La catégorie des semeurs de trouble

Les commentateurs des émeutes qui agitent actuellement la France glosent sur les catégories de manifestants : il y aurait les « gilets jaunes » historiques cherchant l’abolition de la taxe sur les carburants mais étant doux comme des agneaux, des « gilets jaunes » radicalisés ne négligeant pas de balancer un pavé de temps en temps sur les forces de l’ordre et pouvant faire preuve d’un peu plus de nervosité, des casseurs, des autonomes, des identitaires, des extrémistes de droite ou de gauche, etc. etc.

Tout ce petit mondeappartient en tout état de cause à la catégorie unique des « semeurs de trouble » et si les « doux comme des agneaux » ne veulent pas être associés aux émeutiers, il leur suffit de rentrer chez eux lorsque la violence commence…

Londres a finalisé son projet de divorce

L’Union européenne et le Royaume-Uni sont convenus d’un accord de divorce sur un mode amiable après presque deux années de négociation. Cet accord semble préserver la chèvre et le chou : on prolonge un peu l’union douanière, on ne rétablit pas de frontière physique entre la République d’Irlande et le territoire d’outre-mer d’Irlande du Nord, on protège les expatriés chez les uns et chez les autres, bref on est arrivé à un juste milieu conclu entre gens intelligents et de bonne compagnie, conscients de la volonté et des intérêts des populations qu’ils représentent.

Néanmoins, le premier ministre doit maintenant faire endosser ce projet d’accord par son parlement et la partie ne semble pas gagnée tant il s’agit justement d’un accord « modéré » donc considéré comme trop ou trop peu selon qu’il soit vu par les partisans du maintien dans l’Union ou ceux voulant la quitter à n’importe quel prix. Les députés britanniques ont maintenant dans leurs mains le sort de leur pays pour les prochaines décennies ; sacré enjeu ! Alors que les politiciens de circonstance qui ont lancé le Royaume dans cette voie inconnue du référendum pour ou contre le brexit ont tous plus ou moins fui leurs responsabilités, à commencer par le premier ministre David Cameron, laissant à leurs successeurs la complète impréparation du processus de divorce, les parlementaires vont avoir le dernier mot. Le vote est programmé pour le 11 décembre, gageons que nombre d’entre eux risquent d’avoir quelques insomnies d’ici là.

Un grand moment de faux-jettonerie politicienne

Samedi dernier, les contestataires anti-taxe sur le gas-oil ont manifesté leur mécontentement à travers le pays, parfois renforcés par les habituels « casseurs » désormais inévitables dans tout rassemblement. Certaines villes ont été sérieusement secouées par ces perturbateurs. Paris notamment a vu ses beaux quartiers livrés aux combats de rue, noyés sous les gaz lacrymogènes et la fumée des incendies. Les forces de l’ordre ont fait preuve de beaucoup de sérénité face au déchaînement des sauvageons qui ont tagué partout où ils le pouvaient, y compris sur l’Arc de Triomphe, fait les zouaves devant le monument aux morts, pillé des boutiques, attaqués les colonnes de CRS en vagues successives, bref ils se sont exprimés. D’autres troubles sérieux ont eu lieu en province, « dans les territoires » comme il est désormais d’usage de le dire : préfecture incendiée à Vaux-en-Velay, affrontements divers un peu partout, blocages de circulation de ci de là. C’est un miracle qu’il n’y ait eu que des blessés. On compte toutefois plusieurs morts depuis le début de ce mouvement il y a trois semaines, mais plus par accident qu’autre chose. Le lien avec ce mouvement de contestation est malgré tout évident.

Depuis ce samedi agité c’est un festival de faux-jettoneries dans le microcosme. Avant ce samedi noir, le personnel politique d’opposition dans son ensemble avait quasiment appelé à l’émeute : Marine Le Pen avait exigé l’ouverture des Champs-Elysées aux sauvageons, Laurent Wauquiez visité un barrage routier la semaine dernière, Isabelle Balkany publié des gilets jaunes sur son compte tweeter, Jean-Luc Mélanchon crié à l’unisson des casseurs « Macron démission », on en passe et de meilleures. Cette opposition accuse maintenant le gouvernement de faiblesse face aux manifestants et chacun critique la façon dont l’ordre a été plus ou moins maintenu. Il fallait ouvrir les Champs-Elysées, ou pas, il fallait plus de policiers mobiles, ou moins, il fallait faire appel à l’armée, à moins que non, etc. etc. Chacun de ces politicards aux petits pieds s’érige en spécialiste du maintien de l’ordre sur les plateaux télévisés et y va de sa conclusion définitive sur le sujet.

