Quoi de neuf ?

Le Royaume-Uni n’arrive pas à se décider

Le parlement britannique a rejeté pour la seconde fois l’accord de divorce négocié entre le gouvernement et l’Union européenne. Comme la fois précédente, l’accord mécontente la majorité pour des raisons opposées : les partisans du divorce ne le trouvent pas assez radical, ceux qui veulent rester dans l’Union le trouvent trop mou, et tout ce petit monde campe sur ses positions, refusant de compromettre, oubliant leur mission et, probablement, participant à la montée de la détestation du monde politique par le citoyen. Comme d’autres nations occidentales, le Royaume roule en pente douce vers la décadence démocratique qui gangrène nombre de nations.

Le cas du Brexit est emblématique. On l’a vu dans le passé, les britanniques n’ont jamais été de francs partisans de l’union politique européenne mais uniquement intéressés par l’accès au marché unique que lui permettait son adhésion à l’Union en 1973. Ils se sont opposés depuis à beaucoup de politiques européennes et ont obtenu nombre d’exceptions et d’exemptions leur conférant un statut particulier : « le beurre et l’argent du beurre ». Avec le sentiment de leur bon droit et une efficacité certaine, ils ont cherché depuis leur adhésion à savonner la planche sur laquelle les pays membres cherchaient à renforcer les aspects politiques de l’Union. En juin 2016, un gouvernement conservateur organisa un référendum sur le maintien de la Grande-Bretagne dans l’Union pour de basses raisons de politique interne. Contre toutes attentes, le résultat fut en faveur d’une sortie. La campagne électorale fut un consternant déchaînement de beaufitudes et de mensonges des deux côtés, le résultat inattendu.

Les partisans du Brexit croyaient si peu à leur victoire que rien n’avait été préparé pour la mise en œuvre d’une telle hypothèse et nombre des dirigeants qui la défendaient ont d’ailleurs disparu dans la nature et sont retournés à leurs affaires. En fait, ils sont généralement de vrais libéraux et pensent profondément qu’il faut laisser faire les choses, surtout ne pas convenir d’un accord avec l’Union, le sacrosaint « Monsieur le Marché » devant régler naturellement tous les problèmes et aplanir les difficultés.

En attendant il n’y a pas de majorité au Parlement, ni pour la solution libérale, ni pour l’option modérée d’une séparation encadrée par un accord. Encore plus contradictoire, le lendemain du second rejet du projet d’accord remodelé, ce Parlement a voté massivement contre l’option d’une sortie sans accord… retour à la case départ et aveu d’impuissance. Du coup, un nouveau vote de ce parlement indécis demande à la première ministre de négocier un report de la date limite de sortie fixée au 31 mars 2019.

L’un des points de blocage les plus sensibles concerne le cas de l’Irlande du nord. Celle-ci faisant partie du territoire de la couronne, une fois le Royaume sorti de l’Union, il conviendrait donc de rétablir une frontière entre la République d’Irlande et l’Irlande du nord, c’est la logique de la sortie du marché unique. Simplement, les britanniques n’en veulent pas car cela risquerait de relancer la guerre civile en Irlande du nord entre les catholiques partisans de la réunification des deux Irlande et les protestants voulant maintenir leur appartenance à la couronne britannique. Du coup, le Royaume-Uni quitte l’Union, principalement pour revenir tranquillement à l’abri de ses frontières mais… ne veut pas rétablir celle avec la République d’Irlande. C’est inextricable et nous en sommes là. Les britanniques qui ont pollué l’Union du temps de leur présence, continuent à la perturber sérieusement pour en sortir.

Cerise sur le gâteau, le gouvernement conservateur dirigé par Theresa May, elle-même initialement partisane du maintien dans l’Union, chargé de négocier la sortie, organisa des élections anticipées en avril 2017 pour renforcer sa majorité, dont le résultat aboutit à… l’affaiblir, rendant plus délicate encore l’adoption du produit de ses négociations avec Bruxelles, comme on l’a vu ces derniers mois. Bref, c’est le chaos à tous les étages mais peut-être cette déconstruction sera-t-elle positive.

