Mitterrand Frédéric, ‘La Mauvaise Vie’.

Sortie : 2005, Chez : . Frédéric dévoile ses aventures homosexuelles, cela va de « l’adoption » de jeunes garçons nord-africains qu’il loge et dont il finance les études à Paris (« rien d’ouvertement sensuel » sic), à des passes payantes dans des bordels à jeunes hommes à Djakarta ou Bangkok (on ne connaît pas l’âge des intéressés), un retour sur ses émois adolescents et les évocations de quelques amours déçus. C’est bien écrit, nostalgique et dépourvu d’ambigüités. On se demande ce qui pousse cet homme à mettre sa « Mauvaise vie » sur la place publique ? Sans doute un fond de culpabilité, une recherche de libération, à la poursuite d’un bonheur qu’il ne semble pas avoir trouvé.

Mendelsohn Daniel, ‘Les Disparus’.

Sortie : 2006, Chez : . Daniel Mendelsohn, juif new-yorkais, né en 1960, part à la recherche d’une branche de sa famille massacrée par les nazis en Europe centrale entre 1941 et 1942, qui n’avait pas pu/su émigrer aux Etats-Unis à temps comme le reste de la famille Jager. Au contact des rares survivants juifs de ce petit village de Pologne, Bolechow (devenu ukrainien par la suite), qu’il retrouve à travers la planète, il reconstitue les dernières années de Shmiel, sa femme et leurs quatre filles dans une Pologne livrée à la barbarie. Un retour émouvant sur un passé douloureux que la génération américaine de Shmiel ne semblait pas vouloir/pouvoir faire remonter à la surface. Les multiples entretiens menés avec les rares survivants juifs de Bolechow et leurs descendants, des voyages dans le village lui ont permis d’approcher de ce qu’a du être la fin des Jager. Et c’est aussi l’occasion de revenir sur l’antisémitisme local, la police juive, l’action des justes et surtout la fin définitive de l’existence des juifs en Europe centrale.

Marianne Faithfull – 2009/06/18 – Paris la Cité de la Musique

Paris rend hommage à Marianne Faithfull en ce mois de juin et lui offre l’occasion de dévoiler son Domaine privé à l’occasion d’une série de manifestations dans le cadre de la généreuse et inventive Cité de la Musique : elle chante Kurt Weil (Salle Pleyel) le 6, invite Rufus Wainwright le 16, introduit les Shakespeare Songs le 17, chante Easy Come Easy Go le 18, présente les poètes de la beat generation le 19 et passe à l’écran le 20 avec quatre des films dans lesquels elle a joué.

Pour le show Easy come Easy go ce 18 juin Marianne est entourée d’un remarquable ensemble cordes, cuivres, claviers et électricité, dont l’excellent Marc Ribot à la guitare. Elle est habillée avec élégance d’une veste à galons digne de Nelson et de talons hauts, d’un bustier et de longs gants. Ce soir elle nous délivre son message underground d’une incroyable voix rauque et grave, d’une touchante présence dans cette salle policée peuplée de quinqua amoureux et conquis. Son dernier album Easy Time Easy Go est un double CD de reprises de notes et de mots qui l’ont touchée (Dolly Parton, Duke Ellington mais aussi Brian Eno, Morrissey, Black Rebel Motorcycle Club). Elle en jouera une grande partie sans oublier le retour sur les classiques Broken English, la troublante Ballad of Lucy Jordan (At the age of thirty-seven she realised shed never/ Ride through Paris in a sports car with the warm wind in her hair) et les incontournables références stoniennes As Tears Go by et Sister Morphine.

Au milieu du show elle fait valser des talons aiguilles, ajuste son micro pour redevenir la chanteuse aux pieds nus que nous connaissons, la troublante égérie d’un univers rock presqu’aujourd’hui disparu. Elle continue à nous en restituer le parfum amer avec une sereine nostalgie. Pas une artiste, mais la passagère du temps à la barre d’un esquif musical qui a affronté bien des tempêtes, l’interprète subtile d’un monde à la dérive qui se rattrape aux branches de la création artistique. Avec beaucoup de gentillesse elle salue ses musiciens et avec autant de simplicité, seule sur le bord de la scène, elle serre les mains d’un public attendri qui ne se résous pas à la laisser partir.

All I hear is the sound/ Of rain falling on the ground/ I sit and watch/ As tears go by.

AC/DC – 2009/06/12 – Paris Stade de France


AC/DC au Stade de France. Ambiance chaleureuse et bon enfant au Stadium : 80% de mecs et le reste de nanas. On est quand même à un show d’AC/DC et pas dans un salon de thé. 70% de la population porte les cornes rouges clignotantes de circonstance, effet arbre de Noël garanti lorsque la nuit sera tombée.

Le concert démarre à 21 h pile sur un dessin animé montrant une locomotive emballée, Angus chargeant la chaudière à grandes pelletées de charbon malgré les distractions salaces délivrées par deux créatures de rêve en mini-jupettes qui jouent avec sa fourche de diablotin.