Lorsque l’on voit les images des combats à Paris on imagine aisément que les autorités ont tout fait pour éviter que les opérations de maintien de l’ordre ne se traduisent par des dommages plus graves du côté des manifestants. Il y eut de nombreux blessés, dont l’un gravement après avoir pris sur la tête une grille du jardin des tuileries consciencieusement dessoudée par les émeutiers, dont l’impétrant semble-t-il, quelques mains arrachées par des grenades, mais pas de mort. Ces cassandres qui aujourd’hui, confortablement installés dans les palais de la République et rémunérés par les contribuables, critiquent l’échec du pouvoir, auraient bien entendu été les premières à monter au front pour accuser le gouvernement de disproportion dansl’usage de la force s’il y avait eu des morts. Bref, ces pratiques politiques alliant mauvaise-foi et manque de courage continuent à tirer la France vers la décadence. On les croyait en voie d’abolition avec l’arrivée en 2017 d’un pouvoir jeune et innovant, il y a encore beaucoup de progrès à faire pour ce personnel politique assis sur ses certitudes.

Sur le fond, la République fait face à des contestataires qui veulent « plus desous » et se tournent vers l’Etat pour régler ce problème, n’hésitant pas à compromettre, voire à s’allier, avec des voyous. Ce qu’ils veulent c’est que la France réussisse économiquement, vite, et que le fruit de cette réussite soit mieux réparti. Ils le font savoir bruyamment et s’opposent sur la méthode mise en œuvre aujourd’hui par les dirigeants élus il y a seulement dix-huit mois. Idéalement il aurait été préférable qu’ils manifestent dans les urnes lors des prochaines élections plutôt que dans la rue, mais ils ne peuvent pas attendre. Le programme de réformes économiques mené actuellement est destiné à résoudre leur première revendication et remettre le pays sur les rails de la croissance. Il n’est pas sûr que leur deuxième revendication, celle de l’équité, soit vraiment au programme… Les bases de celui-ci sont essentiellement libérales et la justice sociale n’a jamais été véritablement un objectif de ce modèle économique, même si des effets collatéraux positifs peuvent en ressortir pour toutes les couches de la population. Jusqu’ici l’Etat français s’est employé à exercer une redistribution sociale en prélevant l’impôt et en le reversant via des prestations sociales. L’exercice a des limites qui ont été atteintes où la population a globalement le sentiment de trop payer par rapport à ce qu’elle reçoit. C’est évidemment macro-économiquement faux puisque l’Etat étant déficitaire depuis 40 ans c’est donc bien qu’il dépense plus qu’il n’encaisse. Nous en sommes là et la revendication générale porte sur « on veut plus de prestations et moins d’impôts ». C’est un cercle vicieux qui n’est pas soluble par des slogans ni des dogmes, mais par de l’intelligence. Le temps n’est pas à la raison pour le moment. Laissons passer l’orage.

La presse adore les « gilets jaunes »

Les plateaux médiatiques adorent la contestation actuelle. D’abord car il n’y a aucune analyse à faire sinon répéter jusqu’à la nausée qu’il ne faut pas confondre les gentils « gilets jaunes » avec les méchants casseur, que le mouvement est inédit car spontané et sans représentant ou gloser sur la pluie de sondages testant le sentiment des français vis-à-vis du mouvement.

Ensuite les politicards s’affrontent sur le sujet au mépris de toute cohérence, où l’on voit la droite conservatrice parader en gilet jaune, l’extrême droite appeler à ouvrir les Champs Elysées aux manifestants, un ancien président socialiste (dont le gouvernement a fait voter la hausse actuelle des taxes sur le carburant) expliquer comment lui écoutait la contestation, Christine Boutin ou Isabelle Balkany tweeter compulsivement leur amour des « gilets jaunes ». Bref, c’est le grand guignol qui constitue le fonds de commerce d’une grande partie de la presse qui se régale.

Enfin, il y a des émeutes et la vision des voitures brûlées dans les rues des beaux quartiers parisiens déclenche une excitation pavlovienne dans l’œil de journalistes qui ne se lassent pas de montrer ces images qu’ils assortissent de leurs banalités.

En fait, comme souvent en France une minorité de citoyens utilise sa capacité de nuisance pour bloquer le pays, et une minorité dans la minorité casse les biens desdits citoyens. Ces perturbateurs se sentent investis d’une mission souveraine qui ne peut pas attendre les prochaines élections pour s’exprimer, ils investissent donc la rue et se souviennent que leurs ancêtres ont guillotiné un roi ! 

