Quoi de neuf ?

Des dirigeants séditieux en fuite

Démis de leurs fonctions par le gouvernement espagnol, poursuivis en justice pour rébellion et sédition, les principaux ex-dirigeants du gouvernement autonome catalan ont fui l’Espagne pour se réfugier en Belgique. Leur président est convoqué par la justice en fin de semaine à Madrid.

Dans un autre genre, le président du Kurdistan irakien qui avait lui aussi organisé un référendum illégal a démissionné. Le vote en faveur de l’indépendance n’a abouti qu’à une reprise en main par le gouvernement légitime et le départ du président.

Dans ces deux situations, des dirigeants de rencontre ont fait de l’agit-prop au lieu de gouverner avec raison, ils ont mené des clans au lieu d’agir dans le sens de l’intérêt général, ils ont fait preuve de maladresse insigne alors qu’on attendait d’eux du courage et de l’efficacité. Alors, une fois leur incompétence avérée et le chaos installé, ils ont fui !

Les loyalistes sont actifs en Espagne

Des manifestations importantes ont eu lieu à Barcelone réunissant des citoyens espagnols s’opposant à l’indépendance de la Catalogne. S’ils veulent lutter contre ce mouvement de fond il va falloir aussi qu’ils se rendent aux urnes pour exprimer cette position et votent franchement pour défaire l’actuelle coalition indépendantiste qui a été démocratiquement élue.

« Maria by Callas » à la Seine Musicale

La Seine Musicale, nouvelle espace culturel tourné vers la musique, installé sur l’Ile Seguin à l’emplacement des anciennes usines automobiles Renault, présente sa très belle exposition inaugurale : Maria by Callas. A l’aide d’un casque audio, les visiteurs circulent dans la vie et l’œuvre de la diva retracée par des photos, des textes, des vidéos et bien sûr des extraits musicaux.

Brillante et touchante, La Callas se révèle une véritable étoile du XXème siècle sur toutes les scènes de monde, chantant les plus beaux opéras du répertoire classique. Une vie entière dédiée à la musique comme une mission divine :

Chanter, pour moi, n’est pas seulement un acte d’orgueil, mais seulement une tentative d’élévation vers ces cieux où tout est harmonie.

Une vie de travail intense depuis l’enfance où sa mère avait décidé qu’elle serait cantatrice, une voix inoubliable qui a submergé d’émotion les plus insensibles ; elle se sait investie d’un devoir de servir le génie créateur de tous ces compositeurs qu’elle a magnifiés. Mais aussi l’existence tellement humaine de cette femme grecque née à New York, ballotée d’une mère exigeante à une vie sentimentale pas toujours apaisée. Au hasard d’interviews télévisées elle parle de la musique, beaucoup, et d’elle, un peu :

…après tout, qu’est-ce qu’une légende ? C’est le public qui fait ce que je suis. Qu’est-ce qu’une légende ? Je me trouve très humaine.

Chaque spectacle est un défi qu’elle se lance ; pour être à la hauteur des attentes de son public et de son talent elle s’en remet à son travail et… à Dieu :

Quand je chante, même si je parais tranquille, je me tourmente de la peur insoutenable de ne pas réussir à donner le meilleur de moi-même. Notre voix est un instrument mystérieux qui nous réserve souvent de tristes surprises, et il ne nous reste qu’à nous confier au Seigneur avant chaque spectacle, et lui dire humblement « nous sommes entre vos mains ».

Il faudrait des heures pour épuiser tous les extraits musicaux mis à disposition des visiteurs pérégrins : Mme. Butterfly, La Norma, La Tosca…, découvrir les différentes étapes de sa carrière, ses départs et ses retours, ses tournées d’adieu, ses master-classes puis son exil, ultime, avenue Georges-Mandel à Paris où elle décèdera prématurément à 53 ans.

Une très intéressante exposition sur le talent et la personnalité de cette artiste si émouvante !

DURAS Marguerite, ‘La Douleur’.

Sortie : 1985, Chez : folioplus classiques 212.