Une loco factice de taille réelle crève alors l’écran et restera de guingois au-dessus de la scène durant tout le concert, servant même de cheval d’acier à une énorme poupée gonflable à la gargantuesque poitrine, vêtue d’un panty rose, sur Whole Lotta Rosie.

La bande déboule sur scène sur Rock ‘n’ Roll Train, grimée des costumes de circonstance, sans surprise mais avec, 30 années plus tard, l’énergie des premiers jours. Des casquettes variées masquent les calvities plus que naissantes d’Angus et de Brian qui font le spectacle. Ce dernier à l’élégance majestueuse d’un pachyderme, une sorte de clone croisé de Coluche et Bernard Lavilliers, déambule en veste débardeur, une flamme imprimée dans le dos, roule ses gros biscoteaux rapidement recouvert de sueur et chante la tête rentrée dans les épaules d’une si voix stridente qu’on lui croirait deux doigts branchées dans la prise de courant alternatif. Angus arbore son éternel costume d’écolier en velours noir et s’accroche à sa guitare dont il joue avec une virtuosité qui égale son classicisme hard-rockeux. Assez vite il nous gratifie de son striptease ordinaire sur The Jack jusqu’à finir en bermuda après avoir montré son postérieur serti du caleçon AC/DC retransmis sur grand écran de 10 mètres de haut. Le Stade de France exulte et reprend en chœur She’s got the jack, jack, jack et on imagine sans peine la nature turgescente du jack.

Le reste de la bande australienne assure la rythmique en fond de scène caché sous de longues chevelures non atteintes par l’usure du temps.

Les classiques du groupe sont passées en revue plus une incursion dans le dernier CD Black Ice sortie (avec succès) fin 2008 : Hell’s Bells en intro de laquelle Brian déplace son double-quintal dans une course folle pour finir suspendu au carillon de la cloche AC/DC descendu au-dessus de la scène, War Game avec un nouveau dessin animé et Angus aux commandes d’une forteresse volante déversant des flots de guitares rouges tels les B52 bombardant les plaines du Mékong d’agent orange, et bien d’autres.
La fin du show est annoncée lorsque qu’Angus apparaît seul sur une Bstage posée au milieu du stade pour nous vriller les tympans une dernière fois en nous gratifiant d’un interminable solo.

La horde revient pour un rappel avec Highway to Hell et For those about to rock (we salute you) et ses traditionnels 21 coups de canons. Trois générations de fans repartent sagement vers le RER avec leurs casques à cornes clignotantes, sans oublier un stop merchandising pour ramener un T-shirt Black Ice.

Le rideau tombe sur l’un des plus gros groupes de rock de la planète. AC/DC vous salue et vous souhaite de retrouver rapidement votre capacité auditive légèrement embrumée après deux heures de martellement sonique.

Fallada Hans, ‘Seul à Berlin’.

Sortie : 1965, Chez : . Ecrit par un écrivain allemand, publié en 1947 l’année de sa mort. La chronique d’un immeuble berlinois durant les années de guerre et l’itinéraire solitaire d’un couple de vieilles personnes entré en résistance, entouré d’un melting pot de citoyens ordinaires, des bons et des mauvais, comme toujours en ces périodes troublées. Le sujet est grave mais le ton est enlevé. Cela se termine mal pour les gentils mais nous savons heureusement que l’Histoire a triomphé des méchants en 1945.

The Asteroids Galaxy Tour – 2009/05/30 – Paris le Point Ephémère

Découvert sur Arte (One Shot Not) le groupe nordique The Asteroids Galaxy Tour se produit ce soir au Point Ephémère. Le duo danois Mette et Lars forment le chœur du groupe, elle, sorte de Blondie slave à la voix aigue et joyeuse, lui, à la basse et aux claviers, coiffé d’un improbable keffieh. Mette danse et tournoie les bras largement déployés, le guitariste est rapidement torse nu, la section cuivre souffle tant qu’elle peut et marque le rythme de couinements délicieux. Tout ce petit monde plein d’innocence délivre une pop/reggae/funk sans ostentation ni technologie, juste de la joie de vivre et de jouer. Une ambiance légèrement anarco-psychédélique règne sur scène, accentuée par l’ambiance confinée du Point, mais notre équipe détendue n’en est pas moins professionnelle et entoure Mette qui incarne si bien cette musique légère et endiablée :

Flying away from reality/ Whatever-ever happened to gravity?/ I see it clear, a shooting star/ And I’m really gonna sing it like da-da-da,

et qui parfois se laisse aller à vocaliser des Whoooooo, whooooooooo dignes de La Callas, assorti d’un regard narquois derrière ses lunettes fluo perdues sous une cascade de blondeur. Rafraichissant comme un glaçon dans un verre d’Aquavit !