Les revendications qui circulent

Certains membres des« gilets jaunes » ont émis une liste de 41 revendications que l’on trouve ci-dessous. On ne sait pas bien si cette liste est représentative de ce que pensent tout ou partie de ces contestataires mais elle a au moins de mérite d’exister. Elle est en tout cas particulièrement représentative du mal français : on augmente les dépenses et les prestations, on baisse les impôts et les taxes pour la majorité, mais on les augmente pour les« gros ». On note aussi les mesures 18 à 21 (pas vraiment politiquement correctes) qui concernent l’immigration et expliquent notamment pourquoi un certain nombre de syndicats et partis politiques soutiennent le mouvements ans véritablement appeler à le rejoindre.

On se croirait revenu en 1968, tout le monde peut y trouver son compte sauf l’Etat qui se trouve devant une équation insoluble…

  1. Zéro SDF : URGENT.
  2. Davantage de progressivité dans l’impôt sur le revenu, c’est-à-dire davantage de tranches.
  3. Smic à 1 300 euros net.
  4. Favoriser les petits commerces des villages et centres-villes. Cesser la construction des grosses zones commerciales autour des grandes villes qui tuent le petit commerce et davantage de parkings gratuits dans les centres-villes.
  5. Grand plan d’isolation des logements pour faire de l’écologie en faisant faire des économies aux ménages.
  6. Impôts : que les GROS (MacDo, Google, Amazon, Carrefour…) payent GROS et que les petits(artisans, TPE, PME) payent petit.
  7. Même système de Sécurité sociale pour tous (y compris artisans et auto-entrepreneurs). Fin du RSI.
  8. Le système de retraite doit demeurer solidaire et donc socialisé. Pas de retraite à points.
  9. Fin de la hausse des taxes sur le carburant.
  10. Pas de retraite en dessous de 1 200 euros.
  11. Tout représentant élu aura le droit au salaire médian. Ses frais de transports seront surveillés et remboursés s’ils sont justifiés. Droit aux tickets-restaurant et aux chèques-vacances.
  12. Les salaires de tous les Français ainsi que les retraites et les allocations doivent être indexés à l’inflation.
  13. Protéger l’industrie française : interdire les délocalisations. Protéger notre industrie, c’est protéger notre savoir-faire et nos emplois.
  14. Fin du travail détaché. Il est anormal qu’une personne qui travaille sur le territoire français ne bénéficie pas du même salaire et des mêmes droits. Toute personne étant autorisée à travailler sur le territoire français doit être à égalité avec un citoyen français et son employeur doit cotiser à la même hauteur qu’un employeur français.
  15. Pour la sécurité de l’emploi : limiter davantage le nombre de CDD pour les grosses entreprises. Nous voulons plus de CDI.
  16. Fin du CICE. Utilisation de cet argent pour le lancement d’une industrie française de la voiture à hydrogène (qui est véritablement écologique, contrairement à la voiture électrique.)
  17. Fin de la politique d’austérité. On cesse de rembourser les intérêts de la dette qui sont déclarés illégitimes et on commence à rembourser la dette sans prendre l’argent des pauvres et des moins pauvres, mais en allant chercher les 80 milliards de fraude fiscale.
  18. Que les causes des migrations forcées soient traitées.
  19. Que les demandeurs d’asile soient bien traités. Nous leur devons le logement, la sécurité, l’alimentation ainsi que l’éducation pour les mineurs. Travaillez avec l’ONU pour que des camps d’accueil soient ouverts dans de nombreux pays du monde, dans l’attente du résultat de la demande d’asile.
  20. Que les déboutés du droit d’asile soient reconduits dans leur pays d’origine.
  21. Qu’une réelle politique d’intégration soit mise en œuvre. Vivre en France implique de devenir français (cours de langue française, cours d’histoire de France et cours d’éducation civique avec une certification à la fin du parcours).
  22. Salaire maximum fixé à 15 000 euros.
  23. Que des emplois soient créés pour les chômeurs.
  24. Augmentation des allocations handicapés.
  25. Limitation des loyers. Davantage de logements à loyers modérés (notamment pour les étudiants et les travailleurs précaires).
  26. Interdiction de vendre les biens appartenant à la France (barrage, aéroport…)
  27. Moyens conséquents accordés à la justice, à la police, à la gendarmerie et à l’armée. Que les heures supplémentaires des forces de l’ordre soient payées ou récupérées.
  28. L’intégralité de l’argent gagné par les péages des autoroutes devra servir à l’entretien des autoroutes et routes de France ainsi qu’à la sécurité routière.
  29. Le prix du gaz et de l’électricité ayant augmenté depuis qu’il y a eu privatisation, nous voulons qu’ils redeviennent publics et que les prix baissent de manière conséquente.
  30. Fin immédiate de la fermeture des petites lignes, des bureaux de poste, des écoles et des maternités.
  31. Apportons du bien-être à nos personnes âgées. Interdiction de faire de l’argent sur les personnes âgées. L’or gris, c’est fini. L’ère du bien-être gris commence.
  32. Maximum 25 élèves par classe de la maternelle à la terminale.
  33. Des moyens conséquents apportés à la psychiatrie.
  34. Le référendum populaire doit entrer dans la Constitution. Création d’un site lisible et efficace, encadré par un organisme indépendant de contrôle où les gens pourront faire une proposition de loi. Si cette proposition de loi obtient 700 000 signatures alors cette proposition de loi devra être discutée, complétée, amendée par l’Assemblée nationale qui aura l’obligation, (un an jour pour jour après l’obtention des 700 000 signatures) de la soumettre au vote de l’intégralité des Français.
  35. Retour à un mandat de 7 ans pour le président de la République. L’élection des députés deux ans après l’élection du président de la République permettait d’envoyer un signal positif ou négatif au président de la République concernant sa politique. Cela participerait donc à faire entendre la voix du peuple.
  36. Retraite à 60 ans et, pour toutes les personnes ayant travaillé dans un métier usant le corps (maçon ou désosseur par exemple), droit à la retraite à 55 ans.
  37. Un enfant de6 ans ne se gardant pas seul, continuation du système des aides Pajemploi jusqu’à ce que l’enfant ait 10 ans.
  38. Favoriser le transport de marchandises par la voie ferrée.
  39. Pas de prélèvement à la source.
  40. Fin des indemnités présidentielles à vi
  41. Interdiction de faire payer aux commerçants une taxe lorsque leurs clients utilisent la carte bleue. Taxe sur le fuel maritime et le kérosène.

