Quoi de neuf ?

Les brutes avinées toulonnaises envahissent Paris

Au secours, des troupeaux de décérébrés occupent encore Paris ! La place de la Bastille est envahie cette après-midi par une horde bruyante et avinée de supporters grimés de noir et rouge, étendards du RCT au vent, cernés par un bataillon de CRS. Renseignements pris RCT veut dire racing club de Toulon, et la seule chose qui différencie ces martiens de ceux des fans du PSG est la forme ovale de la baballe poussée par leurs héros qui seront à l’œuvre ce soir au Stade de France pour une finale de circonstance.

Cojean Annick, ‘Les Proies – Dans le harem de Kadhafi’.

Sortie : 2012, Chez : Bernard Grasset. Un livre terrifiant, à peine croyable, sur les pratiques sexuelles du dictateur libyen durant les 42 ans de son règne délirant et sanguinaire. Il sélectionnait des gamines dans des écoles, les faisait enlever par ses sbires puis les transformait en esclaves sexuels. Au besoin il faisait de même avec de jeunes garçons. Il aurait également agressé sexuellement certaines épouses de dirigeants étrangers, ce qui a été soigneusement tu par les diplomates craignant de froisser le dictateur pourvoyeur de pétrole. La Libye toujours féodale et de plus en plus islamique ne peut revenir sur ces épisodes dramatiques qui font honte à l’homme libyen et ne seront sans doute jamais jugés.
Annick Cojean, journaliste au Monde, est une professionnelle reconnue et aguerrie. Son reportage doit être fondé mais les faits (ceux d’un Dutroux du désert des Syrtes) rapportés sont tellement hallucinants qu’un doute subsiste face à l’énormité des ces crimes que l’on aurait voulu voir jugé par un tribunal international.

Guerres civiles à droite

Impayable : les deux mousquetaires de l’UMP qui s’étaient entre-déchirés lors de l’élection à la présidence de ce parti sur fond de fraude, de copinage et de coteries, qui s’étaient finalement entendus pour refaire l’élection en fin d’année, eh bien ces deux cow-boys viennent de se ré-entendre pour finalement demander par vote aux militants s’ils veulent relancer l’élection de la présidence ! C’est pour le moins fumeux, sinon incompréhensible pour l’électeur moyen.

Pendant ce temps l’élection primaire de l’UMP pour la désignation du candidat à la mairie de Paris démarre à peine pour trois jours que l’un des candidats inconnus (M. Bournazel) fait le siège des plateaux média pour réclamer l’arrêt du scrutin sur internet qui serait entaché par des fraudes.

C’est une manie, c’est surtout le bal des égos surdimensionnés qui s’imaginent indispensables et irremplaçables, seuls en mesure de sauver le monde. Tout ceci n’est pas raisonnable et plutôt ridicule. La démocratie participative est devenue un must en termes d’inefficacité politique. En fait, elle est censée suppléer l’incapacité des chefs à trancher et à s’imposer, elle est destinée à remplacer l’absence d’autorité, mais jusqu’ici cela ne marche pas fort, en tout cas à droite.

Les pays d’accueil des fraudeurs fiscaux deviennent moins accueillants

Petit à petit et par touches artistiques, les pays occidentaux ayant érigé le secret bancaire en règle non négociable baissent casaque ! Dernier avatar connu, les Etats-Unis sont en train d’obtenir que la Suisse modifie sa loi pour mettre en place des flux d’informations des banques suisses vers l’administration fiscale américaine sur les résidents et non-résidents américains détenant des comptes en Suisse. Les Etats-Unis seraient même en train d’obtenir que la Suisse dévoile également les noms des agents bancaires qui auraient proposé aux clients américains des moyens d’échapper à l’impôt.

Les banques suisses commencent à provisionner des montants importants en anticipation des amendes auxquelles elles ne manqueront pas d’être condamnées pour incitation à la fraude fiscal. Le Luxembourg et l’Autriche commencent également à reculer sur le sujet.

Bien sûr on peut imaginer qu’une partie des fonds frauduleux ne réintégreront pas leurs pays d’origine et iront s’investir encore plus loin, mais plus le nombre de pays où l’opacité bancaire est la règle sera important et plus les fraudeurs verront se réduire leur bac à sable. Cela va dans le bon sens et montre qu’au moins sur certains sujets, la volonté politique peut abattre quelques montagnes.

Les amis de Tapie-le-bling-bling

Avecune touchante unanimité, les politicards qui étaient en fonction lors du l’arbitrage en faveur de Tapie l’affairiste-repris-de-justice-bling-bling-toujours-bronzé, se débinent les uns avec les autres. Personne n’a rien dit, rien décidé, rien vu ni rien pris ! On se demande bien comment ce phénomène surnaturel d’un arbitrage délivrant 40 millions d’euros pour « préjudice moral » à un forban a pu se passer. Sans doute une génération spontanée.