Marguerite Duras a écrit ces textes peu après la fin de la deuxième guerre mondiale, puis en a oublié l’existence avant de les retrouver et les publier sous le titre « La Douleur ». Il s’agit d’écrits de guerre où se mêlent l’Histoire, la barbarie de cette époque et la vie romanesque de cette auteure.

A la fin de la guerre, les camps d’extermination sont progressivement ouverts et Marguerite attend le retour de son mari Robert Antelme, qui y a été déporté, dont on ne sait pas s’il a survécu à l’enfer. Elle décrit l’angoisse montante alors que jour après jour d’autres reviennent mais que Robert n’est pas là. Elle raconte le désespoir lorsqu’elle interroge sur les quais de la gare de l’Est les revenants des camps ; ont-ils des nouvelles de Robert ? Et lorsque finalement des camarades résistants auront fait le voyage à Dachau pour l’arracher à ce champ de ruines et de mort et le ramener (clandestinement) dans l’appartement de Marguerite, elle narre la difficile et angoissante lutte pour le retour à une vie physique à peu près normée du zombie qu’est devenu son mari. Quant à la vie morale, elle sait qu’après un tel traumatisme rien n’efface, on ne la retrouve jamais.

Ce retour à la vie est pénible, long, oh combien. Marguerite lui apprend la mort de sa jeune sœur quelques jours après qu’elle fut libérée, et puis elle lui annonce sa volonté de divorcer. L’épisode se termine sous le soleil écrasant d’une plage italienne alors que la bombe nucléaire a déjà dévasté Hiroshima mais que Robert a survécu.

Un deuxième texte aborde la relation trouble qu’elle initie avec le gestapiste qui a arrêté Robert. Et un troisième, raconte le passage à tabac, la torture, d’un collaborateur pour obtenir de lui quelques renseignements. Duras est le chef d’équipe et dirige cet interrogatoire d’une main de fer avant de plaider, plus tard, pour un peu d’indulgence lors du procès de celui-ci.

Ce volume que l’on dirait écrit comme un journal au fil de l’eau semble en réalité avoir été sérieusement retravaillé avant sa publication. On y retrouve le style chirurgicale et tranchant de Duras appliqué à des sujets majeurs qui ont marqué la vie de l’auteure : qu’est ce qui fait que des évènements donnés poussent certains vers la barbarie et d’autres pas ? Qu’est-ce qui amène au choix de la résistance versus celui de la collaboration ? Le dilemme de la vengeance ou de la réconciliation ? L’engagement, au besoin violent, pour ses idées en faveur de ce que l’on pense être l’avenir de l’Humanité. Et l’amour, l’amour infini qui fait ressentir une douleur non moins infinie lorsque l’être aimé est en danger, lorsqu’il vit une situation critique que l’on ne peut partager avec lui, voire vivre à sa place.

Un livre important et des concepts assez facilement transposables à d’autres conflits de nos temps actuels.

Les séditieux catalans franchissent le Rubicon

Tel César franchissant le Rubicon pour fondre sur Rome, le parlement catalan a voté l’indépendance de la Catalogne cette après-midi en dehors d’un processus constitutionnel légal, alea jacta est. A la différence des armées de César, on a l’impression ici d’une bande de garnements extrémistes qui ont engagé leur région et l’Espagne entière dans une impasse sans aucune réflexion sur les conséquences d’un tel processus. Ils sont sans doute partis pour des mois de chaos, cette indépendance n’étant reconnue à ce stade par aucun Etat. Le Venezuela, Etat membre de l’ONU, avait déjà marqué son soutien à la Catalogne par la voix de son président qui avait déclaré début octobre :

Mariano Rajoy a choisi le sang, les bâtons, les coups et la répression contre un peuple noble. Nos mains sont avec le peuple de Catalogne. Résiste Catalogne ! L’Amérique latine t’admire.

Croyant agir pour l’intérêt de leur minorité, les élus catalans ont voté pour se séparer de l’Espagne. Cela paraît surréaliste mais c’est ainsi. Si le processus ne respecte pas la constitution espagnole, les élus indépendantistes du parlement catalan, eux, ont bien été élus légalement. Il ne fallait pas voter pour eux si on ne voulait pas de leurs actes.