Les « gilets jaunes » : tout le monde s’y met !

Avec un bel ensemble, la classe politique française, la cuillère en avant, va se servir dans l’écuelle de la bonne soupe de la révolte populaire. On s’y bouscule même ! Croustillant : la Balkany, élue conservatrice, multi-délinquante fiscale en compagnie de son mari, maire de Levallois, enfile son gilet jaune avec délectation. Venant d’une personne qui a organisé son patrimoine pour fuir les impôts auxquels elle voulait échapper, on peut au moins se rassurer sur sa cohérence en la voyant aujourd’hui s’associer à un mouvement né d’une augmentation des taxes.

Mais au-delà, les mots manquent devant une telle indécence ; ce type de personnel politique survit à tout et continue à nuire. De génération en génération on espère qu’il ne sera pas reproductible mais hélas la République continue à traîner comme un boulet des cyniques de cette espèce qui ne se contentent pas de s’enrichir en pompant les contribuables, mais font également tout pour semer le chaos partout où ils passent. La Balkany en est l’expression la plus caricaturale mais d’autres sont tapis dans l’ombre pour prendre la suite et faire ce mal que la démocratie leur autorise à répandre.

La coupe « taliban » fait fureur

Voici une photo d’un journaliste du service public qui a adopté la coupe « taliban », crâne rasé et barbe fournie :

C’est une véritable mode virale qui saisit une portion significative de la population. Dès qu’une calvitie s’annonce les impétrants rasent le haut de la tête et libère le bas. Il faut dire que les talibans eux, n’attendent pas la calvitie pour adopter la coupe. Après Booba et Karis :

On a eu Thierry Henri :

Sans parler de notre voisin de palier…

Des manifestations anti-impôt

Une agitation frénétique s’est emparée de la rue et des plateaux médiatiques de France et de Navarre : le motif est une hausse des prix de l’essence, fruit d’une augmentation des cours du pétrole, sur le sacrosaint marché, et des taxes y afférentes dans un objectif écologique de rendre plus chères les énergies dîtes « carbonées ». L’objectif est plus qu’atteint puisque du coup une partie de la population manifeste dans la rue contre cette ponction de son « pouvoir d’achat ». Evidemment les plus défavorisés souffrent plus de ce genre de mesures que ceux qui le sont moins, c’est une vieille histoire, comme le disait naguère Snoopy (et Francis Blanche d’ailleurs) : « mieux vaut être riche et en bonne santé que pauvre et malade ».

Alors un certain nombre de citoyens, souvent ceux qui habitent en banlieue ou en province, sans tellement d’alternatives à l’utilisation de leur voiture pour aller travailler ou faire des courses, bloquent les routes et les ronds-points, marchent vers Paris aux cris de « Macron démission ». Ils réclament l’abolition de ces taxes qui amputent leur pouvoir d’achat. Bien entendu ceux qui peuvent absorber les conséquences économiques cette mesure se gardent bien de s’en féliciter pour ses effets bénéfiques.

