Une nouvelle salve d’attentats religieux islamistes

L’idéologie islamiste continue de frapper les « mécréants et apostats » en Europe. Deux attentats ont eu lieu en Espagne (Catalogne) ce 17 août : quinze morts à ce jour et une centaine de blessés, écrasés par des voitures béliers conduites par des gamins marocains, très jeunes, immigrés dans un village tranquille où ils avaient organisé une cellule djihadiste. Le groupe Etat islamique a rapidement revendiqué ces deux attaques. Certains membres de la cellule ont été arrêtés après les attentats, marocains également sauf un de nationalité espagnole, issu de l’enclave de Melilla eu Maroc.

L’Espagne enterre les victimes (qui relèvent d’une trentaine de nationalités différentes), les chaines d’information en continu mobilisent leurs habituels « experts » en terrorisme qui servent leur logorrhée ordinaire sur ce phénomène sanguinaire et incompréhensible pour le commun des mortels. Les journalistes ponctuent leurs commentaires vides de « il faut rester prudent » toutes les deux phrases illustrant si besoin en était qu’ils n’ont rien à dire de notable sinon les ragots autoentretenus dans les salles de rédaction sous couvert de « devoir d’informer », le tout dans des émissions live à n’en plus finir diffusées sous un logo ridicule créé à toute vitesse pour faire journalisme réactif près du terrain. Les discours des spécialistes sont ponctués d’interviews devenues maintenant tellement communes des victimes survivantes, touristes en goguette à Barcelone à qui le frôlement d’une camionnette conduite par un cinglé-barbu a fait redescendre en vitesse leur taux d’alcoolémie, ou des familles des terroristes supposés qui vantent les mérites de leurs petits si angéliques… On oublie pas les tweets de Nadine Morano et d’Eric Ciotti qui attisent la haine du populo et attaquent le pouvoir français. Bref, on s’installe dans la routine du terrorisme.

Et personne n’a vraiment d’idée nouvelle pour mettre fin à ce processus mortifère, celui d’une idéologie religieuse basée sur le totalitarisme et le crime de masse. Comment faire pour extirper de la tête de jeunes gens entre 20 et 30 ans (le plus jeune du gang de Catalogne a 17 ans…), immigrés, d’origine immigrée ou nationaux convertis, l’idée qu’une religion peut être vécue pleinement sans forcément massacrer son prochain ou égorger son voisin ? A ce stade on ne sait pas bien faire pour lutter contre cette tendance jusque-là inédite, en tout cas relevant d’un autre âge. Il semble que le remplissage des prisons soit une solution de court terme qui n’endigue pas le flot des candidats aux attentats suicides, d’autant plus que les dernières attaques ont été commises par des citoyens qui n’avaient pas encore attiré l’attention des services de sécurité et encore moins enfreint aucune loi. Comment faire entendre raison à ces djihadistes pour qu’au moins durant leur passage sur terre ils coopèrent avec les Hommes au lieu de les tuer ? Personne n’a aujourd’hui la recette miracle. On pressent que l’éducation devrait permettre d’accélérer la résilience comme elle permit de passer de l’inquisition à un culte chrétien aujourd’hui plus ou moins apaisé. On n’est même pas sûr que ce qui a fonctionné pour l’un des religions monothéistes puisse marcher pour une autre, on essaye…

Au même moment, des attentats religieux islamistes se déroulaient en Finlande (deux morts et huit blessés à Turku sous le couteau d’un jeune marocain demandeur d’asile, blessé et arrêté par la police) et en Russie (un terroriste tué par la police à Sourgout, peu d’informations communiquées par les autorités sur le nombre des victimes).

La Turquie… encore et toujours

Le président turc, qui a priori n’a pas d’autres tâches plus urgentes à accomplir, conseille dans les médias aux citoyens allemands d’origine turque de ne pas voter pour les partis qu’il qualifie « d’ennemis de la Turquie », c’est-à-dire, dans son esprit, de tous les partis traditionnels. Comme il y a en Allemagne environ trois millions de citoyens d’origine turque, on peut imaginer que cette nouvelle saillie présidentielle puisse rencontrer quelque écho. Ce ne sera pas le cas si ces citoyens se sentent plus attachés à leur nouvelle patrie plutôt qu’à celle dont ils sont issues. L’analyse des votes des prochaines élections législatives allemandes sera édifiante à cet égard.