Il reste encore quelques semaines pour aboutir à un divorce à l’amiable, si celui-ci ne pouvait pas être conclu à temps, et bien la sortie serait plus brutale mais pas forcément plus mauvaise. Il faudra refaire le point dans dix ans sur les positions respectives de l’Union sans le Royaume-Uni et du Royaume indépendant. Bien malin est celui qui croît pouvoir prédire aujourd’hui ce qu’il en sera demain. God save the Queen !

Les émeutes se renforcent

Riss – Charlie-Hebdo

Les émeutes continuent et les dégâts de ce samedi sont considérables. Le miracle continue et il n’y a ni morts ni blessés graves car les forces de l’ordre font preuve d’une sérénité admirable face à des forbans qui pillent, brûlent et cassent tout ce qu’ils peuvent. Les images sont frappantes et un peu désespérantes face à des immeubles en feu, des kiosques détruits (la presse est visée), des banques saccagées (le capitalisme aussi), le mobilier urbain à terre (pour se faire la main), les voitures de police reçoivent des pavés ou sont incendiées (les biens de l’Etat sont en ligne de mire). Les coûts de remise en état vont être à la hauteur du sinistre. Les contribuables en règleront une bonne part. Il serait utile que le pouvoir communique un peu plus sur ces charges supplémentaires qui vont être payées par les citoyens.

La presse rend compte des évènements en faisant tourner en boucle ces images chocs de Paris en feu et en insistant sur un unique sujet : « est-ce que l’Etat est défaillant ? », afin de créer une polémique vendeuse. L’opposition s’engouffre dans la brèche pour expliquer ce qu’il faut faire pour rétablir l’ordre. En réalité, la question à laquelle personne n’ose vraiment répondre concerne l’intensité de la répression qu’il faut appliquer : faut-il autoriser la police à tirer, d’abord avec des armes non létales, puis ensuite avec des armes létales ? Lors des émeutes de Los Angeles de 1992, le couvre-feu fut déclaré sur la ville, la garde nationale puis l’armée furent déployées en aide aux forces de l’ordre civiles, le résultat fut de 55 morts (dont les ¾ par balles), des centaines de blessés et des milliers d’arrestations. En France une polémique est en cours sur la simple utilisation par la police des lanceurs de balles de défense (LBD), armes non létales mais qui ont blessé gravement plusieurs émeutiers. La droite, en principe défenseur de l’ordre n’apporte pas un franc soutien au pouvoir dans cette polémique un peu stérile. On entend même Jacques Toubon, 78 ans, ancien ministre de la justice de droite, actuellement « Défenseur des droits », demander le retrait de ces armes. On imagine ce qui se passera lorsqu’il y aura des morts à Paris…

Le second sujet préféré des journalistes sur les émeutes concerne le taux de soutien de la population aux émeutiers. Des sondages sortent tous les matins et les plateaux mondains se régalent en commentaires stériles sur ce soutien généralement élevé même si pas toujours majoritaire. On voit d’ailleurs que la différenciation entre émeutiers actifs et passifs n’a plus vraiment de sens, généralement les premiers cassent pendant que les seconds filment avec leurs smartphones greffés à la main. On a vu cette après-midi nombre de ces émeutiers « passifs » se prendre en photo sur les ruines des magasins, l’air réjouit, tels la Liberté guidant le peuple sur les barricades du peintre Delacroix, ou commentant doctement que face à la « violence sociale » ces débordements étaient compréhensibles !

Le pouvoir est face à ce dilemme : faut-il appuyer sur le bouton de la répression ou pas, et, si oui, avec quel niveau ? Le moment de la décision approche. Dans un monde idéal il serait bon qu’elle fasse l’objet d’un consensus national. Cela n’en prend pas le chemin, hélas !

Attentat terroriste en Nouvelle-Zélande

Un « suprémaciste blanc » australien a attaqué cette semaine des mosquées dans la ville de Christchurch en Nouvelle-Zélande, il y a une cinquantaine de morts. Le terroriste est arrêté, il a filmé et diffusé en direct ses meurtres sur Facebook. Ce pays pacifique est choqué, la dernière fois qu’il eut à affronter le terrorisme c’était lors de l’action des services secrets français contre le bateau écologiste Rainbow Warrior qui manifestait contre les essais nucléaires français dans le Pacifique, il y eut un mort, c’était en 1985.