Au niveau macro-économique ces augmentations auront évidement des effets car ceux qui voyagent, favorisés comme défavorisés, vont arbitrer leurs modes de transport en fonction de leurs coûts respectifs, voire même contre d’autres postes du budget familial pour les moins avantagés. Alors pour faire passer la pilule et tenter de calmer les manifestants, le gouvernement applique ce qu’il fait depuis des années et s’apprête à rendre à certains ce qu’il prendra en plus aux autres. Ainsi va la loi des transferts qui font grimper les dépenses publiques françaises depuis des décennies.

Les contestataires du jour se griment avec les gilets jaunes désormais obligatoires dans les automobiles. Ils manifestent un peu partout, se font infiltrer par des casseurs à l’occasion, réclament tout et son contraire et s’affrontent à la grande règle de la fiscalité qui, depuis des millénaires, veut qu’il vaut mieux tondre un peu tout le troupeau de moutons que de tondre uniquement mais complètement les boucs du troupeau. C’est de la statistique, pas toujours compatible avec l’équité. La spécificité française, outre le déni de cette loi statistique, est que les citoyens veulent à la fois payer moins d’impôts et voir les politiques et services publics se développer. Il suffit de « faire payer les riches » et l’on revient à notre loi statistique…

Wauquiez dans tous les râteliers

Alors qu’un projet de loi sur l’ouverture de la procréation médicale assistée (PMA) aux couples homosexuels se prépare, Laurent Wauquiez rappelle quelques vérités devant un parterre catholique-conservateur de l’organisation Sens commun en expliquant que cette PMA qui existe depuis plusieurs décennies pour les couples hétérosexuels serait immanquablement étendue aux couples gays à partir du moment où le mariage de ceux-ci avait été légalisé. C’était écrit et c’est probablement ce qui va se passer, en ceci il n’avait pas tout à fait tort. Le problème avec ce garçon c’est que depuis qu’il a abandonné la philosophie pour la politique, il a perdu toute mesure et n’a pu s’empêcher d’assimiler la PMA de mener à l’eugénisme et au nazisme, ce qui a déclenché un peu d’émotion sur les plateaux télévisés fréquentés par le microcosme mondain, mais aussi des soignants pratiquant la PMA ainsi que les patients en bénéficiant.

Wauquiez s’adressait à un auditoire conquis qui avait déjà entendu Sarkozy, son ex-mentor, envisager de revenir sur le mariage pour tous. Il a eu son petit succès. Comme d’habitude il a dérivé vers la déraison et sa comparaison avec le nazisme n’a pas de sens et sans doute peu d’efficacité politique. Les militants de Sens commun ne veulent pas de la PMA ni de l’avortement car ces actes sont contraires à leur interprétation de la parole du Dieu auquel ils croient. Ils n’ont pas besoin de l’épouvantail du nazisme pour rejeter ces actes. Par contre les conservateurs et les centristes de droite peuvent être effrayés par un tel manque de sérénité d’un prétendant au pouvoir suprême. On se demande d’ailleurs si Wauquiez se laisse déborder par son bavardage de café du commerce ou si son discours est autocontrôlé ?

Ceci étant dit le débat sur l’extension de la PMA mérite d’être mené car quoi que l’on en dise, l’étape suivante sera la GPA (gestation pour autrui). C’est écrit également et cela ne sert à rien que de vouloir cacher cet agenda, sinon attiser les haines et les soupçons. Oui il y a un risque d’eugénisme, ou en tout cas de choix génétiques qu’il faut anticiper et encadrer, oui il y a une possibilité de dérives commerciales concernant l’acte de procréation, etc. Ce débat mérite de l’intelligence et de l’éthique comme on en usa lors des discussions sur les différents textes de loi sur la fin de vie. Il faudrait donc exclure les Wauquiez & co. de ce type de discussions. C’est hélas démocratiquement impossible.

La minute de silence à la radio

En ce jour de commémoration du centenaire de l’armistice de la guerre de 14-18, les journalistes de radio s’écoutent parler en commentant un défilé de dirigeants mondiaux sur le pavé parisien. Mais il y a une chose qu’ils n’aiment pas c’est la minute de silence propre à ce genre de cérémonie. Une minute de silence  nécessite en principe… le silence, c’est-à-dire se taire, fermer sa bouche, mettre ses cordes vocales au repos pour 60 secondes. Se taire pour un journaliste c’est une maladie honteuse, alors généralement au bout de 15 secondes ils reprennent la parole pour aligner les banalités qu’ils affectionnent. Ainsi va notre société qui privilégie la communication sur le fond.

