Quoi de neuf ?

1-0 à l’UMP

Manifestement Copé-l’aboyeur en a une plus grosse paire que Fillon-costume-étriqué qui ne sait pas bien où il va. Il s’est fait enfumer comme un débutant. Il l’a laissé présider l’UMP et être candidat en même temps, et ainsi organiser consciencieusement les petits arrangements avec la morale, ou en tout cas avec le code électoral. Il lui a abandonné les plateaux médiatiques de la démagogie sur lesquels il a clamé ses invectives sur le « pain au chocolat » et autres inepties de la droite forte. Et maintenant que Copé sans foi ni loi est dans la place il n’y a plus grand-chose à faire pour le faire sortir de la présidence de l’UMP où il fait le matamore

Il n’y a pas de doute, Copé-l’aboyeur en a une plus grosse paire et il a dévoré l’étriqué, pieds-tendres et souffreteux, toujours à soigner ses petites misères. Est-ce grave ? Pas tant que ça, que chacun aille sur son chemin qui ne sont clairement pas communs, Copé aboiera avec la droite forte et bête pendant que Fillon, s’il se remet de sa sciatique, vendra son centre raisonnable. Et puis pour les élections présidentielles de 2017, soit ils se mettent d’accord sur un candidat commun et ils pourraient gagner, soit ils se présentent tous les deux et la gauche rempilera. Dans un cas comme dans l’autre on n’en pourra pas, donc passons au sujet suivant. t

Lenglet François, ‘Qui va payer la crise ?’.

Sortie : 2012, Chez : Fayard. Un livre de journaliste, donc très critique et peu analytique. Tout le monde en prend pour son grade : les pays qui gèrent leur budget avec rigueur car ils cassent la croissance des autres ; les pays qui dépensent sans compter car ils vivent comme des cigales et cassent leur futur ; les dirigeants irresponsables qui n’arrivent pas à se mettre d’accord pour faire avancer l’Europe et plient devant le monde de la Finance, etc. Seule la corporation des journalistes (qui bénéficie toujours d’une niche fiscale en France et participe ainsi à la dépense publique NDLR) semble échapper à ce tir de barrage.
Sur le fond la description de la situation apparaît correcte mais le diagnostic l’est un peu moins. Sa théorie principale, répétée à plusieurs reprises est que c’est la crise qui crée la dette et non l’inverse. C’est une façon contestable de voir les choses car c’est surtout l’incurie budgétaire de nos Etats qui a créé la crise de la dette publique : 40 années successives de déficit pour le budget de la France, pendant les périodes de croissance comme de récession. Nos enfants n’ont jamais connu autre chose que le déficit de leur Etat depuis leur naissance ! Si la France avait profité des périodes de vaches grasses pour se désendetter elle aurait pu affronter la situation actuelle avec plus de force, mais réduire les dépenses publiques nécessite un courage politique dont nos dirigeants ces dernières années étaient fort peu pourvus, eux-mêmes élus par des masses peu disposées à se remettre en cause.
Après les pages de critiques tous azimuts il y a quelques propositions dans les derniers paragraphes : faire sortir la Grèce de la zone euro en préparant l’opération, et annuler tout ou partie des dettes des pays du sud de l’Europe. Stratégies relativement aisées à définir du fond d’une rédaction parisienne (avec niche fiscale NDLR), un peu plus complexe à mettre en œuvre dans la vraie vie. Mais grosso-modo c’est ce qui se dessine ; il est peu probable que la Grèce quitte la zone euro, mais l’annulation/allègement des dettes des pays impécunieux est en cours. La Grèce a vu effacer une partie significative de sa dette privée et l’allègement de sa dette publique est en cours. Simplement cela ne se fait pas d’un coup de baguette magique : il a y 26 autres pays européens à convaincre, une multitude de créanciers à qui fournir des kleenex pour pleurer, des peuples et des parlements qui existent encore et qu’il faut prendre en compte. Bref, quand on annule de la dette il faut répondre à la question : « Qui va payer ? ». Eh bien quand il s’agit de dette privée ce sont les banques, et derrière leurs actionnaires voire leurs contribuables nationaux si ces annulations mettent en péril l’avenir desdites banques ; pour les dettes publiques ce sont directement les contribuables des pays prêteurs, c’est plus simple. La République française est créancière à hauteur de plusieurs dizaines de milliards d’euros de la Grèce, prêts directs et garanties de prêts divers, ce qui veut dire que tout euro annulé à la Grèce se retrouve dans le budget dépenses de la République et donc sur notre avis d’imposition. C’est assez simple à comprendre, c’est un peu plus difficile à mettre en œuvre, en tout cas cela prend plus de temps que Lenglet n’en octroie.
On note (au moins) 2 erreurs manifestes dans l’ouvrage. Lenglet parle page 172 du safari mené par le roi d’Espagne en 2012 en « Rhodésie » pour illustrer la perte de repères des dirigeants européens : la Rhodésie n’existe plus depuis qu’elle est devenue indépendante dans les années 70 et s’est transformée en Zimbabwe. Il explique aussi page 169 que la nouvelle monnaie grecque « …devrait se déprécier de moitié au moins, ce qui divisera la dette par deux. » Dans une telle hypothèse, la dette en EUR sera multipliée par 2 et non divisée par 2 !
Pour résumer, un livre intéressant mais qui le serait encore un peu plus avec moins de formules à l’emporte-pièce et plus de réflexion.