The Ting Tings – 2009/05/07 – Paris le Bataclan

The Ting Tings au Bataclan pour une soirée de mai plutôt chaude, un couple de musiciens de Manchester montés sur ressort, un concentré d’énergie et de simplicité, The Ting Tings ont enflammé Paris.

Après l’extinction des feus, Jules de Martino arrive éclairé par derrière, grosses lunettes à montures vertes, monte l’estrade et marque une pose devant son clavier tel un empereur romain se demandant le sort qu’il va réserver aux gladiateurs. Le temps de lancer une petite ritournelle en boucle, il s’assied sur sa batterie, aligne quelques riffs de guitare, délaisse les cordes et s’empare des baguettes pour marquer un beat redoutable qui sera la marque de la soirée. Katie White déboule ensuite sur sa propre estrade, jupette à carreaux et casquette ouvrière sur chevaux blonds, elle chante en tripotant un peu d’électronique, puis passe avec talent à la guitare, le tout sans arrêter de danser et de grimper d’une estrade à l’autre, sous l’œil attentif de Jules. Une voix parfaitement maîtrisée, aigue comme le sentiment d’urgence qui anime ce show.

Episodiquement apparaissent en fond de scène trois grâces qui soufflent dans des cuivres, grandes lianes accrochées à leurs instruments, l’une en perruque jaune, l’autre en perruque bleue et la troisième en rouge.

Les Ting Tings nous déclinent leur unique disque We Started Nothing devant des spectateurs qui s’agitent et une température qui monte en flèche. Au fond il n’y a rien d’exceptionnel dans ces compositions, elles sont bien pensées et plus que correctement balancées. Les deux musiciens tiennent leur rôle, techniquement sans plus. Mais il y surtout la magie de ce duo diabolique qui marie si parfaitement musique et attitude, qui porte le rythme comme une religion, qui sait trouver l’alchimie entre la brutalité du rock et la répétitivité de l’électronique, l’humanité de la voix humaine marié à la modernité des compositions. Il y a du brio et du culot dans cette prestation, de l’insouciance dans la création mais déjà assortie de conscience. Bien sûr on pense aux Talking Heads / Tom Tom Club auxquels ils se réfèrent eux-mêmes. C’est du plus concentré mais tout aussi réjouissant.

1h20 de concert, les tubes s’alignent, l’audience trépigne, Mon Dieu qu’il fait chaud ! Le chroniqueur ressort ébahi et plutôt humide d’une soirée parisienne de mai !

Lily Allen – 2009/05/06 – Paris la Cigale

Lily Allen, petite brune londonienne de 23 ans vient chanter ses grivoiseries sur la scène de la Cigale. L’audience est jeune et conquise, on vient même avec ses petites sœurs encore l’école primaire. Pour nous faire patienter deux DJ’s encapuchonnés bricolent du Daft Punk sur leurs platines en ayant l’air de considérablement s’ennuyer. La salle s’ébroue et les siffle copieusement.

Lorsque les lumières s’éteignent, un grand drap blanc masque la scène et les musiciens commencent à jouer en ombres chinoises. Lily danse déjà sur ses hauts talons avant que ne tombe le rideau. Elle apparaît en short sur bas résille et body noir. Une chevelure sombre qu’elle passe son temps à lisser, elle va de long en large sur la scène, mutine et cabote, délicieuse et tête à claques. Lolita aux longues jambes elle grimace de son petit minois mutin tout en chantant, plutôt bien, des chansons entraînantes et formatées tubes-ados. Les textes sont plutôt inattendus et devraient en principe faire rougir les jeunes filles en fleur qui reprennent en cœur Not Fair : When we go up to bed you’re just not good/ Its such a shame/ …Its not fair/ …But you never make me scream/ …All you do is take/ Oh I lie here in the wet patch/ In the middle of the bed/ I’m feeling pretty damn hard done by/ I spent ages giving head…

Nouvelle héroïne des adolescents, alternant clope et verre de blanc, Lily nous déroule un show sucré devant un parterre de gamin(e)s en adoration. Lorsque l’on dépasse un peu les 25 ans il faut tout de même quelques minutes avant de rentrer dans le spectacle, mais on y arrive finalement. On peut lui reconnaître un vrai talent de show-woman et surtout une très jolie voix au service d’un véritable talent de chanteuse. Le reste est sans trop d’importance et sera vite oublié.

Libération ne peut s’empêcher de titrer : « Lily a tenu son public en Allen » et l’accuse d’utiliser un prompteur.

Hugh Cornwell – 2009/04/01 – Paris la Java

Belleville une soirée de printemps ; des odeurs de shit et de kebab dans la rue, au fond d’une arrière-cour un escalier qui descend vers une cave basse de plafond, un bar à l’entrée et une mini-scène au fond. Bienvenue à La Java !