On suppose que le nom de la ville, Christchurch, n’a pas été choisi au hasard par ce suprémaciste dont l’idéologie est de marquer la supériorité de la civilisation blanche et chrétienne sur le reste de la planète, et particulièrement face à la civilisation islamique. Le terrorisme idéologique est maintenant clairement mondialisé et le bal morbide des crétins n’a plus de frontière, du Bataclan à Christchurch.

Mehdi Nemmouche et le Mossad

Riss – Charlie Hebdo

Le terroriste religieux français, Mehdi Nemmouche, qui avait assassiné quatre personnes au musée juif de Bruxelles en mai 2014 a été condamné à la prison à vie par la justice belge devant laquelle il comparaissait. Jusqu’au bout son avocat belge aura défendu la thèse d’une machination libano-iranienne visant à faire éliminer des agents des services secrets israéliens par son client. Celle-ci n’a pas été considérée comme convaincante par le jury.

L’accusé, désormais coupable, est resté mutique tout au long du procès qui a duré plusieurs mois et à la barre duquel ont comparus des journalistes français qui ont affirmé que M. Nemmouche fut l’un de leurs geôliers lorsqu’ils furent pris en otage en Syrie. Il a juste énoncé qu’il avait été « piégé » avant d’entendre sa condamnation.

Le chemin de croix de l’Eglise catholique

Cabu dans Charlie Hebdo

De plus en plus d’affaires de violences sexuelles sont dévoilées et désormais admises au sein de l’Eglise catholique. Les faits révèlent beaucoup d’actes de pédophilie, mais aussi des viols de nonnes par des hommes d’église. Tout ceci n’est pas vraiment nouveau mais ce qui apparaît aujourd’hui c’est que la hiérarchie catholique a été beaucoup mieux informée de ces dérives qu’on pouvait le croire et a, globalement, couvert ces perversions de son silence pour éviter le scandale, qui s’est tout de même développé au niveau des cinq continents.

Des dignitaires de cette institution religieuse ont été déchargées de leurs fonctions, certains ont été exclus de l’église, d’autres sont en train de passer devant la justice civile. Beaucoup restent encore protégés par leurs hiérarchies, continuent d’exercer leur métier de pasteur et gèrent comme ils le peuvent les contradictions de leurs vies avec le dogme.

Certaines enquêtes de chercheurs expliquent qu’il existe une proportion d’homosexuels hommes au sein de l’église catholique en proportion significativement plus importante que dans le reste de la société. Le fait que par nature l’église cherche à accroitre le troupeau de ses brebis l’amène à rassembler beaucoup d’enfants dans les cours de catéchisme, les camps scouts et autres diverses occasions, le désir fait le reste et la menace des foudres du Seigneur ne semblent guère embarrasser les coupables qui ont vécu leurs perversions se sachant plus ou moins à l’abri de dénonciation.

En ces temps récents où la transparence est élevée en mode fonctionnement de la société, cette pédophilie religieuse est désormais attaquée devant la justice des hommes, leur aspect criminel n’étant contesté que par très peu de monde. Plus intéressant, c’est aussi le semblant de début d’autocritique que l’Eglise a lancé envers son propre silence. Sans doute celui-ci va aller s’atténuant et, les pédophiles se sentant moins protégés par Dieu, voudront peut-être moins risquer la condamnation des hommes ? On peut le souhaiter.

Evidemment l’homosexualité est toujours officiellement condamnée par l’idéologie catholique, sans doute la pédophilie l’est encore plus, alors on mesure le grand écart avec sa conscience accepté par la hiérarchie catholique pour avoir couvert des faits de pédophilies homosexuelles. On est en fait face à une absence totale de démocratie au sein de l’Etat du Vatican dont le patron est investi par Dieu et dont les actes ne relèvent que du droit canon. Leur idéologie est celle du dogme, discuté par personne, encore moins voté par quiconque, les ordres viennent de Dieu, la raison est absente, ce qui permet bien quelques arrangements avec la Loi terrienne. La pédophilie est l’un des effets indirects de ce gouvernement d’un autre âge. Les choses évoluent un peu, c’est bien.