Taylor Kressmann, ‘Inconnu à cette adresse’.

Sortie : 1938, Chez : J’ai lu 9914. Une nouvelle sous forme de correspondances dans les années 30 entre un juif allemand installé aux Etats-Unis et son compatriote retourné dans une Allemagne en proie à la montée du nazime. Ecrit en 1938, ce petit livre est prémonitoire de l’effondrement idéologique de l’Allemagne.

La bagnole pousse la culture dehors

Je dîne au restaurant du Virgin des Champs Elysées. Le magasin est quasiment vide, l’espace réservé à la vente de disques a encore fondu. Le vendeur à qui je demande s’il a le dernier Cowboy Junkies me vide son sac et m’explique qu’après la fermeture du Virgin Louvre, celui des Champs-Elysées doit fermer sous peu, il n’y a plus de vente ni de disques, ni de livres, ni de rien. C’est la faillite. L’immeuble a été racheté par un fonds qatari et sera transformé en showroom Volkswagen.

La bagnole pousse la culture dehors, quelle tristesse !

The Dandy Warhols – 2012/11/29 – Paris le Trianon

Les Dandy Warhols ne quittent plus la France ; après l’Olympia en avril, Rock en Seine en août les revoici au Trianon en cette fin d’année. C’aurait été frustrant de retourner dans l’Oregon sans une dernière petite resucée de leur rock underground sur une scène parisienne. Ils furent plus que bienvenus ce soir au Trianon, complet depuis plusieurs semaines !

Un concert bonus pour préparer Noël dans de bonnes conditions. Un concert en prime pour ne pas oublier que ces quatre diables, au cœur de notre univers musical, sont un groupe de performers à voir sur scène pour mieux goûter leurs disques.

Ils commettent ce soir un show endiablé et sans rappel, pas fondamentalement différent des précédents de cette année 2012, mais leur production discographique est maintenant largement suffisante pour varier les set-lists d’une soirée à l’autre, et puis nous n’aimons rien de mieux que les bons standards du groupe alors lorsqu’ils démarrent sur Be In, We Used to be Friends et Shakin’ l’enthousiasme saisit le théâtre, la ferveur agite les fans. Les plongées dans le dernier disque This Machine (référence au slogan This machine kills facists écrit par Woody Guthrie sur sa guitare) sont bienvenues, les nouvelles compositions sont de la même veine : sombres et obsessionnelles. Le show se termine sur Boys Better, un morceau tonitruant du Black Album au terme d’une longue introduction de machines relayée par des riffs de guitare incestueux frappés à grands moulinets de Pete (à la Townshend des Who) et que Zia termine en faisant larséner ses claviers à l’infini alors que ses boys ont déjà quitté la scène.

Set-list : Be-In/ We Used to Be Friends/ Shakin’/ Enjoy Yourself/ Not If You Were the Last Junkie on Earth/ I Love You/ Rest Your Head/ The Last High/ The Autumn Carnival/ Godless/ Holding Me Up/ Well They’re Gone/ Every Day Should Be A Holiday (Acoustic Courtney solo)/ (You Come In) Burned/ Sad Vacation/ Solid/ Bohemian Like You/ Get Off/ Horse Pills/ Pete International Airport/ Boys Better
Encore : Zia en solo pour finir « Daisy On My Toe »

Fumette dans le Colorado

Lors des dernières élections présidentielles américaines, l’Etat du Colorado a voté pour la légalisation du cannabis « à titre récréatif » et contre l’exploitation du gaz de schiste dans l’Etat. Un vrai bonheur pour écolo ce Colorado, on pourra y exiler Cécile Duflot quand elle se sera fait débarquer du gouvernement pour fumette dans les couloirs de son ministère.

