De l’explosif et du terrorisme

Les combats menés actuellement au Moyen-Orient contre les différents groupuscules terroristes mettent en valeur la sophistication avec laquelle ces derniers piègent tout ce qu’ils peuvent trouver pour nuire à leurs assaillants. Leur créativité est assez impressionnante et relativement efficace pour retarder l’avancée des troupes régulières.

Outre la voiture piégée à l’explosif lancée contre la ligne de front, généralement conduite par un suicidaire et désormais un classique du genre, les mouvements terroristes religieux prennent un malin plaisir à piéger tout et n’importe quoi : les maisons détruites, des drones artisanaux, des chaussures abandonnées et même des Coran qui ont l’air de traîner par terre et qui explosent dès qu’un soldat imprudent s’en saisi. L’avancée des troupes loyalistes qui reconquièrent les villes est ainsi sérieusement ralentie puisqu’elles regardent à deux fois où elles mettent les pieds, et on peut les comprendre.

Evidemment il est probablement plus simple de piéger un objet qu’un humain bien que les deux méthodes soient également pratiquées. Le recrutement est plus aisé dans le premier cas bien qu’on ne semble pas manquer de volontaires pour le second. Le piégeage relève de la guerre du pauvre : avec un peu de poudre on crée beaucoup de terreur et un peu de dégât.

La Russie à l’assaut des élections occidentales

L’administration américaine confirme ses accusations contre la Russie qui serait intervenue lors des élections américaines via des manipulations de données informatiques, intrusion dans les systèmes du parti démocrate, vol et publication de documents secrets ou privés. Moscou aurait cherché à favoriser l’élection de Donald Trump plus ouvert aux positions russes que son opposante Hillary Clinton. La Russie et M. Trump contestent cette analyse officielle américaine.

Le problème dans ce genre de situation est que l’on peut croire l’une et l’autre partie largement capable de ce dont elles s’accusent mutuellement : la Russie d’intervenir contre la démocratie et l’administration américaine de raconter des bobards. Ce qui est incontestable sont les attaques informatiques qui ont eu lieu contre les sites du parti démocrate ayant abouti à la publication de toute une série de documents négatifs pour la candidate Clinton. Il semble probable que l’origine de ces attaques vienne de Russie bien qu’il ne soit pas évident de remonter la chaîne des ordinateurs hackers procédant à ce genre d’attaque. Ce qui est encore plus difficile est de démontrer que le pouvoir russe serait le donneur d’ordre. Les services de renseignement américains ont franchi ce pas et l’ont documenté dans un rapport dont une partie vient d’être déclassifiée et publiée.

La Russie, comme nombre d’autres pays de la planète, n’aime pas la démocratie comme système d’organisation de la société. Lorsque ces pays opposants sont des puissances, ils vont plus loin et cherchent à abattre les démocraties. Ce fut l’obsession de l’ex-URSS durant les 70 années de guerre froide et la Russie reprend aujourd’hui le flambeau. Les puissances occidentales ne sont pas non plus restées inactives pour accélérer la fin de l’empire communiste soviétique. Plus récemment elles n’ont pas été en reste pour généraliser de façon assez effrayante l’espionnage des communications de notre civilisation de l’information, y compris en piratant les téléphones portables de dirigeants amis.

Alors que la démocratie occidentale apparaissait comme le système victorieux après la chute du mur de Berlin en 1989 et semblait avoir vocation à être instauré partout sur la planète où il ne l’était pas encore, la situation est significativement différente aujourd’hui trente ans plus tard. Une bonne partie de l’Asie conteste ce système en l’accusant de tous les maux et mène des actions hostiles diverses pour le faire choir. De la Russie à l’Iran en passant par les monarchies religieuses du Golfe persique nombre de pouvoirs de ces pays se retrouvent pour s’attaquer à la démocratie via des actions souvent illégales. Il y a sans doute dans ces attitudes belliqueuses un mélange de jalousie devant la réussite économique et technologique occidentale et de crainte que cette liberté (et sa première manifestation : les élections) s’installe dans leurs propres populations, mettant ainsi la continuité de leur pouvoir en péril.

Il faut vivre avec cette menace, et s’y possible se préparer à y réagir. La démocratie occidentale est un système minoritaire dont le sens de la liberté sonne comme un symbole de décadence aux yeux de ses opposants. Il est illusoire de penser que chacun puisse vivre de son côté sans chercher à nuire à l’autre. L’esprit de compétition et de conquête est un moteur fort de tous temps pour l’Humanité. Rien ne change, il faut juste ne pas perdre la course !