Mouvements capitaux chez Air-France-KLM

La compagnie aérienne Air France, spécialisée en grèves de ses pilotes et en renflouements par les contribuables français, s’est alliée il y a quelques années avec la compagnie néerlandaise KLM qui était à l’époque en bien mauvaise santé. Les deux sociétés ont créé le groupe Air-France-KLM au sein duquel l’Etat français détient 14,30%. Les autres actionnaires sont les marchés financiers pour environ 64% de capital flottant, et d’autres compagnies aériennes.

L’Etat néerlandais a récemment acquis 14% du capital, acheté discrètement sur les marchés. Il semble que les Pays-Bas, un peu agacés par le poids de la France dans la répartition du pouvoir au sein de la compagnie, aient voulu le rééquilibrer en leur faveur. Les dernières grèves et exigences des pilotes français ont par ailleurs dégradé la productivité de la partie française versus celle du partenaire néerlandais.

Lorsque le pot aux roses de cette opération capitalistique fut dévoilé, l’Etat français a mal réagi et, piqué au vif, a convoqué le ministre néerlandais des finances pour explication de texte. La situation est assez ironique car après tout c’est bien l’Etat français qui a privatisé son ex-compagnie nationale en vendant la majorité de son capital à des investisseurs anonymes sur les marchés, il est alors difficile de s’étonner que lesdits investisseurs refourguent leurs actions à un acheteur qu’il soit l’Etat néerlandais, ou qui que soit d’autres d’ailleurs. Ainsi va la dure vie de l’économie libérale mondialisée : on vend au plus offrant, c’est ce qu’on appelle la loi de l’offre et de la demande ! Ce genre d’opérations boursières ne se pratiquent pas en principe en douce. Lorsque les partenaires sont bien élevés ils s’en informent préalablement. Ce ne fut pas le cas cette fois-ci.

Elever le pouvoir de l’Etat néerlandais dans cette société de transport sera probablement une bonne chose pour contrebalancer celui de l’Etat français qui a fait preuve de sa mauvaise influence sur la gestion, notamment en décidant de la nomination de hauts fonctionnaires comme pédégés successifs qui n’étaient pas particulièrement connus pour leurs compétences en management. Idéalement il aurait été préférable que la France vende ses actions et laisse cette compagnie difficilement gérable se confronter à la réalité du secteur. A défaut, la montée au capital des néerlandais à hauteur des français met en place un contrepouvoir bienvenu qui devrait permettre de limiter la nuisance publique française dans la bonne marche de cette société.

Que faire avec les terroristes religieux français ?

Avec la fin annoncée de la domination du groupe Etat islamique sur un territoire formel en Syrie, la question du sort des terroristes non syriens se retrouve posée d’autant plus que nombre d’entre eux commencent à se rendre aux forces kurdes et non gouvernementales syriennes qui les assaillent et les bombardent à qui mieux-mieux avec l’aide de la coalition internationale disposant d’une force aérienne puissante.

Il y a de nombreux morts bien sûr, mais on voit aussi sortir des décombres de la ville de Bagouz des terroristes éclopés, et aussi, plus stupéfiant, des cortèges de femmes intégralement couvertes de robes noires de la tête aux pieds, avec leurs enfants, parfois eux-aussi blessés. Les photographes se régalent en prenant des photos de ces fantômes noirs au milieu du désert avec leurs bambins habillés de couleurs traînant leurs doudous au milieu de la caillasses asséchée. C’est l’une des caractéristiques de cette guerre religieuse : les combats se mènent en famille, avec femmes et enfants, qui, parfois, participent eux-mêmes aux carnages. On a vu des vidéos de gamins assassinant des otages et il se dit que les femmes combattantes ne sont pas les moins cruelles. Des enfants sont aussi nés dans ces combats : « les lionceaux de califat » afin de constituer l’armée future. Alors que dans les guerres passées, il était plutôt de tradition de mettre les femmes et les enfants à l’abri des misères de la guerre, ici, tout le monde est sur le front.