Ce soir l’immense Hugh Cornwell, ex fondateur-leader des Stranglers, oui, LE Cornwell des Stranglers, chanteur-guitariste-compositeur anglais des plus belles épopées du post-punk joue pour nous à Paris, et pour nous seuls. Il y a pas plus de 50 fans présents dont beaucoup d’anglais. Certains ont vu l’affiche du concert à la sortie de celui des Stranglers à l’Olympia il y a peu car alors que ses anciens partenaires font l’affiche des grandes salles, Hugh reste fidèle à l’underground, aux sens propre et figuré du terme.

Cornwell apparaît, un peu décharné, accompagné de Caroline Campbell, bassiste et choriste de 25 ans aussi pulpeuse qu’agile à son instrument où elle tient largement la comparaison avec JJ, mini-jupette léopard, rouge à lèvres curien sur un rictus enfantin, une bass rouge grenat, elle danse, fait les chœurs et déroule ses mélodies de bass comme si sa vie en dépendait. Chris Bell est à la batterie.

Hugh, habillé de noir, joue, très fort, de sa guitare noire des chansons énergiques. Ces trois là nous développent un rock garage empreint de subtilité britannique. Parfois ironique, souvent désabusé, nous gratifiant de quelques plaisanteries et sourires, Cornwell reste un grand musicien au-delà des années de succès et de galère, des bagarres et des révoltes, animé par le feu sacré, le même qui brûle encore un peu dans le cœur des 50 spectateurs.

Ces trois là nous donnent deux heures de rock pur et dur. C’est la foi qui les guide, Caroline a reçu le message des Stranglers 5 sur 5 et debout sur le pont, accrochée à sa bass elle sera toujours présente pour assurer la succession lorsqu’elle s’ouvrira. Le dernier disque Hooverdam (en téléchargement gratuit et envente à 10 EUR au bar) est joué intégralement, complété par de redoutables reprises des Stranglers : Golden Brown, Always the Sun, No More Heroes, Hanging Around, Black Hair Black Eyes Black Suit et d’autres jouées en formation à 3, sans clavier bien sûr. Le résultat est exaltant.

Après ce show décoiffant, 50 fans sonnés migrent vers le bar pour méditer sur la constance et la fidélité, des qualités étranges pour des crypto-punks, mais tellement rassurantes pour les fans quinqua qui les admirent !

Hilberg Raul, ‘La destruction des juifs d’Europe’.

Sortie : 1985, Chez : . 2 400 pages de plongée dans le processus d’extermination des juifs par les nazis. Raul Hilberg, citoyen américain a consacré sa vie à étudier cette catastrophe et à rédiger cette somme. Ce sont 3 volumes qui détaillent les étapes du génocide avec une terrifiante précision : la définition des victimes, l’expropriation, la concentration, les opérations mobiles de tuerie, les déportations, les centres de mise à mort. La totalité du mécanisme de destruction est mise à nu, depuis ses fondements idéologiques jusqu’à sa mise en œuvre. Rien n’est laissé au hasard, on y découvre l’arsenal juridique mis en place pour légaliser le massacre, la bureaucratie obéissante qui déroule les étapes, les tueurs et leurs réactions face à leur « job », l’acharnement nazi contre les juifs jusqu’aux dernières heures précédent la reddition, la participation plus ou moins active, plus ou moins contrainte, d’une grande partie de l’Europe, les réactions parfois désarmantes des communautés juives au cœur des massacres comme à l’extérieur. 2 400 pages qui montrent froidement ce qui s’est passé, ceux qui ont poussé, ceux qui ont suivi, ceux qui ont subi. 3 volumes qui, jusqu’à la nausée, démontrent comment la vieille Europe, celle des lumières et de Brahms, a organisé l’un des pires massacres de l’Histoire de l’Humanité, au cœur d’une guerre qui a laissé un continent détruit, sur un charnier de 50 millions de morts. Une œuvre qui devrait ramener notre continent disqualifié a un peu plus d’humilité.

Amy Macdonald – 2009/03/30-31 – Paris l’Olympia

Et revoici notre quintet écossais pour terminer à Paris une tournée triomphale assise sur un premier disque de toute beauté This is the Life. Après la Maroquinerie en octobre, le Bataclan en novembre, les voici pour deux Olympia en mars. Mais jusqu’où iront-il ?

Amy explique qu’ils vont maintenant s’arrêter quelques mois après une période intense, retourner à Glasgow pour se remettre immédiatement à l’écriture de nouvelles chansons et nous revenir bien vite. Oui, Amy revient !

Les deux shows de l’Olympia sont conformes à ceux de l’an passé : toujours autant de sincérité, de bonheur de jouer et de romantisme dans les compositions. La voix d’Amy est à la fois tonitruante sur Run, émouvante sur Footballer’s Wife, enthousiasmante sur Poison Prince. Le groupe est uni comme le pack de rugby du 15 d’Ecosse, l’émotion nous fait frissonner d’aise.

Let’s start a Band clôture l’unique rappel de ce groupe particulièrement bien parti… Oui, Amy revient, Amy revient !

