Quoi de neuf ?

Nadine Morano toujours plus bas

On a un vrai problème avec la Morano qui continue à diffuser ses réflexions abrutissantes en 140 signes sur Tweeter, du genre ci-dessous :

Comment réussir à censurer ce déballage logorrhéique d’une ancienne ministre de la République ? La faire taire serait une œuvre de salut publique. Quand on pense qu’elle risque de redevenir ministre si une majorité de droite est réélue au Parlement en 2017, cela fait frémir.

Les investisseurs de Panurge

Les grands pays émergents que sont l’Inde, le Brésil, la Russie, notamment, voient leur croissance s’essouffler et la valeur de leur monnaies s’effondrer. Les soi-disant analystes financiers et autres chroniqueurs économiques mondains ont immédiatement rendu responsable la banque centrale américaine qui n’a fait qu’annoncer très prudemment qu’elle allait sans doute commencer à envisager de peut-être très légèrement refermer le robinet des liquidités prêtées aux banques à un taux proche de 0 pour suppléer aux défaillances de ces établissements qui ne savent plus faire leur travail de financement de l’économie.

Une partie de ces liquidités étant inemployable aux Etats-Unis comme en Europe, pas assez d’emplois pour trop de ressources, lesdites banques avaient recyclé ces fonds dans des investissements dans les pays émergents susceptibles d’offrir, d’après les prévisionnistes de plateaux télévisés, une croissance durable et forte. Devant les annonces américaines, et avec leur habituel panurgisme, les investisseurs retirent leurs billes des pays émergents pour les rapatrier à la maison et du coup, les balances des paiements de ces pays se déséquilibrent et les monnaies trinquent.
En réalité, les modèles économiques de ces pays commençaient déjà à déraper et suivre les chemins périlleux des pays occidentaux : dépenses improductives, Etat providence et redistribution, le tout financé par de la dette. C’est un cheminement sans doute inévitable pour tout pays qui se développe. En tout cas, il n’y a jamais eu de contre-exemple dans l’Histoire économique.

Alors, la fuite sans doute provisoire des investisseurs de Panurge n’est probablement pas l’élément déclencheur de l’ajustement monétaire en cours chez les émergents.

Faire la guerre pour la démocratie ?

Cette affaire de l’utilisation d’armes chimiques en Syrie fait ressurgir querelles d’égos et indifférence, mais en réalité surtout l’indifférence. Celle des pays émergents qui sont plus préoccupés par leur développement économique que par les barbaries de la planète, celle des opinions publiques occidentales qui sont fatiguées de ce Proche-Orient sans cesse agité de soubresauts guerriers et toujours à la pointe en matière d’armements asymétriques et non-conventionnels, des opinions publiques sans plus d’espoir sur ces interventions militaires occidentales aux effets mitigés.

Peut-être après-tout que l’époque n’est plus celle d’une morale internationale active ? Si tout le monde se fout, pour de bonnes ou de mauvaises raisons, qu’un pays utilise des missiles et des gaz de combat pour réprimer sa propre population, peut-être faut-il laisser faire. Si pas grand monde sur la planète n’y attache d’importance faut-il qu’encore longtemps l’occident se sente investi d’une mission civilisatrice de redresseur de torts et se fasse huer par le monde entier quoi qu’il fasse ?

L’exemple de l’Afghanistan est à cet égard emblématique. Après le 11 septembre les armées occidentales sont allées « casser la gueule » des talibans dans le cadre onusien. Les talibans abandonnent le pouvoir sans trop se défendre pour se réfugier dans les montagnes inexpugnables de ce beau pays. Les troupes occidentales restent sur place pour « établir la démocratie » et faire de l’humanitaire, et l’on tombe de Charybde en Sylla : les attentats, des centaines de morts dans l’armée occidentale, des dizaines de milliards d’euros partis en fumée, l’échec de la démocratie, la relance de la corruption, les actions troubles du Pakistan, les accusations permanentes d’impérialisme du reste de la planète, etc. etc. Et les talibans qui reprendront immanquablement le pouvoir après le départ en 2014 des derniers soldats de la coalition.