L’étriqué et l’aboyeur

Non seulement impayables, l’étriqué et l’aboyeur, sont aussi incorrigibles. Ils continuent à diffuser communiqués de presse assassins, appels au rassemblement, à déléguer huissiers et médiateurs, à déjeuner avec Sarko l’agité, à saisir la Justice, les citoyens et les militants, bref, à confirmer leur incompétence à gouverner. Que Dieu nous préserve de ne plus jamais rencontrer ces ambitieux irresponsables à des postes de responsabilité de la République !

Amy Macdonald – 2012/11/27 – Paris le Trianon

Amy Macdonald est au Trianon pour présenter son dernier disque : Life In a Beautiful Light. Rien de bien neuf ni renversant depuis ses dernières apparitions. La même formation qu’au Zénith il y a deux ans et une inspiration qui à tendance à se ternir. Amy, toujours proprette et maquillée, ouvre ses grands yeux bleus sur un public adolescent, souvent accompagné de parents post-ado, venus écouter son folk électrifié.

Mais Amy c’est toujours cette voix puissante et portée par l’émotion, une voix sincère, celle d’une musicienne qui laisse parler son cœur et qui touche par cette vérité et cette proximité. Les mélodies restent bien calibrées ; une musique simple et juste, enluminée par des fioritures pas toujours nécessaires, qui font un peu nouveau riche de la production. On la préfère sur les mélodies simplement portées par ses guitares et sa voix, dans la formation initiale où elle nous avait surpris en 2008 lors de la sortie de This Is the Life ! D’ailleurs les bonus de Life In a Beautiful Light offrent des versions purement acoustiques de certaines chansons, qui sont souvent plus plaisantes que les originaux.

Qu’importe, Amy et son groupe déroulent ce soir leur set-list avec l’enthousiasme de leur belle jeunesse et la fureur de l’électricité de leurs instruments. Personne ne se plaint de cette bande de gamins émouvants qui sont sortis des bars de Glasgow pour jouer leur musique sur les scènes d’Europe. Ne soyons pas chiens, Amy Macdonald est toujours sur scène où elle rencontre un franc succès et draine un public pas encore découragé par sa panne d’inspiration, mais qu’il va falloir tout de même remotiver à court terme. Alors retour au folk d’origine ou nouveaux horizons, surprendre pour durer, mettre en valeur cette voix si remarquable et quitter la route un peu clinquante des deux derniers disques.

Setlist : 4th Of July/ Poison Prince/ L.A./ Spark/ The Game/ Mr. Rock & Roll/ Slow It Down/ Love Love/ Give It All Up/ This Pretty Face/ Higher And Higher (Jackie Wilson cover)/ Don’t Tell Me That It’s Over/ The Green And The Blue/ No Roots/ Pride/ Run/ This Is The Life/ Life In A Beautiful Light
Encore : The Furthest Star/ Barrowland Ballroom/ Let’s Start a Band

Les pieds nickelés de l’UMP

De plus en plus impayables nos deux pieds nickelés de l’UMP : ils se sont maintenant mis d’accord pour organiser un référendum auprès des militants afin de leur demander s’ils veulent réorganiser l’élection de leur président avec un nouveau vote.

Pendant ce temps Fillon-costume-étriqué crée son groupe à l’assemblée nationale et chacun ponctue ses phrases d’incantation à l’unité et le rassemblement.

Seule conclusion évidente, ne plus jamais voter pour une de ces deux ambitieux qui continuent à faire la preuve de leur incompétence et d’absence de sens de l’intérêt général.

Arno – 2012/11/26 – Paris le Café de la Danse

Arno au Café de la Danse ; Arno : une trogne, un clodo inspiré, un SDF relocalisé sous la tente du rock ; Arno est un belge d’Ostende, il est à Paris ce soir pour nous présenter son dernier disque : Future Vintage, produit par John Parish, compagnon de route de PJ. Harvey. Le concert est complet depuis longtemps, et d’ailleurs un Olympia est prévu en avril 2013 mais nous on le préfère dans l’intimité du Café de la Danse, comme s’il était dans notre salon !