Sophie Hunger – 2009/02/28 – Paris la Boule Noire

Sophie Hunger passe une semaine à la Boule Noire, alors tout nous pousse ce samedi à partager avec elle et son groupe un pur moment de bonheur musical, naturel et délicat, une soirée intime offerte par une artiste au ton juste, âgée d’à peine 25 ans…

Suisse alémanique, folkeuse aux accents jazz, compositrice élégante qui ne néglige pas les reprises de ses aînés, rockeuse-guitariste jouant assise sur une chaise ou devant son piano, voix cajoleuse capable de redoutables éclats, brumeuse sur les ballades, soul sur les rythmes appuyés, émouvante sur les reprise, jazzy sur l’ensemble. Sophie est tout ceci à la fois, un mélange explosif de talent et de simplicité. Elle est entourée d’un groupe remarquable, concis et solidaire, dont un tromboniste à la créativité débordante, jouant de ses sourdines comme de véritables cordes vocales et insufflant une partie de l’âme de cette musique multiple.

Sophie est au centre de la scène, détendue et leader, prévenante et assurée de la tranquillité parfois sereine des créateurs. Elle joue son dernier disque Monday’s Ghost qui se déroule avec naturel. Shape en est le titre emblématique, démarrant dans la douceur de notes pincées à la guitare sur des mots mystérieux et débouchant sur un final enlevé où voix et guitares se déchaînent : And we sculpture a statue to worship and bear/ The chaos that’s behind the glass of who and what and who and what we are.

Des reprises opportunes avec Like a Rolling Stone de Dylan à la guitare électrique, gai et dynamique, Le Vent l’Emportera de Noir Désir debout devant son micro et son aide-mémoire, d’un français hésitant, et enfin un sublime et bouleversant Avec le Temps de Ferré chanté au piano. Le quatrième rappel est joué sans les amplis, les musiciens assis sur le rebord de la scène.

On pense à An Pierlé et son White Velvet, à Fiona Apple. On découvre surtout une artiste déjà avérée, originale, débordant de talent, communicative et partageant son plaisir musical.

Ed Laurie en warm-up.

Leila – 2009/02/13 – Paris le Café de la Danse

Premier concert techno pour le chroniqueur et une soirée troublante en compagnie de Leila (Arab de son nom de famille, mais irano-anglaise de nationalité). Une boule de nerfs derrière un monceau de machines disposé un peu en arrière-gauche de la scène. Trois caméras filment les doits de la créatrice (on ne sait s’il faut l’appeler musicienne) qui courent sur les boutons, les contacts, les leviers, retransmis sur le mur du fond en alternance avec des animations féériques.

Leila s’est fait un nom au-delà du milieu technoïsant en ayant assisté Bjork dans la gestion de ses machines, sur disques et sur scène. Ecrasant sa cigarette elle démarre sur le titre le plus enfiévré de son dernier disque Blood, Looms and Blooms intitulé Mettle et qui semble déclencher l’enthousiasme des connaisseurs. Les rythmes montent rapidement en puissance par empilement de sons inqualifiables mais démoniaques et on se laisse emporter sans regret par la marée sonique qui n’est pas même flux et reflux mais une poussée à sens unique vers un paroxysme vibrionnant auquel la diablesse met soudainement fin en ramenant son bouton central sur le Off. Technicus interrompus, çà commence très brutal.

Et le reste du show est à l’avenant. On ne sait pas trop ce qui se passe au milieu des fils et des machines mais on se laisse prendre par ce qui en sort : un son étrange et diffus, qui pourrait paraître déconstruit si on ne le savait guidé par l’implacable mathématique des ordinateurs qui le diffuse. Des boucles sans fin teintées du romantisme de l’artiste ; parfois tout déraille, se tend, se distord, pour revenir à la mélodie obsessionnelle qui structure chaque morceau.

Trois chanteurs tentent de façon intermittente d’accompagner cette musique martienne. La tâche parait impossible et pourtant ils y réussissent avec délicatesse, dont Roya, sa sœur, aérienne. Un homme qui arrive lui aussi à poser sa voix douce au cœur de cet enfer électronique avec une grâce désarmante. Et une diva argentée que l’on croirait directement sortie du Cinquième Elément.

Parfois la musique se fait langoureuse et plus humaine, Leila change d’humeur. Au final, un spectacle pas toujours facile à comprendre mais un indicible envoutement pour cet incroyable et complexe univers dans lequel une perse londonienne nous a plongés avec furie et doigté.

Filastine en warm-up, même modèle en plus jeune et débridé. Un platineur épisodiquement accompagné d’une violoncelliste qui mêle les sanglots de son instrument aux déraillements de l’électronique. Le duo est audacieux. Lorsqu’il quitte ses platines, l’espagnol encapuchonné frappe sur un caddy de supermarché avec frénésie et originalité.