Le « cassage de gueule » était légitime (même le pape de l’époque avait reconnu la situation de légitime défense), l’objectif additionnel d’établir la démocratie était vain même si a priori sympathique. Il n’a pas été atteint.

Syrie et faux-jettonerie internationale

Avec une grande hypocrisie, tellement caractéristique du débat politique dans nos démocraties, l’UMP n’est prête à soutenir une intervention en Syrie que dans le cadre d’une décision de l’ONU. A priori une telle décision est peu probable puisque la moitié des membres permanents disposant d’un droit de veto au conseil de sécurité est contre, en tout cas une petite moitié avec la Russie et la Chine qui soutiennent la Syrie. C’est leur droit.

Le droit de veto existe dans les statuts de l’ONU et il est utilisé de-ci de-là de façon légale par les membres du conseil de sécurité. Après le célèbre discours de Galouzeau de Villepin à New York en 2003 pour tenter de décourager la coalition anti-Irak d’envahir le pays, la France (ainsi que la Russie) a menacé de d’opposer son veto ce qui a fait renoncer la coalition à demander la couverture de son action par l’ONU et la guerre de 2003 a été menée hors du cadre de la légalité internationale de l’ONU, avec ses effets pour le moins mitigés. Le droit de veto existe au sein du conseil de sécurité, il ne faut pas s’étonner que certains l’utilise.

Pied de nez de l’Histoire, la première intervention internationale contre l’Irak qui avait envahi illégalement le Koweït avait été faite dans le cadre d’une résolution de l’ONU et la Syrie avait déployé une brigade de soldats dans la coalition… Hafez, le père de fiston-Bachar avait même obtenu que Bush l’ancien lui serre la main entre deux portes des bureaux de l’ONU à Genève.

Dans le cas de la Syrie, il y aura peut-être tout de même une intervention armée sur la base de la convention internationale contre l’utilisation des armes chimiques (non ratifiée par la Syrie bien entendu). A Paris comme à New York chacun joue du billard à multiples bandes. L’UMP se défausse sur l’ONU et évite de prendre une position claire, Russes et Chinois s’opposent aux Etats-Unis histoire de marquer leurs territoires, les monarchies sunnites du Golfe persique soutiennent les rebelles syriens car le régime est lui soutenu par l’Iran chiite, Israël reste attentive mais planquée, le pape François 1er appelle à une journée de jeûne multi-religions contre la guerre (ça ne peut pas faire de mal), les grands pays émergents (Brésil, Inde,…) sont plus préoccupés par leur balance des paiements que par un pays méditerranéen que la plupart de leurs électeurs ne savent pas situer sur une carte du monde, etc. etc.

Localement la guerre civile continue avec les moyens d’une guerre civile mise en œuvre par des bandes de voyous, sauvages et sans foi ni loi, uniquement préoccupés par leur maintien, ou leur conquête, au/du pouvoir. Les égos et l’aveuglement stupide des parties en présence rendent toute solution politique improbable pour le moment. C’est inextricable. C’est le Moyen-Orient.

Le château de Rosanbo

 

Château de Rosanbo – Lanvellec

Un ancien manoir construit au XVIème siècle et ayant connu des extensions aux XVII, XVIII et XIXème siècles pour devenir ce qu’il est aujourd’hui. Son parc magnifique a été redessiné par Achille Duchêne, le prince des jardins, à la fin du XIXème, après celui de Vaux-le-Vicomte. Il est toujours détenu aujourd’hui par la famille Le Pelletier de Rosanbo dont un des ancêtres fut contrôleur des finances de Louis XIV, certains évidemment guillotinés à la révolution, dont une nièce de Chateaubriand, d’autres furent parlementaires, au XIXème. La famille habite toujours une partie privatisée du château, le reste étant visitable et présenté par une guide un peu « pouêt-pouêt » mais très érudite.