Tignasse de cheveux blancs filasses, costume noir, bidon en avant, la voix rocailleuse, et l’assurance du vieux bluesman qui a usé son cuir sur la route et toutes les scènes des clubs de basse-fosse, douteuses et enfumées. Il est entouré ce soir d’un redoutable combo de musiciens : son alter-égo aux claviers (« celui-là je le connais depuis 40 ans et je n’ai jamais vu son zizi » nous dira-t-il lors des présentations), un longiligne et jeune guitariste barbu, bass et batterie. Le groupe pulse sous la baguette du chef, en vieux routiers du rock habitués aux facéties de leur leader.

Arno ne joue pas d’un instrument, il compose et chante, l’intendance suit, et c’est déjà magnifique. Il parle aussi, beaucoup, il n’arrête pas de nous raconter sa vie, dans ses chansons et entre les morceaux, avec un accent flamand à couper au couteau.

Arno c’est un Buddy Guy d’outre-Liévin : une gueule cassée, un cœur brisé, la voix d’outre-tombe qui dévide des insanités et des tendresses, Arno c’est la majesté du Mississipi traversant Ostende et réchauffant l’atmosphère comme le Gulf Stream dans la Mer du Nord. C’est l’énergie féconde d’un punk de 18 ans réincarnée d’un l’âme d’un vieux flamand qui a tant vécu dans le plat pays sous les nuages bas et gris d’un ciel toujours entre deux pluies. Mais cette énergie teintée de dérision, cet humour perclus de nostalgie fait toute la majesté du bonhomme qui nous emmène deux heures durant tout au bout de la furie de son verbe et de ses notes.
Il est déchaîné en scandant Putain d’putain/ C’est vachement bien/ Nous sommes quand même/ tous des européens. Il est bouleversant lorsqu’il évoque : Ma mère a quelque chose/ Quelque chose dangereuse/ Quelque chose d’une allumeuse/ Quelque chose d’une emmerdeuse/ Dans les yeux de ma mère/ Il y a toujours une lumière/ Dans les yeux de ma mère/ Il y a toujours une lumière/ Dans les yeux de ma mère.

Arno, bien plus qu’un copain de beuverie, bien plus qu’un musicien de rencontre, Arno, un vrai pote inspiré, un poète éraillé comme un vieux faitout dans lequel a mijoté le vieux jus d’une vie d’artiste, finalement pas si mauvaise malgré les apparences !

Caution morale vs. compromission

Juppé-le-raide-comme-un passe-lacet, la « caution morale incontestable » de l’UMP, cherche à réconcilier Copé-l’aboyeur et Fillon-costume-étriqué. Il échoue ce soir. Il faut dire qu’avoir choisi ce psychorigide de toute première catégorie pour mener une médiation relève d’une colossale erreur de ressources humaines, le garçon n’est pas vraiment commode et pour mener une médiation il convient de savoir compromettre, ce qui n’est pas une qualité connue du bonhomme.

Si ces deux chiffonniers avaient un minimum de sens de l’intérêt général, ils renonceraient chacun à la présidence du parti et feraient organiser de nouvelles élections auxquelles ils ne participeraient pas. Mais bien sûr cela ne sera pas. Ce n’est pas bien grave, il n’y a pas mort d’hommes, il ne s’agit que d’élire un chef de bande de l’UMP. La République y survivra et, en principe, la gauche est au pouvoir pour dix ans, au minimum.

Bataille de chiffonniers à l’UMP

Ils sont vraiment impayables à l’UMP ! Et voilà maintenant qu’une commission Théodule interne au parti, après avoir analysé les recours, confirme l’élection de Copé-l’aboyeur contre Fillon-costume-étriqué avec cette fois-ci 900 voix d’avance au lieu de 90.

Quelle salade ! Un des évènements politiques les plus sulfureux de l’après-guerre avec la déroute de sexuelle de Strauss-Kahn.

Décadence et incompétence dans la vie politique française

Les luttes de pouvoir au sein des partis politiques français sont violentes, ce n’est sans doute pas très différent de ce qui se passe dans les autres pays. Par contre la spécificité qui apparaît en France au sein des élections internes des partis pour désigner leurs chefs respectifs est qu’elles sont organisées par des forbans sans foi ni loi, au PS comme à l’UMP, et sans doute également les autres partis, où la compétition consiste à bourrer les urnes, bidouiller les listes électorales, magouiller les procès-verbaux de dépouillement, etc.