Bien évidemment les élus corses, eux-aussi amateurs de sédition, ont marqué leur solidarité avec Barcelone. Sur papier en-tête de l’assemblée de Corse, son président, M. Talamoni (l’homme qui déclarait que « la France est un pays ami ! ») écrit en substance :

En ce 27 octobre 2017, nous saluons la naissance de la République de Catalogne et exprimons notre solidarité à l’égard de son gouvernement et de son peuple. … La situation actuelle fait craindre une forte aggravation des tensions.

Afin d’en conjurer le risque, il est indispensable que les responsables et institutions européens s’interposent entre Madrid et Barcelone, et que les forces démocratiques espagnoles se fassent entendre devant les dérives autoritaires rappelant la période franquiste. En attendant, tous les démocrates européens doivent soutenir un peuple qui ne demande qu’à exercer ses droits naturels et inaliénables.

Visca Catalunya !

Après la France, voilà un nouveau pays ami pour la Corse bien que la Catalogne pense entretenir le reste de son pays alors que le flux est plutôt inverse pour la Corse comme la matérialisait le même jour une motion présentée par le même Talamoni et exigeant :

Maintien du différentiel de 20 points entre les taux de réduction d’impôts sur le revenu des fonds d’investissement de proximité (FIP) corses et les taux des FIP classiques [NDLR : c’est-à-dire continentaux].

Plus sérieux, un mouvement anti-catalan commence à se développer en Espagne. Seul un référendum national aurait permis d’entériner la partition espagnole de façon légale. Selon l’évolution de la situation dans les prochains mois, il n’est d’ailleurs pas exclu que si un tel référendum était organisé, le reste de l’Espagne ne voterait pas pour acter la séparation d’avec les séditieux qui veulent vivre leur vie. C’est peut-être l’un des éléments de la stratégie des indépendantistes, se faire tellement rejeter des autres que l’indépendance sera finalement conçue comme un moindre mal.

Cette affaire ne va pas manquer d’animer l’actualité européenne des prochains mois et d’agiter le Landernau communautaire, comme s’il n’y avait pas mieux à faire !

St. Vincent – 2017/12/24 – Paris le Trianon

Incroyable concert de St. Vincent au Trianon ce soir : artiste américaine, guitariste habile, chanteuse habitée, auteure-compositrice inspirée. Elle chante et joue seule ce soir, sur des bandes électro et devant une mise en scène originale, contemporaine, pleine de couleurs acidulées. La première partie est constituée de la projection d’un film réalisé par Annie Clark de son vrai nom, Birthday Party, une histoire burlesque et tragique. Le concert est une suite de pièces musicales tranchantes, aux accents répétitifs et aux mélodies robotiques. Quelle imagination, quelle créativité !

Les photos de Roberto

The Rolling Stones – 2017/10/22 – Nanterre U Arena

Les Rolling Stones jouent trois concerts pour inaugurer le nouveau stade de Nanterre « U-Arena ». Concert joyeux et sans surprise d’un groupe entré dans la légende depuis bien longtemps. Gros son, costumes chamarrés, écrans géants, une chanson choisie par le public (Angie), feu d’artifice de clôture après une déambulation dans les classiques du groupe de Jumpin’ Jack Flash à Brown Sugar et le final sur Satisfaction.

On ne perd jamais son temps en passant une soirée avec les Rolling Stones.

Setlist : Jumpin’ Jack Flash/ It’s Only Rock ‘n’ Roll (But I Like It)/ Tumbling Dice/ Hate to See You Go (Little Walter cover)/ Ride ‘Em on Down (Jimmy Reed cover)/ Dancing With Mr. D/ Angie (by request)/ You Can’t Always Get What You Want/ Paint It Black/ Honky Tonk Women (followed by band introductions)/ Happy (Keith Richards on lead vocals)/ Slipping Away (Keith Richards on lead vocals)/ Miss You/ Midnight Rambler/ Street Fighting Man/ Start Me Up/ Sympathy for the Devil/ Brown Sugar
Encore : Gimme Shelter/ (I Can’t Get No) Satisfaction

Le « pouvoir » d’un libidineux riche et clinquant

Un homme public américain autrefois couvert de gloire est désormais voué aux gémonies par la planète entière. Le garçon est producteur de cinéma et il était fêté comme « le plus puissant producteur d’Hollywood », encore plus applaudi que les artistes dont il finançait les créations. Etre « puissant » pour un producteur de cinéma signifie sans doute avoir beaucoup d’argent et donc le pouvoir qui va avec.