« Oh Boy » de Jan Ole Gerster


Un petit film intimiste, Oh Boy, qui pourrai être français mais qui est allemand, ou 24 heures à Berlin dans la vie d’un post-adolescent, génération bof, à qui pas grand-chose ne réussit ces derniers mois. Etudiant raté, amoureux dans le doute, en conflit avec son père qui le finance, etc. Touchant !

Voter la guerre ou ne pas la voter !

Etonnant retournement de situation : l’opposition française demande à voter pour ou contre l’engagement de l’armée française contre la Syrie. La droite devrait relire la constitution de MonGénéral modifiée par Sarkozy… Le Christian Jacob, chef de l’UMP à l’assemblée nationale, avec son allure de maquignon mal dégrossi, est en tête de gondole sur le sujet. Les députés veulent voter, grand bien leur fasse. Et que vont-ils voter ? L’histoire ne le dit pas. Ce n’est d’ailleurs honnêtement pas facile de se décider devant la complexité de la situation.

La France n’est pas bien brillante dans cette affaire. Rappelons que le président de la République française (Jacques Chirac) fut le seul chef d’Etat occidental à assister aux obsèques de Hafez El-Assad en 2000, un garçon fort peu recommandable qui a trempé dans toutes les affaires de terrorisme international du XXème siècle, sans parler de sa colonisation du Liban ni de l’assassinat de l’ambassadeur de France au Liban, Louis Delamare, en 1981. Son fiston, Bachar, a paradé en 2008 derrière ses lunettes noires sur les Champs Elysées pour le 14 juillet, invité par le président Sarkozy. A priori ce régime familial est armé par la Russie, voilà au moins un pays arabe qui n’a pas été gavé d’armements occidentaux. On espère que les produits chimiques qui servent à gazer les populations civiles n’ont pas été fourgués par des entreprises françaises…

Que faire avec ce pays, que faire avec ce proche et moyen orient si compliqué ? Alors pourquoi demander un vote au parlement français, pourquoi Christian Jacob ne laisse pas le président socialiste essayer de se dépêtrer tout seul du sac de nœuds dans lequel il s’est mis ? Quel que soit son vote, il est probable que le Christian Jacob se le verra reprocher… Il serait plus avisé de s’écraser sur ce coup et de laisser venir plutôt que de faire dans la politicaillerie. Mais non, l’opposition est réglée pour s’opposer, même si elle doit pour cela brûler ses vaisseaux et s’asseoir sur ses convictions.

Un os à ronger

Les politicards et la presse français ont trouvé un nouvel os à ronger : le problème n’est plus le fait que la Syrie gaze ses citoyens et qu’il faut se demander comment mettre fin à ce massacre mais il est devenu : « François Hollande va-t-il organiser un vote du parlement sur le principe d’une intervention armée ». On est passé du fondamental à l’accessoire avec une déconcertante facilité, c’est évidemment plus facile de pérorer sur une procédure que sur un problème.

La poissonnière de la politique

La Morano, poissonnière en chef à l’UMP continue à ponctuer la vie politique de ses analyses subtiles :

Le plus rigolo dans l’histoire est que la Morano devrait en fait défendre Manuel Valls qui défend des idées proches des siennes en matière sécuritaire. Que nenni ! Elle préfère l’accabler. Entre intelligence et crétinerie, la Morano choisit vite. Impayable, elle est vraiment impayable. Allez, on vous en remet un p’tit pour la route :

Massive Attack et Adam Curtis

 

Massive Attack en première page de Libération pour une série de concerts donnés dans à Duisburg en Allemagne : un show stupéfiant narre le journaliste. C’est une collaboration du groupe avec Adam Curtis, documentaliste britannique au cours de laquelle est projeté un flux d’images prélevées dans 40 ans d’archives pendant que les Massive Attack jouaient des reprises (The Jesus and Mary Chain, Barbra Streisand, etc.) le tout joué avec des invités dans une ancienne aciérie au milieu de vingt écrans surdimensionnés bombardés d’images.