On reste un peu interloqué devant de telles pratiques qui relèvent de républiques bananières, mais qui sont semble-t-il pratiquées dans la joie et la bonne humeur par les caciques de nos partis franchouillards. Ce n’est pas joli-joli et dénote que sous le paravent de la démocratie de ces élections internes les dirigeants s’écharpent et tous les moyens sont bons.

Pourquoi nos hommes politiques ne sont-ils pas capables de respecter un minimum de procédures démocratiques et de traditions républicaines ? On ne sait pas bien, on devine des personnalités aux égos surdimensionnés, imbues de leurs personnes, dévorées par les ambitions personnelles et finalement peu concernées par l’intérêt général.

Il faut sanctionner de tels comportements et la seule façon de le faire est de ne pas voter pour ceux qui en sont responsables : je jure ici donc sur les têtes de mes enfants que jamais, oh grand jamais, je ne mettrai un bulletin dans une urne où figurerait le nom de Copé-l’aboyeur ou de Fillon-costume-étriqué.

Hooper au Grand-Palais

Rétrospective Hooper au grand palais, les toiles habituelles connues de tous mais aussi des salles consacrées aux peintres qui ont inspiré l’artiste américain, ainsi que ses œuvres moins connues : dessins, gravures, affiches, aquarelles.

On reste, comme toujours, confondu devant l’infinie tristesse qui émane des tableaux classiques et le rendu incroyable de leur lumière.

Deux responsables totalement irresponsables

Fillon-costume-étriqué et Copé-l’aboyeur ne veulent rien lâcher, et voilà maintenant qu’ils en appellent à Juppé comme « caution morale incontestable » pour trancher leur querelle. Bon, la caution morale, 67 ans, a tout de même été condamnée à 14 mois de prison avec sursis et un an d’inéligibilité pour abus de confiance, recel d’abus de biens sociaux, et prise illégale d’intérêt dans l’affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris.

La seule réaction saine face aux déchirements de l’UMP devrait être : pan-pan-cul-nu et au lit sans dessert et que l’on entende plus jamais parler sur une scène politique nationale de ces deux ambitieux indignes.

Garbage – 2012/11/22 – Paris le Zénith

Avez-vous une idée de ce que pouvait donner les bombardements des canons Grosse Bertha qui tirèrent sur Paris en 1918 ? Non, c’est normal, c’est un peu ancien. Mais assister à un concert de Garbage peut vous en donner une petite idée, la terreur en moins.

Les Garbage sont de retour avec un nouveau disque Not Your Kind of People. On ne les avait plus vus ni entendus depuis sept ans, rien n’a vraiment changé, ni sur scène pas plus que dans leur musique : du rock à l’état brut, ébouriffant et assourdissant. C’est la marque de fabrique du groupe, et on ne voit pas trop de raisons d’en changer.

Les années sont passées mais Shirley Manson est toujours pimpante. Elle entre en scène avec un body en côte de maille, culotte en plexiglass noir, châle noir vaporeux sur les épaules, ses cheveux roux dressés en chignon raide-droit sur le crâne. Elle est entourée de sa bande habituelle de guitaristes, Duke Erikson, en costume-gilet-cravate-chemise rayures, Steve Marker, ensemble noir et casquette de base-ball, et derrière batteur et bassiste tatoué.

Une bande de terroristes du rock, accrochés à leurs guitares, bustes en avant, torturant leurs cordes sur des rythmes primaires, ils entourent leur madone aux yeux verts qui tourne comme une lionne en cage sur un grand cercle tracé fictivement devant la batterie.

Micro en main ou arcboutée à son pied de micro, Shirley délivre un chant primal d’une voix puissante, souvent traitée à la sauce électronique. Elle jette un sourire carnassier à un public enthousiaste et déroule son show avec la morgue des vieux professionnels.

Les nouveaux morceaux se mêlent aux anciens sans déroger à la ligne du groupe, celle d’un rock-pop sans prétention mais d’une redoutable efficacité. On ne se fatigue pas les neurones avec les Garbage, il faut juste se laisser porter par leur brutalité finalement plutôt civilisée.