Travis – 2009/02/10 – Paris le Grand Rex

Ils sont 4 écossais, ils sont mignons, ils sont proprets, ils ont écrit un tube FM qui s’appelle Sing, ils sont un peu ennuyeux et ils sont ce soir au Grand Rex. Nous aussi ! Leur musique est tristounette comme un jour de brume sur les Highlands avec comme seule perspective de rayon de soleil métaphorique, un verre de Guinness au pub enfumé du coin de la rue sombre et luisante de pluie.

Des guitares acoustiques & électriques foisonnantes, une rythmique enjouée sur une voie un peu plaintive, plutôt lancinante. Ils jouent avec leur cœur une musique honnête et sincère, genre pop plutôt démodée, mais étonnamment appréciée par le public bien habillé qui remplit cette grande salle, étape de la tournée internationale de Travis. Et après avoir entendu le banjo de Sing, tout le monde peut rentrer à la maison avec le sentiment du devoir accompli :

Youve been waiting in the sun too long/ But if you sing, sing, sing, sing, sing/ For the love you bring wont mean a thing/ Unless you sing, sing, sing.

The Stranglers – 2009/02/05 – Paris l’Olympia

The Stranglers sont de retour, et à l’Olympia qui plus est, excusez du peu ! Fidèle au public parisien depuis les premières heures punk, et les revoilà chez nous pour un best of de leur carrière, juste pour le plaisir et sans les obligations de la promotion d’un nouveau disque.

La même équipe qu’en 2007 à la Cigale : Jet Black semble être définitivement rangé des voitures même si JJ se croit de nouveau obligé de l’excuser en présentant son « fils bâtard » et ex-roady qui le remplace toujours aux baguettes, Dave derrière ses étages de claviers rouges et ses verres de bière, Baz et Jean-Jacques aux guitares ; tout ce petit monde est habillé de noir comme il se doit et se produit derrière l’immense logo rouge du groupe plaqué sur tenture noire.

Les Stranglers nous déroulent la bande-son de nos années rebelles, un pêle-mêle des chansons de ce temps où nous avions… leur âge, déjà ! Pressé de démarrer ils interrompent la petite ritournelle de Waltzinblack pour entonner Get a Grip et un enchaînement 70’s extrait de Rattus Norvegicus, sorti il y a trente ans, qui déclenche un pogo endiablé du fan-club britanno-écossais massé aux premiers rangs, et un sourire plus mélancolique des quinqua : Walking on the beaches looking at the peaches ânonnent nos quatre salopards qui enchaînent sur Nice ‘N’ Sleazy où Baz plaque cet accord obsédant sur sa guitare noire en gambadant sur le devant de la scène alors que Dave laisse parler l’électronique.

Il faut compromettre pour les plus jeunes alors la set-list s’oriente vers les années tubes, enfin façon de parler pour les étrangleurs chez qui la notion de hit est toute relative, avec notamment Spectre Of Love, Skin Deep, Always The Sun, toujours mélodiques et agréables à entendre. Et un retour en force vers du Stranglers pur jus qui termine le show sur Tank.

La température est élevée dans la fosse de l’Olympia, l’humidité maximum et l’assistance prête à être achevée par une dernière rafale 70’s ! Le coup de grâce dans la nuque est donné avec No More Heroes, avant que les héros presque pas fatigués rentrent retrouver la noirceur des coulisses sans manquer d’avoir remercié la direction de l’Olympia qui a « osé » les inviter dans ce music-hall si parisien et le public qui les a privilégiés au détriment du Sarko-show sur la télé ce soir à la même heure ; succès garanti dans l’assistance.

Les Stranglers furent réjouissants ce soir, épanouis et ironiques, la violence a laissé place à une sourde autodérision, JJ hilare descendant ses lignes de basse ou jouant au chat et à la souris avec Baz, qui l’eut cru ? 35 années de punk-rock mâtiné new-wave et toujours à votre service. Le monde a changé, eux aussi, nous presqu’un peu si ce n’est que nous aimons toujours aussi férocement ces flashback vers notre passé révolu. Alors les gars, même si Something Better Change a déclenché un hourvari de vieux fans, ne changez rien et à l’année prochaine.

En première partie Kim Novak, groupe français. Dehors les affiches du concert de Hugh Cornwell à La Java les 31 mars et 1er avril.

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Set list : Get A Grip (On Yourself) (Rattus Norvegicus – 1977)/ Five Minutes (No More Heroes – 1977)/ Peaches (Rattus Norvegicus – 1977)/ Nice ‘N’ Sleazy (Black And White – 1978)/ Spectre Of Love (Suite XVI – 2006)/ Skin Deep (Aural Sculpture – 1984)/ No Mercy (Aural Sculpture – 1984)/ Always The Sun (Dreamtime – 1986)/ Strange Little Girl (The Collection 1977-1982)/ Golden Brown (Feline – 1983)/ The Raven ( The Raven – 1979)/ Thrown Away (The Gospel According To The Meninblack – 1979)/ Walk On By (Bonus track – Black And White – 1978)/ Hanging Around (Rattus Norvegicus – 1977)/ Straighten Out (All Live And All Of The Night – 1988)/ Big Thing Coming (Norfolk Coast – 2005)/ All Day And Of The Night (Cover’s The Kinks)(Greatest Hits 1977*1990 – 1992)/ Duchess (The Raven – 1979)/ Tank (Black And White – 1978) Encore 1 : Nuclear Device (The Raven – 1979)/ Something Better Change (Greatest Hits 1977-1990) Encore 2 : No More Heroes (No More Heroes – 1977)