Il s’avère que cet homme a beaucoup fait usage de son pouvoir d’argent pour séduire des femmes, voire les harceler et même les violer. Comme il s’agissait souvent de starlettes venues quémander un rôle dans un film, le libidineux d’Hollywood en profitait pour leur imposer des relations sexuelles. Cela durait depuis des années semble-t-il et les premières plaintes arrivent maintenant. L’époque accepte de moins en moins ce genre d’écarts, en tout cas en Occident.

Depuis la révélation de cette affaire, c’est un festival de faux-jetonneries comme si le monde entier découvrait, stupéfait, que l’univers du cinéma, peuplé de gens beaux et/ou riches (seulement riche dans le cas du libidineux qui nous occupe) n’était pas aussi habité par des histoires sordides ; « Mais comment ! Des coucheries à Hollywood, je n’en crois pas mes oreilles… » Il s’agit d’histoires de pouvoir, d’égo, d’argent, d’ambition et de fesses, bref, c’est la vie. Il faut sans aucun doute rabattre le caquet des libidineux et autres arrogants aux égos surdimensionnés, au besoin devant la justice, mais feindre l’étonnement devant la lâcheté des hommes relève au mieux de la niaiserie, au pire de l’escroquerie intellectuelle.

Plus déprimant, la République française a décoré le libidineux de la Légion d’honneur il y a quelques années et l’on se demande bien à quel titre ? Il n’y a pas de réponse évidente à ce stade sauf ce penchant douteux pour l’autocongratulation qui ravage nombre de puissants. Toujours est-il que devant le scandale en cours, la République pourrait éventuellement retirer sa décoration.

Yasmine Hamdan – 2017/10/10 – Paris le Trianon

Très beau concert de Yasmine Hamdan, artiste libanaise produisant un rock sombre et mystérieux teinté de parfum d’Orient, une musique moderne, originale et envoutante ; des guitares lancinantes sur une voix superbe et des mots arabes, dans cette langue rugueuse et poétique (les traductions anglaises sont disponibles sur www.yasminehamdan.com/en).

Son dernier disque s’appelle Al Jamilat en référence au poème de Mahmoud Darwish qu’elle met en musique et interprète sur scène avec brio (…Beauties are beautiful « The tattoos of the ‘violin’ around the waist ». The beauties are vulnerable « A throne without memory ». The beauties are the strong ones « A desperation that shines but does not burn ». The beauties are princesses « Mistresses of an anxious revelation »…).

Une vraie et belle découverte musicale !

Une région séditieuse

L’Espagne est agitée par la sédition de sa région nord-est : la Catalogne. Disposant déjà d’une relative autonomie dispensée par la constitution espagnole cette région dirigée par un parti indépendantiste a organisé un référendum (déclaré inconstitutionnel par le gouvernement) qui a abouti à une majorité en faveur du divorce avec le reste du pays.

Comme certaines autres régions européennes, la Catalogne s’estime plus riche et plus efficace que les autres régions espagnoles et refuse de continuer à les subventionner. On ne connait pas bien la réalité des transferts entre la Catalogne et les autres régions moins riches, mais on constate une nouvelle fois que lorsqu’il s’agit de ses intérêts communautaires, il est rare qu’une minorité opte en faveur de l’intérêt national. L’Ecosse, émirat pétrolier du Nord du Royaume-Uni voit monter sa fièvre indépendantiste en même temps que croissent les cours pétrole, et vice versa. La Flandre, région belge plutôt dynamique et efficace veut se séparer du Royaume de Belgique pour arrêter de subventionner la Wallonie plus pauvre. Guidée par leur égoïsme, ces régions font fi du sentiment national pour privilégier leur tiroir-caisse en se drapant derrière leur « dignité » effarouchée par l’Etat central, leur identité ethnique.