Attentat religieux islamique en Turquie

Le groupe Etat Islamique a revendiqué l’attentat qui s’est déroulé la nuit du réveillon dans une boîte de nuit d’Istanbul. Le mode d’action ressemble à celui mis en œuvre à Paris lors du concert du Bataclan : un fou de Dieu s’introduit dans un lieu festif et tire au hasard sur la foule. Il y a 39 morts et de nombreux blessés. La revendication fait expressément mention de la Turquie « protectrice de la croix » et des fêtes païennes qui se déroulent dans ce pays.

La Turquie a retourné ses alliances. Alors qu’elle soutenait les opposants au régime syrien, la voici maintenant alliée avec la Russie (chrétienne) qui, elle, soutient à bouts de canons le clan au pouvoir à Damas. Pas facile à gérer pour un Etat en cours de réislamisation et toujours en guerre par ailleurs avec sa minorité kurde soutenue elle par l’Occident dans la guerre contre le groupe Etat Islamique. Plus personne ne comprend plus grand-chose dans cet Orient où s’affrontent des arables, des perses, des turcs, des slaves, des occidentaux, des musulmans chiites, des musulmans sunnites, des chrétiens orthodoxes, catholiques ou protestants, avec des alliances qui se font et se défont dans la même journée.

Des négociations politiques sont en cours pour tenter de mettre fin à la guerre syrienne sous l’égide de la Russie et avec la Turquie. Espérons qu’elles aboutiront à quelque chose. En attendant, la guerre de religion absurde se poursuit, le sang continue à couler au nom de Dieu et les groupe terroristes religieux nagent comme des poissons dans cette eau trouble et nauséabonde. La Turquie n’en a sans doute pas fini avec les attentats, pas plus que les pays occidentaux d’ailleurs.

Alep revient, Palmyre repart

Reprise il y a quelques mois par le pouvoir syrien et ses alliés étrangers la ville de Palmyre en Syrie vient d’être reconquise par le groupe Etat islamique et ses quelques centaines de miliciens extrémistes. Lorsqu’ils occupaient cette ville, les islamistes avaient consciencieusement détruit nombre de monuments antiques qui contredisent leur projet fou de purification religieuse. Ils en avaient profité pour décapiter le vieux conservateur des antiquités de la ville qui avait 82 ans.

Ces religieux qualifient tous ceux qui ne croient pas à leur sunnisme radical et régressif de mécréants lorsqu’ils sont chrétiens ou juifs, ou d’apostats lorsqu’ils sont musulmans non sunnites. Ils méritent donc selon les djihadistes au mieux la relégation, au pire la mort. Et le groupe Etat islamique continue à massacrer et détruire au nom de Dieu !

Attentat religieux en Turquie

L’ambassadeur de Russie en Turquie est assassiné par un de ses gardes du corps turc en direct devant les télévisions réunies pour l’inauguration d’une exposition artistique. Le meurtre a lieu alors que l’ambassadeur y prononçait un discours. Avant d’être abattu le tireur a le temps de crier :

N’oubliez pas Alep. Tant que les habitants n’y seront pas en sécurité vous n’y serez pas non plus.

Les empires sont cruels

Après un long siège de la partie rebelle de la ville syrienne d’Alep mené par les troupes gouvernementales locales puissamment appuyées par la Russie slave, l’Iran perse et les milices libanaises arabes du Hezbollah, les dernières résistances sont en train de céder. Il y aura eu plusieurs années de siège, des milliers de morts, une ville, pour autant que l’on puisse en juger sur les images diffusées, réduite en ruines. Ce sera peut-être une étape vers une solution politique qui serait celle du vainqueur militaire. Pas sûr toutefois que cette guerre civile ne s’achève rapidement après une telle fureur. Il ne va pas être facile de se réconcilier après tant de haine.

La Russie s’est engagée dans un combat incertain et sans nuance. L’avenir dira si elle se débrouille mieux dans cet Orient compliqué que l’Occident qui n’a jamais vraiment su faire dans cette région en conflit permanent depuis des décennies. Moscou a déployé une force militaire aveugle au service d’un pouvoir syrien sinistre. Vu à l’aune de nos démocraties occidentales tout ceci est un désastre humain et les images de gamins étouffant sous les gaz de combat au milieu des ruines d’Alep font frémir. L’Orient favorise la force pour imposer la paix là où l’Occident a échoué avec la négociation et les interventions de l’Onu.