Tapie : de Charybde et Scylla

Incroyable : un des trois juges arbitraux qui avaient octroyé 400 millions d’euros d’indemnisation, dont 40 pour « préjudice moral », à Tapie l’affairiste-repris-de-justice-bling-bling-toujours-bronzé est mis en examen pour« escroquerie en bande organisée ». Il est vrai qu’il doit sans doute lui être difficile d’expliquer que Tapie l’affairiste-repris-de-justice ait pu subir un « préjudice moral » à 40 millions d’euros…

On a du mal à imaginer que ces juges arbitraux, en principe au-dessus de tout soupçon, librement désignés et acceptés par les parties, dont l’Etat, soient de vulgaires voyous. On parle de bande et d’escroquerie. On espère que tout ceci ne sera pas confirmé par des condamnations, ce qui en dirait long sur les pratiques du pouvoir, mais que la justice passe !

Nabilla : marque déposée de la bêtise humaine

Vous connaissez Nabilla ? C’est une « animatrice » de téléréalité au quotient intellectuel aussi limité que son tour de poitrine est développé, rendue célèbre par une réplique désormais élevée au rang de culte télévisuel, une réplique où il est question de fille et de shampoing. Certaines marques ayant utilisé cette réplique pour fourguer leur camelote, eh bien la Miss Nabilla a déposé sa fameuse réplique auprès de l’Institut national de la propriété industrielle (INPI). Le plus incroyable est que ce dépôt de marque ait été possible !

On retrouve cette information dans Les Echos, le seul quotidien économique papier survivant en France, et de citer un pubeux de l’agence Publicis, fier de lui, qui déclare après que l’un de ses clients ait utilisé cette réplique dans une publicité :

« En quelques heures, nous avons bénéficié de 10 000 re-tweets. Utiliser l’image de Nabilla sur le Web permet d’apporter un discours de proximité et de modernité, de créer de l’interaction et de recruter sur Twitter. » 

Et en plus les pubeux se foutent de nous.

On touche là au summum de l’imbécilité, on tangente le fond du fond de la crétinerie humaine, on sombre dans l’abysse de l’abrutissement de la race par une télévision cupide et asservie. C’est… indicible, l’Humanité n’a pas mérité une telle régression, un néant aussi définitif.

En résumé, une bombasse à gros seins qui ferait passer Ribéry pour un agrégé de philosophie, se transforme en leader d’opinion en paradant dans une télé-poubelle. J’ai soudain un petit coup de blues… Je vais aller me servir un whisky pour me remettre.

Tapie et la Ministre

Christine Lagarde, chef du Fonds monétaire international (FMI), est entendue à Paris par la Cour de justice de la République pour son implication, du temps où elle était ministre, dans l’affaire Tapie où l’affairiste-repris-de-justice-bling-bling-toujours-bronzé s’était fait indemniser pour 400 millions d’euros par le contribuable, dont 40 pour « préjudice moral » ce qui est plutôt croquignolet quand on connaît le loustic. La notion de « préjudice moral » laisse pantois.

Mme. Lagarde porte en permanence une éternelle et longue écharpe qui lui pend jusqu’aux chevilles, c’est sa marque de fabrique. Comme elle a passé deux jours chez le juge, elle a quand même pris le temps de changer son écharpe entre ses deux auditons, l’essentiel a été sauvegardé.

Rappelons qu’elle a été nommée au FMI pour remplacer DSK, démissionnaire suite à un scandale sexuel de première importance, et que les deux chefs du FMI qui avaient précédé DSK avaient déjà démissionné avant le terme de leurs mandats pour convenance personnelle, ou plutôt politique. On espère que Lagarde ne finisse pas en taule avant l’échéance.

Ils ne savent pas compter

On ne sait pas bien pourquoi le monde politico-médiateux s’excite encore et toujours sur le nombre de personnes dans les manifestations, en l’occurrence celles actuellement pour ou contre le mariage homosexuel. Cela fait des décennies, voire plus, que les chiffres fournis par les autorités et les organisateurs n’ont rien à voir. Cela fait des décennies, voire plus, que le citoyen avisé fait la moyenne arithmétique des deux chiffres et tout le monde s’en porte aussi bien, fermez le ban !

Cette après-midi les anti-mariage homosexuel annoncent 1 million de personnes et la police 150 000. Allez-va, allons-y pour 575 000 participants et tout le monde sera content.

Les z’Arts

C’est le retour du clinquant avec le festival du cinéma à Cannes : on a même vu DSK ce soir monter les marches avec une nouvelle conquête à son bras. Dans le genre bling-bling-mondain-superficiel il aurait été difficile de faire mieux.