Il est un peu surréaliste d’imaginer la Flandre prendre son indépendance, de même la Catalogne ou l’Ecosse ! Ce serait un peu comme si l’Ile de France prenait son autonomie vis-à-vis de la Corrèze. Contrecoup de la mondialisation ce nouvel égoïsme régional ne règle rien, il rabougrit les situations et attise les nationalismes aux petits pieds.

Attaque islamiste à Marseille

Un citoyen tunisien, délinquant islamiste tue deux jeunes femmes dans la gare de Marseille, dont l’une par égorgement. Il est abattu par une patrouille militaire. Ce terrorisme connoté de religion n’en finit pas, la France en est la cible depuis les campagnes des années 90’, trente années de bombes et d’assassinats au hasard des rues, des actions souvent menées par des citoyens français élevés à l’école de la République.

Le groupe Etat islamique a revendiqué les meurtres.

L’attaquant ne semble avoir été particulièrement en vue pour ses idées islamistes mais était plutôt connu pour des actes de délinquance ordinaire. On a un peu l’impression que désormais n’importe quel individu gérant son mal-être et ses frustrations historiques de racines emmêlées entre immigration, colonisation et dictature de son pays d’origine, cet individu, par mimétisme et volonté d’une gloire éphémère, va se lever, égorger son voisin au nom de son Dieu et mourir à son tour sous les balles d’une nation qui cherche à se défendre. Nos sociétés n’ont pas encore trouvé le mode d’emploi pour mettre fin à toute cette barbarie, hélas ! La solution n’est pas simple.

Nick Cave & the Bad Seeds – 2017/10/03 – Paris le Zénith

Un concert beau, profond et puissant ce soir à Paris pour Nick Cave & the Bad Seeds ; entre messe noire et ode envoutante, l’artiste et son groupe ont délivré sans aucun doute le show de l’année.

Set list : 1/ Anthrocene, 2/ Jesus Alone, 3/ Magneto, 4/ Higgs Boson Blues, 5/ From her to eternity, 6/ Tupelo, 7/ Jubilee Street, 8/ The ship song, 9/ Into my arms, 10/ Girl in amber, 11/ I need you, 12/ Red right hand, 13/ The mercy seat, 14/ Distant sky, 15/ Skeleton tree, 16/ The Weeping song, 17/ Stagger Lee, 18/ Push the sky away

Escroquerie nationale en cours

Ca y est, l’organisation des jeux olympiques de 2024 dont plus aucune ville ne voulait a été attribuée à Paris par l’organisation mafieuse internationale et fraudeuse domiciliée en Suisse, le Comité international olympique (CIO). C’est ainsi que les contribuables français vont devoir vider leurs poches pour financer des compétitions sportives. Les nunuches pleines de dents blanches, présentatrices de journaux télévisés, annoncent la nouvelle avec leurs sourires ravis. La maire de Paris qui a engagé un argent qui n’est pas le sien se frotte les mains. Même le président de la République, pourtant libéral dans l’âme, va, sans problème de conscience apparent, se réjouir de ce détournement d’argent public pour financer une activité qui devrait relever exclusivement du secteur privé.

La mairie de Paris a œuvré pour refuser l’organisation d’un référendum au niveau de la ville pour demander l’avis de ses citoyens qui auraient très certainement voté contre comme le firent nombre d’électeurs consultés dans d’autres villes plus ou moins candidates. On est non seulement en présence d’un hold-up financier mais également d’une atteinte aux principes démocratiques.

Il reste maintenant à espérer que les dirigeants français qui vont mener à bien cette organisation feront preuve d’un peu de bon sens pour limiter ce qui sera volé aux contribuables et qui aurait été tellement mieux utilisé pour l’éducation de nos enfants par exemple. On attend la loi de circonstance qui va exonérer le CIO de tous impôts et taxes sur les activités commerciales qu’il mènera sur le territoire français en 2024. Nous constaterons les députés félons qui voteront pour le hold-up.