La Grande Sophie – 2009/01/29 – Paris l’Alhambra

La Grande Sophie à l’Alhambra ce soir pour jouer les mélodies sucrées qui peuplent son dernier album Des Vagues et des Ruisseaux, comme les précédents d’ailleurs. Grande bringue en jupette rouge, guitariste de talent et rieuse de charme, elle débarque à la République pour tester sa prochaine tournée.

Edith Fabuenna (Les Valentins) qui traîne jeans usés et guitares éraillées depuis des années sur la scène rock française a produit son disque et nous gratifie de deux apparitions au cours de la soirée.

Drôle d’idée de l’organisation, les sièges ont été laissés en place pour un public qui ne tient pas… en place justement. Les rythmes de la Belle déclenchent des houles de spectateurs toujours entre position assise et debout.

Des paroles douce-amères sur la vie qui passe et les rêves qui volent, mais une voix chaude qui transcende les petits bobos ainsi narrés. Une voix élastique, un naturel désarmant, un humour déridant et des jambes si longues… Elle passe avec bonheur de l’acoustique à l’électricité, bricole une boîte à répétition « le Perroquet » qui lui permet d’évacuer ses musiciens et d’empiler seule des nappes de voix sur lesquelles elle chante à l’infini et s’amuse beaucoup, comme lorsqu’elle faisait la manche dans le métro à Marseille, en plus techno.

Quelle que soit la formation, sa force est dans les mélodies, légères et divagantes, sur lesquelles se placent des mots simples. Une envolée romantique avec une très très belle reprise de « Dis quand reviendras tu ? » seule à la guitare acoustique, propice à l’introspection mélancolique. Et d’ailleurs, Barbara, comment ne pas penser à elle en écoutant Sophie ? La voix de Barbara sur une musique comme un grand éclat de rire.

Et Maxence en première parte, jeune guitariste chanteuse accompagnée d’une contrebasse. C’est LGS il y a 20 ans !

The Dandy Warhols – 2008/12/07 – Paris le Bataclan


The Dandy Warhols reviennent traîner leur rock obsédant de Portland sur les Planches du Bataclan. Les quatre musiciens sont en ligne : Zia aux claviers avec ses deux couettes blondes (un anneau dans la lèvre), Courtney chant-guitare, beau-gosse avec un air de Noureev sous son béret gavroche et avec un T-shirt hommage à Tom Petty & The Heartbreakers (un anneau dans l’oreille), Peter à la guitare, costume noir-cravate à poix, chevelure blonde embroussaillée sous un melon (un anneau dans le nez) et Brent à la batterie (une pilosité désordonnée empêche de localiser l’anneau).

Ces quatre là sont définitivement américains, leur musique est ample comme la houle du Pacifique sur les plages de l’Oregon, ils ont l’espace pour eux et nous donnent 2 heures non stop d’énergie pure et déliée. La musique rebondit sur nos âmes comme la sueur coule dans la fosse. 4 panneaux lumineux en fond de scène éblouissent les pupilles en synchro avec le rythme du Club des 4 qui explose nos artères. C’est simple et travaillé, enlevé et diablement rock. Zia court de ses machines à son tambourin, et assure la basse électronique en sus, Courtney frappe ses cordes et repousse ses mèches toujours perché derrière son double-micro dont l’un lui assure une voix métallique et trafiquée, comme sortie d’une vieille radio à ondes courtes venue de l’autre bout du monde. Les tubes s’enchaînent sans respiration, la musique nous submerge, la vague grossit sans répit. Il n’y a pas d’issue que de se laisser emporter et malmener par la tempête sonique.

C’est le son de l’Amérique que nous aimons, sombre et divaguant, pop et underground, haletant et brut. Les compositions d’une jeunesse (quadragénaire) sans retenue, la synthèse des pionniers d’un nouveau monde, loin des simagrées clinquantes de Wall Street.

Le final est plutôt chaud, trois corps inanimés sont évacués par la scène, les roadies envoient des bouteilles d’eau sur les premiers rangs, Zia a défait ses nattes et dansent derrière ses claviers, le public survivant est aux anges ! Nous avons même droit en cadeau de Noël à une reprise massacrée garage-grunge de la chanson enfantine Le Petit tambour, oui, vous vous souvenez ? Sur la route/ Paroumpoumpoum poum/ Petit tambour s’en va/ Paroumpoumpoum poum, il fallait le faire.