La Syrie : source de perturbations mondiales

Les dirigeants occidentaux se rejettent le mistigri pour savoir comment « punir » le régime syrien fortement soupçonné d’utiliser des armes chimiques de terreur contre ses opposants. Le régime félon est soutenu par la moitié de sa population, la moitié des pays musulmans et la moitié du conseil de sécurité des Nations unies. On ne peut pas dire que ce pays est isolé ni que ses pratiques soient véritablement condamnées par l’opinion internationale, malgré cent mille morts et deux millions de réfugiés.

En gros il n’y a que des coups à prendre dans cette affaire ; le parlement britannique vient de voter contre une intervention et le parlement américain doit se prononcer d’ici une semaine. Les élus représentants Mme. Michu devraient logiquement rejeter l’idée d’une intervention armée, quelle qu’en soit l’ampleur.

On aurait pu penser que l’utilisation d’armes chimiques en Syrie déclenche l’émotion de la planète, ce n’est pas vraiment le cas et les copinages géopolitiques prennent le dessus sur la morale, d’autant plus que les alliés de la Syrie ont beau jeu de rappeler les bobards racontés par l’occident pour justifier des interventions multilatérales en Bosnie, Iraq ou Lybie… La Russie et la Chine (et d’autres membres non permanents du conseil de sécurité) n’aiment pas ces va-t‘en-guerre de l’Ouest qui sous prétexte d’imposer leur conception des droits de l’Homme défont les régimes. Evidemment ils craignent que cela ne leur arrive un jour.

Outre la répression actuelle (et passé) contre ses opposants, la famille Assad a trempé d’une façon plutôt active dans toutes les affaires de terrorisme international du XXème siècle. C’est peu dire que bon nombre de pays occidentaux aimeraient en finir avec ce clan.

Très probablement, cette fois-ci encore, l’occident restera l’arme au pied et l’armée syrienne continuera son travail de sape, sûre de son bon droit, utilisant les armes redoutables en sa possession, ni trop pour ne pas choquer les bonnes âmes outre mesure, ni trop peu pour être efficace. L’opposition continuera à bouffer de la vache enragée et à recevoir des armes des pays arabes la soutenant. Cela va durer encore mais probablement pas indéfiniment. On pourrait imaginer une partition du pays, pourquoi pas, si c’est un moyen d’apaiser la situation ?

Le proche et moyen orient va rester pour les années à venir une source de perturbation pour la planète, hélas. Il faudra bien qu’un jour ces gens, et leurs parrains, s’entendent !

Il fait chaud l’été au Qatar !

Il semble que soudainement deux neurones se soient connectés dans le cerveau d’un des chefs du fouteballe international. Résultat, après avoir voté l’organisation de la coupe du monde des pousseurs de ballons au Qatar pour l’été 2022, un flux nerveux a été instauré l’espace de quelques secondes entre lesdits neurones et a fait réaliser au chef décérébré qu’en été il fait chaud, très très chaud au Qatar. Alors le garçon et sa clique commencent à se demander si ce ne serait pas mieux de faire taper les joueurs surpayés dans leur baballe plutôt en hiver !

On ne peut que rendre hommage à cette capacité d’anticipation des instances dirigeantes du fouteballe mondial, mais par contre cette soudaine agitation de neurones habituellement sans aucune activité perceptible ne laisse pas de nous inquiéter : vont-ils tenir jusqu’à 2022 à ce rythme ?

Le cash de l’ambassadeur

Boris Boillon, ancien ambassadeur de France en Iraq et en Tunisie, plutôt marqué « sarkoziste » est attrapé à la gare du Nord en partance pour la Belgique avec 350 000 EUR et 40 000 USD en liquide non déclarés dans son sac de voyage. Il va falloir expliquer la provenance de ces fonds à la justice, c’est la loi. Tout ceci est peut-être légal, peut-être pas, que la Justice passe.