No Filter

La tournée européenne des Rolling Stones « No Filter Tour » a débuté à Hambourg et sera à Paris fin octobre.

Il vaut mieux tenir ses engagements, surtout les plus faciles

A plusieurs reprises le président français a expliqué aux journalistes qu’il choisirait les sujets qu’il veut aborder au lieu de se les faire imposer par la presse. Il a pris pour habitude également de préciser qu’il ne s’exprimerait pas sur la France à l’occasion de ses déplacements à l’étranger, ce qui était plutôt de bonne augure.

Hélas, hélas, cet engagement pourtant relativement facile à tenir, même face à la meute des cartes de presse, a été violé plusieurs fois récemment. En août à Bucarest il accuse la France de ne pas aimer les réformes. En Grèce en septembre, il revient sur ce blocage devant toute transformation en ajoutant :

« Je serai d’une détermination absolue et je ne céderai rien, ni aux fainéants, ni aux cyniques, ni aux extrêmes ».

Ces vérités sont bonnes à dire mais il vaut mieux laver son linge sale en famille et proférer ce genre de jugements à l’intérieur de l’hexagone plutôt qu’en dehors des frontières devant des étrangers qui doivent s’en tordre de rire. Encore mieux : on peut aussi concentrer son énergie à combattre cette inertie dans la discrétion plutôt que dans la presse.

MALRAUX Clara, ‘Nos vingt ans’.

Sortie : 1966, Chez : Le Livre de Poche 5125

Clara Goldschmidt, jeune femme issue d’une famille franco-allemande, née à Paris en 1897 dans un milieu socialement privilégié, deviendra la première femme d’André Malraux dans l’entre-deux guerres. Ces mémoires racontent son enfance entre Paris et Magdebourg, la première guerre mondiale avec une famille séparée par le front, la justice française qui a cherché les déchoir de leur nationalité durant le conflit, la rencontre avec André, leur fascination réciproque pour l’intellectualisme, le brio d’André et ses fréquentations artistiques et, enfin, l’aventure cambodgienne narrée par Malraux dans « La Voie Royale » (très romancée) où le couple à court d’argent part en Indochine pour dérober et revendre des bas-reliefs khmers.

Par la suite Clara deviendra écrivaine, mènera avec son mari d’autres périples asiatiques et divorcera du volage André après qu’ils aient eu une fille. Sa vie durant elle gardera son admiration pour son grand homme à la personnalité écrasante.

Le style de cette biographie est doux et élégant. Bien sûr il est celui d’une plume née à la fin du XIXème siècle, une époque où le maniement de la langue française était un art. On ne se lasse pas de la succession des mots et des phrases qui coulent comme une fontaine de jouvence pour décrire une époque, un milieu et un immense amour !

Savoureux : comment avaler on chapeau !

La partie « non constructive » du parti Les Républicains ne sait plus vraiment comment avaler son chapeau. Les premières semaines du gouvernement actuel sont en train d’accoucher de décisions et de réformes qu’ils n’avaient pas même osé faire. Comme il leur est bien difficile de s’opposer frontalement et qu’ils ont quand même un égo et une historiette à défendre, ils approuvent du bout des lèvres tout en marquant un mécontentement de façade. Le meilleur à cet égard est sans conteste Eric Woerth qui après avoir critiqué la transformation du code du travail s’attaque maintenant à la baisse des emplois subventionnés par les contribuables, en acceptant le principe mais condamnant la méthode.

Cache ta joie Eric, cache ta joie. Avec son air d’épagneul triste, cet ancien ministre voit probablement venir la fin de son parcours politique, perspective qui semble peu le réjouir lui qui a déjà la bonne humeur pas vraiment expansive. A 61 ans, il est peu probable qu’il puisse un jour rebondir politiquement. Diplômé d’HEC et de Sciences-Po, il fut un ministre une peu terne, trésorier de l’UMP et de campagnes sarkozyenne, maire de Chantilly. Il n’a pas fondamentalement démérité mais, sans doute, son heure est passée, sans gloire ni trop de remous. Un grognard de la République, à peu près fidèle à ses idées. Il risque d’être oublié assez rapidement.

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