C’est d’ailleurs là l’un des défis importants de l’immigration dans les pays occidentaux. La France avec sa communauté d’origine magrébine y est également confrontée : comment intégrer ? La meilleure preuve de bonne acclimatation à une nouvelle communauté nationale dont on a hérité de la nationalité (ou dont les générations précédentes l’ont acquise), n’est-elle pas justement la participation au processus politique de son pays d’adoption en parallèle à l’abandon de celui dont on vient ?

Un second critère intéressant pourrait être de savoir où ces citoyens investissent leurs économies (pour ceux qui le peuvent). On se souvient que l’immigration portugaise en France des années 50 et 60 s’est traduite par un nombre significatif de naturalisations de citoyens qui continuèrent à réinvestir leur épargne dans la construction de maisons… au Portugal. C’est l’exemple d’une intégration partielle que l’octroi de la nationalité française, et donc du droit de vote, n’a pas vraiment approfondie.

Les slogans antiallemands lancés à tout va par les autorités turques ont finit par déclencher un peu d’émotion à Berlin qui est en train de revoir sa coopération économique avec ce pays belliqueux. Les investissements allemands sont relativement importants en Turquie et chacun risque de d’y perdre, Ankara sans doute plus que Berlin.

Combat d’arrière garde

Le parti d’opposition Les Républicains a déposé un recours devant le conseil constitutionnel suite à l’adoption de la loi de moralisation de la vie politique française. Ces députés de rencontre contestent l’impossibilité qui leur est désormais faite d’employer comme assistants parlementaires des membres de leurs familles proches. Cette mesure sera peut-être effectivement considérée comme inconstitutionnelle car rompant l’égalité entre les citoyens mais dans quel combat d’arrière garde que celui-ci ? N’ont-ils rien de mieux à faire que de refuser une règle qui fait à peu près l’unanimité dans tous les partis et nombre d’autres pays européens ? La chose est de plus de tellement peu d’importance que le fait que des élus bien élevés par l’école de la République et correctement payés par les contribuables puissent passer leur temps à ergoter s’ils pourront ou ne pourront pas employer leurs épouses ou leurs enfants, laisse pantois !

Le recours porte également contre la « banque de la démocratie » qui est un mécanisme financier destiné à donner accès à des financements même quand les banques refusent de prendre le risque de financer les partis.

Nadine Morano s’ennuie

Ce matin Nadine Morano s’ennuie, aussi elle commet ce tweet inoubliable :
Nadine Morano qui était candidate aux élections primaires de la droite pour les présidentielles de 2017 n’a pu recueillir le nombre de signatures nécessaires pour que sa candidature soit validée. Elle exprime dans ce tweet une partie de sa frustration.

Woerth tweete

Dans la journée du 25 juillet, Eric Woerth, député Les Républicains a adressé 6 tweets à ses fans dont celui-ci-dessous marquant ses doutes sur la baisse de l’aide au logement de 5 EUR/mois :

Il est croustillant de lire l’opposition conservatrice s’opposer à la baisse des prestations sociales quand on se souvient du programme présidentiel du candidat qu’elle a soutenu et dont Eric Woerth fut le penseur et rédacteur du volet économique.

Les dépenses publiques vont baisser

Quelques décisions budgétaires publiques rappellent aux français que « baisser les dépenses » signifient que… les dépenses publiques vont baisser. La réduction de 5 EUR par mois de l’aide au logement, la baisse d’ici la fin de l’année des dépenses de l’armée de 850 millions, la suppression de la « réserve parlementaire » qui octroie chaque année 130 000 EUR dont il gère la distribution…, toutes des baisses de dépenses pour le moment encore symboliques ont déclenché le même hourvari de protestations. Dès ces annonces rendues publiques, une armée de pleureuses nous ont expliqué sur tous les plateaux et médias pourquoi il était impossible de réduire ces dépenses et comment ces décisions auront des effets catastrophiques pour la République.

Comme toujours, les citoyens sont d’accord pour baisser les dépenses de l’Etat mais à condition que cela touche leurs voisins, pas eux-mêmes. La majorité des électeurs a voté pour des candidats aux élections présidentielles prônant une forte réduction de la dépense publique, y compris celui qui a été finalement élu. Cet engagement commence à être mis en œuvre par un gouvernement qui, a priori, prend le risque de l’impopularité. C’est normal et responsable, même si inhabituel. L’intérêt général de la nation veut que l’on privilégie le taux d’endettement de l’Etat plutôt que le niveau de popularité dans les sondages.