Ce n’est pas d’aujourd’hui que la Russie considère le système démocratique comme décadent et inefficace. Voilà juste un siècle que la révolution bolchévique était déclenchée en Russie en 1917. Au cours de ces cent dernières années, l’Union soviétique puis la Russie ont cherché avec constance, et pour le moment insuccès, à détruire la démocratie. L’Histoire continue donc et Moscou déploie une brutalité coutumière pour défendre ses alliés de circonstance au Moyen-Orient.

Les empires sont cruels, souvent criminels. La France est bien placée pour le savoir. La Russie perpétue la tradition. Paris n’a pas fini de payer les conséquences de ses éphémères ambitions impériales. On peut craindre que Moscou ne suive la même voie.

La Turquie cherche à rétablir la peine de mort

Drapeau_TurquieSuite à la tentative avortée de coup d’Etat en Turquie qui a fait près de 300 morts et de nombreux blessés, le pouvoir cherche à rétablir la peine de mort « sous la pression du peuple ». Comme il s’agirait principalement de châtier les présumés coupables de ce coup, ce rétablissement devrait être avec effet rétroactif. Comme l’affirme le président de la République avec une démagogie à faire pâlir d’envie Laurent Wauquiez:

« Ce qui compte n’est pas ce que dit l’Occident mais ce que dit mon peuple »,

Cette peine capitale avait été abolie en 2004 pour pouvoir lancer les négociations d’adhésion à l’Union européenne. Son rétablissement entraînera leur arrêt complet, sans doute pour longtemps. Comme plus grand monde ne croît cette adhésion possible ni souhaitable des deux côtés du Bosphore, la conséquence de cette décision, si elle était prise, ne ferait qu’entériner une situation de faits.

En attendant, la République turque continue aussi son chemin vers un abandon de sa laïcité et de son orientation vers l’Occident. Le pays est par ailleurs en cours de réislamisation (tendance sunnite). La question suivante qui va se poser sous peu est le maintien ou non de ce pays dans l’alliance atlantique (OTAN). Le Canard Enchaîné a cru pouvoir affirmer que les Etats-Unis avaient discrètement déplacé en dehors du pays les missiles nucléaires qui y étaient entreposés ; mesure sans doute prudente en attendant d’y voir plus clair sur le côté vers lequel penchera la balance dans les mois à venir !

La Turquie éructe…

Drapeau_TurquieAlors que nombre d’Etats occidentaux se demandent comment sortir du piège moyen-oriental, la Turquie lutte pour y entrer. Déjà engagée militairement en Syrie pour y défendre une stratégie pas toujours très claire, si ce n’est son aspect antikurde, Ankara qui dispose d’une base militaire dans le nord de l’Irak fait des pieds et des mains pour participer à la bataille pour le reprise de la ville de Mossoul tenue par les terroristes religieux sunnites du groupe Etat islamique. Le gouvernement irakien du moment étant chiite, la Turquie sunnite voudrait s’assurer que les intérêts religieux sunnites seront maintenus après une éventuelle victoire chiite.

Alors que le premier ministre irakien critiquait la présence militaire turque dans son pays, le président turc lui a répondu dans son style très personnel et tout en subtilité lui enjoignant de rester à sa place :

« Tu n’es pas mon interlocuteur, tu n’es pas à mon niveau. Peu nous importe que tu cries depuis l’Irak, nous continuerons à faire ce que nous pensons devoir faire…  L’armée de la République turque n’a pas de leçon à recevoir de vous. »

Pas sûr que la réconciliation du Moyen-Orient soit pour demain !

Il y aura un jour des comptes à rendre

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La Syrie continue à être à feu et à sang, couverte de bombes par le régime au pouvoir, la Russie qui le soutient, la Turquie dont l’armée est entrée dans le pays, l’Iran et le hezbollah libanais qui ont des hommes sur le front, une coalition internationale (et plutôt occidentale) qui bombarde, des mouvements islamiques tellement nombreux et changeants que plus personne ne sait plus qui ils soutiennent ni qui ils attaquent… Entre deux bombes, les uns et les autres n’hésitent pas à utiliser des gaz de combat pour essayer d’emporter le morceau, sans véritable succès.