Rappelons que le cinéma est baptisé 7ème art dans une liste de 9 habituellement retenue :

  • 1er art : l’architecture ;
  • 2e art : la sculpture ;
  • 3e art : les « arts visuels » regroupe peinture, dessin ;
  • 4e art : la musique ;
  • 5e art : la littérature, dont la poésie ;
  • 6e art : les « arts de la scène » regroupe théâtre, danse, mime, et le cirque
  • 7e art : le cinéma ;
  • 8e art : les « arts médiatiques » regroupe radiodiffusion, télévision et photographie
  • 9e art : la bande-dessinée.

On ne voit pas bien dans quelle rubrique classer DSK ?

Rachid Taha – 2013/05/16 – Paris le Trianon

Rachid Taha nous met un joyeux boxon ce soir dans un Trianon qui n’est pas plein. Petit bonhomme nerveux qui a défrayé la chronique avec son premier groupe Carte de Séjour, il est définitivement engagé en faveur de meilleurs comportements de la France vis-à-vis de ses immigrés. Il a collaboré avec quelques grands du rock : Eno, Mick Jones, Steve Hillage… sans doute touchés par sa capacité à orientaliser tout ce qu’il touche et commis une inoubliable reprise de Rock in the Casbah des Clash !

Mal fagoté dans un costume noir-cravate rouge-et-chapeau hauteforme, mais qu’importe, il anime sa joyeuse bande avec un entrain tout méditerranéen. Guitaristes, claviériste, batteur et un musicien qui joue d’une sorte de bouzouki électrifié sous un chapeau cuir et en tire des sons qui marquent le coté arabe de cette musique.

Rachid court et se déchaîne, chante alternativement en anglais, en arabe, en français, mais quel que soit le langage choisi, l’enthousiasme des rythmes fait onduler l’assistance. Il mêle le Raï et le Punk, Oum Kalsoum et l’électronique, la France avec Pigalle où il joue ce soir, et accueille toute une bande de potes pour marquer son message de musicien engagé du monde.

L’arrivée de Mick Jones, co-fondateur du mythique The Clash fait frémir d’émotion les quinquas présents qui se souviennent de leurs grandes heures de rockers rebelles. Il passera la moitié du concert sur scène, nouera nos tripes sur les riffs de Rock in the Casbah et cassera ses cordes sur Should I Stay or Should I go. Rachid fait venir tous ses potes sur la scène pour partager sa musique : Jeanne Added qui assure aussi la première partie, pour une reprise d’Elvis Presley, Rodolphe Burger grand gaillard guitariste présent sur la scène française depuis des années, l’ex-leader des Têtes Raides, et d’autres.

Il rend hommage aux grands disparus : Alain Bashung, Joe Strummer, Daniel Darc… Il sait d’où il vient et ce qu’il leur doit. Exilé, écorché, il reprend Voilà, Voilà (pamphlet anti-FN) comme un hymne avec l’assistance, au cœur de Barbès. Il s’agite, il bout, il pulse, il se révolte et il se marre, la musique et le rythme collés à la peau, et laisse le Trianon épuisé par tant d’énergie communicative.

The Raveonettes – 2013/05/12 – Paris la Maroquinerie

The Raveonettes @ la Maroquinerie, Paris, 12/05/2013

The Raveonettes à la Maroquinerie : un duo nerveux et séduisant venu du Danemark. Deux guitaristes/chanteurs : lui Sune Rose Wagner, elle Sharin Foo, et un batteur. Leur ancienne batteuse Leah Shapiro a rejoint le Black Rebel Motorcycle Cub depuis quelques années et quitté Copenhague pour Los Angeles !

Le fond de la scène est tendu d’un simple drap blanc, Sharin blouse jaune et dégoulinante de blondeur, Sune casquette sur frisures brunes ; tous les deux armés de guitares redoutables, sur-saturées d’effets électroniques, l’ambiance est électrique.

La musique est ambigüe, d’apparence un peu pop-sucrée (effet cheveux blonds sans doute) mais résolument moderne et undergroud. Il y a du Blondie dans ce duo danois inspiré Velvet Underground ! La miss joue parfois de la bass mais reste le plus souvent à la guitare et le jeu des deux instruments superposant leurs distorsions sur la batterie abusant des cymbales avec éclairage stroboscopique, donne un rendu suraigu plutôt hystérique.

Des chansons courtes, un format qui fuse, une ambiance urgente, un climat urbain. Une de leur chanson récente s’appelle War in Heaven, on ne saurait mieux les qualifier. Comment se fait-il que ce groupe de soit pas plus apprécié ?

Un monde d’esclaves ?