Le chimiste

Nouveau bombardement avec des armes chimiques en Syrie, cette fois dans des quartiers de la capitale Damas. L’occident suppose que le responsable est le régime Assad au pouvoir, la Russie avance que ce sont les rebelles. Le problème est que les deux parties sont sans doute capables du pire. Techniquement on peut quand même présupposer que le régime en place a un meilleur accès aux stocks d’armes chimiques accumulé durant des années que la rébellion, mais tout est possible.

L’occident s’emberlificote entre euphémismes et subtilités sémantiques pour savoir s’il faut ou non réagir militairement face à l’utilisation de ces armes de terreurs largement utilisées en Europe durant la guerre de 1914/18. En gros il n’y a que des coups à prendre dans cette affaire où la famille Assad reste soutenue par la moitié du pays, la Russie, la Chine et l’Iran, alors que l’autre moitié est en train de se faire dévorer par les barbus et soutenir par des régimes islamiques pour le moins rigoureux et fermés. Quelle que soit la faction qui gardera ou prendra le pouvoir elle sera anti-occidentale et ce pauvre pays mettra du temps avant de revoir la lumière…

Festival Rock en Seine – 2013/08/23>25 – Paris Parc de Saint-Cloud

Vendredi 23 août 2013

Savages

4 filles en noir, l’air renfrogné et pas un sourire, une forte inspiration Siouxsie, The Cure et Joy Division. Un excès de réverbération, des effets de guitare miaulante, du rythme sombre et une chanteuse charismatique ; on se retrouve dans les 90’s, les misses n’ont rien inventé mais jouent avec l’énergie du désespoir ; cette époque musicale fut grandiose alors pourquoi se priver à l’heure où ces jeunes femmes s’y replongent ?

Setlist : I Am Here/ City’s Full/ Shut Up/ Give Me a Gun/ I Need Something New/ Strife/ Flying to Berlin/ No Face/ She Will/ Hit Me/ Husbands

Belle and Sebastian

Une joyeuse bande de potes écossais(es), folkeux électrifiés des Highlands, habillés en marinière, sautillants et proprets, mélancoliques et bien coiffés, de jolies voix et des rythmes enjoués, leur musique s’écoule comme dans une veillée scout, ou sur une autoroute un jour grisonnant.

Setlist: Judy Is a Dick Slap/ I’m a Cuckoo/ Le Pastie De La Bourgeoisie/ The Stars of Track and Field/ I Want the World to Stop/To Be Myself Completely/ Your Cover’s Blown/ We Are the Sleepyheads/ I Didn’t See It Coming/ The Boy with the Arab Strap/ Legal Man/ Judy and the Dream of Horses

Johnny Marr

Ex-membre du groupe légendaire The Smiths et guitariste du duo qu’il composait avec Morrissey. Chacun vaque à ses occupations depuis la séparation à la fin des 80’s, mais aucun ne fait oublier quelques-uns des disques qu’ils ont produits ensemble, parmi les plus mythiques du rock.
Johnny entre en scène mordant une rose rouge, toujours mince et nerveux, le voilà reparti pour nous charmer d’un jeu de guitare virtuose. Il s’est mis au chant, il faut bien, et nous ressert quelques classiques des Smiths, cela tombe très bien puisque le public est venu pour ça.

Setlist : The Right Thing Right/ Stop Me If You Think You’ve Heard This One Before/ Upstarts/ Sun & Moon/The Messenger/ Generate! Generate!/ Bigmouth Strikes Again/ New Town Velocity/ I Fought the Law/How Soon Is Now?/ There Is a Light That Never Goes Out

Alt J

Le groupe dont on parle, un quatuor de jeunes britanniques tout en subtilité et créativité. Un guitariste chanteur accompagné par un claviériste, un deuxième guitariste et un batteur. L’âge moyen de ce petit monde doit tourner dans les 23 ans, et leur inventivité est stupéfiante.
Visuellement tout d’abord : la scène est d’un dépouillement ultime, il n’y a même pas un ampli qui est visible, les 4 sont en ligne horizontale sur le devant de la scène, le clavier et sa casquette-à-l’envers qui chante en contre-point, le chanteur barbu qui pizzicate sa guitare et place sa voix nasillarde dans les aigus pour des mélodies désarmantes, le second guitariste/bassiste noyé sous une mèche de cheveux peroxydés et le batteur aux caisses étranges.