La dépense publique bénéficie au citoyen d’une façon ou d’une autre et avec plus ou moins d’efficacité. C’est le rôle de la redistribution de l’Etat. Baisser les dépenses aboutira forcément à une réduction des prestations dont bénéficient des citoyens ou des organisations. L’idée macro-économique sous-tendue derrière est qu’en sortant l’Etat de ces prestations et donc en réduisant les impôts nécessaires à leur financement on libérera l’initiative privée censée est plus efficace.

Ces mesurettes ne sont qu’un hors d’œuvre et il est souhaitable que la suite du programme soit appliquée, même s’il déclenche l’impopularité. Il nécessitera aussi beaucoup de pédagogie pour vaincre cette addiction française à la dépense publique et… à l’impôt qui sert à la financer.

La République se compromet avec les forbans du sport

Le président de la République française se rend en Suisse chez les mafieux-fraudeurs en charge de l’organisation des jeux olympiques et, surtout, du choix de la ou les villes où se dérouleront ces compétitions de sport à forte consommation d’argent des contribuables. Il ne reste plus que deux villes en lice pour les jeux de 2022 et 2026, Los Angeles et Paris, toutes les autres cités ont retiré leur candidature sous la pression de leurs citoyens responsables préférant que l’argent public soit affecté à des dépenses plus productives et nécessaires, ou par choix de de leurs dirigeants clairvoyants qui estiment avoir d’autres priorités. Deux villes pour deux séries de jeux, elles sont donc assurées d’emporter au moins l’une des deux, hélas.

Qu’un maire de Paris fasse le forcing depuis des mois pour que la capitale accueille des jeux olympiques coûtant des milliards d’euros aux contribuables est navrant. Qu’un président de la République française chargé de nombreux dossiers très délicats aille perdre son temps pour aller faire le vendeur de soupe devant une organisation de forbans qui veillent en premier lieu à obtenir une exonération fiscale totale de leurs activités commerciales dans le pays organisateur est révoltant !

L’obsession Taubira dure toujours


Avec son habituelle subtilité de maquignon provincial, Christian Jacob, chef du groupe Les Républicains à l’assemblée nationale, n’a pas pu s’empêcher, dans sa réponse au discours de politique générale d’un premier ministre ex-Les Républicains, d’attaquer le « démantèlement pénal de Mme. Taubira ». Celle-ci n’est plus ministre de la justice depuis plusieurs années mais elle a déclenché une telle haine dans le cœur et l’âme des conservateurs du fait de sa promotion du mariage homosexuel qu’ils en ont développé une espèce de réflexe pavlovien la faisant évoquer à tout bout de champ alors même qu’elle a disparu du monde politique.

Le coté plutôt drôle de la situation est que plutôt que de se référer aux vieilles lunes de son parti, sans doute M. Jacob aurait mieux fait d’être un peu plus clair sur ce que son groupe parlementaire pense de la politique annoncée. Sur 100 députés Les Républicains, 1 a approuvé le discours du premier ministre, 23 ont voté contre, 75 se sont abstenu (dont M. Jacob) et 1 n’a pas voté !

Convictions et profits

Le syndicat patronal français MEDEF est en train de réaliser un pas de deux chorégraphique pour défendre les intérêts de ses membres. Il a combattu le dispositif fiscal CICE (Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi) mis en place par la précédente majorité et consistant via un crédit d’impôt à baisser la charge fiscale des entreprises en hausse constante depuis la fin du quinquennat Sarkozy. Il fut qualifié d’usine à gaz et de complication bureaucratique à la française lors de sa mise en place, les entreprises regrettant que la loi n’ait pas opté pour une baisse de charges sociales plus durable que le crédit d’impôt. Il est vrai qu’ils ont reconnu depuis que ce CICE si controversé avait quand même permis d’abaisser le coût du travail en France.

Le programme présidentiel du nouveau président de la République prévoit d’exaucer les souhaits patronaux et de transformer ce crédit d’impôt en baisse de charges sociales. Les patrons ont depuis sorti leurs calculettes et constaté que, horreur, la baisse de charges se traduira par une hausse des profits (c’est leur but) qui elle-même entraînera une hausse de l’impôt sur les sociétés (IS) à taux constant, bien qu’il soit aussi prévu la baisse du taux à moyen terme. Alors ni une ni deux, les voilà qui estiment inacceptable une hausse de leur IS. Il est certain qu’un crédit d’impôt vient diminuer l’impôt alors qu’une baisse charge vient augmenter le bénéfice taxable et donc… la base de calcul de l’impôt ! Il n’y avait pas besoin d’attendre Macron en 2017 pour découvrir cette évidence fiscale.