En première : The Sheep, sympathiques, accrocheurs et honorables ; ils remercient les Dandy’s pour leur accueil tout en déplorant devoir coucher dans les camions de la tournée, mais concluant avec un tonitruant « But that’s Rock ’n’ Roll. » And we like it, pense la foule !

TV On The Radio – 2008/12/01 – Paris le Bataclan

TV On The Radio, le groupe dont on parle, labellisé par les plus grands (Bowie), est à Paris pour un concert au Bataclan. Musiciens de Brooklyn, résolument modernes, définitivement urbains, merveilleusement blacks, on craint un peu l’effet de mode mais on découvre un vrai groupe inventif, aux compositions complexes et au comportement abordable.

Un guitariste-chanteur à la barbe foisonnante et un chanteur-platineur en chemise écossaise, tous deux sur le devant, des têtes d’étudiants intello à grosses lunettes sortant de l’université Patrice Lumumba. Un batteur rasta hirsute, un bassiste-platineur sous son bonnet et un deuxième guitariste (blanc) tatoué et mal rasé jouant d’une 6 cordes à rayures roses comme un gamin avec son camion de pompiers. Le ton est donné et le show est lancé.
Rythmes tressautants, guitares stridentes, overdubs gargouillants, notre chanteur binoclard donne un incroyable spectacle, passant de ses platines à des percussions, jouant avec sa voix du grave au plus aigu, se déplaçant à reculons en une espèce de moon-walk pogo-post punk.

Le style de la musique est inclassable : rock, soul, jazz, une intéressante fusion réalisée par ces musiciens gloutons d’influences multiples qui nous resservent une mixture étrange, à l’apparence déstructurée, à l’harmonie parfois dissonante, mais dont ils détiennent la clé et qu’ils déroulent avec rigueur pour le plus grand plaisir d’un Bataclan (complet depuis longtemps) qui se réjouit de cette originalité déconcertante.

Le Clézio J.M.G., ‘L’Africain’.

Sortie : 2004, Chez : Folio. Le parcours d’un père mauricien parti s’exiler comme médecin militaire de brousse au Nigéria et au Cameroun avant, pendant et après la dernière guerre mondiale. Sa femme et ses enfants partagent une partie de ces années sur une planète loin de toute modernité, parfois violente, souvent foisonnante et humaine. Après le retour définitif à Nice en 1948 ce père assiste, muré dans son silence et sa rigidité, aux indépendances des pays africains, à la sordide guerre du Biafra et aux jeux troubles des pays occidentaux. C’est l’histoire ordinaire d’une famille blanche en Afrique, qui restera marquée à jamais par cette excitante liberté tropicale. Le Clézio, éternel voyageur exilé dans la poésie, est l’enfant de ce continent, son œuvre en est le pur produit.

Bashung – 2008/11/16 – Paris l’Elysée Montmartre

Comme pour conjurer le destin, Bashung organise une série de concerts le dimanche soir à l’Elysée-Montmartre. Il n’est point besoin d’en rajouter face à cette force et cette tendresse, juste des chansons, des chansons et encore des chansons comme il introduira son concert ce soir. Mais bien plus que des chansons, nous le savons tous, une émotion et un héritage. Alors relisons l’une de celle-ci :

À perte de vue
 Des lacs gelés
 Qu'un jour j'ai juré d'enjamber
 À perte de vue
 Des défilés
 Des filles à lever
 Des défis à relever
 Des prix décernés à tes yeux
 À perte de vue
 Dodelinent des grues
 Les pieds dans la boue
 Qui eût cru
 Qu'un jour nos amours
 Déborderaient
 Fassent oublier aux ajusteurs
 La clé
 Plus de boulons
 Pour réparer la brute épaisse
 Ma pute à coeur ouvert
 Trop de cuirassés
 Pas assez d'écrevisses
 Pour une fricassée
 Donnez-moi des nouvelles données
 Donnez-moi des nouvelles données
 Donnez-moi des nouvelles données
 Donnez-moi des nouvelles données
 Donnez-moi des nouvelles données
 Donnez-moi des nouvelles données
 À perte de vue
 Du déjà vu
 Du déjà vécu
 Se précipitent
 À mes trousses
 Qu'en dit le héron
 Il en sait long
 Qu'en dit l'éolienne
 Elle me fait hello
 Voies d'eau dans la coque du Poséidon
 Hamacs éperonnés
 Est-ce un espadon
 L'oeuf d'un esturgeon
 Ou un concours de circonstances
 Qu'aurait engendré ce paysage désolé
 De n'être pas resté
 Donnez-moi des nouvelles données
 Donnez-moi des nouvelles données
 Donnez-moi des nouvelles données
 Donnez-moi des nouvelles données
 Donnez-moi des nouvelles données
 À perte de vue
 Des lacs gelés
 Qu'un jour j'ai juré d'enjamber
 À perte de vue
 Des défilés
 Des filles à lever
 Des défis à relever
 Des prix décernés à tes yeux
 Des prix décernés à tes yeux

Alain Bashung est mort le 14 mars 2009.