Nouvelle-Calédonie : une occasion manquée, mais rien n’est perdu

A la question « Voulez-vous que la Nouvelle-Calédonie accède à la pleine souveraineté et devienne indépendante ? » posée par référendum hier, 56,7% du corps électoral local a répondu Non. C’est plutôt moins que ce que les sondages avaient anticipé, mais cela reste une mauvaise nouvelle, pour tout le monde ! Malgré tout, 43,3% des votants étaient donc pour l’indépendance ce qui dénote une évolution certaine des mentalités. Heureusement, les négociateurs des différents accords préparatoires à ce référendum et le législateur avaient heureusement prévu des étapes suivantes et deux nouveaux référendums peuvent être déclenchés en fonction de la réalisation de différents critères dans les années à venir. Ces accords dit « de Matignon » datent de 1988 et ont été approuvés à 80% par un référendum national organisé à l’époque, malgré une faible participation.

Gageons que la route pour la décolonisation de la Nouvelle-Calédonie va se poursuivre conformément aux demandes des Nations-Unies.

 

La Nouvelle Calédonie fait de la résistance

Le referendum sur l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie, ancienne colonie devenue « territoire d’outre-mer », se déroulera ce dimanche 4 novembre. La question posée :

« Voulez-vous que la Nouvelle-Calédonie accède à lapleine souveraineté et devienne indépendante ? »

Les derniers sondages penchent en faveur du Non mais les sondages se sont beaucoup trompés ces dernières années. Avec les « Kanaks », espérons néanmoins que le Oui l’emporte et que ce magnifique archipel existe désormais de façon indépendante d’une France éloignée de plus de 15 000 km ! Indépendance ne veut pas dire rompre les liens mais signifie plus prosaïquement « être responsable » de ses actes et la responsabilité a beaucoup manqué dans ce territoire ces dernières décennies.

Lire aussi : Nouvelle-Calédonie, le référendum est en marche.

Fillon lâché par ses potes

Après avoir été dénoncé par son « ami » Robert Bourgi, un affairiste de la FrancAfrique qui lui offrait des costumes à 6 000 EUR pièce, ce qui marqua le début de son échec aux élections présidentielles de 2017, voici maintenant François Fillon, ou plus exactement sa femme, Pénélope, dénoncée par un autre « bon ami » du couple, l’homme d’affaires Marc Ladreit de Lacharrière qui a choisi de « plaider coupable » dans l’affaire non encore jugée de l’emploi fictif de Mme. Fillon à la Revue des deux mondes qu’il dirige. En gros il reconnait que l’emploi était bien fictif. Gardons-nous de nos « amis » et que la justice passe !

Des frontières

Les négociations sur les conditions du divorce entre le Royaume-Uni et l’Union européenne battent leur plein. Les difficultés auxquelles les britanniques ne s’étaient pas préparés, sans doute convaincus que le résultat de leur référendum de 2016 ne serait pas ce qu’il fut, ces difficultés sont grandes. Il est vrai qu’il faut démonter une fantastique bureaucratie multilatérale et en remonter une seconde qui fondera les nouvelles relations entre l’ile et le continent après la séparation.

Il apparaît que le point dur auquel se heurtent les parties concerne la frontière à rétablir entre la République d’Irlande et l’Irlande du Nord, territoire britannique postcolonial. Et ce n’est pas la moindre des contradictions dans cette affaire : alors que l’une des causes majeures de cette volonté britannique de quitter l’Union est justement de vouloir rétablir les frontières et mettre fin à la libre circulation des personnes, le Royaume ne veut surtout pas en voir une réapparaître en Irlande. Tout d’abord la majorité conservatrice actuelle à Londres tient aussi à quelques députés d’Irlande du nord unioniste qui ne le veulent pas, mais surtout il existe des craintes probables que l’hypothèse ne relance la guerre civile et religieuse qui a ravagé ce territoire des décennies durant.

Le risque existe et Londres en fait un point de blocage à la conclusion de tout l’accord. Elle veut des frontières partout, sauf avec Irlande. L’Union ne sait pas trop comment faire avec cette exigence qui reviendrait à maintenir du libre-échange avec l’Irlande du nord qui est elle-même territoire britannique, ce qui fait réagir Londres qui refuse qu’une partie du Royaume reste régie par les règlements européens et à exercer des contrôles douaniers entre l’Irlande du nord et l’Ile principale britannique. C’est assez inextricable. En fait, au-delà des questions de souverainetés respectives, ce qu’il y a au bout du chemin c’est la question de la réunification de l’Irlande et c’est évidemment encore bien plus explosif…

La presse ventile le vide

Un remaniement ministériel est annoncé depuis quelques jours suite à l’abandon de poste du vieillard félon qui occupait le fauteuil de ministre l’Intérieur. Le président et le premier ministre prennent leur temps pour mettre en œuvre ce mouvement. Après tout rien ne presse, un ministre intérimaire a été désigné et, surtout, les fonctionnaires de ce ministère font leur boulot. Les citoyens ne semblent pas trop s’émouvoir de cette situation plus préoccupés par leur quotidien que par cette éphémère agitation médiatique de salons parisiens.