C’est une situation intéressante qui montre ce qui peut arriver lorsque l’on se défend avec des slogans éculés plutôt qu’avec de l’analyse réfléchie. D’une façon très pavlovienne les patrons avaient bien entendu contesté ce dispositif CICE comme un « monstre bureaucratique » de plus mis en place par une « gauche laxiste » qui « ne comprend pas l’entreprise », etc. etc. Les voici maintenant qui en appellent au maintien du dispositif honni, ironique clin d’œil à leur insuffisante capacité de réflexion. Gageons néanmoins qu’ils utiliseront la ficelle pour négocier une baisse de charges plus significatives de façon à absorber la hausse d’assiette fiscale qui en sera l’incontournable conséquence en attendant la suppression pure et simple de l’impôts sur les sociétés qui est un frein si scandaleux à leur esprit d’entreprise et leur capacité d’innover et de créer des emplois.

C’était couru

Un comité Théodule d’éthique a rendu un avis favorable à l’utilisation de la procréation médicale assistée (PMA) pour les couples homosexuels de femmes et les femmes seules en France. La légalisation du mariage homosexuel adoptée en France en 2013 donnait accès auxdits couples à l’adoption d’enfants. Par contre elle n’autorisait pas la PMA qui continuait d’être réservée aux couples hétérosexuels stériles. Malgré les dénégations affichées à l’époque avec plus ou moins de bonne foi par les partisans du « mariage pour tous », il était fortement prévisible que l’élargissement des droits des homosexuels se poursuivrait. Nous en sommes là et il est probable que la législation française va bientôt intégrer la PMA pour les couples homosexuels.

A l’heure où l’Allemagne se dirige également la légalisation du mariage homosexuel, elle pourra peut-être s’inspirer de l’expérience française.

Camp de travail

Entendu au Café du commerce par un citoyen d’Europe de l’Est :

Vous devriez mettre tous vos « fichés S » en prison ! Il fut un temps où chez nous on envoyait les gens en camp de travail pour bien moins que ça.

C’est une solution effectivement, il suffit de revenir à ce genre de régimes qui, semble-t-il, ont été rejetés par leurs peuples quand on leur a demandé leur avis.

La haine de la gauche

Dans un dîner en ville les participants conservateurs assènent toujours les mêmes poncifs contre la politique dite « laxiste-de-gauche » qui est désormais passée mais qui n’est toujours pas digérée au point de brouiller la raison de ses opposants :

Mme. Najat Valaud-Belkacem applique une sélection aléatoire des candidats inscrits pour entrer à l’université. C’est l’habituel et détestable égalitarisme socialisme, ce réflexe permanent de la gauche à vouloir niveler par le bas la société française, etc., etc.

Le chroniqueur qui fréquentait une université parisienne réputée à la fin des années 70’ (avec un gouvernement de droite au pouvoir) rappelle incidemment que déjà à l’époque un système de tirage au sort avait été mis en place pour sélectionner les candidats éligibles dont le nombre dépassait largement les places disponibles…

Bien qu’un tirage au sort, par définition, est aléatoire et ne choisira donc pas que les plus mauvais, ce type de position est révélateur du plus grand échec de la majorité sortante : celui de la pédagogie, tant vers sa droite que vers sa gauche. Elle n’a pas su expliquer ce qu’elle faisait face à des opposants qui ne voulaient rien entendre. Elle n’a pas su mettre sur la table des alternatives possibles, les raisons de ses choix. Et quand cela fut fait, une presse de circonstance a vulgarisé des slogans plutôt que de diffuser de l’analyse. Dans le cas particulier de l’ancienne ministre Vallaud-Belkacem, son origine marocaine ne facilitait évidemment pas sa tâche pour décider de la politique d’éducation à appliquer à nos chères petites têtes blondes… Certains se plaisent d’ailleurs toujours à l’appeler « Mme. Belkacem » pour bien marquer sa culture arabe.

Le nouveau président de la République, et le mouvement qui le porte, affichent une ferme volonté de changer ces réflexes partisans et inefficaces. Ils avancent de louables intentions de nouveauté, de rénovation, de relance de la culture démocratique. Il va falloir au président Macron beaucoup d’autorité, de doigté et de conviction pour tenir ce cap et faire évoluer des comportements enracinés dans les mentalités de citoyens qui privilégient souvent la passion sur la raison !

Les droites européennes dirigées par des ânes bâtés !