Des villes sont assiégées telle Stalingrad en des temps plus anciens, des millions de civils qui fuient, qui sont manipulés, baladés d’un couloir humanitaire à des camps de réfugiés, sans parler de ceux qui essayent désespérément de rejoindre l’Europe et ceux qui en profitent pour exporter du terrorisme. Bref, c’est un chaos comme on n’en avait pas vu depuis des lustres. Un chaos qui a déjà fait des centaines de milliers de morts.

Un jour il faudra rendre des comptes au sujet de cette déroute. Bien sûr le clan familial au pouvoir qui n’a pas su éviter cette guerre civile sera aux premières loges mais on peut penser que soit il arrive à se maintenir aux commandes, soit à la moindre faiblesse il sera éliminé physiquement avec sa communauté religieuse et ethnique. Il n’aura donc sans doute jamais ni le temps ni la nécessité d’avoir des comptes à rendre. Et ce n’est pas là la moindre aberration de ce conflit : d’une certaine façon la dictature actuelle protège certaines communautés, chrétienne et alaouite par exemple, en en massacrant d’autres. Lesdits chrétiens et alaouites passeront à leur tour un sale quart d’heure si un pouvoir religieux islamiste emportait la victoire, ils font donc partie des soutiens du régime.

Ce que l’on peut affirmer sans trop se tromper c’est en tout cas que cette dictature familiale est incompétente ; elle aurait mis un tout petit peu « d’eau dans son vin », si l’on ose dire, elle pourrait continuer à diriger une Syrie à peu près apaisée. Il aurait juste fallu organiser un début (un simulacre) d’ouverture à des partis politiques et, sans doute, partager un peu plus les ressources économiques du pays qui sont trustées depuis des décennies par les très proches. Ce ne sont pas les options qui ont été prises et c’est maintenant un combat à mort pour la survie. C’est la caractéristique d’un pouvoir brutal et inefficace. Ce sont les dérives qu’en principe un système démocratique permet d’éviter.

La Russie engagée militairement et durement, avec bombardiers et soldats, en faveur du clan familial aura certainement un jour des comptes à rendre à la Syrie comme à la communauté internationale, quel que soit l‘issue de ce chaos. Peut-être pas immédiatement alors que ce pays semble renaître sous l’effet de cette puissance guerrière éphémère, mais à terme le jour viendra de payer la facture, on peut en être certain.

Les pays arabes avoisinants regardent passer les trains et accueillent la majorité des réfugiés.

Les européens quant à eux paieront sans doute la plus grande part de la facture de la reconstruction le moment venu.

Tout ceci n’est guère brillant, et pas encore fini, hélas.

 

Deux forbans en Turquie

Drapeau_TurquieL’agitation politique actuellement constatée en Turquie relève beaucoup d’un clash d’égos entre deux fortes personnalités confondant la religion avec le pouvoir politique, leurs intérêts particuliers avec l’avenir de leur pays. Exilé aux Etats-Unis d’Amérique Fethullah Gülen ferraille avec le président turc Recep Tayyip Erdogan, le pouvoir d’un intellectuel à réseaux contre celui d’un dirigeant politique armé de la puissance d’un Etat, le combat est inégal ! Autrefois alliés ils se sont séparés lorsque l’un a mis à jour la corruption gangrenant l’entourage du second.

Le gouvernement turc accuse M. Gülen d’avoir fomenté le récent coup d’Etat militaire qui a échoué. C’est possible, le pays est régulièrement agité de coups d’Etat qui doivent bien être pensés par quelqu’un ! La spécificité du débat actuel réside dans le fait que les deux ex-partenaires se rangent chacun derrière la religion islamique comme guide de leur action. A défaut de choisir entre Dieu et le pouvoir politique, ils aboutissent à désorganiser leur pays en attisant les haines recuites, les comportements déraisonnables et le recul de leur pays qu’ils disent pourtant vouloir promouvoir.

Dans un proche et moyen Orient en proie à la guerre, quasiment sans interruption depuis 1948, le monde aurait besoin d’une Turquie apaisée, leader raisonné et moderne d’une région dévastée, capable de montrer l’exemple et de parlementer avec toutes les parties, un pont entre Occident et Orient. Du fait de l’aveuglement de deux forbans, le pays, au contraire, opte pour les règlements de compte, la valse des alliances opportunes et la démagogie généralisée. Triste situation !