Cette horde hagarde qui sort actuellement des ruines est composée d’un patchwork de nationalités. Il y a des français bien sûr, notre pays ayant constitué l’un des plus nombreux quotas de cette guerre pour Dieu. On entend des femmes expliquer derrière leur voile noir qu’elles n’ont rien commis mal, que leurs maris qu’elles ont suivis bien innocemment depuis la France sont morts au combat et qu’il faut maintenant que la mère-patrie les accueille avec leurs progénitures. Leurs dires sont invérifiables et en France, personne ne sait bien quoi faire avec ce sujet : Mme. Michu explique qu’ils ont voulu partir en Syrie alors qu’ils y restent, certains élus prônent des « assassinats ciblés » par les services de sécurité français, les humanitaires font pleurer dans les chaumières, les juristes ânonnent que la République doit le soutien à ses ressortissants, d’autres pensent qu’ils seront mieux sous surveillance dans l’hexagone que laissés à eux-mêmes au Moyen-Orient. Il est toujours facile d’avoir un avis quand la décision relève d’un autre… Pour le moment, le pouvoir exécutif édicte que les crimes commis dans des pays étrangers doivent être jugés dans ces pays et que le rapatriement des enfants sera décidé au cas par cas. Plusieurs centaines de terroristes religieux, hommes et femmes, sont d’ailleurs déjà revenus d’eux-mêmes en France et, pour nombre d’entre eux, végètent en prison après leur condamnation en attendant une libération certaine, dont les premières sont déjà annoncées pour 2019.

Il est plus que probable que parmi ces futurs libérables ou rapatriés, certains n’ont pas abdiqué avec leur fanatisme religieux et la mission de tuer les mécréants dont ils se sentent investis. Cette population cherchera sans doute à semer de nouveau la terreur, en France et ailleurs. Certains d’entre eux auront certainement les moyens de passer entre les mailles des filets de la surveillance policière mise en œuvre à leur encontre. C’est statistiquement une évidence.

Le pouvoir aux responsabilités avance prudemment et de façon pragmatique sur la question et semble utiliser les différents moyens à sa disposition tout en restant dans les limites de la démocratie et de l’intelligence, malgré les aboiements irresponsables de son opposition. Des assassinats ciblés, il y en eut et il continue à se produire : on a vu récemment l’exécution des frères Clain, fervents catholiques normands convertis à l’islam et devenus personnages importants dans la hiérarchie du groupe terroriste (la mort d’au moins l’un d’entre eux a été confirmée), par un tir de drone de la coalition internationale le mois dernier à Bagouz justement Certains procès locaux ont déjà aboutis en Irak contre des citoyens français ; des enfants orphelins ont déjà été rapatriés sur le territoire national ; les terroristes revenus d’eux-mêmes sont désormais judiciarisés dans le cadre des lois ayant criminalisé la participation a des entreprises terroristes. On ne peut pas non plus exclure que certains des revenants soient rentrés discrètement et aient échappés à l’application de la Loi.

Bref, le gouvernement français agit comme il le peut pour le moment et on verra ce que feront les donneurs de leçons lorsqu’ils seront au pouvoir, qu’ils se fassent déjà élire.Bref, le gouvernement français agit comme il le peut pour le moment et on verra ce que feront les donneurs de leçons lorsqu’ils auront été élus.

L’Algérie prépare ses élections présidentielles

Alors que le FLN algérien, parti officiel local, a annoncé la candidature pour un 5ème mandat de M. Bouteflika, des manifestations populaires contestent cette décision s’agissant d’un dirigeant de 81 ans, historique certes, mais tellement malade à la suite d’un accident vasculaire cérébral qu’il n’a plus été vu en public depuis des mois. Malade à tel point d’ailleurs qu’il serait actuellement en soins médicaux en Suisse. Le croustillant dans l’affaire est que la constitution algérienne prévoit que c’est le candidat lui-même qui doit déposer physiquement sa candidature, et pour élection, ce dépôt doit être fait pour ce soir dimanche.

Cela risque d’être difficile, d’abord parce que Genève n’est pas vraiment à coté d’Alger et ensuite car on ne sait même pas si l’impétrant aura la force physique nécessaire pour ce faire. S’il n’y arrive pas ce serait au moins une voie élégante pour changer de candidat et satisfaire les revendications populaires qui demandent du changement, et surtout quelqu’un de capable d’assurer le job… Cette situation ubuesque dépasse l’entendement mais va finalement peut-être se résoudre d’elle-même sans forcément remettre en cause la stabilité de ce pays qui importe à tous ses voisins méditerranéens.