Le plus édifiant dans cette histoire est que la presse ne sait pas se taire quand elle ne sait pas ou même dire « je ne sais pas, passons au sujet suivant ». Elle ne connait pas ni quels ministres seront remplacés, ni par qui. Alors sur les plateaux télévisés chacun y va de son pronostic, certains font allusion avec un air entendu à des informations confidentielles qu’ils auraient obtenues, d’autres à des contacts au plus haut niveau qui seraient les leurs, untel saurait que tel élu aurait refusé une proposition, qu’un autre aurait sollicité un poste… En fait, très peu de monde doit savoir quelque chose et c’est très bien ainsi. Un remaniement ministériel ce n’est pas une vente aux enchères, discrétion et efficacité doivent être de rigueur. Mais cela, un journaliste de rencontre le vit comme une « entrave au devoir d’informer ».

Dans les écoles de journalisme on doit donner des cours sur le thème « remplir le vide sur les ondes quand on ne sait rien ». On peut penser que cet enseignement est de qualité car télévisions et radios françaises pullulent d’experts capables de tenir un plateau en moulinant dans le vide jusqu’à épuiser leurs auditeurs sans rien leur apprendre. Cette attitude est un étrange mélange entre autosatisfaction, nombrilisme et inculture. Heureusement il reste encore quelques médias où l’intelligence et la compétence priment sur la ventilation. Soutenons-les pour qu’ils survivent !

L’écume inutile de la politique

On le sait, suite à la démission du ministre de l’intérieur, vieillard irresponsable de 71 ans abandonnant le navire après une année au service de la République, un remaniement ministériel est nécessaire car il faut au moins remplacer le déserteur. En attendant, un intérimaire a été nommé en la personne du premier ministre. Il y a du monde sur le pont.

Les nominations n’ont pas encore été annoncées au bout de plusieurs jours alors les journalistes mondains et l’opposition à court d’idées glosent sans fin sur cette défaillance du pouvoir en place. Dans la réalité, la maison est tenue par les hauts fonctionnaires et il n’y a pas défaillance du pouvoir. Vu d’ailleurs le calibre du partant, on peut penser que ces dits fonctionnaires étaient déjà aux commandes lorsque le ministre âgé était à leur tête.

Ce déchaînement éphémère permet une fois de plus aux occupants des médias de s’exonérer de travailler sur les vrais sujets. Plutôt que de lire le projet de loi de finances 2019 (274 pages) et de l’expliquer aux citoyens, les journalistes de circonstance préfèrent parier sur l’heure exacte d’annonce de la composition du nouveau gouvernement. Plutôt que d’annoncer leurs programmes alternatifs de gouvernement les oppositions politiques diverses choisissent d’invectiver le pouvoir devant la télévision à l’assemblée nationale au sein de laquelle ils sont rémunérés par les contribuables pour travailler et non pour jouer au ballon.

Le chef du groupe Les Républicains à l’assemblée a fait aujourd’hui cette déclaration inoubliable au premier ministre qui l’écoutât avec sérénité :

« … quand les premiers soutiens désertent ou n’y croient plus, c’est une Bérézina annoncée. Ce n’est pas votre capacité à composer un gouvernement qui va rassurer les français. Depuis une semaine, la tragi-comédie continue. Vous n’arrivez même plus à dissimuler l’affaiblissement du pouvoir exécutif… Le président de la République a perdu son autorité, son crédit, son image personnelle est durement entachée. Votre politique est un échec. Le chômage, les impôts, le pouvoir d’achat, tous les indicateurs sont au rouge. Vous êtes aujourd’hui incapable de proposer un gouvernement crédible à la France tant c’est le vide autour de vous monsieur le premier ministre. Ma question est donc simple : jusqu’à quand cette mascarade va-t-elle continuer monsieur le premier ministre ? »

Ce garçon, Christian Jacob, joue le rôle de l’aboyeur en chef de la droite depuis si longtemps. Ex-ami de Jean-François Coppé, voilà des années qu’il injurie ceux qui ne sont pas dans son camp. Les comptes rendus des débats de l’assemblée nationale en attestent. Il faut quand même une drôle de constitution d’esprit pour exercer un tel métier. Sur sa fiche signalétique de l’assemblée nationale il se déclare « agriculteur » ; cela doit tout de même faire un moment qu’il n’a pas fait de récolte, il préfère manifestement le champ de bataille des questions au gouvernement que les champs de colza. Il fait partie de ce personnel politique qui abaisse le débat et abrutit ceux qui l’écoutent. Il a 58 ans, et sans doute encore sur la scène pour longtemps…

Le psychodrame de la baisse les dépenses

Le grand dossier du gouvernement français de la baisse des dépenses publiques par le pouvoir actuel. Rien de bien grave, cela dure ainsi depuis plus de 40 ans et aucun gouvernement n’a osé essayer (juste essayer) à commencer à ralentir légèrement la progression des dépenses qui ont toujours augmenté en France plus rapidement que les recettes, créant ainsi les 2 000 milliards d’euros de dette, toujours en hausse, que nous laissons à nos enfants.