Cynisme et excès

Drapeau_TurquieAvec habileté et une bonne dose de cynisme politique, le président turc, par ailleurs leader du parti religieux au pouvoir, assimile dans une interview au journal Le Monde la récente tentative ratée de coup d’Etat militaire que son pays vient d’affronter à du « terrorisme » et les pays occidentaux qui l’ont soutenu du bout des lèvres d’avoir « pris le parti des putschistes et des terroristes. »

Il semble établi que nombre de chancelleries occidentales n’auraient pas pleuré bien longtemps si le pouvoir religieux d’Ankara avait été déposé, même si élu de façon démocratique. Ce coup d’Etat raté par l’armée n’a pas grand-chose à voir avec le terrorisme islamique mondialisé qu’affrontent nombre de pays, y compris la Turquie d’ailleurs. Il ne s’agit que du nouvel épisode du conflit entre les galonnés et le pouvoir civil dans ce pays, vieux comme la moustache d’Ataturk. A la différence des précédents, ce coup d’Etat a échoué du fait de la division des militaires qui depuis en payent le prix, comme de nombreux civils.

Cette assimilation entre coup d’Etat militaire et terrorisme, surtout par les temps qui courent, permet au président turc de passer pour le grand innocent malmené par l’Occident qui soutient le « terrorisme ». La Turquie tient par ailleurs entre ses mains un levier pour limiter les flux de migrants vers l’Europe et ne manque pas de s’en servir. Tout ceci relève de la politique, pas toujours très brillante, mais illustrant la vraie vie des relations entre les continents.

Le président turc est élu par une nette majorité de ses électeurs, les galonnés de son armée sont une des forces vives de l’alliance atlantique (OTAN), ce pays asiatique joue un rôle clé (et parfois trouble) dans les multiples conflits qui agitent le proche et moyen Orient, il est candidat à l’adhésion à l’Union européenne même si son entrée est de plus en plus improbable, ses citoyens constituent une forte communauté immigrée en Europe, particulièrement en Allemagne, il accueille des millions de réfugiés moyen-orientaux et contrôle plus ou moins le robinet du flux de ceux-ci vers l’Europe…

Grandeur et décadence de la realpolitik, il faut bien s’entendre avec la Turquie en dépit des différences. Gageons que l’intelligence vaincra et que cette agitation médiatique du microcosme s’apaisera au profit des intérêts nationaux bien compris.

Des purges massives en Turquie

Drapeau_TurquieSuite au coup d’Etat militaire qui a échoué en Turquie le parti religieux au pouvoir règle ses comptes et procède à des purges massives, non seulement au sein de l’armée mais aussi chez les fonctionnaires, les journalistes, dans des entreprises et diverses autres corporations. L’ampleur et l’immédiateté des arrestations, 18 000 en quelques jours selon les estimations les plus fiables, laisse imaginer que des listes étaient prêtes bien avant les évènements. Il est également procédé à des licenciements en masse (63 000 fonctionnaires), des confiscations de passeports (50 000) et des fermetures de médias. On ne sait pas bien comment la justice va pouvoir traiter ces dizaines de milliers de suspects arrêtés et emprisonnés (y-avait-il suffisamment de places disponibles dans les prisons pour de telles foules d’arrivants ?). Le pouvoir parle de rétablir la peine de mort que le peuple réclame à grands renforts de meeting pro-pouvoir monstres à Istanbul et Ankara.

A l’émotion de certains pays occidentaux, le président a déclaré depuis son palais présidentiel :

« Certains nous donnent des conseils. Ils se disent inquiets. Mêlez-vous de vos affaires ! »

On aurait facilement tendance à suivre cet oukase si les intérêts occidentaux n’étaient si importants en Turquie. Il faudra, hélas, continuer à s’intéresser à l’avenir de ce pays et essayer de trouver un moyen pour qu’il ne soit pas trop durablement déstabilisé. Car il est à craindre que la tendance actuelle vers un régime religieux autoritaire n’amène à terme plus de problèmes qu’il n’en résoudra !

Coup d’Etat militaire avorté en Turquie

Drapeau_TurquieDes militaires sortent de leurs casernes en Turquie dans la nuit du 15 au 16 juillet et tentent de s’emparer du pouvoir. Ils représentent une part minoritaire de l’armée semble-t-il et le pouvoir les réduit rapidement. Il y a quand même deux cents morts, pour le moment, entre Ankara et Istanbul. Le parti religieux islamique au pouvoir profite de la reprise en main pour se lancer dans une purge de grande envergure. C’était prévisible.