Neneh Cherry – 2019/02/28 – Paris le Trianon

Neney Cherry au Trianon le 28 février 2019 – photo Arte

Neney Cherry, post-punkette des années 90, fruit des amours improbables d’un musicien sierra-léonais et d’une artiste suédoise, adoptée par la suite par le trompettiste de jazz Don Cherry qui épousera sa mère, elle commit deux disques magnifiques : Raw like a sushi et Man (1989 et 1996), délirant mélange de hip-hop, rapp, et dance, unifié par le talent de l’artiste et qui en firent danser plus d’un, sans doute aussi motivés par sa joyeuse plastique et sa contagieuse énergie.

Après différentes collaborations dans les années 2000, dont l’excellent groupe CirKus où chante également sa fille, elle revient avec Blank Project (2014) et Broken Politics qu’elle présente ce soir avec beaucoup de plaisir.

Elle est entourée d’une bande de musiciens plutôt hétéroclite : un bassiste asiatique, une xylophoniste-percussionniste noire (Rosie), une harpiste blanche, deux hommes barbus aux machines dont son mari qui assure aussi les chœurs (Cameron McVey qui a collaboré, notamment, avec Massive Attack), doublant souvent la voix de Neney, et un batteur. Tout ce petit monde éclate de bonheur, passe d’un instrument à l’autre et accompagne magnifiquement l’artiste avec tendresse et subtilité. Le fond de scène est occupé par une étrange peinture d’une tête de femme avec un filet de sang coulant des lèvres.

Lorsque Neney arrive, habillée d’un élégant costume crème, elle incline la tête les mains jointes devant le public, avant de les tendre vers le ciel en susurrant : « Parisssssssss… ». Ses dreadlocks se terminent par des mèches blondes qui s’emmêlent sur toute une quincaillerie de colliers et boucles diverses qu’elle porte ce soir. Le groupe joue principalement ce soir les morceaux de Broken Politics, en mode apaisé, narrant les combats du jour : pour l’aide aux réfugiés, contre les armes à feu et les smartphones, l’intolérance, bref, comment vivre dans ce monde brisé. Sa voix superbe sait aussi porter ces sujets avec beaucoup de persuasion. La vision est plus sereine mais plus triste aussi, sans doute pas résignée.

Entre deux morceaux elle nous rappelle qu’elle a maintenant 55 ans et trois enfants alors « ce n’est plus comme avant, » mais lorsqu’ils reviennent sur le passé et qu’elle se reprend à rapper sur Manchild, Buffalo Stance ou I’ve got U under my skin l’assistance se trémousse sur le rythme endiablé de sa voix et de ses pas de danse, elle découvre ses épaules tatouées, ses locks volent et elle nous fait fondre par son sourire éclatant. Les musiciens se déchaînent, Rosie se déhanche derrière son xylophone, le bassiste arpente la scène en donnant de grands coups de manche dans le vide. On est tout de même pas très éloigné de ce que c’était « avant »…

Un beau concert de ce groupe aux multiples influences si bien synthétisées par le talent de Neney Cherry ! Il est filmé par Arte et disponible pour encore quelques temps sur le site web de la chaîne culturelle.

On ajoute que la première partie assurée par la belge Charlotte Adigéry nous a magnifiquement mis dans l’ambiance : une superbe voix, mix de rapp et d’opéra, accompagnée sur de l’électro délivrée par un DJ.

Set list : Fallen Leaves/ Shot Gun Shack/ Deep Vein Thrombosis/ Kong/ Blank Project/ Poem Daddy/ Synchronised Devotion/ Black Monday/ Natural Skin Deep/ Manchild/ Soldier

Encore : Faster Than the Truth/ 7 Seconds (Youssou N’Dour cover)/ Buffalo Stance

Encore 2 : I’ve Got U Under My Skin

Warm up : Charlotte Adigéry

APPELFELD Aharon, ‘Les partisans’.

Sortie : 2012, Chez : POINTS P4357

Aharon Appelfeld raconte dans cette fiction ce que fut sans doute une partie de sa jeunesse. C’est une histoire de partisans juifs de la deuxième guerre mondiale, réfugiés dans une forêt qui pourrait être en Ukraine ou en Roumanie. Sous la direction un peu illuminée de Kamil, ils mènent des opérations de razzia dans les villages avoisinants pour extorquer quelques vivres à des paysans majoritairement antisémites. Mais ils se donnent aussi pour mission de sauver des juifs en faisant dérailler des trains de la mort qui déportent les derniers survivants des ghettos alors que l’armée rouge soviétique est déjà aux portes de la région pour la libérer du joug nazi.