Et cette musique si pure s’infiltre dans nos méninges comme une rivière de miel, tout est délicat et inattendu, tout est harmonie et originalité. On comprend comment ce groupe venu de Leeds aura créé le buzz cette année sur la scène rock. Que peut-il bien se passer dans la tête des garçons si sages pour produire une musique d’une telle douce intensité ?

Setlist: Intro/ ❦ (Ripe & Ruin)/ Tessellate/ Something Good/ Buffalo/ Warm Foothills/ Dissolve Me/ Fitzpleasure/ Matilda/ ❦ (Guitar)/ Bloodflood/ Ms/ Breezblocks/ A Real Hero/ Taro

Frantz Ferdinand

Encore des écossais proprets mais ces 4 la sont largement plus délurés que Belle and Sebastian, ce n’est rien que de le dire et c’est la raison pour laquelle ils font la fin de soirée sur la grande scène !

Chemises chamarrées, tressautant, sympatoches et un peu têtes-à-claques, ils mènent bien leur barque et remportent un franc succès. Des guitares saccadées, des riffs rageurs, des voix bien placées, des morceaux courts et bien tournés, la recette sans surprise pour emporter la foule sur des nuages, dans lesquels on ne reste pas si longtemps, le plaisir étant aussi éphémère que les compositions.

Setlist : No You Girls/ Right Action/ The Dark of the Matinée/ Evil Eye/ Do You Want To/ Walk Away/ Stand on the Horizon/ Can’t Stop Feeling/ The Fallen/ Bullet/ Michael/This Fire

Samedi 24 août 2013

Black Rebel Motorcycle Club

He-he ! Les Black sont sur la grande scène pour ce début de soirée, de mieux en mieux. Leur blues électrifié se porte mieux dans des petites salles enfumées, mais ils font bonne figure à Saint-Cloud, ils n’ont peur de rien.

Lea bat le rythme qui se perd un peu dans les nuages et ses deux boys assurent le devant de la scène. Certains blues grinçants des Blacks ne sont pas forcément formatés pour grands espaces mais les classiques réveillent les spectateurs en cette fin d’après-midi.

Nine Inch Nails

C’est le clou du week-end et la foule est venue s’installer en masse aux pieds de la grande scène déjà bien avant le début du show.

Et le spectacle fut terrifiant, halluciné, à la mise en scène définitivement moderniste, frisant l’art contemporain. Trent Reznor et les siens ont su monter un jeu d’installations fantomatiques et explosives s’alliant si bien avec ce rock industriel dont ils sont les chantres. Une série de panneaux électroniques coulissants sur lesquels sont projetées des images incertaines allant de visions d’échographies aux spectres radiologisés des musiciens qui vont et viennent devant et derrière ces panneaux infernaux. C’est l’odyssée de l’espace atterrissant sur la planète rock.

Comme toujours Reznor affiche une présence charismatique et athlétique qui foudroie l’atmosphère. Une boule de nerfs émergeant d’un paquet de muscles : qu’il manipule fébrilement ses claviers, extirpe d’incroyables déchaînements soniques de sa guitare ou vocifère accroché à son pied de micro comme si sa vie en dépendait, il mène à la baguette un groupe et un show uniques pour l’accomplissement d’une débauche de rock tendance (très) dure, de technologies et de lumières.

La musique, puisqu’il s’agit tout de même d’elle, est assez indicible, à la fois primaire et sophistiquée, bruitiste et complexe, parfois douce mais toujours pour mieux préparer l’arrivée de la violence sonique. Le tout est dantesque.

Un concert des Nine Inch Nails c’est une expérience sensorielle écrasante… et inoubliable.