Voilà qui devrait encore repousser négociations et conclusion d’un accord d’adhésion à l’Union européenne de ce pays, dont personne ne semble vraiment souhaiter une issue favorable. Il ne serait pas facile d’expliquer aux citoyens européens que la Turquie remplace le Royaume-Uni…

Terrorisme religieux islamiste en Irak

Environ 140 morts dans un attentat suicide revendiqué par le groupe Etat Islamique à Bagdad. C’est la communauté religieuse chiite qui est visée par ce groupe défendant l’idéologie sunnite. Un terroriste se fait exploser dans un camion chargé d’explosif dans un quartier commercial de la ville où se pressaient des habitats faisant des courses pour le repas du soir du Ramadan.

Terrorisme religieux islamiste au Bangladesh

20 morts dans un restaurant de Dacca fréquenté par des expatriés suite à une attaque d’une dizaine de terroristes religieux. Les étrangers auraient été assassinés à l’arme blanche par les assaillants. Le groupe Etat Islamique a cette fois-ci revendiqué assez rapidement cette attaque « contre les citoyens d’Etats croisés ».

Terrorisme, sans doute religieux, à Istanbul

Drapeau_TurquiePrès de 45 morts et 250 blessés à l’aéroport d’Istanbul suite à une attaque suicide de trois terroristes ce 28 juin 2016 qui tirent sur la foule puis se font exploser avec leurs ceintures d’explosifs dans le hall des départs. L’attentat n’a pas encore été revendiqué mais il est probable qu’il soit la suite de ceux de Paris et de Bruxelles commis dans des conditions similaires. La Turquie étant confrontée également à des vagues terroristes de mouvements extrémistes kurdes il peut y avoir encore quelques doutes sur l’origine de celui d’aujourd’hui.

Les dirigeants turcs au bord de l’hystérie

Drapeau_TurquieLe parlement allemand vient d’adopter une résolution reconnaissant plus ou moins le génocide commis par la Turquie en Arménie avec l’aide, ou tout au moins le silence coupable, du IIIème Reich allemand. Compte tenu de la forte et ancienne immigration turque en Allemagne, le parlement de ce pays compte nombre de députés d’origine turque dont onze d’entre eux ont voté pour le texte. Le président turc, plutôt du genre nerveux, s’est aussitôt répandu dans les médias :

« Des Turcs, disent certains. Quels Turcs ! Leur sang devrait être analysé par un laboratoire… on sait de toute façon de qui ils [les onze députés d’origine turque] sont les porte-parole. Ils sont l’extension en Allemagne d’organisations terroristes séparatistes en Turquie… Leur sang est, au bout du compte, impur. »

Tout en nuance et subtilité…

Religion dans les compagnies aériennes

Une citoyenne israélienne de 81 ans a été récemment obligée de changer de place dans un avion de la compagnie israélienne El-Al car un autre citoyen israélien de confession juive ultra-orthodoxe ne souhaitait pas être assis à côté d’une femme. Cette femme, ancienne avocate, a décidé de porter plainte contre le transporteur pour discrimination avec l’aide d’une association spécialisée Israel Religious Action Center pour un judaïsme progressif (autant dire qu’ils ne sont pas rendus…) et qui a déjà obtenu quelques succès dans des actions similaires dans les transports publics.

Le comportement des religions à l’égard des femmes est toujours aussi archaïque que similaire quel que soit le Dieu. La tâche est rude pour amener les religieux vers un peu plus de raison !

La Turquie telle qu’elle est

Drapeau_TurquieLa Turquie est dans la tourmente et l’ambiguïté : parti religieux au pouvoir et président autocrate, implication trouble dans la guerre civile syrienne, obsession antikurde, état de quasi guerre avec la Russie, chantage aux réfugiés vis-à-vis des pays européens, reprise en main de la presse d’opposition, etc.

Le pays se révèle tel qu’il est c’est-à-dire plus tourné et concerné par l’Orient que par l’Occident ce qui n’est pas incongru s’agissant d’une puissance asiatique. Gageons que les évènements actuels repousseront aux calendes grecques l’option de l’adhésion de la Turquie à l’Union européenne.

Il va falloir faire preuve de trésors de diplomatie pour tenter de calmer les ardeurs guerrières et manœuvrières de la Turquie, membre de l’OTAN, et sans doute capable de déclencher un conflit sans s’en apercevoir. Le pays est sanguin et, comme beaucoup, avide de retrouver son statut d’empire. Ainsi vont les affaires du monde.