Ils ramènent ensuite vers leur camp de fortune les malheureux, hagards, extirpés des wagons déraillés, morts-vivants sortis des ghettos qui roulaient vers les camps, et ils vont les ramener à la vie et à la spiritualité en partageant leur vie de rien mais pleine de Dieu et des souvenirs de ce peuple juif d’Europe de l’Est.

C’est une histoire de résistance mais aussi un récit de communauté, celui d’une phalange de combattants juifs, mis au rebut de l’Humanité par l’ordre nazi qui règne encore sur cette partie de l’Europe en flammes. Ils sont unis par la nécessité de survie bien sûr, mais aussi un sens religieux qui paraît improbable en de telles circonstances. Entre deux attaques les partisans se ressourcent auprès de leur chef charismatique qui leur insufle le coté divin de leur mission sur terre : sauver les juifs.

Aharon raconte cette aventure comme une légende, comme une allégorie. Peu soucieux d’une stricte vraisemblance il développe son idée que l’Homme ne peut survivre sans Dieu !

Eric Clapton, life in 12 bars

Eric Clapton – life in 12 bars ou la vie de ce guitariste de légende, adorateur du blues qu’il fera sortir de son microcosme noir, musicien influent au sein des Yardbirds, John Mayall, Cream, Blindfaith puis lors de sa carrière solo, est retracée dans ce film, avec sa grandeur et ses échecs.

Aujourd’hui âgé de 74 ans, il prête sa voix off pour commenter les étapes d’une carrière hors du commun. Hélas le film est un peu plus tourné sur sa vie que sur sa musique, ses addictions que son talent. Il aurait été bien sûr difficile de faire l’impasse sur les errements de Clapton mais le réalisateur aurait pu insister un peu plus sur sa technique, ses guitares et son jeu.

Les destructions continuent

L’administration a annoncé qu’environ 75% des radars routiers de contrôle de la vitesse ont été endommagés ou détruits par les émeutiers qui mettent le pays sens-dessus-dessous depuis mi-novembre. Leurs revendications initiales avaient justement démarré sur le thème de la voiture : suppression de l’augmentation des taxes sur le carburant et de la limitation à 80 km/h sur les routes nationales. Elles se sont depuis beaucoup multipliées et enrichies mais la mise hors service des trois-quarts de ces radars est conforme avec le besoin de destruction du matériel public et la volonté de liberté sur les routes qui les animent.

En attendant, le ministère de l’intérieur explique doctement que le nombre de morts sur les routes est en augmentation du fait de la vitesse des véhicules qui n’est plus contrôlée… Ce n’est pas très malin car la corrélation entre les deux évènements est sans doute difficile à établir et, certainement, discutable à l’infini. Par contre, ce qui est sûr c’est que ces radars seront remis en état aux frais du contribuables et rendus au service. Comme pour l’ensemble des dégradations de biens publics et privés, il conviendrait d’en faire l’évaluation le moment venu et de publier ces chiffres, à titre pédagogique, ne serait-ce que pour responsabiliser ceux qui les ont pratiquées.

Juppé s’auto-amnistie

Alain Juppé, 73 ans, démissionnaire de la mairie de Bordeaux pour entrer au Conseil constitutionnel (pour un mandat de 9 ans qui l’emmènera jusqu’à 82 ans) a été confirmé à ce poste à la majorité des voix de la commission des lois de l’Assemblée nationale. Devant cette commission il s’est octroyé le « droit à l’oubli » de sa condamnation pénale en rappelant que la Cour d’appel a jugé expressément qu’il ne s’était « rendu coupable d’aucun enrichissement personnel ».

Cet argument est souvent avancé par les repris de justice politiques en col blanc qui ont eu le bon goût de ne pas se remplir les poches. Dans le cas d’espèce, Alain Juppé a signé des contrats d’emplois fictifs pour des permanents de son parti politique, financés par les impôts des contribuables parisiens. C’est ce qu’on appelle un détournement de fonds, attesté par des contrats de faux emplois signés de la main de l’impétrant. En gros, il a pris dans la poche du contribuable pour reverser dans les poches de militants politiques.