Setlist: Somewhat Damaged/ The Beginning of the End/ Terrible Lie/ 1,000,000/ March of the Pigs/ Piggy/ Closer/ Gave Up/ Help Me I Am in Hell/ Me, I’m Not/ Find My Way/ The Way Out Is Through/ Wish/ Only/ The Hand That Feeds/ Head Like a Hole/ Hurt

Valerie June

Un petit passage chez Valerie June, pas d’un grand intérêt et a encore du chemin à faire ; mais on peut aussi admettre que le festivalier au sortir d’un show de Nine Inch Nails a des sens un peu perturbé…

Dimanche 25 août 2013

Tricky

Et Tricky clôture le festival sur la scène Pression Live avec en intro un instrumental remake de Sweet Dreams are made of this. Toujours félin et évoluant dans une autre galaxie dont il nous entrouvre quelque voies d’accès vers sa planète trip-hop. Comme à son habitude il joue avec un groupe mixte (sexes et origines), et notamment une remarquable chanteuse qui chante au moins autant que son leader… Tout ce petit monde doit anticiper et suivre les indications de l’imprévisible Tricky capable de quitter la scène de longues minutes ou de faire durer un morceau plus de 15 minutes, à grands moulinets de bras dans le vide pour guider l’intensité du jeu.

C’est de l’improvisation inspirée qui réjouit les spectateurs mais désespère la sécurité. Le concert prévu pour 45 minutes va durer 1h30… malgré les demandes pressantes des organisateurs. Qu’importe, Tricky a déjà éjecté un cameramen qui le gênait, allumé une quantité incroyable de joints, fait monter à 3 ou 4 reprises 100 ou 150 spectateurs pour danser sur la scène avec lui, avec eux, alors rien ne l’arrête et il terminera le concert quand bon lui semblera

Le micro sur le cœur pour nous faire partager les battements vitaux, ils nous emmènent très haut dans sa mystique musicale. On craint la coupure de la sono pour dépassement du temps réglementaire mais ils iront au bout de notre rêve ce soir, au crépuscule de cet excellent Rock-en-Seine 2013 dont nous fêtions le dixième anniversaire !

Setlist: You Don’t Wanna/ I Live Alone/ Nothing’s Changed/ Ace of Spades/ Parenthesis/ Tribal Drums/ Puppy Toy/ Black Steel/ I Sing For The Joker/ Bonnie & Clyde/ Do You Love Me Now?/ Nothing Matters/ Vent/ Feel the Same

L’UMP sauvée de la faillite

Bon, a priori l’UMP en faillite virtuelle suite au non-remboursement par les contribuables français de la campagne électorale 2012 de Sarkozy, l’UMP donc aurait récolté 10,6 millions d’euros pour une dette de campagne de 11 millions. Ça ira comme ça, la démocratie est sauvée et la Morano pourra continuer à tweeter tout son amour pour Sarkozy et l’UMP. Il manque 400 mille euros, mais soit les banques les abandonnent soit elles appellent la caution personnelle que Sarkozy aurait donnée en leur faveur, et l’affaire est bouclée.

Encore des fausses factures pour détourner l’argent du contribuable

L’ancien maire socialiste d’Hénin-Beaumont est condamné à 4 années de prison, dont 3 fermes, plus cinq années d’inéligibilité, pour détournement d’argent public. Il y a 17 autres condamnés dans cette affaire de fausses factures, encore une. Le camarade ex-maire crie son innocence sur tous les toits et laisse entendre que les fonds détournés alimentaient le PS, et qu’il va dire la vérité, etc. etc. Eh bien qu’il dise la vérité et s’il faut condamner 20 autres personnes, condamnons donc !

Il affiche déjà qu’il se présentera aux suffrages de ses électeurs aux municipales de 2014 (il a fait appel donc sa peine d’inéligibilité doit probablement être suspendue jusqu’à l’arrêt de la cour d’appel) ou à l’issue de sa période d’inéligibilité. Comme Emmanuelli, Juppé et tant d’autres repris de justice, il risque bien d’êtreréélu avec les félicitations du jury.
On a les dirigeants que l’on mérite !