Une écossaise et quatre américains forment ce combo des grands espaces où s’engouffre leur musique brûlante. Les tubes s’enchaînent : Control, Shut Your Mouth, Queer, Stupid Girl. Quelques moments de rémission avec Cup of Cofee ou le mélancolique You Look so Fine qui clôt le premier set : accords mineurs et longs hululements de guitares, histoires de rupture déclamées d’une voix plaintive et Shirley chausse une guitare rose pour le final : I’m falling over/ Over and over/ …Let me know let it show/ Ending with letting go/ Let’s pretend, happy end!

Setlist : Control/ I Think I’m Paranoid/ Shut Your Mouth/ Why Do You Love Me/ Hammering in My Head/ Queer/ Stupid Girl/ Automatic Systematic Habit/ #1 Crush/ The One/ Special/ Blood for Poppies/ Cherry Lips (Go Baby Go!)/ Battle in Me/ Cup of Coffee/ Push It/ Vow/ You Look So Fine/

Encore : When I Grow Up/ The World Is Not Enough/ Only Happy When It Rains

Encore 2 : Thanks a Million (Duke solo)

Warmup : Poni Hoax

Ils vont bientôt faire voter les morts…

Incroyable, Fillon-costume-étriqué se rebiffe, exhume des voix de départements d’outre-mer non comptés et reprend la corde menaçant d’aller en justice. La sérénade continue et les égos se déchirent sur les plateaux télé. Les journalistes savants et les commentateurs mondains se réjouissent, cela fait longtemps qu’ils ne s’étaient autant régalés, sans doute pas depuis les performances glorieuses de l’équipe de France de fouteballe en Afrique du Sud.

Les militants de l’UMP doivent être au fond du trou. Le microcosme parisien des autres partis se réjouit et soixante millions de français se contrefoutent de cette pantomime d’ambitieux prêts à tuer père et mère pour réussir.

Deux chefaillons à la dérive

Deux chefaillons en campagne se sont présentés devant les suffrages des militants de l’UMP. Le vote était hier et le résultat très serré, si serré d’ailleurs qu’il a fallu recompter des résultats, analyser quelques soupçons de bourrage d’urnes et donc reculer à ce soir l’annonce officielle des résultats par une commission Théodule de circonstance.

Nos deux apprentis chefaillons auraient pu avoir une attitude intelligente et mesurée dimanche soir et attendre la fin des travaux de la commission Théodule 24 heures plus tard pour enregistrer le résultat de cette élection psychodramatique. Il n’en fut rien et, dévorés par leurs ambitions personnelles, ces deux personnages se sont déclarés vainqueur dimanche soir vers 22h00 en s’accusant mutuellement de fraude.

Toute la journée d’aujourd’hui leurs porte-flingues ont défouraillé sur les plateaux télé jusqu’à ce que Copé soit déclaré vainqueur contre Fillon-costume-étriqué qui devait l’emporter largement selon les prévisions.

Ces deux pieds-nickelés auraient pu avoir un comportement d’Hommes d’Etat, ils ont choisi de s’étriper comme deux z’yva-casquettes-à-l’envers de banlieue. C’est affligeant et cela les classe pour la suite des évènements. En ce qui me concerne, ni l’un ni l’autre n’auront jamais ma voix dans une élection nationale. Aux commandes de la République ils seraient capables de déclencher une guerre nucléaire pour faire du tort à l’autre.

  • Conséquence de ce combat de coqs sur le déficit budgétaire de la République : nulle.
  • Conséquence sur un coup de barre populo de l’UMP : forte.
  • Conséquence sur l’envahissement des médias par Copé : à craindre.
  • Conséquence sur le développement de l’esprit : très négative.

Des pratiques d’un autre âge

Charlie-Hebdo / Charb

Charlie Hebdo publie cette semaine ses habituelles caricatures des religions avec quelques dessins consacré à Mahomet. Toute la beaufitude de circonstance s’exprime bien entendu sur le sujet : les religieux de tous ordres ont leur avis, les libertaires craignent la censure, les politiques, mi-chèvre mi-choux, cherchent le sens du vent. Tout ceci devrait être traité par l’indifférence, mais ne l’est pas, hélas !

Du coup est passé plus inaperçu l’éditorial de Charb sur la corrida qui mérite bien plus l’attention que cette agitation politico-religieuse => CH_20120919_Tauromachie.pdf.

Il s’agit d’ailleurs de sujets comparables, où comment des minorités agissantes arrivent à imposer des pratiques d’un autre âge à la République.