Le parti conservateur de la chef du gouvernement britannique disposait d’une majorité absolue au parlement pour plusieurs années et s’apprêtait à démarrer les négociations de sortie de l’Union européenne. Elle avait d’ailleurs affirmé à plusieurs reprises qu’elle n’organiserait pas d’élections législatives anticipées mais conseillée sans doute par des communicants mondains et incompétents elle est revenue sur cet engagement et a initiée un scrutin législatif ce 8 juin, comme si le Royaume-Uni n’avait rien d’autre à faire que des élections par les temps qui courent.

Bien mal lui en pris d’écouter les mondains car à l’issue du scrutin elle garde la majorité mais celle-ci n’est plus absolue et voici le parti conservateur obligé de négocier une coalition avec un parti religieux irlandais extrémiste ! C’est un désaveu cinglant et souvent ce qui arrive quand on confond les petits arrangements dans les coins avec la Politique. On ne peut manquer de se souvenir de l’incroyable faute politique du président conservateur français Chirac en 1997 qui dissolut l’assemblée nationale où il disposait d’une majorité plus qu’absolue. Il perdit, son parti devint minoritaire et le président dut nommer un premier ministre socialiste pour cinq années. Là-encore il fut (mal) conseillé par un mondain entre les mondains, M. Gallouzeau de Villepin, et le publicitaire Jacques Pilhan qui sans vergogne était passé de Mitterrand à Chirac pour dispenser ses billevesées. L’évènement fut salué comme la guignolade du siècle politique.

A Londres, quelques mois avant l’échec abordé ci-dessus, un autre premier ministre a joué les apprentis sorciers en organisant un référendum pour ou contre la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne. Rien ne l’obligeait institutionnellement à lancer une telle consultation sinon sa volonté féroce de rester au pouvoir en donnant des gages à ses « amis » conservateurs eurosceptiques. Il mena campagne pour le maintien dans l’Europe mais, débordé par ses extrémistes qui menèrent une campagne de café du commerce, il perdit son Paris et la Grande-Bretagne a maintenant vocation à quitter l’Union. Il est encore trop tôt pour comprendre si ce sera bénéfique ou pas pour les parties mais on a vu un premier ministre britannique prêcher le faux pour savoir le vrai avec les résultats que l’on sait. Il a dû prendre une retraite anticipée et a lancé son pays pour des années de négociations compliquées aux résultats incertains.

Ces hauts dirigeants et leurs entourages ont passé du temps, beaucoup de temps, à manœuvrer alors qu’ils sont payés par les contribuables pour diriger. Ils ont fait dépenser beaucoup d’argent public pour financer ces scrutins inutiles alors qu’ils sont en charge de l’équilibre des finances de leurs Etats. Ils se sont préoccupés de leurs égos alors qu’ils sont censés prendre en compte les besoins du peuple. Ils ont été désavoués et, souvent, sont restés à leurs postes quand ils ne cessaient de prôner l’esprit de responsabilité dans les théories libérales assénées à longueur de discours. Bref, ils ont été incompétents.

En France, la droite conservatrice vient de confirmer ses limites en perdant une élection présidentielle qualifiée « d’imperdable » par ses dirigeants. Il en sera sans doute de même dès dimanche prochain avec le deuxième tour de l’élection législative. On a vu que la campagne électorale s’est transformée en bataille de caïmans dans un marigot trouble et nauséabond. Ce ne furent que coups bas, traitrises, attaques et lâchages en tous genres, dévoration de charognes avariées, bref, un festival qui a renvoyé cette droite dans l’opposition pour cinq années supplémentaires.

Que se passe-t-il avec ces droites d’Europe de l’ouest ? Pourquoi n’arrivent-elles pas à désigner des dirigeants responsables et efficaces ? Voyons ce que fera la génération suivante.

Un ministre pour la lecture

Le nouveau ministre de l’éducation a déclaré aux élèves d’une des premières écoles qu’il a visitée dans l’Oise le 23 mai :

Lire, c’est important. C’est l’une des choses les plus importantes dans la vie. Plus que de regarder la télé…

Pas sûr que le message soit bien entendu… le chroniqueur qui voyageait récemment en train s’étonnait du nombre de gens assis sur leur siège durant des heures sans rien faire, pas même feuilleter un Paris-Match.

