [le droit du sol] mais pour sa modification assez substantielle. Je veux qu’on le garde, mais pas de manière automatique. »

En réalité, il ne faut pas s’interdire de revoir le droit français de la nationalité si le besoin s’en fait sentir, ce qui vaut d’ailleurs pour l’ensemble du droit. Le parlement est fait pour çà et les élus sont payés (plutôt bien et avec un régime spécial de retraite plus favorable que celui de droit commun) pour y réfléchir. Des pays européens vivent avec le droit du sang, d’autres avec le droit du sol, la plupart avec un mixte des deux. Chaque statut a des avantages et des inconvénients, aucun n’est plus démocratique que l’autre et ni l’un ni l’autre n’ont réglé les problèmes liés à l’immigration.

Ce n’est pas le droit de la nationalité qui expliquera comment des gamins français de 20 ans issus de la troisième ou quatrième génération d’immigration, formés à l’école de la République, rentrent dans une église pour y égorger un prêtre disant la messe. Ce n’est pas ce débat juridique qui permettra de lutter contre la religion régressive qui s’empare de cette jeunesse et la transforme en bêtes sauvages.

Alors devisons sur le droit du sol, réformons-le au besoin, comme nous parlons des réformes économiques nécessaires mais ne faisons pas croire à Mme. Michu que cette question légale réglera la vague de terrorisme religieux actuelle qui relève plus de la mystique que de textes de loi.

Cynisme et excès

Drapeau_TurquieAvec habileté et une bonne dose de cynisme politique, le président turc, par ailleurs leader du parti religieux au pouvoir, assimile dans une interview au journal Le Monde la récente tentative ratée de coup d’Etat militaire que son pays vient d’affronter à du « terrorisme » et les pays occidentaux qui l’ont soutenu du bout des lèvres d’avoir « pris le parti des putschistes et des terroristes. »

Il semble établi que nombre de chancelleries occidentales n’auraient pas pleuré bien longtemps si le pouvoir religieux d’Ankara avait été déposé, même si élu de façon démocratique. Ce coup d’Etat raté par l’armée n’a pas grand-chose à voir avec le terrorisme islamique mondialisé qu’affrontent nombre de pays, y compris la Turquie d’ailleurs. Il ne s’agit que du nouvel épisode du conflit entre les galonnés et le pouvoir civil dans ce pays, vieux comme la moustache d’Ataturk. A la différence des précédents, ce coup d’Etat a échoué du fait de la division des militaires qui depuis en payent le prix, comme de nombreux civils.

Cette assimilation entre coup d’Etat militaire et terrorisme, surtout par les temps qui courent, permet au président turc de passer pour le grand innocent malmené par l’Occident qui soutient le « terrorisme ». La Turquie tient par ailleurs entre ses mains un levier pour limiter les flux de migrants vers l’Europe et ne manque pas de s’en servir. Tout ceci relève de la politique, pas toujours très brillante, mais illustrant la vraie vie des relations entre les continents.

Le président turc est élu par une nette majorité de ses électeurs, les galonnés de son armée sont une des forces vives de l’alliance atlantique (OTAN), ce pays asiatique joue un rôle clé (et parfois trouble) dans les multiples conflits qui agitent le proche et moyen Orient, il est candidat à l’adhésion à l’Union européenne même si son entrée est de plus en plus improbable, ses citoyens constituent une forte communauté immigrée en Europe, particulièrement en Allemagne, il accueille des millions de réfugiés moyen-orientaux et contrôle plus ou moins le robinet du flux de ceux-ci vers l’Europe…

Grandeur et décadence de la realpolitik, il faut bien s’entendre avec la Turquie en dépit des différences. Gageons que l’intelligence vaincra et que cette agitation médiatique du microcosme s’apaisera au profit des intérêts nationaux bien compris.

ROLLAND Romain, ‘Jean-Christophe 3/3’.

Sortie : 1912, Chez : Le Livre de Poche 779/780.

Le dernier tome de l’épopée musicale et historique de Jean-Christophe écrite par Romain ROLLAND, prix Nobel de littérature en 1916. C’est le crépuscule de notre héros, plus apaisé avec la reconnaissance venue, mais toujours créateur d’une œuvre musicale dont il veut laisser des traces à la postérité.

Rolland décrit avec son style lyrique et analytique la confrontation des sentiments dans le cœur de l’artiste et leur transformation en musique. Notre héros se frotte violement aux émeutes révolutionnaires parisiennes (sans doute 1848), retrouve tendrement son amour italien de jeunesse et passe des jours presque heureux entre Paris et Rome entourés des enfants de ses amis disparus qui accompagneront ses derniers instants.

On croise dans ces lignes Colette et Brahms, on vit la passion de l’auteur pour la musique et on se glisse sans peine dans ses personnages habités par la violence de leur espérance transcendée par la pureté de la musique. Ce roman fleuve de Romain Rolland se lit avec bonheur, on est en plein XIXème siècle, celui où se déroule la fiction et celui auquel on associe le style de l’auteur. Mais quelle que soit l’époque, le cœur des Hommes et l’émotion musicale perdurent.

Rennes – Le Parlement de Bretagne

Des jeux superflus et coûteux

Les jeux olympiques de sports d’été se déroulent en ce moment à Rio-de-Janeiro au Brésil dans une ville en faillite financière. La France concoure à ces activités avec une équipe financée par ses citoyens mais également par un voyage de son président de la République accompagné de la maire de Paris venus promouvoir la candidature de la ville de Paris aux jeux olympiques de 2024.

Il faut espérer que ce projet inutile capote et que le comité international olympique le rejette. Des millions d’euros tirés de la poche des contribuables et d’entreprises sponsors ont déjà été dépensés, il faut en rester là. Le minimum de rigueur de gestion qui manque tant à notre pays et ses habitants voudrait que l’on arrête immédiatement cette candidature dispendieuse. Qui donc saura stopper ce Trafalgar des dépenses publiques ? Qui oserait même l’inscrire à son programme électoral en disant simplement : « nous n’avons plus les moyens, mais nous relancerons une candidature lorsque les dépenses de l’Etat auront enfin été équilibrées avec ses dépenses » ?

Ce serait pourtant une bonne leçon de gestion : quand on plus de sous, on consacre la pénurie à l’essentiel qu’il faut savoir choisir au lieu de se lancer dans du superflu que nos enfants et leurs descendants devront régler un jour à notre place.