Le projet de budget 2019 prévoit la baisse du nombre de fonctionnaires « conseillers techniques sportifs » de 1 600. Aussitôt le hourvari se déclenche de toutes parts : c’est un drame national, la France aura moins de médailles aux prochains jeux olympiques, la République ne s’en remettra pas, notre jeunesse va tomber au fond du gouffre, etc. etc. Avec son manque de subtilité habituelle, la société française, de Mme. Michu aux journalistes mondains en passant par les tweetos politicards, explique combien ces 1 600 conseillers sont un élément stratégique du futur de la France dans le monde.

Comme toujours, chacun est d’accord pour que baissent les dépenses publiques, mais en commençant chez le voisin. Intérêt général contre intérêts particuliers, encore. Une République rongée par la dette devrait pouvoir se poser sereinement et démocratiquement la question de la priorisation de ses dépenses. On peut sans doute imaginer que quitte à réduire la dépense, commencer par celle concernant le sport n’est pas la plus mauvaise des directions possibles. Mais… il faut aussi arriver à convaincre les français que « baisser les dépenses » signifie que les dépenses vont diminuer. Vaste tâche !

Irresponsable !

Le ministre de l’intérieur (71 ans) qui avait annoncé dans le journal L’Express sa volonté de quitter ses responsabilités ministérielles pour récupérer son ancien mandat de maire de Lyon, déclare cette semaine dans le journal Le Figaro qu’il présente sa démission le jour même, puis, celle-ci refusée, réitère le lendemain dans le même journal avant d’obtenir satisfaction et l’autorisation de fuir les responsabilités dont il avait été investi.

Bien entendu cette fuite inattendue perturbe durablement le travail gouvernemental et déclenche le bonheur de l’opposition et des journalistes mondains qui ne parlent plus que de ça. Bref, la République pâtit de l’acte d’un homme qu’elle croyait à son service. Le comportement de ce personnage âgé est irresponsable et égoïste ! Et pour quelles raisons déclenche-t-il tout ce désordre ? Pour récupérer son fauteuil de maire de Lyon, à 71 ans, et briguer un quatrième mandat. C’est l’illustration de l’un des syndromes de notre époque : l’abandon de tout sens de l’intérêt général au profit de ses objectifs personnels, à plus de 70 ans, se faire réélire maire de Lyon pour la quatrième fois.

Un vieillard qui se croit indispensable pour ses anciens électeurs lyonnais déclenche un tohu-bohu de première catégorie au cœur de l’Etat. Aveuglé par sa suffisance il n’hésite pas à laisser tomber son job de ministre au bout de douze mois en poste. Un homme rongé par l’ambition et la suffisance dont on espère que la ville de Lyon le renverra à une retraite qu’il aurait déjà dû prendre depuis longtemps. C’est affligeant !

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On démissionne désormais à la télé

Une vague de démissions ou de mutations agite le monde politique ces derniers temps. Rien de bien grave sinon la confirmation que des ministres ou assimilés renoncent après quelques mois de travail, soit bien rapidement après avoir accepté une mission confiée par des électeurs et une rémunération versée par les contribuables. On ne peut dire qu’ils aient vraiment de la constance dans l’effort, on dirait un peu des enfants qui jettent leurs jouets deux semaines après les avoir découverts sous le sapin de Noël.

Rien de bien grave, non, et la caractéristique première de ces décisions est que tout se passe désormais dans les médias avant même que devant leurs employeurs même s’il est vrai que les citoyens sont un peu leurs employeurs. Ces derniers jours, le ministre de l’écologie a démissionné sur France-Inter, un adjoint de la mairie de Paris a démissionné dans Le Monde et le ministre de l’intérieur (71 ans) a annoncé son prochain départ du gouvernement dans L’Express pour se présenter à des élections municipales prévues seulement en 2020.

Tous ces personnages imbus d’eux-mêmes mettent leurs départs en spectacle pour en tirer on ne sait trop quel avantage. Là où l’on souhaiterait efficacité et discrétion, nous n’avons que renoncement et mise en scène. Certains d’entre eux vantent les mérites de l’entreprise privée, ils feraient bien de s’y recycler quelques temps histoire de voir si l’on peut partir ainsi du jour au lendemain en claquant la porte puis en répandant son amertume ensuite dans des journaux à grand tirage…