Guaino mis à la retraite d’office

Candidat à l’élection législative, Henri Guaino, 60 ans, n’ira pas plus loin que le premier tour où il a récolté moins de 5% des suffrages. Avec la subtilité qui le caractérise, ce conservateur colérique s’en est pris ainsi à ceux qui n’ont pas voté pour lui :

L’électorat qui a voté dans la deuxième circonscription de Paris aujourd’hui dans le 6ème arrondissement, le 5ème et une partie du 7ème est à mes yeux à vomir. Il y a les bobos qui sont dans l’entre soi de leur l’égoïsme, et puis il y a cette espèce de bourgeoisie traditionnelle de droite, un peu pétainiste, tous ces gens qui ont voté à la primaire de la droite.

Ce garçon a toujours été aigri malgré des idées intéressantes. Ces dernières années ses frustrations ont pris le dessus et il a progressivement sombré. Il n’est finalement pas une mauvaise chose que ce type de personnage soit mis à la retraite.

Et ça continue…

Avec pugnacité et mauvaise foi l’opposition au nouveau président de la République française continue à présenter aux électeurs l’un des éléments du programme fiscal annoncé de façon subjective. Il est prévu de baisser les charges sociales (cotisations maladie et chômage) de 3,15% et de financer cette diminution par une hausse de la Contribution sociale généralisée (CSG) de 1,7%. L’opposition ne parle que de la hausse bien sûr, pas de la baisse… Pour ce qui concerne la position de Les Républicains, leur position ne manque pas de faire sourire quand on se souvient que leur candidat à la présidence prônait une hausse de la TVA de 2%.

Il s’agit en fait d’un transfert de financement d’une taxe vers une autre. C’est en principe globalement neutre même s’il y aura des gagnants et des perdants, comme dans toute réforme. Dire le contraire serait mentir. La loi de Finance qui sera finalement votée par la nouvelle majorité dira finalement ce qu’il en sera dans la vraie vie.

Maurice Thorez à la Mairie d’Ivry

Mariage à la Mairie d’Ivry : dans le hall d’entrée trône un monument à la gloire de Maurice Thorez « militant éminent du mouvement ouvrier français et international ».

Secrétaire général du parti communiste français lors de la deuxième guerre mondiale, Thorez est mobilisé en septembre 1939 alors que l’Union soviétique a signé le pacte germano-soviétique avec l’Allemagne nazi. L’international communiste dirigée par Moscou enjoint alors à Thorez de déserter, ce qu’il fera avec sa femme Jeannette Vermeersch en rejoignant Moscou. Il est alors condamné à six ans de prison pour « désertion en temps de guerre » par la justice française et déchu de sa nationalité française. Il est également déchu de son mandat de député.

Il restera en Union soviétique jusqu’en novembre 1944 date à laquelle le gouvernement provisoire de de Gaulle (qui comprend deux ministres communistes) lui octroie une grâce individuelle. Il réintègre aussitôt son poste de secrétaire général et n’a pas perdu sa popularité auprès du monde ouvrier. Stalinien compulsif il fut ensuite ministre et poursuivra son œuvre partisane.

Il fallait à l’époque réconcilier les français, et nombre d’entre eux étaient communistes dont certains furent de nobles résistants durant la guerre après la rupture du pacte germano-soviétique. Tout ceci relève maintenant de l’Histoire.

La grande salle des mariages est décorée d’une vaste fresque en hommage à la révolution française de 1789. On y voit le peuple réjouit portant des fleurs vers un ciel bleu et pur, en avant pour un monde nouveau et radieux.

Nouvel attentat islamiste au Royaume-Uni

Trois terroristes islamistes tuent huit personnes à Londres ce 3 juin. Trois victimes sont françaises. Les trois agresseurs ont écrasé des passants sur un pont dans une première étape puis, après être sortis du véhicule fou avec des couteaux, ils ont poursuivi leurs meurtres au hasard dans les pubs du quartier. Le groupe Etat islamique a revendiqué cette action.

Le parti de la famille

On ne dit plus en France un parti politique mais on parle de la famille politique. On ne sait pas bien ce qui a déclenché cette évolution des éléments de langage, sans doute le rejet des partis devant leur absence de résultat. Peut-être aussi parce que les partis traditionnels sont devenus de véritables auberges espagnoles où l’on essaye de faire cohabiter des courants irréconciliables sous l’apparence du rassemblement et d’une vision commune. A défaut de chefs capables d’imposer le silence dans les rangs, ces partis se sont divisés au point d’en être inefficaces, plus préoccupés de querelles d’égos que d’intérêt général.

Alors pour cacher cette misère on rebaptise les partis en familles pour y donner un côté sympathique et ouvert à la discussion interne. Le problème est que cette notion de famille fait aussi sérieusement penser à la mafia, ses familles et ses parrains…