Pourquoi Alain Juppé, 73 ans, se croit-il encore obligé, près de 30 après les faits de crier son innocence ? Il a fait une grosse bêtise il y a longtemps, la société lui a largement pardonné et oublié ses méfaits, mais l’égo de ces hommes politiques ambitieux est tel que ce genre de blessures restent à vif jusqu’à la fin de leurs jours. Ils ne s’en remettent jamais et continuent à rechercher les honneurs comme une sorte de gage de leur innocence perdue. Pour toute ces raisons, Alain Juppé, 73 ans, s’est senti irrémédiablement attiré par cette ultime reconnaissance, comme une libellule par le feu. Il aurait été plus courageux et approprié de renoncer et de terminer le mandat à Bordeaux pour lequel il a été élu.

Les émeutiers minoritaires ne se découragent pas

Samedi après samedi les émeutiers tiennent le pavé où une minorité agissante perturbe la vie de la majorité et des dizaines de milliers d’effectifs des forces de sécurité. Il y a des violences, des blessés, des casses, des injures, des beaufitudes, des attaques de voyous, des charges de policiers et, à la fin de la journée des dégâts importants, dont les contribuables paieront la remise en état. Hier samedi, une nouvelle fois un manifestant a eu une main quasiment arrachée en ramassant une grenade qui a explosé. Quelle drôle d’idée de ramasser des grenades !

La composition sociologique de ces émeutiers semble avoir un peu évolué depuis trois mois mais il est difficile de la cerner complètement. La seule qualité commune qui semble surnager est leur besoin de créer le désordre, au-delà c’est un embrouillaminis d’anarchisme, de revendications sociales ou politiques, d’idées modérées, complotistes ou extrêmes, de relents nauséabonds d’antisémitisme et autres racismes… Bref, on a vu apparaître depuis novembre dernier un trop-plein de lassitude et de découragement d’émeutiers qui, par idéologie ou par dépit, veulent casser la construction républicaine telle qu’elle a été édifiée depuis l’après-guerre par les générations précédentes. On parle de « démocratie participative » pour remplacer la « démocratie représentative », de « référendum d’initiative citoyenne », de droit des citoyens à révoquer les dirigeants, de démission du président de la République, de tout un gloubi-glouba sans vraiment de direction claire sinon quelques évidences comme « il faut baisser les impôts et augmenter les prestations sociales ». On se demande par quel miracle un Etat pourrait donner satisfaction à un tel embrouillaminis de propos de café du commerce.

Lire aussi : Les revendications qui circulent

On voit les tentatives de récupération politique à tous les étages mais qui font long feu… Les Laurent Wauquiez, Isabelle Balkany et consorts n’enregistrent pas vraiment un grand succès malgré leurs compromissions avec ce mouvement, ce qui ne manque pas de sel venant de représentants d’une droite plutôt autoritaire. On voit un gouvernement qui ne sait pas comment se dépêtrer de cette situation insurrectionnelle après une première tentative qui coûte 10 à 12 milliards de dépenses publiques additionnelles aux contribuables en régime annuel pour transférer du « pouvoir d’achat » aux émeutiers. Et on suit surtout cette tentative inédite de Grand débat national, sorte de psychothérapie de groupe où des débats, grands et petits, un peu partout en France et l’ouverture d’une plateforme internet où chaque citoyen peut répondre à des questionnaires, voire même les enrichir de propositions personnelles. Ce grand débat remporte pour le moment un certain succès mais on ne sait pas encore trop ce qui en ressortira après sa clôture le 15 mars.

Les émeutiers refusent bien entendu de participer à ce débat dont le principe est copieusement descendu par les partis en dehors de la majorité qui prennent le sens du vent. Pour calmer le jeu le pouvoir sera sans doute bien obligé de mettre en œuvre d’une façon ou d’une autre quelques-unes des propositions populaires de ces cahiers doléances 2.0. Il faudra bien en finir un jour avec d’autres moyens que ceux utilisés depuis 40 ans, l’ouverture des vannes de la dépense publique. Cela va être délicat si l’on veut tout de même conserver les grands principes de la République, sans doute les solutions ne sont pas encore connues et restent à élaborer, il va falloir jouer avec finesse et efficacité face à la révolte des minoritaires à forte capacité de nuisance !