Une vieille dame aux grands yeux bleus, plutôt bien mise, m’arrête dans la rue pour me demander : « n’avez-vous pas l’impression d’être un esclave qui vit dans un monde d’esclaves ? » Je n’ai pas trop le temps d’entamer un débat sur le sujet, je réponds non !

Chateaubriand François-René de, ‘Mémoires d’Outre-Tombe Tome 1’.

Sortie : 1951, Chez : Livre de Poche 1327, 28 & 29. Les mémoires d’un romantique qui a traversé les XVIII et XIXème siècles, fut présenté à Louis XVI, vécut la révolution française, l’exil, la réconciliation avec Bonaparte, se fâche avec Napoléon, écrit des romans, voyage des Etats-Unis à Jérusalem, exerce des fonctions politiques, pour, enfin, commettre ces mémoires monumentales. Le style est merveilleux, celui d’un autre temps, les références historiques sont passionnantes. Chateaubriand nous parle de lui, mais à travers ses pérégrinations, revient sur cette période clé que fut la Révolution dans l’Histoire de la France.

Jean-Louis Murat – 2013/04/05 – Paris le Trianon

Une merveilleuse surprise que ce concert de Jean-Louis Murat au Trianon ce soir. Accompagné d’un batteur, il joue presqu’en solitaire sur une scène obscure. Costumé-cravaté, sombre et lumineux, il y a du Bryan Ferry dans cet artiste élégant et ténébreux.

Trois écrans sont tendus sur le fond de la scène où sont projetés des films et animations en clair-obscur, souvent sur les artistes eux-mêmes, les fondant ainsi dans le décor. C’est peu dire qu’ils ne se mettent pas en avant, laissant parler la musique et les mots.

Murat joue de la guitare dobro majestueusement et avec brio. Il n’y a pas de bass, la rythmique obsédante est marquée par les riffs et la batterie sur lesquels se pose une voix caverneuse récitant des textes poétiques. Ne délaissant pas quelques effets sur sa guitare, il dégage un son saturé et enveloppant, marque de fabrique pour sa musique mélancolique.

Over and over/ Comme après un mariage/ N’aurais tu plus le courage/ Qui sauvait de ce naufrage/ Quand la dernière chose au monde/ N’a plus rien de Dieu…

Jean-Louis Murat c’est quarante années de chanson, avec des hauts et des bas, peu de succès commerciaux mais beaucoup de poésie sur accords mineurs. Des tournées sans relâche, quelques éclats sur les plateaux de télévision, le retour régulier dans son Auvergne régénératrice, et la musique vrillée au cœur !

Il joue ce soir son dernier disque Tobbogan, électrifié pour la scène et qui défile comme les images étranges sur les écrans. Retour vers plus d’intimisme parfois comme sur Le Chat Noir introduit sur une mélodie sifflotée et distordue par l’électronique, un croissant de lune mouvant sur l’écran noir : Le chat noir pris dans le vent/ Passe son âme passe son âme/ Le chat noir pris dans le vent/ Passe sa vie en cabriolant…

Murat, romantique impénitent, guitariste talentueux, arrangeur original, nous a enchanté ce soir en nous faisant partager son univers musical et poétique si personnel, et finalement assez peu reconnu dans notre monde où la parure prime sur les compositions : le Trianon n’était pas plein ce soir !

An Pierlé – 2013/04/02 – Paris le Café de la Danse

An Pierlé  en solo ce soir au Café de la Danse, sans son White Velvet donc mais toujours en duo avec son piano. Elle vient de sortir un disque Strange Days, des compositions intimistes ainsi qu’une belle reprise de Such a Shame, tube des 80’s de Talk Talk.

Assise sur son ballon devant son piano noir, nattes blondes et bottes en cuir, An virevolte, plaisante, prend la pose pour quelques photos de l’ami Robert, chante et nous enchante. Elle sort d’une pneumonie nous dit-elle, alors les aigus sont un peu poussifs sur Strange Days : Please believe in what you do/ Don’t let them change you/ Don’t let them touch your soul/ Because you’re beautiful/ They won’t let you know/… /Strange days/ Why let them lead the way/ Choose again/ Got stuck inside the day/ Just don’t let them think they saved the day/ Don’t let them think instead of you/ Don’t let them change you/ Don’t let them frighten you

Mais l’enthousiasme n’a pas changé, simplicité et légèreté, une voix délicieuse qui se fait forte et pleine, douce et romantique, sur un accompagnement de piano naturel et libéré.

An Pierlé, une artiste épanouie et talentueuse, qui a décidé de faire une petite pose sans son parcours musical. C’est plutôt réussi, une parenthèse frivole qui ne nous fait pas oublier la profondeur de la tournée qui a suivi la sortie du disque An Pierlé & White Velvet, avec un vrai groupe de rock !

Les photos de Roberto Gil